Environnement

Lueur d’espoir chez les riverains de la Ntahangwa

04-08-2017

Les travaux de stabilisation des berges de cette rivière sont en cours, il y a plus d’une semaine. Le coût est de 4 milliards Fbu, la part du gouvernement étant de 1,5 milliards Fbu.

Un bulldozer en train de canaliser l’eau de la Ntahangwa.

« Limiter les dégâts sur les infrastructures publiques et privées, tel est le but de ces travaux», explique Alexis Nimubona, coordinateur du projet Gestion communautaire de risques des catastrophes liés au changement climatique au Burundi. Des gabions, des murs de soutènement des berges, des escaliers en bétons armés pour diminuer la pression de l’eau seront installés.

Pour Anicet Ndayizeye, ministre de l’environnement, il s’agit des activités d’urgence à l’approche de la saison pluvieuse. « Car, si rien n’est fait pour la protection des rives de la Ntahangwa, en plus d’écroulement des maisons, des écoles… beaucoup d’autres dégâts vont être enregistrés. » Ces travaux s’étendront sur trois mois de juillet à septembre.

Il rappelle qu’en 1983, 1986,2006 et 2009, les crues de cette rivière ont entraîné des pertes estimées à plus de 3 milliards Fbu. Il y a eu des maisons détruites à Buyenzi, des équipements publics, des stocks et entrepôts des entreprises détériorés dans le quartier industriel, etc.

Sur terrain, le début des travaux semble timide et lent. A Kigobe, un seul bulldozer était à l’œuvre ce lundi, 24 juillet. Quelques matériels sont là comme des tas de maillots et un site de stationnement des engins est déjà aménagé, côté Nyakabiga. Mugoboka, la situation est similaire. Un bulldozer a déjà canalisé l’eau de la Ntahangwa et tracé une route pour les camions transportant le matériel.

Deux citernes sont là avec le carburant. Un technicien sur place nous a indiqué qu’un seul bulldozer consomme entre 20 et 25 litres par heure. Les travaux sont financés par le gouvernement, GEF (Global environment facility) et le Programme des Nations-Unies pour le développement (PNUD). Le gouvernement a fourni également via les ministères de la défense nationale et celui des travaux publics, des bulldozers, des camions ainsi qu’un appui technique.

Satisfaction mêlée d’inquiétudes

Les riverains de la rivière Ntahangwa apprécient le début de ces travaux. « C’est vraiment des travaux salutaires. L’espoir renaît après plus de deux ans de souffrance et de traumatisme », se réjouit un habitant de Mugoboka. De peur, certains habitants avaient déjà vidé les lieux, d’autres à cause du stress étaient devenus hypertendus. « En effet, ils avaient contracté des crédits pour construire des maisons. Et les murs portaient déjà des fissures ».

Kigobe, même satisfaction. « C’est une bonne chose. Nous attendons les résultats », a réagi Thaddée Ntawukirishiga, un des propriétaires des maisons menacées d’effondrement.

Cependant, ces riverains ne se font pas trop d’illusions. Pour eux, l’intervention a été tardive. « Ce problème était connu depuis plus de deux ans. Et personne n’était venu à notre secours, aucun message pour nous réconforter », déplore I.T, indiquant que les résultats risquent d’être négatifs. « Car, pour protéger durablement la ville, les travaux devaient commencer en amont ». Il doute même de la disponibilité des moyens financiers.

De son côté, M. Ntawukirishiga trouve que la durée des travaux est trop courte. « Il y a une lenteur dans les travaux. Nous attendons peut-être qu’il y ait des miracles ou de la magie ».

  3   Vos commentaires
  1. Mukundje

    Notre mandat n’est pas de bien faire pour les citoyens.
    Nous savons ce que nous voulons et personne ne vous demande votre avis. Est-ce que c’est assez clair?

  2. Munyangeri

    Canaliser la Ntahangwa (donc accelérer la vitesse d’érosion) et soutenir ses berges voilà justement ce qu’il ne fallait pas faire.

  3. Rurihose

    Qu esr ce qui est fait en amont?
    Je veux dire sur les mintagnes dénudées récoltant les eaux pluviales.
    Le problème est multidisciplinaire

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