Politique

Les héritiers de Ndadaye toujours divisés

22-09-2014

Depuis 2005, le Frodebu ne se remet pas des crises internes qui le traversent. Après l’exclusion du Dr Jean Minani, ancien président de ce parti, c’est le tour de Domitien Ndayizeye, ancien président de la République. Et ce, au moment où une lueur d’espoir vers la réunification pointait à l’horizon.

> La ‘réunification’ sans Léonce Ngendakumana

> Usurpation des insignes …

> La suspension, puis l’exclusion de Domitien Ndayizeye : une goutte d’eau qui a fait déborder le vase ?

D’où est venue l’idée de la réunification ?

Six ans de divorce suffisaient quand en 2011, les deux partis presque jumeaux le Sahwanya -Frodebu et Sahwanya Frodebu Nyakuri Iragi rya Ndadaye, officieusement, tentent de se réunifier.

Dimanche, 14 septembre à Rushubi, au chef-lieu de la commune Isare et de la province Bujumbura, Mr Ndayizeye et Dr Minani fiers de se retrouver ©Iwacu

Dimanche, 14 septembre à Rushubi, au chef-lieu de la commune Isare et de la province Bujumbura, Mr Ndayizeye et Dr Minani fiers de se retrouver ©Iwacu

A la tête de cette initiative, quatre personnalités. Pas n’importe lesquelles : d’un côté, Sylvestre Ntibantunganya et Domitien Ndayizeye, sénateurs et anciens présidents de la République. De l’autre, Léonce Ngendakumana et Dr. Jean Minani, présidents des partis Sahwanya Frodebu et Sahwanya Frodebu Nyakuri Iragi rya Ndadaye (ou Sahwanya Frodebu véritable héritage de Ndadaye). Des sources fiables indiquent que ce vœu avait été également formulé la même année lors du congrès du parti Sahwanya Frodebu par des militants.
15 novembre 2011. Les premières consultations, révèle nos sources, commencent à Kayanza. Elles se poursuivront à Bujumbura et ailleurs.

Les motivations de la réunification

Selon un document dont Iwacu s’est procuré, les quatre initiateurs sont motivés par la situation politique, économique, sociale et culturelle dégradante, l’esprit et la lettre d’Arusha mis dans les oubliettes, la mauvaise gouvernance, les violations des libertés publiques, etc.
De plus, ils constatent une tendance au retour inexorable d’un parti unique caractérisé par une intolérance à d’autres partis puissants, en particulier ceux de l’opposition.
De ce qui précède, ces anciens compagnons de lutte de Melchior Ndadaye, héros de la démocratie, remarquent que l’image du pays est ternie dans le concert des nations. Par conséquent, il s’observe un relâchement continu des partenaires traditionnels au développement du Burundi.

Des compromis

Pour arriver à la restauration d’un Etat pluraliste, un Etat de droit, défenseur des droits de la personne humaine rassurant pour toutes les couches sociales, ils s’engagent à la réconciliation et la réunification du parti Sahwanya-Frodebu. Ils promettent également de constituer un vaste rassemblement des démocrates. La mobilisation et l’organisation de toutes les forces politiques, morales et sociales favorables au changement s’imposent. « L’initiative en soi est très louable et fut bien accueillie », témoignent nos sources proches de ces deux partis.
Malgré la bonne volonté, ils estiment que des différends les opposent toujours. Il faut donc arriver à trouver un consensus. Concernant l’avenir des députés du parti Sahwanya Frodebu Nyakuri en cas de fusion, une source fiable fait savoir que les initiateurs ont visité l’article 9 de la loi sur les partis politiques. Il a été constaté que la disposition est claire : « Les partis fusionnés conservent le nombre de sièges qu’ils disposaient avant (…) »

Quant au poste ministériel que détient le parti du Dr Minani, nos sources racontent que ce dernier était prêt à le céder pour l’intérêt supérieur de la nation et du parti réunifié.
Une autre question qui s’est posée est celle des jeunes du parti Sahwanya Frodebu devenus violents et intolérants. Les quatre constatent que cette histoire risque d’emmener loin le parti réunifié. Il faut donc organiser la jeunesse de façon qu’elle dépende du parti.
La coalition Ikibiri a été également évoquée. Ils se sont convenus de la renforcer idéologiquement pour qu’elle soit efficace sur le terrain.

