Journée Internationale des droits de la Femme : les guerrières

par Diane Uwimana, Martine Nzeyimana, Sheila Irambona, Dorine Niyungeko, Liliane Bisemure, Lorraine Josiane Manishatse, Christine Kamikazi

Journée Internationale des droits de la Femme : les guerrières

Journée Internationale des droits de la Femme : les guerrières

Diane Uwimana, Martine Nzeyimana, Sheila Irambona, Dorine Niyungeko, Liliane Bisemure, Lorraine Josiane Manishatse, Christine Kamikazi
Photos : Diane Uwimana, Martine Nzeyimana, Sheila Irambona, Dorine Niyungeko, Liliane Bisemure, Lorraine Josiane Manishatse, Christine Kamikazi
14 mars 2017

Elles sont balayeuses, coiffeuses, « femme choma »,… la femme burundaise malgré les temps durs continue à se battre. A la veille de la célébration de la journée internationale des droits de la femme, les journalistes-femmes d’Iwacu sont allées à la rencontre de leurs pairs.


Louise Munezero : « Le travail ennoblit la femme ! »

Les préjugés n’ont pas freiné Louise Munezero dans son combat contre les ordures. Balayeuse des déchets ménagers au nord de la capitale, elle fait tout pour vivre de ce métier.

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Pour Louise Munezero, ramasser les déchets ménagers et les pousser sur une charrette demande plus de force

7H30, c’est le début des travaux. Toutes saletés se trouvant dans trois quartiers Heha, Gituro et Kavumu) de la zone Kamenge au nord de la capitale doivent être ramassés. Les membres de l’Association « Tube Heza Dusukure Igisagara» veulent en découdre les ordures.

Louise Munezero, 31 ans et mère de trois enfants est l’une des femmes de l’association qui compte 15 membres, dont six femmes. « Nous sillonnons tous ces quartiers jusqu’à 15heures en ramassant les déchets ménagers », raconte-t-elle. Ces femmes étaient de simples employées de l’agence belge de développement(CTB).

Selon elle, depuis janvier 2016, la CTB a clôturé son projet de pavage dans les quartiers nord de la capitale et tout l’équipement a été octroyé à cette association.

Louise Munezero fait savoir que ce métier l’a fait vivre. « Je ne dépends plus de mon mari et je contribue aussi au développement de la famille », dit-elle.

Le salaire des membres de cette association varie entre 90 et 120 mille Fbu par mois: « Avec cette somme, je m’offre ce que je veux ainsi qu’à mes enfants sans compter sur mon mari. »

Toutefois, Mme Munezero estime que des défis ne manquent pas. « C’est un travail fatigant et qui demande beaucoup de force. Nous poussons des charrettes à longueur de journée.», explique-t-elle. Elle a rejoint cette association pour travailler. « Je dois me sacrifier, c’est pour mon intérêt et je ramasse ces saletés avec fierté».

A cause de la pauvreté, ces femmes subissent des injures au moment du recouvrement. « La population n’honore pas ses engagements, elle ne paye pas régulièrement alors que c’est là où nous tirons notre due », regrette-t-elle.

Protéger l’environnement avant tout…

Depuis que l’association travaille dans la localité, il y a moins de saletés dans la rivière Nyabagere. « Les résidents des quartiers dans lequel nous opérons sont conscients qu’ils doivent déposer les déchets ménagers sur la route au lieu de les jeter dans la rivière. Notre association vise à protéger l’environnement. »

Opérant seulement dans trois quartiers, cette association compte élargir ses activités dans d’autres quartiers même si la population accuse des retards dans le paiement : « Les résidents y adhèrent, mais l’engouement de payer reste lacunaire », dit-elle.

Face à tous ces défis, elles tiennent le coup. Mme Munezero appelle toutes les femmes à se mettre debout et travailler. « C’est une occasion de se faire respecter par leurs maris et les autres personnes. L’on sait que le travail ennoblit aussi la femme » conseille-t-elle.

Elle affirme que son mari ne l’a pas découragé à faire ce boulot. Par contre, les membres de sa famille et ses amis l’en ont dissuadé en arguant que son mari a beaucoup d’argent. « On s’entraide mutuellement, il y a moins de chamaillerie et l’amour grandit aussi », conclut-elle.

