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Les combats du Sud Kivu : plusieurs enjeux

17-10-2011

Depuis quelque temps, un mouvement et même des opérations militaires ont été menées par les FARDC dans le Sud Kivu. Il s’agit de traquer les milices qui écument la région.

Selon un expert du Congo, au Kivu, ce sont des objectifs militaires pour ramener la stabilité. Il y a un bénéfice électoral avec les élections qui se profilent. Les FNL ont toujours évolué dans cet environnement avec ces milices, chacun menant sa propre guerre, avec des alliances ponctuelles, à court terme, avec les milices congolaises.

Si les FNL ont choisi l’exil et des opérations aux côtés de ces milices congolaises, c’est dans l’attente d’un retour politique ou militaire au Burundi. Selon toujours cet expert, on peut aussi imaginer un scénario où les Maï-Maï et quelques éléments des FDLR pourraient se battre auprès des FNL au Burundi, sauf que c’est trop loin de leurs bases.

Une opération militaire burundaise au Congo pour traquer ces FNL est certes concevable, mais on n’en est pas encore là. Sinon Bujumbura aurait déjà aidé l’armée congolaise à combattre ces milices. Aujourd’hui, nous sommes dans une logique où, idéalement, une opération militaire conjointe du Rwanda, de la RDC et du Burundi au sud Kivu est une autre option. Le Rwanda et le Congo l’ont déjà fait par le passé contre les FDLR. Certains officiels burundais trépignent d’impatience.

Pourtant, chassés du Congo, les bandes armées vont chercher un moyen de pression pour contraindre le gouvernement burundais à négocier. Mais ce refoulement pourrait aboutir à la radicalisation du gouvernement et des bandes armées, et à leur confrontation. Car, pour les seconds, le choix est entre la vie, politique ou physique. Attrapés, la probabilité qu’ils soient éliminés physiquement est grande. C’est une lutte à mort qui s’engage.

S’imposer par le nombre de victime

Quant au gouvernement, il ne veut pas entendre parler de négociations et il en a légitimement le droit, puisqu’il considère que ce sont des revendications infondées. Mais la conséquence est que les groupes qui se croient injustement exclus du pouvoir prennent une autre solution pour contraindre le gouvernement à comprendre leurs revendications, surtout s’ils considèrent que leurs membres sont traqués. Nous risquons donc d’atteindre un point de non- retour si une solution locale n’est pas trouvée.

Les morts auxquels nous assistons aujourd’hui sont dans cette logique que les deux acteurs s’imposent. En tuant massivement des citoyens, comme à Gatumba, c’est pour faire pression sur le gouvernement, et amener la communauté internationale à se poser des questions. Le nombre de morts aurait donc pu signifier que leurs auteurs voulaient démontrer leur capacité de nuisance et même plus, s’ils ne sont pas écoutés. Une stratégie d’égalisation de puissance donc, par le nombre de victimes.

Eben-Ezer est une ONG des Banyamulenge ayant comme rayon d’action les localités de Fizi, Mwenga, Uvira dans les moyens et hauts plateaux. Cette organisation non gouvernementale basée dans les plateaux du Minembwe intervient dans la construction des écoles et le recyclage des enseignants. Elle sensibilise les filles pour qu’elles fréquentent les écoles et évitent les mariages précoces. Elle procède également aux formations des enseignants dans Mutambala, Bibogobogo, Minembwe et Itombwe.

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