A Isare, les militants du camp Léonce Ngendakumana tenaient leur réunion juste à quelques mètres ©Iwacu

A Isare, les militants du camp Léonce Ngendakumana tenaient leur réunion juste à quelques mètres ©Iwacu

Le blocage

D’après nos sources, un acte d’engagement devrait être conclu. Toutefois, au moment de sa signature, Léonce Ngendakumana se serait réservé arguant qu’il devrait d’abord consulter les organes de son parti. Chose tout à fait normale, précisent nos sources : « Même si M. Ngendakumana engage le Sahwanya Frodebu, il ne décide pas seul. »
Quand M. Ngendakumana est parti demander l’avis de son équipe, témoigne Domitien Ndayizeye, sénateur et ancien Chef d’Etat, il n’est plus revenu : « Jusqu’à ce que nous décidons avec Sylvestre Ntibantunganya de le rencontrer à la permanence du parti. »

La commission chargée de la réunification dépassée

Avril 2014. La question de la réunification est confiée à une commission. A la tête, Pierre Barusasiyeko, ancien ambassadeur du Burundi en Suisse, issue du camp Léonce. Elle est constituée de 10 personnes dont cinq du camp Ngendakumana et cinq du camp Minani. D’après M. Barusasiyeko, alors que la commission avançait normalement, elle a été informée que la situation est bloquée. Le dernier rapport de sa commission, révèle-t-il, date du 20 mai 2014.
M. Barusasiyeko ne doute pas que le problème de réunification est lié au leadership : « Chacun veut user de ses moyens pour détruire l’autre. » Le positionnement, poursuit-il, fait monter la tension : « Il nous gâche la vie. Face au temps qui presse, la réunification est une nécessité au parti Sahwanya- Frodebu pour servir de modèle aux autres. »

Il constate que les leaders politiques ont tous le dos au mur. Et regrette que les questions politiques soient réglées techniquement. Néanmoins, l’ancien ambassadeur ne désespère pas. Selon lui, le dialogue continue entre Léonce Ngendakumana et Dr. Jean Minani. L’espoir de la réunification, lâche-t-il, est là.

  8   Vos commentaires
  1. Terimbere

    Biraboneka yuko abo bagabo bakorana kuva kera, ntanimisi ibiri yaheze, Domitien ntiyihaye n’umwanya wokwiyumvira, nuko rero yari asanzwe yarafashe iyindi nzira kuva kera!!
    Plus de credits a Leonce!
    Ces deux hommes sont des cables DDs sans doute! Naho boja mubandi ngo baje muri coalition, hazogera aho bapfundika ijambo, bace baca inyuma, Minani ni umu expert en la matiere!
    La coalition se suffira d’elle-meme et sera a la hauteur de sa mission si elle regroupe les grands partis Sahwanya Frodebu, MSD, Parena, FNL Rwasa, UPD Mungwegezo et Uprona Nditije, les autres !
    Ne perdez pas votre temps avec Minani, lui-meme ne sait pas ce qu’il veut, tout ce qu’il sait, c’est qu’il ne peut pas gagner seul, et sa vraie strategie, c’est d’etre du cote du vainqueur!
    Pour lui, il faut arroser toutes les pepinieres jusqu’au moment ou ca devient clair!
    Ndayizeye lui, joue les reglements de compte avec Leonce!