Francine et Aimée, les écologistes engagées
Aimée jetant des ordures dans des poubelles

Francine Rumuri et Aimée Ishimwe, deux femmes, une seule motivation : rendre la ville de Bujumbura plus propre. Animées d’une motivation hors pair, elles s’activent à faire démarrer leur projet.

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Francine jetant des ordures dans des poubelles

« Les ménages et la ville de Bujumbura croulent sous ses déchets », c’est ce constat qui a poussé Francine Rumuri et Aimée Ishimwe à mettre en marche leur entreprise Ish Tri Company. Convaincues de la réussite de leur projet, elles croient que les femmes ont un rôle primordial à jouer. «Si une femme est propre, le reste de la maison le sera.»

Ce projet de recyclage a vu le jour en décembre 2015. Francine et Aimée remportent alors le prix d’Impact Hub sous le thème Bujumbura ville propre. Alors qu’elle fait un voyage en Thaïlande, Francine voit le système de tri y effectué : «J’ai exporté la même pratique de recyclage de déchets biodégradables et visiblement le projet a convaincu.»

Pour ce duo, il temps de mettre un terme à l’insouciance déconcertante des citadins face aux déchets : « Il est devenu normal de faire des courses chez des vendeuses de légumes assises dans un tas de déchets », regrette Aimée.

Elle affirme que ces derniers, au lieu de polluer l’environnement, vont être utiles à la fertilisation. « Notre tâche est de collecter ces déchets biodégradables pour en faire un compost de qualité qui sera revendu.» Francine et Aimée estiment que ce compost sera vendu 500Fbu le kg. Toutefois précisent-elles, le coût va dépendre du coût de production.

La cause environnementale, une préoccupation
Avec une série d’activités toutes tracées, Francine et Aimée sont déjà préparées. Ainsi dans chaque ménage sera distribué trois poubelles de couleurs différentes : «Dans l’une d’elles sera versée des débris végétaux, dans l’autre des objets en plastique et dans la dernière des déchets restants»

Après la collecte, fait savoir Aimée, les déchets biodégradables seront entassés sur un terrain. Ensuite y sera ajoutée de l’eau, des fertilisants pour obtenir un compost de qualité. «Nous avons engagé un ingénieur agronome pour ces travaux », tient à préciser Francine.

Ce binôme a déjà acquis un terrain dans la zone Ruziba de la commune Muha et reçu l’autorisation de la mairie d’intégration des activités dans la zone Kinindo (zone pilote). Toutefois, il attend toujours un certificat de conformité environnementale dans le ministère de tutelle.

Ce couple avoue qu’elle a du pain sur la planche : le plus urgent est plutôt de conscientiser les citadins sur la bonne gestion des déchets.

Alors que le thème national pour cette année est «la protection de l’environnement clé de sécurité alimentaire et de l’autonomisation de la femme», Francine et Aimée se disent que c’est le but même de leur mission : «parier la dégradation de l’environnement et aider dans la fertilisation du compost par l’octroi d’un bon compost»

Pour une meilleure efficacité, Francine et Aimée disent que les femmes auront un grand rôle dans leur entreprise : «Nous prioriserons les femmes ayant la même qualification que les hommes » Pour ces environnementalistes l’explication est aussi simple : «La femme se retrouve partout. Elle est enseignante, elle éduque ses enfants, elle est travailleuse domestique. Une femme éduquée éduque les autres »

Aïcha, « la femme choma » de Bujumbura
Aïcha en train de préparer une brochette

Pour ne pas sombrer dans la mendicité, Aïcha Nicoyitungiye a pris une décision qui étonne plus d’un. Désormais « vétérinaire », elle subvient aux besoins de sa famille.

19h au bar “facebook” dans le quartier Gasenyi .La tenancière fait le tour des tables pour recevoir les commandes de ses clients. Même si elle a deux serveurs à son service, Aicha ne s’accorde pas un temps de répit. Plus surprenant, elle grille elle-même les brochettes de chèvres. Du haut de ses 27 ans, cette femme brave les regards et a fait de la grillade de viande un métier à temps plein.

« Je suis étonnée par ces femmes qui restent à la maison, arguant qu’elles ont manqué de boulot. De nos jours, il n’y a plus de métier exclusivement réservé à l’homme. La femme peut tout faire», tels sont les propos de Aicha Nicoyitungiye, la femme « choma » de Gasenyi, dans la commune Gihosha.

