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Économie

L’INSS pressé pour le jus

Il ne reste que l’accord de la ministre de la Fonction publique pour que l’INSS investisse dans une société de production de jus et de concentrés de tomate. Cette annonce faite ce lundi 7 octobre 2013 par le Directeur général de cet organe soulève indignation et tollé général.

Les nouveaux produits de l'INSSC’est vendredi dernier que le Conseil d’administration de l’INSS a approuvé ce projet à l’absence des représentants des employés et des employeurs. Leurs 4 représentants à cette réunion avaient déjà claqué la porte pour protester contre cet investissement de plus de 5, 6 milliards de FBU dans la société Amanda Drinks de transformation de fruits tropicaux. Seuls les représentants du gouvernement restés dans cette réunion du Conseil d’administration de l’INSS ont avalisé ce projet.

Le Directeur général de l’INSS, Télésphore Irambona tente de se justifier : « Certains avaient déjà pris position avant la tenue de cette rencontre ». Selon lui, le règlement d’ordre intérieur de l’INSS stipule que les 2/3 des membres du Conseil d’administration peuvent délibérer. Il y en avait 11 sur les 12 dont 6 membres représentant le gouvernement, 3 les employés et 3 autres les employeurs.
Il a tenu à lire l’article 19 de ce règlement : « les décisions du Conseil doivent être prises, soit par consensus, soit à la majorité des voix, en présence de 2/3 des membres dont au moins un membre de chaque groupe. Toutefois, si le quorum des 2/3 n’est pas atteint, la réunion est reportée, et au cours de la seconde réunion régulièrement convoquée, le Conseil peut délibérer si le nombre des membres présents atteint six, quelle que soit l’appartenance au groupe ».

Pour Tharcisse Gahungu, président de la Confédération syndicale du Burundi, COSYBU, il y a irrégularité et surtout non respect du caractère tripartite du Conseil d’administration stipulé par l’article 19 de ce Règlement d’ordre intérieur exigé dans toute délibération.

Le DG de l’INSS persiste et signe

D’après le Général de brigade Télésphore Irambona, cette société de fabrication de jus et de concentrés de tomate représentée par l’entreprise 2M Invest Consult S.A. de droit burkinabé est déjà enregistrée au Burundi. Elle a son NIF (numéro d’identification fiscale) et un domaine acheté dans la province de Bubanza à Muyange II.
« Cette entreprise est spécialisée dans l’étude et la réalisation des projets d’investissement industriel, elle dispose d’une expérience solide dans la conception et le management de ce genre d’unités industrielles », affirme-t-il.
Petite contradiction : au cours de sa conférence de presse, il affirmera qu’ « aucun agent de l’INSS ne s’est rendu au Burkina-Faso pour vérifier si réellement cette entreprise existe ».

Avec le montant investi au titre de participation dans le capital social de la société Amanda Drinks, l’INSS sera parmi les actionnaires principaux à hauteur de 30%. Selon le DG de cet institut de sécurité sociale, la SOCABU, les banques locales, la BAD, la ZEP ainsi que l’entreprise belge, Bio Invest, ont déjà été contactées pour soutenir ce projet.

Le général de brigade Télésphore Irambona minimise toutes les critiques et toutes les inquiétudes soulevées par l’approbation de cet investissement : « Au regard de la loi, l’INSS peut investir dans toute entreprise et au vu des études faites, ce projet est viable et rentable, cet investissement ne représente aucun risque pour l’INSS avec son capital social évalué à 68 milliards de FBU au mois de juin 2013 ».
Le DG de l’INSS reconnaît cependant qu’ « aucune contre-expertise de ces études sur l’impact de cet investissement n’a été faite ». L’investissement se fera par tranches et après 4 ans, explique-t-il, il y aura des retombées. Il tient à rassurer : « Il n’y aura pas de problème d’écoulement. L’essentiel de la production est destiné à l’exportation à hauteur de 70% ».

Plus grave

Les conclusions de l’étude faite par le service technique, indiquent des sources fiables contactées à l’INSS, sont différentes de celles présentées par le DG de l’INSS au Conseil d’administration. Le cadre qui a préparé le dossier l’a signalé en pleine séance de travail de ce conseil. « Le pauvre cadre s’est fait sermonné et traité de tous les noms », révèle une autre source contactée à l’INSS.
D’après ces mêmes sources, la mauvaise expérience de l’INSS dans les placements malheureux dans les banques comme la BPB, la BCD, la MBB, CAMOFI et les entreprises comme la VERRUNDI et SICOMU, n’a pas inspiré les 6 membres représentant le gouvernement qui ont approuvé cet investissement dans la société Amanda drinks.

Dans leur acharnement, soulignent ces sources, ces derniers veulent à tout prix voir les premiers décaissements opérés et cela contre l’avis du personnel de l’INSS et du reste des membres du Conseil d’administration.

