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L’Imbo de nouveau aux prises avec le choléra

30-08-2011

Presqu’un mois que le choléra a fait irruption sur toute la ceinture ouest du Burundi, notamment dans les provinces de Bujumbura et Cibitoke ainsi que dans la commune de Rumonge, province Bururi. Le 18 août, le gouvernement a déclaré l’épidémie et des centres de traitement ont été créés dans les zones les plus touchées. Le directeur général de la Santé Publique précise que d’autres mesures ont été prises pour l’éradiquer.

Hôpital Prince Régent Charles, à Bujumbura. Sept tentes. Quatre sont réservées aux malades atteints du choléra et peuvent contenir 25 patients. Celles qui restent servent de sanitaires, une autre pour le personnel soignant. C’est le centre de traitement de cholera, situé à l’arrière de l’hôpital ; 16 malades y sont soignés. A coté de leurs lits, des récipients contenant des sels de réhydratation orale pour remplacer les pertes liquidiennes. Pour les cas les plus graves, les médicaments sont administrés par voie intraveineuse.

En outre, des mesures de précaution ont été prises afin d’éviter la contagion. Les malades sont mis en quarantaine. Les ambulances octroyées par la protection civile ont leur passage à l’arrière de l’hôpital. Pour accéder à ce centre, avant de passer la clôture faite en caoutchouc, tous ceux qui entrent en contact avec les malades doivent se laver les mains avec de l’eau chlorée et des infectants pour les chaussures afin de ne pas emporter le virus. Un autre centre se trouve au centre de santé de la commune urbaine de Musaga.

« Chaque jour de nouveaux cas se présentent. Aujourd’hui, nous avons accueillis cinq malades et cinq autres au centre qui se trouve dans la commune urbaine de Musaga », affirme Laetitia Dupuis, coordinatrice du projet de surveillance et d’intervention pour les urgences à l’ONG Médecins Sans Frontières. Elle se réjouit que depuis l’intervention de l’MSF, on ne déplore aucun cas de décès.

« Nous maîtrisons la situation »

Le Directeur Général de la Santé Publique, Dr Liboire Ngirigi est optimiste : «  Nous maitrisons la situation. » Il indique que grâce à l’appui de l’Unicef, de l’ONG Médecins sans Frontières, de la Croix Rouge et autres partenaires, le ministère de la Santé Publique et de Lutte contre le Sida a pris des mesures pour juguler l’épidémie. Un numéro vert a été ouvert pour appeler les ambulances : 18 pour ceux qui utilisent les téléphones mobiles de l’Onamob, 13 pour les usagers de Léo et 113 pour ceux téléphone fixe.

Face au manque criant d’eau potable dans la capitale, les autorités sanitaires ont demandé à la Regideso de privilégier les quartiers les plus touchés, car le niveau de l’eau a sensiblement diminué dans toute la capitale. De surcroît, selon toujours le Dr Ngirigi, la Croix Rouge a mis à la disposition du ministère des camions pour le transport de grands sacs contenant des milliers de litres d’eau dans les zones touchées. De même, le ministère de la Santé Publique a exhorté les administratifs à sensibiliser la population à l’hygiène. Il conseille de commencer par creuser les sanitaires, de suspendre la vente des fruits ou autres aliments mangés crus et d’être vigilants sur les conditions d’hygiène dans les débits de boisson. Ces derniers pourront même être fermés si nécessaire. Pour ceux qui ont été déjà contaminés, le Directeur Général de la Santé Publique précise que les soins sont gratuits.

Le Dr Ngirigi, impute les épidémies répétitives (chaque année au mois de juillet, aout et septembre) du cholera dans région de l’Imbo au manque criant d’eau en cette période qui fait que l’hygiène laisse à désirer.

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Selon Dr Liboire Ngirigi, Directeur général de la Santé Publique, plus de 245 cas de choléra ont été enregistrés depuis le 4 aout. Dans la province de Cibitoke, 46 cas ont été signalés dont 39 à Rugombo et 7 à Mabayi. Dans la province de Bujumbura, 115 cas dont 25 à Kabezi, d’autres à Magara ; tandis que l’on en dénombre 59 à Rumonge. Il y a eu 3 décès à Bujumbura, 2 à Rumonge et 2 à Cibitoke

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