Elle ajoute que les femmes ne devraient plus attendre, bras croisés, à la maison, que leur mari leur apporte de l’argent pour la nourriture. « C’est inadmissible, il faut que l’on se prenne en charge», tranche-t-elle.
Cette chef de famille affirme qu’avec trois enfants à charge, rester à la maison n’allait rien résoudre. « Choisir de devenir femme choma a été un choix de survie», avoue-t-elle.

Alors qu’elle venait de lâcher le commerce de vêtements d’occasion qui tournait au ralenti, elle a opté pour la grillade de la viande. « Je me suis surprise à aimer ce métier, car curieusement j’étais douée ». Aïcha confie qu’elle parvient à percer dans ce métier généralement réservé aux hommes dans notre pays.

En 2004, en se convertissant à la grillade, Aïcha a opéré un virage à 180 degrés. Malgré le soutien de son mari, elle s’est heurtée à plusieurs difficultés : l’incompréhension de l’entourage. Elle garde un goût amer des premiers jours : «Avoir des clients m’était presque impossible, car ils doutaient de mes capacités à faire de la bonne grillade. J’ai dû me battre pour m’imposer. » Beaucoup de personnes la traitaient d’ insensée.

Sa bataille a eu gain de cause, son bar ne désemplit pas. « Actuellement, je reçois même des clients venus de l’autre bout de la capitale juste pour la brochette de chèvre d’Aïcha » avance-t-elle fièrement.

Pour cette mère qui s’est frayé une place dans un univers masculin la journée du 8 mars devrait interpeller les femmes à mieux réfléchir sur leurs contributions dans le développement de la société dans laquelle elle évolue.

L’experte de la tondeuse
Antoinette avec son client au salon

Depuis cinq ans, Antoinette Irakoze s’est taillé une place dans cet univers masculin. Tondeuse à la main, elle coiffe dans un salon pour hommes à Kamenge. Une passion qu’elle espère partager avec d’autres femmes.

Petite taille, peau brune, elle a une coupe carrée des cheveux naturels teintés de jaune devant. Antoinette Irakoze est une des rares coiffeuses pour homme au Burundi. Dans le quartier Gikizi de la zone Kamenge, personne ne loupe cette femme qui a osé.

Gérante de ce salon, Antoinette appelée «Teddy» jetais de coups d’œil aux coiffeurs du salon. Une curiosité qui l’a menée à devenir coiffeuse dans ce salon. Elle avait 21 ans. «Pendant la pause, j’appelais un enfant, j’essayais d’appliquer ce que faisaient les coiffeurs», se rappelle, «Teddy » dans un Kirundi mixé d’un accent swahili. Ses collègues hommes ont vite remarqué la volonté de la jeune fille de manier la tondeuse. «Ils m’ont accordé quelques leçons.»

De la coiffure de « tête rasée » à celle communément appelé «Kiding», Antoinette s’est petit à petit familiarisée avec d’autres coiffures.

« Avec ses cinq ans dans le métier, Antoinette n’a jamais croisé de problèmes. J’ai confiance en elle tout comme d’autres clients. Elle est vraiment à la hauteur », témoigne un de ses clients fidèles.

Avec sa double casquette de gérante et de coiffeuse, Antoinette, célibataire, chante son métier. « Ce métier me nourrit, je paie le loyer, j’achète des habits, bref j’arrive à couvrir mes besoins», se réjouit la jeune coiffeuse.

Au moment où peu de femmes exercent ce métier, Antoinette recommande à ses pairs de comprendre qu’il n’y a pas de métiers exclusivement réservés aux hommes. Pour elles, les femmes se sous-estiment «Nous avons la tête à apprendre et les membres du corps pour travailler», tranche-t-elle.

Joignant l’acte à la parole, Antoinette aide une autre jeune femme à manier la tondeuse. Elle veut changer la perception de ce petit métier en incitant les filles à l’apprendre. «Je suis prête à enseigner ce métier à qui le voudra.»

Malmenées, mais toujours debout
Souvent délogées, ces vendeuses ne lâchent pas leur commerce

Chassées de plusieurs endroits du centre-ville, des vendeuses ambulantes des fruits et légumes se sont regroupées en association. Leur commerce tourne au ralenti.

