Politique

Les hommes forts du troisième mandat

04-09-2015

Les grosses pointures du parti Cndd-Fdd ont réoccupé les postes de souveraineté contrairement aux femmes qui ont été remerciées.

Photo de famille de la nouvelle équipe gouvernementale

Photo de famille de la nouvelle équipe gouvernementale

Le ministère de la Sécurité publique voit à sa tête un des très hauts gradés des forces de défense et de sécurité, un fidèle du président Nkurunziza, le commissaire de police chef (lieutenant-général) Alain Guillaume Bunyoni. C’est un ministère qu’il connaît bien pour l’avoir dirigé. Un homme qui occupa plusieurs ministères avant de se retrouver à la présidence comme chef de cabinet civil. Jusqu’à son retour au gouvernement, il était Chancelier des Ordres Nationaux. Il remplace le commissaire de police Gabriel Nizigama qui est nommé Chef de cabinet civil-adjoint du président de la République. Ce dernier se sera illustré notamment dans la mise en échec du putsch du 13 mai.

Le portefeuille de la Défense et des Anciens combattants reste dans les mains du ministre sortant Emmanuel Ntahomvukiye. Ce magistrat est devenu ministre après l’exil du Général-major Pontien Gaciyubwenge. Selon des sources à l’armée, à sa nomination, bien des hommes en treillis digéraient très mal d’être dirigés par un civil.
L’ancien ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Pascal Barandagiye hérite du ministère de l’Intérieur. Il devra s’occuper aussi de la formation patriotique.Entre autres faits, M. Barandagiye a mobilisé ses magistrats pour envoyer en prison, selon la procédure de flagrance, militants du MSD, manifestants, putschistes, prisonniers de guerre. Il remplace le très honni par l’opposition et la société civile Edouard Nduwimana, actuel vice-président de l’Assemblée Nationale.

M. Barandagiye laisse son fauteuil à Aimée-Léontine Kanyana, une proche de Pierre Nkurunziza. Elle était à la Cour constitutionnelle comme membre non permanente, puisqu’elle était aussi le numéro deux de la banque centrale du Burundi.
Le patron des Finances de l’Etat reste Tabou Abdallah Manirakiza au moment où les partenaires financiers du Burundi menacent de fermer les robinets de l’aide et que les ressources internes s’étiolent.

Aimé Alain Nyamitwe est reconduit à la tête de la diplomatie burundaise. Il aura à mener une grande offensive diplomatique pour éviter au pays l’isolement dans lequel il s’englue depuis la candidature de Pierre Nkurunziza.

Ont-elles déméritées ?

Une seule femme aura été reconduite dans le nouveau gouvernement : Léontine Nzeyimana, ministre à la présidence en charge des questions de l’EAC. Toutes les cinq restantes ont été remerciées par le parti Cndd-Fdd. il s’agit de Rose Gahiro (Education), Odette Kayitesi (Agriculture et Elevage), Sabine Ntakarutimana (Santé) et Annonciate Sendazirasa (Fonction Publique). La très récemment nommée Irina Inantore ne retrouve pas son fauteuil au ministère du commerce.

Le conseiller principal chargé de la communication à la présidence de la République, Willy Nyamitwe dira que tous ceux qui n’ont pas été reconduits n’ont pas démérités, mais qu’ils seront appelés à d’autres fonctions.

  2   Vos commentaires
  1. Twebwe binararibonye avec des décennies en exil, muratubaza tuzobabwira ivy’ari vyo kuba impunzi mu mahanga. Uri impunzi baguha titre de voyage(équivalent du passeport) dans lequel on mentionne que vous pouvez aller partout sauf dans votre pays d’origine. Partout où vous passez avec ce fameux titre de voyage les policiers ( aux aéroports) vous regardent comme un extra-terrestre. Et vous ne pouvez plus voyager avec le passeport de votre pays si vous êtes réfugié. Ce sont les règles des Nations Unies pour les réfugiés. Maintenant la question est de savoir quel statut auront à l’étranger les membres du CNARED pour garder les passeports de leur pays d’origine.

  2. MUGABARABONA

    Ah ! Onésime Nduwimana, Voleur ou terroriste ? Vérifier son casier judiciaire !!!!!! Les temps changent.
    « Jeune Afrique, 03 septembre 2015

    Le passeport de l’opposant burundais en exil Onésime Nduwimana a failli être confisqué par la police belge. Motif : une notice d’Interpol émise à la demande de Bujumbura.

    « Vice-président du Cnared, une coalition de partis hostiles au troisième mandat présidentiel de Pierre Nkurunziza, l’opposant burundais en exil Onésime Nduwimana a été interpellé par la police aux frontières belge à son arrivée à l’aéroport de Bruxelles, le 27 août.

    Il a alors découvert qu’il était visé par une notice d’Interpol, émise à la demande des autorités de son pays, exigeant que son passeport lui soit confisqué. « Pour nous, cela signifie soit que le passeport est volé, soit que son détenteur est un terroriste », lui a expliqué un policier.

    Il a fallu l’intervention du ministère belge des Affaires étrangères pour que Nduwimana puisse quitter l’aéroport avec son passeport. Bruxelles a l’intention de protester officiellement auprès d’Interpol, qui a relayé la demande burundaise sans vérification. »

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