Le DG de l’INSS : « Il n’y a pas eu de contre-expertise de l’étude faite sur l’impact de cet investissement » ©Iwacu

Le DG de l’INSS : « Il n’y a pas eu de contre-expertise de l’étude faite sur l’impact de cet investissement » ©Iwacu

Pire

Des sources contactées à l’INSS révèlent que l’Etat burundais qui est représenté à 50% au Conseil d’administration doit à cet institut plus de 11 milliards de Fbu au titre de cotisations sociales, de loyers et des frais liés aux faits de guerre. D’après Tharcisse Gahungu, l’Etat devrait faire des efforts pour régler ses dettes à l’INSS au lieu d’envoyer ses agents au Conseil d’administration prendre des mesures visant à assécher les caisses de cet institut.
Selon lui, si la trésorerie de l’INSS était bien garnie, l’urgence pour le Conseil d’administration serait de revoir à la hausse ses prestations modiques aux pensionnés au lieu d’investir des sommes colossales dans une société privée qui n’a pas encore fait ses preuves. « On dirait qu’ils ont un agenda caché et qu’ils veulent dépouiller l’INSS pour enrichir des privés alors que l’argent de l’INSS appartient aux employés et non à l’Etat », s’indigne le président de la COSYBU.
Le manque à gagner pour l’INSS avec ce projet d’investissement à rentabilité très lointaine (plus de 5 ans) est évalué à plus de 5 milliards pour délai de rendement du capital investi de 49 mois. « Il faut plutôt privilégier l’investissement à la BRB dans les Bons et Certificats du trésor pour un taux moyen de 11% », proposent ces sources contactées à l’INSS.
C’est au moment où la Confédération syndicale du Burundi, COSYBU, l’Association des retraités du Burundi (ARB) de même que l’Amicale des militaires en non Activité (AMINA) décrient à l’unisson cet investissement dans la société Amanda Drinks. Le ministère de tutelle est appelé à ne pas avaliser cet investissement.

Des investissements de l’INSS : échec et maths  !

Dans un passé récent l’INSS a perdu des sommes immenses investies dans des banques et des entreprises aujourd’hui encore en liquidation après avoir fait faillite. Des erreurs d’appréciations que le Directeur général de l’INSS reconnaît aujourd’hui.D’après le Général de brigade Télésphore Irambona, tous les investissements n’ont pas été fructueux. « Si nous avons enregistré des pertes par le passé, c’est parce qu’il n’y a pas eu de suivi régulier de nos placements », affirme-t-il tout en promettant de faire plus attention dans l’avenir : « Nous comptons rectifier le tir avec ce nouveau projet d’investissement en mettant toutes les balises nécessaires. Nous pouvons par exemple exiger dans les clauses du Protocole d’actionnariat de pouvoir nous retirer du projet si nous constatons qu’il n’est pas rentable. »
Par le passé, reconnaît encore une fois le DG, l’INSS a perdu une affaire de 800 millions de Fbu investis dans 4 sociétés qui ont fait faillite. Ce n’est pas tout, « l’INSS a aussi perdu un montant de plus de 1 milliard de Fbu placé dans des banques comme la BPB (banque populaire du Burundi et la BCD (banque de crédit et de développement) qui sont tombées en faillite. Nous avons constaté que la somme perdue a été injectée dans ces deux banques à quelques mois de leur faillite. Il y a eu manquement grave», a-t-il conclu.
Mais c’est au moment où le personnel de l’INSS appelle la direction de cet institut ainsi que son Conseil d’administration de jeter un regard rétrospectif et de tirer des leçons des investissements partis en fumé pour ne pas rééditer les erreurs du passé.

  4   Vos commentaires
  1. Kaminuza

    Quand l’AGENT : « Inss » …..se substitue à son PRINCIPAL : » les affiliés !!!

  2. Naho DG yoba yaragiye Bourkina Fasso ntibisigura ko Marche aca ayiha aba Bourkinabais, non plus. Umugambi witerambere ry’Igihugu na cane cane INSS, utegerezwa kubamwo COSYBU, na Societe Civile n’abaserukira abakozi ariko abakozi bo hasi baragishijwe inama, Ministre de la Sante, cane cane. Mbe abo ba Bourkinabais bazokora Jus ya Tomate ou n’ibindi.

  3. Vuvuzela

    Hahaaa, INSS iva, canke igakamwa, jus?? Niyateka turawunywa!! Eshe niyo jus yoboneka mwa bantumwe.

  4. vios

    Yaco muta umwanya izo miliyaridi zizotangwa na INSS aba ba dd baramaze kuzipangira ico zizokora,ce DG ntakundi yogira ategerezwa kuguma abesha mpaka.
    Nayo accord ya ministre wa fonction publique yoyo nukunyereza ngira s’umwe tuzi avec le probleme des enseignant,Sendazirasa azosinya le jour meme dossier izomushikira.
    Quant a nos retraites nukuraba ukundi mwiyungunganya nakare babaha intica ntikize a voir la richesse ya INSS.
    Rirya deni naryo leta ifitiye INSS ntirizishugwa sinon bokwihaye murayo nyene bafitiye INSS bakajana mu mifuko yabo via amanda drinks.
    Muri iki gihugu nukwimenya umwe wese aho atembereye genre amagendera sinon inzara yoyo izosiga bake.

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