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Politique

Les négociations se clôturent en queue de poisson

Le dialogue entre le gouvernement, l’opposition et la société civile qui durait depuis trois jours à Bujumbura sous la facilitation de Chrispus Kiyonga, ministre ougandais de la Défense vient de se clôturer sans un vrai résultat. L’opposition se dit déçue.

Sylvestre Ntibantunganya ( à gauche) : « Que demain vous ne versiez pas des larmes de crocodiles. »

Sylvestre Ntibantunganya (à gauche) : « Que demain vous ne versiez pas des larmes de crocodiles. »

C’est vers 15h, heures locale que Chrispus Kiyonga, ministre ougandais de la Défense a lu une déclaration lors d’une conférence de presse pour annoncer l’issue de ces trois jours de négociations. Il s’est dit d’abord satisfait que les protagonistes se soient parlé yeux dans les yeux depuis le début de la crise burundaise même s’il ignore pourquoi le gouvernement s’est retiré à la troisième journée.

L’autre annonce est la poursuite de ces négociations. Toute fois, il n’a pas donné de date mais en prenant le soin de signaler qu’il sera entre Kampala et Bujumbura dans les prochains jours.

A la question de savoir à quoi servirait le dialogue alors que l’élection présidentielle se tient mardi, Chrispus Kiyonga a répondu que les communales et législatives du 29 juin n’ont également empêché la tenue du dialogue depuis jeudi.

Concernant la déclaration de la création du conseil national pour le respect des accords d’Arusha et la restauration d’un état de droit et du paragraphe qui seraient la source du retrait du gouvernement dans ces négociations, le ministre ougandais de la Défense a indiqué que certes la phrase qui dit que « le conseil saura pleinement jouer le rôle qui lui incombe comme garant de la légalité et des institutions » pouvait être provocatrice mais qu’elle ne contenait rien qui peut remettre en cause le dialogue. Toute fois, selon plusieurs participants, il était prévisible dès hier que le gouvernement ne voulait plus continuer les débats.

Un faux prétexte

Tout a commencé, selon nos sources, dans la soirée de samedi 18 juillet, lorsque Edouard Nduwimana, ministre de l‘Intérieur a brandit une déclaration faite par des Burundais en exil de la mise en place du conseil national pour le respect des accords d’Arusha et la restauration d’un état de droit.

Le ministre de l‘Intérieur en profitait pour accuser l’opposition et la société civile de vouloir créer un gouvernement en exil. Selon lui, la phrase « le conseil saura pleinement jouer le rôle qui lui incombe comme garant de la légalité et des institutions » démontre l’esprit putschiste de l’opposition et la société civile.
Pour l’opposition, il est clair qu’il s’agissait d’une stratégie et d’un faux prétexte pour éviter le sujet qui fâche : le calendrier électoral qui était d’ailleurs le dernier point à l’ordre du jour. Le ministre sortait avec fracas en annonçant que le gouvernement allait se concerter par rapport à cette déclaration.

Alors la médiation avait suspendue les travaux et appelait tout le monde à un autre rendez-vous à 9 heures ce dimanche, le camp gouvernemental a demandé à une interruption au dialogue.

Pour l’opposition, le gouvernement n’a jamais voulu débattre sur la question du calendrier électoral et de la candidature de Pierre Nkurunziza. « Le gouvernement n’a jamais manifesté une volonté de négocier, il a toujours fait un semblant de vouloir négocier », lançait Léonce Ngendakumana, président de l’Alliance des démocrates pour le Changement (ADC-Ikibiri), après avoir constaté que la partie gouvernementale et celle du parti présidentiel ont opté pour le boycott des négociations.

Volonté de faire cavalier seul

D’après lui, ils ont toujours résisté aux négociations, accusant l’opposition de vouloir négocier des postes, mais, actuellement, ce sont eux-mêmes qui amènent des idées de gouvernement d’union national, soulignant par ailleurs que le pouvoir n’est pas prêt à discuter du calendrier électoral, le désarmement de la milice Imbonerakure ainsi que la question du 3ème mandat.

Bien plus, faisait-il remarquer, le pouvoir a toujours accusé les opposants de pratiquer la politique de la chaise vide mais aujourd’hui, ce sont eux qui en sont coupables : « Ils ont opté de faire la sourde oreille aux conseils de la communauté internationale, à violer la Constitution, à faire cavalier seul. »

Avec cette action, ils viennent de décevoir les deux chefs d’Etats tanzaniens et ougandais qui avaient pensé à enclencher un dialogue franc, sincère, pour résoudre la crise burundaise. Et de déclarer : « Nous allons poursuivre le combat politique. Quand on poursuit une cause noble, on se fatigue pas parce qu’au bout du compte on finit par triompher ». Et de conclure : « Vu l’importance de l’Accord d’Arusha dans la stabilisation de notre pays, c’est un combat que nous devons gagner. Ça peut prendre du temps, mais la lutta continua. »

