Société

L’internat, un luxe pour les élèves de condition modeste

11/10/2018 Lorraine Josiane Manishatse Commentaires fermés sur L’internat, un luxe pour les élèves de condition modeste
L’internat, un luxe pour les élèves de condition modeste
Des élèves de la classe de 1ère Scientifique du Lycée de Kayanza.

Le Lycée de Kayanza a accueilli moins d’élèves internes que prévu, cette année scolaire. L’augmentation des frais de scolarité a contraint certains parents à inscrire leurs enfants comme externes dans les lycées communaux.

« Mes parents ne sont pas capables de payer les frais scolaires récemment fixés pour les écoles à régime d’internat pour trois enfants. Nous avons dû déserter les lycées à régime d’internat pour étudier dans les lycées communaux », confie H.A., un élève de la 2nde scientifique au Lycée Islamique de Kayanza. L’année scolaire passée, il était interne et étudiait en 3è Scientifique au Lycée de Kayanza. Il avait été admis dans la classe supérieure, mais faute de moyens financiers, il a dû se faire inscrire dans une école à régime d’externat.

La ministre de l’Education, Janvière Ndirahisha, a rendu publique le 17 juillet 2018, une ordonnance fixant les montants des frais scolaires et autres contributions pour les écoles tant publiques que privées. Pour les écoles post-fondamentales publiques à régime d’externat, les frais scolaires sont fixés à 7.000 BIF par élève et par trimestre. Quant aux autres, les frais d’internat sont passés de 15.000 BIF à 43.000 BIF par trimestre et par élève.

Certains parents estiment que seuls les enfants issus de familles aisées peuvent encore avoir accès aux écoles à régime d’internat. « Notre pouvoir d’achat, nous les paysans, ne nous permet pas de payer plus de 40.000 Fbu de frais scolaires pour un enfant. A notre corps défendant, nous sommes obligés de les envoyer dans les lycées communaux », se lamente N.N., un parent d’un élève qui étudiait au Lycée Kayanza. Aujourd’hui, ce dernier est inscrit au Lycée Pédagogique de Muruta à système d’externat.

Ce parent d’élève souligne que les conditions d’étude dans le système à régime d’internat sont meilleures. Il avance le manque d’électricité dans les ménages et un long trajet à parcourir pour arriver à l’école. « A l’internat, ils se reposaient suffisamment et avaient l’électricité ».

N.N estime que le gouvernement ne devrait pas augmenter les frais scolaires sans prendre en considération la pauvreté dans laquelle croupit la population burundaise. « Seuls les enfants de personnes nanties ont accès à l’éducation de qualité ».

«Une contrainte, mais une bonne qualité d’éducation »

Juvénal Mbonihankuye : « L’école comptait 755 élèves, l’année scolaire précédente, contre 566 élèves aujourd’hui, dont 43 externes.»

Juvénal Mbonihankuye, directeur du Lycée de Kayanza, fait savoir que son établissement comptait 755 élèves, l’année scolaire précédente. Il en compte 566 élèves, dont 43 externes pour celle en cours. La classe de 1ère Scientifique compte 24 élèves. L’année dernière, elle comptait 60 élèves. Le directeur dit avoir été approché par des parents pour que leurs enfants puissent rester dans son établissement comme élèves externes.

M. Mbonihankuye déplore que les élèves externes ne bénéficient pas de la même qualité d’éducation que ceux fréquentant les écoles à régime d’internat. « Certes une contrainte, mais une bonne qualité d’éducation. » Mais à quelque chose malheur est bon. Le directeur de Kayanza se réjouit que la réduction du nombre des élèves dans les classes est un avantage pour les enseignants et les élèves.

Le préfet du Lycée Islamique de Kayanza affirme avoir donné des places à des élèves qui étudiaient aux Lycées de Kayanza et Gatara, deux établissements à régime d’internat.

Un professeur du Lycée Don Bosco de Ngozi affirme que le nombre d’élèves à cette école a sensiblement diminué pendant l’année scolaire en cours. « Depuis l’annonce faite par la ministre de l’Education sur l’augmentation des frais scolaires pour les écoles à régime d’internat, certains élèvent sont venus réclamer des attestations de fréquentation pour poursuivre leurs études dans les lycées communaux ».

Cet enseignant signale que la classe de 2nde Lettres modernes comptait 63 élèves l’année scolaire passée. Elle compte 31 élèves pour cette année scolaire. Certains élèves sont devenus externes pour pouvoir rester dans cette école qui a une excellente réputation.

Herménégilde Burikukiye, secrétaire permanent au ministère de l’Education, soutient que la principale raison qui pousse les élèves à déserter les écoles à régime d’internat est la note considérée dans l’orientation des élèves qui terminent la neuvième année.

Depuis 2006 jusqu’en 2014, Le nombre d’élèves vivant à l’internat dans les écoles publiques a augmenté à plus 72%. En 2006, ces écoles publiques à regime d’internat ont herbergé 34188. Pour l’année scolaire 2013-2014, elles ont enregistré 59138 élèves.Dès lors, leur effectif a evolué en dents de scie atteignant 42273 élèves en 2018.

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