Bujumbura, centre-ville. Une dizaine de femmes vendeuses de légumes se sont regroupées dans une boutique située à l’avenue Mosso, en commune Mukaza en mairie de Bujumbura. Depuis que la police les a délogés de certains espaces, ces femmes vendeuses se sont rassemblées en association. Joselyne Kwizera, est l’une d’elle. Elle y travaille depuis presque un an, suite à une décision de la mairie de Bujumbura de déloger les marchands ambulants éparpillés au centre-ville.

« Le fait de travailler en groupe est un plus, ’avec l’argent que nous recevons ici, nous nous entraidons. », se réjouit-elle. Et F.M. vendeuse d’oranges et d’ananas de renchérir : « Je suis contente que les clients commencent à se familiariser avec cet endroit.»

Des regroupements comme celui-ci sont retrouvés dans différents endroits de la capitale. Près de l’Athénée ou encore de société d’assurance Bicor, des femmes se sont organisées pour louer un espace. Assises en attente de clients, une bonne ambiance règne. « La rigolade nous permet d’écouler nos produits dans la joie.»

Plusieurs défis, mais une forte résistance

Quoique ces femmes vendeuses travaillent en groupes et essaient de s’en sortir du mieux qu’elles peuvent, des difficultés les guettent.

Adélaïde Ndikubwayo vend les ananas, elle affirme que le nombre de clients a sensiblement diminué : « En une journée, nous ne parvenons même pas à vendre des marchandises de 10.000fbu alors qu’on pouvait facilement faire entrer des recettes journalières de 20.000Fbu. » Selon elle, la raison principale de ce manque de clients est que les prix des denrées alimentaires ont été revus à la hausse ces derniers cinq mois.
Egalement, Madeleine Musaniwabo vendeuse de tomate déplore le manque de capital. « Avec 20.000 Fbu, c’est à peine que je parviens à m’approvisionner.»

En plus de ce défi de manque de clients, ces vendeuses disent toujours jouer au chat et à la souris avec la police « La police continue curieusement de nous déloger de nos récents emplacements», ajoute Marie Rose Sibomana, une autre vendeuse de fruits. Leurs marchandises sont souvent confisquées.

Une mère de 6 enfants, vendeuse de légumes va plus loin. Elle indique que ces policiers entrent dans ces boutiques pour emporter leurs marchandises. Des fois, elles sont emprisonnées pour la simple raison d’être sorties de nos boutiques à l’afflux de nos clients. Et de conclure : « Je suis fatiguée de ces poursuites interminables. »

Malgré le nombre de clients qui s’amenuise et un commerce qui marche à pas de tortue, ces vendeuses de fruits et légumes disent tenir le coup se débrouillent, elles ont le courage et une persévérance.
« C’est notre gagne-pain, nous n’avons pas d’autres choix», insiste une des vendeuses.

L’As de la farine de bouillie
La boutique où l’on vend de la farine complète de bouillie

Connue dans la fabrication de la farine complète pour faire de la bouillie, elle demande un soutien financier pour pouvoir produire des quantités suffisantes pour ses clients. Elle a l’ambition d’exporter ses produits.

La quarantaine est mère de trois enfants. Elle s’est lancée dans la fabrication et le commerce de la farine de bouillie pour faire vivre sa famille. Alors que son mari est licencié en 2008, elle n’a eu d’autres choix que de prendre le destin de sa famille en main : « J’ai commencé par une farine à base des céréales; entre autre le sésame, le soja, le blé, le sorgho; pour faire de la bouillie». Son produit fini, elle a ouvert un petit kiosque pour vendre cette farine.

«Comme c’était le début je produisais une petite quantité d’environ 20kg par mois. Je n’avais pas un capital suffisant», raconte-t-elle. Après quelques mois, elle a élargi le marché. Des commandes se sont faites, plus nombreuses. « J’ai commencé à fournir ma farine complète de bouillie dans différentes alimentations de la ville de Bujumbura. Alors qu’au tout début elle fournissait 5 kg par alimentation, son offre a doublé. «Même actuellement, je continue à recevoir des appels des gens qui me disent qu’ils ont beaucoup apprécié ma farine et j’ai augmenté ma production à 100 Kg par mois. »

Elle indique qu’elle a pensé à ce business parce qu’elle était passionnée par la nutrition. « J’ai eu plusieurs opportunités de participer dans des formations sur la nutrition », précise-t-elle.