Sylvestre Ntibantunganya ne mâche pas, quant à lui, ses mots : « Le gouvernement ne veut pas avancer. S’il le voulait, il serait ici mais on ne les voit pas. » Mais quoi qu’il en soit, prévient-il, il n’y aura pas d’autres issus que de s’asseoir et sérieusement avec tous les protagonistes de ce conflit burundais.
Et de déclarer qu’il existe des dimensions oubliées mais qui vont se mettre en évidence au fur et à mesure qu’on avance car la crise actuelle est compliquée : « Le groupuscule qui contrôle le pouvoir et celui du Cndd-Fdd qui lui est fidèle ne voudraient pas se rendre compte que les raisons profondes de la crise sont à l’intérieur du Cndd-Fdd. »

« Les signes annonciateurs sont là »

Pire, constate le Sénateur à vie, des malaises s’expriment même au sein des corps de défense de sécurité : « Si ces corps ne demeurent pas cohérents, ça sera un grand danger par rapport aux principaux acquis que nous tirons de l’Accord d’Arusha. »

Pour lui, le président de la République dont son mandat court avec le 26 aout, est redevable devant les Burundais, la communauté régionale et internationale de la paix et de la sécurité au Burundi. C’est également au parti présidentiel qui domine dans les institutions de prendre des décisions qui s’imposent après avoir écouté tout le monde pour empêcher que ce pays sombre dans la guerre civile : « Les signes annonciateurs sont là. »

A la Communauté internationale, il a demande de régir : « Ne vous retrouvez pas demain avec une situation comme celle qui a eu lieu au Rwanda. Que demain vous ne versiez pas des larmes de crocodiles. »

Et de conclure : « Qu’elle observe ce qui se passe, ce qui bloque, ceux qui ne cherchent pas une solution à la crise. Et là, il faut oser. Si c’est nous au niveau de l’opposition, qu’on nous le dise. Si c’est Nkurunziza, qu’on le dise. »

Iwacu a contacté sans succès Edouard Nduwimana pour sa réaction.

  13   Vos commentaires
  1. Nzoziricaha Pierre

    Certaines personnes cherchent a comprendre ce que cherche Nduwayo alias Kissinger dans les elections de demain. Ils affirment meme que ce Kissinger serait assez intellingent pour faire ce qu’il fait.

    De mon cote je me demande s’il est possible d’etre intelligent et Umuja en meme temps. On ne sait jamais. Fouillons.

  2. opposition y’uburundi bari tres faible cane nuwobaha i Gihugu borara bakibatse kumwe kwa Ntibantunganya igihugu camunanira muri 1996. Ashaka dusubire tukimuhe kandi caramunaniye? Sinduhije nawe jewe nibaza ko atotwara i Gihugu c’uburundi kuko ni umu Experts mu bintu vya soulevement mwarabonye inyigisho yatanze muri Ouganda. Ariko rero urya mutama Domitien naho atazi gutwara arashoboye kurondera amahera muravye karya ga Kiosk yubatse impande ya presidence ararinda pe. Umwe wese naje gukora umwuga ashoboye hama mutureke abarundi twigumire ku kivi.

    Merci

  3. mahembe

    «… conseil national pour le respect des accords d’Arusha et la restauration d’un état de droit…»
    N’essayez pas d’altérer ce qui a déjà été annoncé et que nous avons tous vu:

    http://arib.info/index.php?option=com_content&task=view&id=12519&Itemid=1

    Ils ont dit : « Conseil National de TRANSITION… »
    Pour ceux qui l’ont peut-être oublié, ils se souviendront qu’en Libye, Tunisie, Égypte et Syrie, ils ont aussi créé un « Conseil National de Transition ». Où est-ce que cela les a menés jusqu’à présent?

  4. Majanja

    Boycotter les elections? Iyaba hariho opposition ikomeye yokwitavye amatora hanyuma igatsinda Nkurunziza abgataha muhira nkuko vyagenze muri Senegal igihe Abdoulaye Wade yagomba gusubira kwitoza. Opposition niyiyunge kuko nta gihagararo ifise ubu. Ahandi ho ayo maruru nta nakimwe avuze. Hatsinda imigambwe ifise abanywanyi. Niba vyabananiye kurondera abanywanyi bakwiye nukuvuga ko ata nkomezsi zihagije mufise zo gutwara igihugu. Iyo ni logique kandi ntimushobora kuyihindura. Dialogue mushaka niyahe? Mushaka ko CNDD ibakatira agasoso gatoya? Izobaha amagufa asigaye mukongote mugabo mumenye ko uhaga amazi uyivomeye. Ntibantunganya yavuze ko uhaga amavoka uyiyamuriye. None nguyo ariko arasaba amavoka CNDD yiyamuriye!!!!!

