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Politique

L’équation du déploiement de la MAPROBU?

07-02-2016

La détermination de l’UA, dans un contexte politico-sécuritaire de plus en plus délétère au Burundi, pourrait conduire à l’envoi d’une force de stabilisation.

Une délégation de haut niveau sera dépêchée à Bujumbura sous peu afin de convaincre le régime Nkurunziza de donner son feu vert au déploiement de la MAPROBU. Selon toujours le communiqué de l’UA, sorti le 4 février, toutes les cinq régions d’Afrique seront représentées : les présidents mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz (Afrique du nord), sud-africain, Jacob Zuma (Afrique australe), sénégalais, Macky Sall (Afrique de l’ouest), gabonais, Ali Bongo Ondimba (Afrique centrale), ainsi que du premier ministre éthiopien, Hailemariam Desalegn (Afrique de l’est).

Notons, au demeurant, qu’à la détermination patente de l’UA s’ajoute la charge fortement symbolique de la présence du président sénégalais dans cette délégation. Il a rendu public, lundi 18 janvier, un projet de loi constitutionnelle de « consolidation de la démocratie » qui stipule, entre autres, la réduction de son mandat.

L’article 27 de la Constitution sénégalaise relatif au mandat présidentiel est remplacé par les dispositions suivantes : « La durée du mandat du président de la République est de cinq ans. Cette disposition s’applique au mandat en cours. Nul ne peut exercer plus de deux mandats consécutifs. Cet article ne peut faire l’objet de révision. »

« Si la situation dégénère, l’UA interviendra militairement »

Les scénarii du pire, hormis le génocide – peu probable -, semblent aussi constituer un préalable au déploiement de la MAPROBU. Entres autres hypothèses, le pays se verrait confronté à « une augmentation du niveau de violence après une scission dans l’armée ou un assassinat politique ». Il s’agirait là de celle évoquée dans un mémo adressé au Conseil de sécurité par Hervé Ladsous, chef des opérations de maintien de la paix, le 6 janvier dernier. Autre scénario quasi similaire à celui des 11 et 12 décembre derniers : des attaques simultanées d’envergure contre des positions militaires et de police suivies par des répressions ciblant les quartiers dits contestataires où les assaillants se seraient cachés.

L’intensification des violences armées a été corroborée, par le nouveau président en exercice de l’UA, comme condition sine qua non au déploiement de la MAPROBU, dimanche 31 janvier, à l’hebdomadaire Jeune Afrique : « Nous ne pourrons pas accepter que la situation dégénère, auquel cas, l’Union africaine interviendra militairement. » Quid alors des principales missions de cette force de l’UA, en l’occurrence la prévention et la protection des civils ?

Signalons que Chanfi Issimail, directeur du mécanisme de coordination de l’EASF (Force est-africaine en attente), avait déjà déclaré, lors d’une conférence de presse, à son siège à Nairobi, lundi 14 septembre 2015, que cette composante est-africaine de la force en attente « était prête à se redéployer au Burundi, si l’Union africaine lui en donne l’ordre. »

La détermination de l’UA et un des scénarii du pire avec son corollaire de victimes apparaissent ainsi comme deux variables de l’équation du déploiement de la Force est-africaine en attente avec entre autres missions, la protection des civils burundais.

  8   Vos commentaires
  1. Honest

    Si vous vous décapitez pour que la communauté internationale intervienne dans votre pays, c’est enfantin et très dommage. Vous faites la honte de l’Afrique. Si vous ne changez pas votre comportement vous mourrez.

  2. Les scénarii du pire, hormis le génocide – peu probable -, semblent aussi constituer un préalable au déploiement de la MAPROBU. Entres autres hypothèses, le pays se verrait confronté à « une augmentation du niveau de violence après une scission dans l’armée ou un assassinat politique ».
    Ca c’est une vulgarisation de la violence. Planifier a diviser l’armee ou faire des assassinats politiques , tel est le plan des SINDUMUJA et ses accolites. Rira qui rira bien le dernier!!!!! Bonne chance.

  3. Quel gachis? Votre MAPROBU a ete refusee par les Chefs d’Etat de l’UA. Je vous conseillerais d’adopter d’autres strategies y compris la preparation rigoureuse des elections de 2020.

  4. RUGAMBA RUTAGANZWA

    La paix ne viendra pas ni de l’UA, ni des NU ni de ce qu’on appelle la Communauté internationale dont on ne connait pas par ailleurs l’adresse physique. La paix viendra des Burundais eux-mêmes et en premier lieu de Mr NKURUNZIZA, premier responsable de la sécurité des Burundais mais aussi la cause profonde du drame que notre peuple vit depuis Avril 2015.

  5. prime Karikunzira

    Les massacres du 29 Avril 1972, du 21 octobre 1993 et du 12 Décembre 2015 sont les 3 événements qui marqueront à jamais l’histoire du Burundi.

    Non au 3è mandat, Sindumuja et fier
    Vive la constitution du Burundi, vive les accords d’Arusha pour le Burundi, Vive le Burundi!!!

  6. Fofo

    la CPS vient de renoncer à sa décision et n’envisage aucune alternative pour l’envoie de la MAPROBU. Vous pouvez lire sa déclaration sur ce lien http://www.peaceau.org/fr/article/communique-de-la-571eme-reunion-du-cps-au-niveau-des-chefs-d-etat-et-de-gouvernement

  7. Ragiryabohambere

    Vous avez raison Béat,Mandela et Zuma même race mais personnalités trop loin différentes. Pure exemple, Zuma vise ses intérêts personnels et égoïste. Il cherche à écouler ses armes à son supposé ami Nkurunziza pour que ce dernier détruise son propre peuple, comme on dit en kirundi » uwutema urwiwe bamutiza umuhoro  » Quelle hypocrisie de Zuma!!! Que viendra faire ,après lobbying de Nyabenda- et Rwasa en Afrique du sud? Viendra-t-il accompagner ses armes déjà réceptionnées et aux services de massacrer le peuple innocent ou réclamer le coût de ces dites armes?on ne peut pas faire une chose et son contraire : » donner les armes à une partie de conflits et aider à trouver une solution pour l’ arrêter « . Quelle honte à l’UA!!

  8. Beat

    Jacob Zuma n’est pas l’homme qu’il faut pour ramener ou prôner la paix au Burundi, tout récemment il s’est opposé à l’envoi de MAPROBU pour la protéction de la population, Zuma est également cité dans d’autres affaires comme la livraison d’armes au Burundi, il est de loin de Mandela l’homme plein de sagesse et qui reste dans les Coeurs des Burundais pour avoir réconcilier ce peuple.

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