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Télécoms

Lutte contre la fraude ou mise sur écoute des abonnés?

31-03-2016

Le gouvernement vient de doter l’Agence de régulation et de contrôle des télécommunications de larges pouvoirs en matière de lutte contre la fraude dans le secteur des télécommunications. Ce qui suscite des inquiétudes et interrogations du côté des utilisateurs des téléphones portables.

Déogratias Rurimunzu : « Il n’y a rien de spécial. »

Déogratias Rurimunzu : « Il n’y a rien de spécial. »

«Il est strictement interdit à tous les opérateurs de téléphonie mobile agrées au Burundi de vendre ou d’offrir plus d’une carte Sim à un seul abonné sans l’approbation de l’ARCT.» C’est l’une des nouveautés se trouvant dans une ordonnance du ministre des Finances sortie ce 17 mars.

Cette dernière prévoit pour l’opérateur défaillant une pénalité de 5 millions de Fbu par carte Sim vendue ou offerte. De plus, toute personne qui s’enregistre pour une carte Sim dont il n’est pas le véritable utilisateur est passible d’une pénalité de 5 millions de Fbu par carte Sim. Les opérateurs sont alors sommés, endéans deux mois, de vérifier et de bloquer la carte Sim, en cas de détection d’une fraude à ce niveau. Sinon, une pénalité de 5 millions de Fbu les attend par cas détecté.

En outre, l’ARCT ou son partenaire technique est autorisé à requérir auprès des opérateurs toutes les informations notamment l’identification et les coordonnées de tout abonné. L’ordonnance prévoit également que l’ARCT ou son partenaire technique est autorisé à tout moment et sans préavis à se rendre sur les sites opérateurs afin d’y effectuer des opérations de contrôle de toute nature. «Toute obstruction à cette inspection est passible d’une pénalité de 200 millions de Fbu.»
L’internet n’a pas été oublié. L’ARCT est autorisée à requérir auprès du fournisseur de ce produit l’identité et les coordonnées d’un abonné sur identification de son adresse IP. Elle peut aussi installer des sondes de contrôle IP chez ces fournisseurs.

« Manière détournée de nous mettre sur écoute »

Selon Déogratias Rurimunzu, directeur général de l’ARCT, ces nouvelles mesures visent à lutter contre la fraude dans ce secteur. « Après des échanges avec les opérateurs télécoms, la police et la documentation, nous avons remarqué que la plupart des fraudes et des crimes sont commis par des gens qui possèdent plus d’une carte Sim.»  Il assure que c’est dans l’intérêt de la sécurité du pays. «Il n’y a rien de spécial. Vous pouvez avoir 20 ou 30 cartes Sim, mais il faut qu’on sache pourquoi et surtout l’identification du propriétaire.

Toutefois, les utilisateurs ne sont pas rassurés, pour autant. «C’est une manière détournée de nous mettre sur écoute », souligne un abonné. «Celui qui s’amusera à critiquer le pouvoir sur téléphone ou sur ordinateur sera détecté et appréhendé », renchérit un autre. Pour nombre d’abonnés, le gouvernement compte sur ces mesures pour mieux contrôler les communications. Déogratias Rurimunzu balaie ces accusations du revers de la main. «Comment peut-on écouter plus de 4 millions d’abonnés?»
Du côté d’Econet Leo, on assure que la société travaille dans le respect des lois burundaises. « Nous sommes prêts à mettre en oeuvre cette ordonnance », souligne Excellent Nimubona, chargé de la communication et des relations publiques.

Signalons qu’au Nigéria, le groupe télécoms MTN avait été sanctionné, en octobre dernier, pour ne pas avoir coupé les lignes des utilisateurs ayant des cartes SIM non enregistrées dans le cadre de la lutte contre les activités criminelles, en l’occurrence le terrorisme. Il avait écopé d’une amende record de 5,2 milliards de dollars réduite finalement à 3,9 milliards de dollars. «Pourvu que ça ne se passe pas comme ça au Burundi », confie un abonné.

  6   Vos commentaires
  1. NDABIRABE

    La décision vient du ministre des Finances et le premier but recherché est de puiser l’argent du côté des opérateurs des Télécoms en ce moment de vache maigre. Ceux qui ont suivi l’affaire FBI vs Apple savent qu’ailleurs la protection de la vie privée du consommateur est le premier soucis des entreprises de communication. Le Burundais n’a pas de carte d’identité, c’est du papier imprimé sur lequel on met un cachet, n’importe qui peut en fabriquer. Il suffit d’avoir une photo bizarre, déclarer une date et lieu de naissance faux, personne ne te retrouvera. Les RURIMUNZU ont besoins du travail, quid des numéros masqués? Quid du coût exorbitant des communications? Quid de ceux qui appellent les gens pour les tuer ou les livrer aux tueurs? Quid des voleurs des téléphones? L’ARCT ne se sent pas concerné, le seul problème est d’avoir de l’argent.

  2. vyisinubusa

    je vous informe que toute ces mesures sont applicables pour les personnes de bonne fois.
    on connais les failles du Burundi ou les cartes d’identites ont ete donnees pour des fins electoraux, certains disposent plus d’une qui est reconnu par la loi, c-a-d que les informations qui sont sur les cartes supplementaires ne pourront pas orienter vers le criminal car il sera en possession d’une identite differente et de nom different. sans parler les identites qu’on appelle de « Buyenzi ».
    pour ce qui est des donnees informatiques, il y a des applications VPN qui securisent les donnees et personne ne peut les intercepter. je dirais que mieux Vaux eduquer les gens que les faire peur qu’on va les attraper. je vous conseille de sensibiliser la population pour epargner le pays des actes criminels et donner la chance a nos enfants de vivre dans un pays de lait et de miel comme disait nos parents…

  3. Bravo, I agree with that measure.

    • Ntazizana

      You always agree with everything in line with obstruction of freedom when it serves your master!

  4. KABADUGARITSE

    Le « million » n’a plus de signification dans ma patrie! Je trouve qu’on pourrait le réclamer au plus simple délinquant du quartier.-

    • nunu nado

      Meme les pays les plus puissants, plus technologiques ne peuvent pas espioner tous leurs abonnes!!!!!!!!!!!!!!!!!!I Ils vont y avoir des boucs emissaires biensur.

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