    • Muri Sénégal CENI yaho iri indépendante na les média zikora neza alors que aha iwacu résultats zizwi à l´avance. None opposition n´aho yoba ikomeye gute yotsinda amatora ibicishije he?

    • Jean-Pierre

      Muri Senegale nta mbonerakure zarimwo. Macky Sall yaja iyashaka hose. Gwasa ameze nkuwupfunzwe icamaso kuko niwe wenyene yohangana na Nkurunziza. Ivyo bidashoboka, ataradiyo isemerea ngo abantu bamenye ivyiyumviro vyaba na bariya, ntawovuga ngo opposition nta nguvu ifise. Ce n’est pas du tout honnête.

  5. Toute la communauté internationale, je l´espère, a compris que Nkurunziza et sa clique n´est pas prêt pour la paix. Il faudra la construire sans lui.
    Nta kindi kintu gisigaye. Simbona ukuntu négociations zobandanya inyuma y´amatora muri izi conditions zirimwo agasunzuguro kangana uko.
    Opposition na société civile hamwe n´aba CNDD/FDD bagikunda igihugu ni babandanye kwubaka neza ivyo batanguye:Conseil National pour le Respect de l’Accord d’Arusha et de l’Etat de Droit au Burundi.
    Ubu harageze ko ibintu vya sérieux bitangura, bakaja hamwe bagatora umu interlocuteur umwe azovugana na les acteurs bose babaho. Leta ya Nkurunziza amakungu ntashobora kuyemera. Iyo amakungu azemera ni iyo abo bazoshingira hanze kuko ibibi birarutana.
    Bikaramuka bibananiye kwumvikana kubera gushira imbere inyungu z´umwe umwe wese kazoba ari akazi kanyu. Nkurunziza ahejeje kubugururira inzira ku mugaragaro mu kwanka ibiganiro imbere y´amakungu.

    Son mandat finit le 26 août 2015. Après cette date, le Burundi n´aura pas d´autres institutions reconnues …. Alors les épris de paix, de Droit; au travail, iyo taliki ntibajane.

    Ndavuga simvura.

  6. Il y a une chose qui m echappe chez nos freres burundais: actuellement la situation est bloquee concernant tout memes les negociations semblent rien resoudre, rappelez-vous, c’est negociations sont entre politiciens, maintenant, interroge ins les vrais concernes qui sont le PEUPLE. Le peuple n est pas seulement les antis 3 eme mandat, c’est aussi les pro Nkurunziza.le vote pourrait tout resoudre si non il est tres Claire et limpide qu il une partie du peuple a qui ce ne fait rien que P Nkurunziza se presente et une autre pour qui au moins la mort au lieu qu il se represente pour un 3 eme mandat et 2 eme vote au suffrage universel direct.Pour moi c est vraiment crise et de faux debats, des vies humains sacrifies inutilement. Le debat huleux ou la guerre je la fairai si P Nkurunziza revient en 2020.Salut je suis egalement burundais, pr ceux qui sont contre mon Avis!!

    • salatori

      Mon frère on a certain compatriote qui ont été habitué à avoir le pouvoir pas par le vote car ils savent que si il y’a votes jamais ils ne gagneront et préfèrent utiliser la force mais malheureusement pour eux la force ne marche plus dans notre chers pays , la démocratie par les urnes est le seul moyen d’avoir accès au pouvoir il faut qu’ils le comprennent

    • Baobab

      @Musa
      « Le peuple n est pas seulement les antis 3 eme mandat, c’est aussi les pro Nkurunziza.le vote pourrait tout resoudre  »
      Il n’ y a pire sourd que celui qui ne veut pas entendre! Pas pire aveugle que celui qui ferme ses yeux! J’espère que ce n’est ton cas!
      Nkurunziza n’a pas osé se faire élire à vote secret dans sa propre formation politique! Il n’a pas osé prendre ce risque!
      Se risquer au niveau national, c’est au moins trois fois plus dangereux pour lui! Donc pour lui, organiser des élections libres et transparentes, qu’il peut perdre, il n’y a que toi pour y croire!
      Quant aux élections comme recette démocratique, c’est de l’illusion! Les élections peuvent être organisées de mille et une manière! De la pire manière à la meilleure! Pose-toi la question pourquoi 87% des gabonais n’ont connu que des Bongos dans leur vie, alors que des élections ont toujours eu lieu dans leur pays! Pareille pour les togolais et les congolais de Brazza; presque pareil pour les ougandais et bientôt pour les rwandais, dans quelques années pour les burundais!

