Médias

Le Quai d’Orsay prime le journaliste burundais Esdras Ndikumana

A l’occasion des voeux à la presse française, ce 11 janvier, Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, a décerné le prix Presse diplomatique francophone  au correspondant de la RFI et de l’AFP au Burundi.

Esdras Ndikumana : « Je suis très honoré. Ce prix, je le dédie à tous les journalistes burundais pour leur détermination. »

Esdras Ndikumana : « Je suis très honoré. Ce prix, je le dédie à tous les journalistes burundais pour leur détermination. »

C’est une première dans la presse française. Devant une dizaine de cameras de la presse française, entouré du ministre français des Affaires étrangères, de la Secrétaire d’Etat, du président de l’Association des médias français, Esdras Ndikumana est le tout premier journaliste étranger à recevoir le prix Presse diplomatique francophone, édition 2015.

Le ministre Fabius a expliqué que ce correspondant a été choisi pour avoir exercé de manière dévouée son métier dans des conditions politico-sécuritaires extrêmement difficiles dans son pays, jusqu’à y risquer sa vie.

Très ému, M. Ndikumana lâche qu’à travers cette reconnaissance de la France, ce sont tous les journalistes burundais qui sont honorés… Après une minute de silence, il reprend : « C’est triste et très déplorable que le rôle des journalistes burundais soit reconnu à l’extérieur et non à l’intérieur du pays. »

Il déplore les conditions dans lesquelles les journalistes burundais travaillent. Lorsqu’il se souvient que la presse qui a servi de modèle en Afrique en matière de liberté d’expression est aujourd’hui en ruine, cela lui fait penser à l’avenir du pays.

Et de rappeler que les journalistes ne sont pas là pour louer l’action du gouvernement : « Notre rôle, c’est plutôt d’aider les dirigeants à voir ce qui ne marche pas. C’est la meilleure façon d’aider un pouvoir. Ne pas dire les choses comme il l’entend, mais comme elles sont. »

Malheureusement, constate Esdras Ndikumana, quand les dirigeants ne l’entendent pas de cette oreille, cela produit les dégâts observés au pays. Néanmoins, M. Ndikumana reconnaît quelques petites erreurs commises dans l’exercice du métier de journalisme au Burundi. « Mais cela ne justifie pas un tel acharnement. L’erreur est humaine… » Son souhait, c’est de voir les médias indépendants détruits rouvrir leurs portes. Toutefois, il se veut réaliste : « Tout dépendra de l’issue des négociations déclenchées à Kampala. »

Quant à son retour au pays, Esdras Ndikumana indique que le moment n’est pas opportun.

Par rapport à son état de santé, le correspondant de la Radio France Internationale (RFI) et de l’Agence France Presse rassure : « Juste quelques exercices de rééducation et tout ira mieux. »

  3   Vos commentaires
  1. Ragiryabohambere

    Urumugabo wukuri .uko kuri naho bakugwanya,si Bose, urakugumako.urabera urumuri aba collègues. On est tous fiers de nos journalistes burundais, tous déterminés.

  2. J.C

    Be brave Mr Esdras.we share with you the pains you suffered on the brack day
    you were illitreated by the ploiceman.For us who have stayed in our country
    we are very happy to hear that award.you are not in Burundi but it’s not you
    but it’s…….okay keep your job as to give one’s spirit and flesh.

  3. RUGAMBA RUTAGANZWA

    Bravo a Esdras NDIKUMANA. C’est aussi un honneur pour notre pays et nous avons tellement besoin n’en déplaise aux tortionnaires (qui courent toujours sous la protection de ceux qui les utilisent) qui voulaient vous bâillonner et vous faire taire une fois pour toute. Je me demande toujours où est passée la justice burundaise dont le silence assourdissant devant les multiples cas de violations des droits de la personne humaine est devenu synonyme de complicité coupable… ! Où est-ce que la justice de notre pays en est avec le cas fraglant d’Esdras NDIKUMANA agresse en plein jour dans l’exercice de ses fonctions?

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