Elle se dit satisfaite du pas franchi. «Même si je n’enregistre pas trop de bénéfices, ma famille vit grâce à ma petite entreprise, mon mari étant au chômage depuis 9 ans. Je vends actuellement plus d’une tonne de farine complète par mois ». Grâce à ce business, cette dame affirme qu’elle paie son loyer, la main d’œuvre pour son entreprise, les frais de scolarité de ses enfants ainsi que l’achat de son propre moulin. «Je suis fière de mon entreprise puis qu’au moins cinq familles vivent grâce à moi », dit-elle fièrement tout en précisant qu’elle a engagé sept employés. Elle indique aussi qu’elle sert actuellement dans d’autres provinces telles que Rumonge, Gitega, Cankuzo, et Muyinga. Elle souhaite aussi exporter.

« Je produis peu par rapport à la demande »

Cette mère de trois enfants indique qu’elle reçoit beaucoup de commandes des clients, mais ne parvient pas à les satisfaire à cause de manque de moyen. « Puisque ma famille vit de ce commerce, je ne peux pas augmenter mon capital, » regrette-t-elle.

Sa principale ambition est de créer une entreprise ou une unité de transformation pour satisfaire d’abord ses clients, et élargir le marché en exportant les produits. «Je sais que beaucoup de gens apprécient mes produits.

Je reçois souvent des appels des Burundais vivant à l’extérieur du pays à qui les membres de leurs familles ou leurs amis ont envoyé ces produits. Ils me disent qu’ils ont beaucoup aimé ma farine. Ils me proposent de chercher les moyens de les exporter pour qu’ils puissent les acheter. Malheureusement je n’ai pas les moyens pour le faire, » déplore-t-elle. Elle estime que si elle avait le soutien, ses produits occuperaient une place importante sur le marché international.

Femmes Pasteurs : « Nous sommes capables »
Pasteur Agnès Ndiramiye en train de prêcher

Agnès Ndiramiye est l’une des femmes pasteurs de la mairie de Bujumbura. Aidée par son époux, elle parvient à jouer sur les deux fronts : Sa famille et les activités à l’église.

Mère de 8 enfants, elle guide Philadelphia Wide Gospel depuis 9 ans. « Au début ce n’était pas facile pour moi, je me disais que je ne réussirai pas», indique-t-elle. En 2006, Agnès Ndiramiye commence sa mission de prédicatrice : « J’avais peur de révéler à mon mari mon choix. Dieu exigeait que j’abandonne mon commerce pour me consacrer entièrement à sa parole».

Après une malade qui l’a précipité dans un coma de trois jours, Agnès n’y a vu qu’un message divin. Elle confie que son mari l’a finalement encouragé à faire ce qui était juste. « Au début ce n’était pas facile de concilier la famille et mon apostolat » avoue-t-elle.

Famille et Eglise, difficile conciliation

A la question de savoir si elle parvient à lier les obligations de la famille et de l’église, Agnès Ndiramiye indique que grâce à son mari elle en est capable. Cependant, elle reconnait que ce n’est pas aussi facile «Mon mari s’occupe de la famille quand je ne suis pas disponible. »

Agnès Ndiramiye affirme qu’elle ne craint pas d’assumer son rôle de pasteur : « Dans mon église, beaucoup d’hommes composés même de différentes hautes personnalités viennent prier, et devant eux je suis bien à l’aise, pas de complexes ».

Elle ajoute que, au début de son apostolat elle n’avait pas encore rencontré de femme pasteur : « Ce n’est que quand j’ai commencé à voyager dans d’autres pays que j’ai compris que des femmes pasteurs existent. Cela m’a beaucoup encouragé ».

Elle appelle à d’autres femmes de comprendre qu’elles sont capables de tout. « Le rôle de la femme est important.» La femme doit garder l’estime de soi, selon ce pasteur, et ne pas avoir peur de faire ce que les hommes font, car, selon toujours elle, les femmes peuvent arriver où l’homme peut arriver.

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