  7. Chers compatriotes,

    je suis désolé par le comportement sauvage qui caractérise le gouvernement Burundais et particulièrement meusieurs NKURUNZIZA, NDUWIMANA et consort.

    Je regrette profondément du temps perdu par leurs enseignants dès l’école primaire jusqu’à l’Université. Il est douloureux de constater qu’ils n’ont rien compris de ce qui est du sens humain. Pourtant, une opinion affirme qu’ils auraient eu des diplômes d’Humanités générales. Peuvent-ils nous expliquer comment ces diplômes étaient des permis d’égorger leurs compatriotes?

    Je regrette également des moyens financiers que la nation leur à payé comme quoi ils étaient entrain d’étudier. Cher compatriote, Je vous rappelle que notre population a subi toujours des enseignements diversifiés, depuis celui sauvage jusqu’à la barbarie et c’est parmi ses membres que sont recrutés les fameux « corps de sécurités » qui ne savent pas distinguer leurs ennemies et leurs compatriotes.

    Je regrette profondément du temps perdu en enseignant un grand nombre de licenciés qui restent toujours à l’Etat initial de leurs origines bananières, surtout en ce qui est en rapport avec la sorcellerie et les pratiques mystiques connexes qui ont caractérisé la classe politique burundaise depuis la nuit des temps.

    Je regrette de ces buveurs des notes qui devienne des licenciés par internet, par correspondance ou à travers ces Universités médiocres comme Hope et consort.

    Je regrette de ce parlement qui est composé par des aventuriers à capacité intellectuel lamentable.

    Un regret important est relatif aux grands professeurs d’universités qui, après avoir eu des postes politiques adopte un raisonnement bananier et jette dans la poubelle tout sens humain jusqu’au niveau où ils participent dans des tueries et dans traitement inhumains en se ralliant à un général qui n’a aucun niveau.

    Chers compatriotes, je vous recommande de faire une prise de conscience pour savoir d’où nous venons et où nous allons. Les autres pays sont entrain de combattre le terrorisme et nous, nous sommes entrain de nous chicaner. Figurez-vous si un jour les terroristes arrivaient dans notre pays.

    Voici un tout petit clin d’oeil que je donnerais aux Burundais: Dans d’autres pays, il n’y a plus de cadre politique d’un grade académique de Licencié. Dans le monde actuel, ce sont les Docteurs qui sont prioritaires pour relever le niveau économique, piloter de grands projets nationaux, défendre le pays dans des rencontres internationales.

    Pouvez-vous expliquer comment quelqu’un qui a fait la 5e primaire ou le lycée pédagogique devient député et traite des lois relatives à la formation universitaire? Pouvez-vous expliquer comment ces Docteurs qui ont été formés par la nation n’ont pas le droit de contribuer afin que notre pays puisse se relever? Pouvez-vous montrer votre destination avec l’école fondamentale?

    Pour terminer, je vous dirais que nous n’irons nulle part tant que NKURUNZIZA ignore complètement son faible niveau intellectuel et qu’il encourage la médiocrité dans tous les domaines. Maintenant, attendez-vous à un retour en arrière de plus de 50 ans dans tous les domaines. De plus, une descente aux enfers est incontournable avec cette école fondamentale.

    Je le souligne bien: Je ne suis pas acteur politique ni membre de la société civile mais citoyens burundais reconnaissant la nécessité de contribuer pour une nation progressive.

  8. Murundi

    Imburarakimazi zose zamenyereye kurya zicaye, iyo biziburiye zitwaza ama négociations. Muzotoba gushika ryari? Abandi barara badasinziriye biyumwira icoteza imbere ibihugu vyabo namwe murara mudasinziriye murota za négociations ngo muje muvyicaro gusa. Aho hose uwobabaza projet de société mufise, nta numwe yoyerekana.

    Abo ba Alexis, ba Ntibantunganya, ba Domicien…mwokwereka Abarundi ico mumaze kumara canke ico mugiye kumara atari ugufora amabondo? Ayo manegociations yanyu ya misi yose, nta Murundi azoyarya. Kore ibikorwa mugabanye akarimi.

    Gende mushinge izo za gouvernements zanyu n’Urwanda rwanyu hamwe n’Ababirigi muzoza mususanga.

    • Leon

      Itonde Murundi, buraca bugacanayandi !!!! uti ntaco bamaze ?? Reka ndakikwibutse nimba ataco uzi :
      – Ntibantunganya na Domisiyano, bararongoye igihugu c’uburundi
      – Alexis nawe, yahaye micro aba rebelles bitwa cndd fdd, arabaha micro baravuga ico bagona, nikibaraje ishinga , igituma barwanya reta ya pierre buyoya ! Ivyo ati hwe ! Ngira uravyemera ivyo ko vyagenze uko, kandi ko ubizi uki nyene>
      Rero Nitwitonde

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