Politique

Les réponses de Muramvya

La province de Muramvya a abrité, ce vendredi 25 mars, la conférence de presse trimestrielle des porte-parole des ministères et institutions publiques, à l’hôtel Bazelogde. Une séance plutôt intéressante.

Philippe Nzobonariba : « Je ne crois pas que le gouvernement français peut négocier avec Salah Abdelslam.»

Philippe Nzobonariba : « Je ne crois pas que le gouvernement français peut négocier avec Salah Abdelslam.»

« La CNTB n’est pas Sérapion, elle travaille même si ce n’est pas médiatisé, car les gens ont compris qu’il faut rendre les biens d’autrui sans aller le crier sur les ondes », a répondu le porte-parole de la Commission Nationale Terre et autres Biens à un journaliste qui s’interrogeait sur le silence de cette commission, contrairement à l’époque ou elle était dirigée par Mgr Sérapion Bambonanire.

Gaspard Baratuza, porte-parole de l’armée, a reconnu que l’assassin du lieutenant-colonel Darius Ikurakure est un militaire, puisqu’il portait leur tenue et que seuls les membres de la FDN peuvent entrer dans les enceintes de l’état-major de l’armée. « Il finira par être attrapé car il a laissé l’arme du crime sur les lieux et on est en train de travailler dessus.»

Sur les nouvelles révélations faites par d’anciens rebelles qui se seraient rendus, alors que la police avait déjà arrêté des suspects, notamment pour le cas de l’assassinat des trois sśurs italiennes, le porte-parole de la police a indiqué que son corps annonce les faits comme ils se présentent. La porte-parole de la Cour Suprême a assuré que ces nouveaux aveux seront pris en considération, et que les premiers suspects ne seront pas relâchés, pour autant. « Ce n’est pas parce qu’ils ont avoué qu’on doit les croire, nous devrons vérifier la façon dont ces aveux ont été obtenus », a précisé le porte-parole du ministère de la Justice.

Sur le dialogue, le secrétaire général et porte-parole du gouvernement a réaffirmé qu’il est hors de question de négocier avec des terroristes. Pour lui, il n’y a pas de rebelles au Burundi, mais des terroristes. « Je ne crois pas que le gouvernement français peut négocier avec Salah Abdelslam.»

En ce qui concerne les relations avec l’Eglise catholique du Burundi, Philippe Nzobonariba a rappelé la parabole du semeur. Selon lui, les évêques catholiques font des communiqués sans se soucier des oreilles dans lesquelles ils tombent ni des conséquences qu’ils causent.

Quant au porte-parole du ministère des Finances, il a rassuré que la décision de l’Union Européenne n’empêchera pas le pays de tourner, puisqu’il est en train de chercher d’autres moyens. « Quand on est handicapé, on apprend à boiter. » Selon lui, l’UE a cherché des prétextes pour diminuer son aide au Burundi, depuis 2014.

La bonne nouvelle, lors de cette séance, c’est que l’ombudsman va mieux aujourd’hui. Selon un de ses porte-parole, il est en convalescence et suivi pas son médecin. Il devrait être de retour à Bujumbura fin mai.

Les invités d’honneur de ce rendez-vous étaient le porte-parole du président de la République, Gervais Abayeho, celui du gouvernement, Philippe Nzobonariba, et la porte-parole de la Cour Suprême, Agnès Bangiricenge.

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