  2. Nahimana

     » La coalition Ikibiri a été également évoquée. Ils se sont convenus de la renforcer idéologiquement pour qu’elle soit efficace sur le terrain. » Chère journaliste Ngabire Elyse, c’est pourtant ici que réside le principal enjeu. C’est ce point précis qu’il convient avant tout de clarifier en vue de mieux saisir les véritables motivations de ce nouveau tandem MINANI & NDAYIZEYE. Veuillent-ils constituer un autre regroupement de partis politiques et mettre sur pieds une autre coalition différente de celle déjà existante, à savoir l’ADC-IKIBIRI ?? Si telle est le but de leurs sorties, ils doivent réaliser que cette façon de faire ne renforce en rien l’opposition mais bien au contraire. S’ils sont réellement de bonne foi, ils doivent se rendre compte qu’en dehors de l’ADC-Ikibiri, il n’y a pas aujourd’hui de force d’opposition capable de faire le poids contre le Cndd-fdd. En effet, si on fait abstraction de la contestation des résultats électoraux de 2010, force est de reconnaître que les deux Frodebu pris ensemble n’avaient même pas atteint 7 % du suffrage exprimé (soient 5,55 % pour le parti de Léonce et seulement 1,39 % pour le parti de Minani). Pourquoi donc Minani qui ne pèserait que 1,39 % refuse-t-il de de reconnaitre le leadership de l’ADC. Posons la question à MINANI et NDAYIZE dans ces termes clairs: qui renforcerait qui entre l’ADC et le FRODEBU- Nyakuri ? Qui apporterait plus à l’autre ? Même dans sa province natale de Kirundo, Minani a obtenu 5,86 % alors que le FNL y a obtenu 13,70 % . Pouratant le FNL qui fait moins de tapage sur cette question alors qu’il a obtenu plus du double des suffrages obtenus par les deux partis Frodebu pris globalement: soit 14,47 % des suffrage exprimé au niveau national lors des élections communales. Dans Bujumbura-rural, le FNL a même devancé le Cndd-fdd avec près de 60 %. C’est donc par pur réalisme que Léonce Ngendakumana a pris l’option de joindre et renforcer l’ADC-IKIBIRI, dont le poids actuel va grandissant au fur des jours. A moins qu’on nous dise que Minani et Ndayizeye sont en mission commandée pour détruire l’IKIBIRI, aucun autre mobile ne saurait justifier autant de bruits fait autour d’une réunification de deux ailes aux forces somme toute modestes. En somme, la victoire en 2015 ne sera pas celle d’une formation politique fusse-t-elle réunifiée, mais plutôt celle d’un rassemblement des Burundais, unis et dépassant leurs différences pour opérer un changement de gouvernance faite ENSEMBLE pour le bien de TOUS.

  3. Mutima

    Personne de l’opposition ne s’attendait pas à ce que Domotien Ndayizeye choisisse de se joindre à Minana. Probablement que vous pensiez qu’il allait chercher à se battre en restant dans le même camp, mais il il en a surpris plus d’un!…

    En changeant de camp, il a envoyé une onde de choc qui est en train de faire paniquer l’opposition et on essaie de frotter Minani et Ndayizeye dans le sens du poils.

    Maintenant, j’aimerais bien savoir qui tient le plus gros bout du bâton!… Minani + Ndayizeye ou Ngendakumana et son arrogance?

  4. Minani et Ndayizeye sont tout sauf des démocrates encore moins des politiciens. Certes ils ne sont pas pire que les dds, mais je doute fort que ça soient eux la solution pour le Burundi. Meme Nkurunziza ne les considère pas comme des menaces, c’est pour ça qu’ils les laissent s’amuser dans des pseudo campagnes qui se terminent par des gaspillages de l’argent volé au peuple Burundais!

  5. SEMIGABO

    Ico bakora barariye baravyibuha…! C’est deja cela ibindi ni hanyuma nta politique yabo bantu…ntayo mbona….! !!!!

  6. Ramba ramba

    ok

  7. KABADUGARITSE

    J’ai l’impression qu’il y a là-dedans une odeur de régionalisme. Uwuzi abo bose n’abari inyuma yabo yihweze neza. Des neutres, il y en a aussi mais jusque maintenant on n’entend pas leurs voix.-

    • Mvunderi

      Kabadugaritse ati: « …on n’entend pas les voix des neutres. » C’est toujours comme ca partout.
      Les neutres sont les plus nombreux et les plus importants pour le pays comme le sont les travailleurs de la classe moyenne. Je n’elabore pas la-dessus

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