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Justice

Le MSD réclame justice pour ses jeunes militants écroués à Bubanza

Trois jeunes du parti MSD sont emprisonnés à la prison centrale de Bubanza, depuis le 14 octobre pour « lésions corporelles volontaires sur la personne de Jean Baptiste Kamariyagu ». Le président du MSD à Gihanga parle d’injustice. Du côté du parquet de Bubanza, silence radio.

Membres du MSD ©Iwacu

Les membres du MSD arêtés ©Iwacu

Bienvenu Irakoze, président du MSD à Gihanga, n’y va pas par le dos de la cuillère : « Personne ne les a accusés, il n’y a eu ni confrontation avec Jean- Baptiste Kamariyagu ni aucun témoignage pour incriminer nos membres. » Pour lui, cette détention est tout simplement injuste et illégale.
L’affaire remonte au 6 octobre 2013. Les jeunes Imurikirakuri du MSD et les Imbonerakure du Cndd-Fdd s’affrontent au village 3 vers 7 heures du matin alors qu’ils font du sport. Des coups et jets de pierres sont donnés. Bilan : cinq blessés des deux côtés. La police intervient deux heures plus tard. Dans la foulée, 11 convocations sont lancées du côté du MSD et 12 du côté du Cndd-Fdd.

Fabrice Nsabimana, 25 ans et père d’un enfant, est arrêté le 7 octobre par des policiers à son domicile à la 5ème avenue à Gihanga. Ses voisins soutiennent que les policiers ont clôturé sa maison, la veille de son arrestation : « Ils ont passé la nuit à guetter tout mouvement et l’ont interpellé vers 6 heures du matin ». Les mêmes voisins indiquent que lors de cette arrestation, Fabrice Nsabimana a été battu.

Un chef d’accusation à géométrie variable

Huit autres membres du MSD seront arrêtés, deux jours plus tard, par la police de Gihanga, pour atteinte à la sécurité intérieure de l’Etat. Bienvenu Irakoze, président du MSD en commune Gihanga, en était. Celui-ci est relâché le même jour.
Le 14 octobre, Joseph Nitunga et Bosco Ndayiragije sont arrêtés par le commissaire Rémegie Nzeyimana sur mandat de Marc Manirakiza, procureur de Bubanza à la 6ème transversale. « Ils étaient à bord d’un véhicule et se rendaient à Bujumbura », indique Bienvenu Irakoze.
Après ces arrestations, les prévenus ont d’abord été conduits à la Brigade. Peu après, certains dont Fabrice Nsabimana, Joseph Nitunga et Bosco Ndayiragije sont transférés à la prison centrale de Bubanza.

Bienvenu Irakoze signale que tous les autres membres du MSD incarcérés ont été relâchés sauf Fabrice Nsabimana, Joseph Nitunga et Bosco Ndayiragije. Et de souligner que d’ « atteinte à la sécurité intérieure de l’Etat, le chef d’accusation est passé à « lésions corporelles volontaires sur la personne de Jean Baptiste Kamariyagu et de violation de son domicile. C’est un membre des Imbonerakure.
Selon Bienvenu Irakoze, lors de leur interrogatoire par Claudette Nsanzerugeze, substitut du procureur de Bubanza, ces trois jeunes ont dit avoir un alibi prouvant qu’ils n’étaient pas présents lors de cet affrontement. « Claudette Nsanzerugeze m’a envoyé chercher les témoins pour étayer les propos de mes amis. Je les lui ai présentés, mais elle les a tout de même incarcérés. »

Des Imbonerakure intouchables

Pour Benjamin Nduwimana, président du MSD en province Bubanza, cette incarcération est injuste à plusieurs titres. D’abord, ce ne sont que les jeunes du MSD qui ont été arrêtés par la police, alors que les coups fusaient des deux côtés. Ensuite, aucun Imbonerakure n’a été interpellé alors que le MSD a porté plainte contre 12 Imbonerakure, dès lundi 7 octobre. Il affirme que deux de leurs membres blessés, pendant ces échauffourées, ont aussi porté plainte contre 12 membres du Cndd-Fdd. Il déplore que ceux-ci n’aient pas encore été arrêtés, malgré trois convocations délivrées par la police : « Nous avons demandé des avis de recherche contre ces Imbonerakure mais un opj du nom de Berchmans de Gihanga a refusé.»

Plus grave, conclut-il, un certain Boniface, un Imbonerakure accusé d’avoir frappé les deux jeunes du MSD, a été arrêté par des policiers, mais tout de suite libéré par un opj du nom de Protais de Gihanga. A son sens, cela prouve à suffisance que cet emprisonnement ne vise qu’à terroriser les membres du MSD.
Iwacu a contacté Claudette Nsanzerugeze, mais celle-ci nous a renvoyé au procureur Marc Manirakiza. Ce dernier, malgré nos appels, n’a pas décroché son téléphone portable.

Les portraits de trois membres du MSD, détenus à la prison centrale de Bubanza

  2   Vos commentaires
  1. Kabanga

    Comme le disent si bien les Burundais, ntajoro ridaca. Si le Burundi a connu les affres de la guerre civile-et je pense que personne n’y gagne- c’est à cause des décennies d’injustices…Il aura fallu plusieurs décennies mais si les hommes et femmes au pouvoir aujourd’hui n’y font pas attention, les choses pourraient mal tourner plus tôt qu’ils ne le pensent. Aujourd’hui, pas mal de monde sait manier la Kalch, ce qui n’était pas le cas en 93. Alors chers amis, ne jouez pas avec le feu. Si votre personne est protégée, vos sœurs, vos frères…ne le sont pas autant que vous. Cessez de jouer aux pharisiens et agissez dans l’intérêt de TOUS les BURUNDAIS peu importe leurs idées politiques!

  2. barnabe

    La Démocratie doit attendre la mort de tous ceux qui ont fait la guerre, que ce soit du côté UPRONA ou du côté CNDD-FDD et même du FNL. Les grands assassins se donnent la protection mutuelle et la justice du plus faible piétiné. La consécration de Busokora en est une des preuves. Parfois même les innocents ont tendance à les soutenir devenant eux aussi coupables disant : « Ne touche pas à mon vieux, ne touchez à nos poussins ! » « Ils se sont battus pour nous » ! « Ils nous ont protégés. », « Ils nous ont délivrés. », etc etc etc. « Le vaurien c’est l’autre, amène-le vite en prison ».

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