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Économie

Le Mpuzamakungu : un marché « international » à la frontière burundo-tanzanienne

Le sentiment d’être membres de l’EAC a poussé les habitants de la localité de Gasenyi (52 km du chef-lieu de la province Cankuzo) et de Mhange (Tanzanie) à créer un petit marché commun dans la zone tampon. Les populations des deux pays s’en félicitent.

Une vue du Mpuzamakungu ©Iwacu

Une vue du Mpuzamakungu ©Iwacu

Au niveau de la commune burundaise de Gisagara, l’administrateur Gaudiose Niyonsaba dit que le marché international génère par semaine « une modique somme de 40.000 Fbu ». Mais elle fait vite de souligner que la partie burundaise du marché international n’a que quelques mois d’existence et que peut-être, au fil du temps, le marché générera plus de recettes que tous les autres marchés de sa commune.
Les populations interrogées ne tarissent pas d’éloges à l’endroit de ce petit marché d’une superficie d’environ la moitié d’un terrain de football. Dionise Rukobe, un chef collinaire témoigne : « Le Mpuzamakungu (international) est profitable aux Tanzaniens et aux Burundais. Nous passons cette borne et nous allons chercher des produits surtout les vivres dans la partie tanzanienne. Les Tanzaniens eux aussi viennent librement s’approvisionner dans la partie burundaise ».

Le mwenyekiti, (le responable collinaire tanzanien) est aussi de l’avis que le Mpuzamakungu est d’une importance capitale pour les deux peuples. Il va encore plus loin et verse dans une analyse politique. « Si en amont des chefs d’Etat décident de créer un espace de libre échange mais qu’en aval les populations se regardent en chiens de faïence, la mise en application des recommandations, des décisions et résolutions des sommets seraient vouée à l’échec ». Et de marteler que le Mpuzamakungu est là pour justement cimenter les liens entre les Baha (population tanzanienne) et les gens du Buyogoma (une des régions naturelles du Burundi).

Un pole économique potentiel

Les populations sont d’avis que le Mpuzamakungu peut devenir un centre commercial important en termes de la densité du volume des échanges. « La commune de Gisagara est très fertile. Des commerçants viennent de Bujumbura et de Gitega pour chercher du manioc. Nous avons aussi une grande production d’arachide, de maïs et de riz », indique Mme Niyonsaba.

Dionise Rukobe, à côté du poteau 34 qui sert de démarcation de la frontière burundo-tanzanienne ©Iwacu

Dionise Rukobe, à côté du poteau 34 qui sert de démarcation de la frontière burundo-tanzanienne ©Iwacu

Côté tanzanien, le Mwenyekiti souligne quant à lui que l’agriculture tanzanienne est développée par rapport à celle du Burundais car elle se pratique sur de vastes terres non encore très exploitées. Bien plus, les paysans tanzaniens ont facilement accès aux engrais chimiques et utilisent des techniques plus ou moins modernes d’agriculture comme le semis en rangs du maïs. Le mwenyekiti pavoise : «Nous sommes capables d’inonder le marché burundais de maïs, d’arachides, de haricots et surtout de riz ».

Défis et perspectives

« Nous manquons de bonnes routes pour l’écoulement de nos produits », dira Dionise Rukobe, chef collinaire Mburi. Gaudiose Niyonsaba, l’administrateur communal déplore aussi le délabrement de la route Cankuzo-Gisagara. Le gouverneur de Cankuzo, Désiré Njiji, dit qu’actuellement, il n’ y a que les bus de l’Otraco qui se rendent à Mpuzamakungu : « Ce n’est pas que les Burundais soient pauvres pour s’acheter des véhicules. C’est qu’ils ne veulent pas prendre le risque d’affecter des véhicules sur un tronçon aussi rugueux ».

En effet, d’après le témoignage d’un policier trouvé sur les lieux, des commerçants ont tenté d’affecter des camions sur le tronçon Cankuzo-Mpuzamakungu. Ils ont été vite déclassés, une grande partie du tronçon étant rocailleuse.
Comme perspectives, l’administrateur de Gisagara ainsi que le gouveneur de Cankuzo disent qu’ils ont introduit des demandes auprès de la direction des routes pour la réfection de la route Gisagara –Cankuzo.
Espoir aussi de l’administrateur communal.Selon Mme Niyonsaba, le tronçon en question est une route nationale : « Le gouvernement fera diligence pour le mettre en bon état. »
Même espoir pour le gouveneur qui souligne que des réunions se tiennent régulièrement avec la partie tanzanienne pour moderniser le poste frontière de Gasenyi en un « one stop border post » dotés d’infrastructures modernes.
Le Mwenekiti tanzanien ainsi que le gouverneur de Cankuzo disent que c’est la partie burundaise qui traîne les pieds pour démarrer les travaux.

Description et historique du marché | Créé deupuis 7 ans, le Mpuzakungu se trouve au pied de la colline burundaise de Gasenyi et de la colline tanzanienne de Mhange, district Gakonko de la province de Kibondo. Aucun bâtiment en matériaux durables. Les petits vendeurs étalent leurs biens sous des arbustes de la savane tandis que les populations des deux pays partagent les bières locales assises sur des amas de roches granitiques. S’y vendent les produits Brarudi, les limonades fabriquées en Tanzanie, les produits vivriers, la friperie et des chaussures d’occasion. On trouve du petit bétail dans la partie burundaise. D’après le Mwenyekiti, le marché est une initiative tanzanienne. Mais Mme Niyonsaba parle d’une initiative commune. A sa création, la place du marché se trouvait dans la partie tanzanienne. Il y a quatre mois, les Tanzaniens ont commencé à percevoir des taxes, « en violation des conventions entre les deux parties », dira l’administrateur de Gisagara. Les Burundais ont créé leur propre marché juste le long de la ligne de démarcation. Les Tanzaniens ont alors décidé de s’éloigner d’une vingtaine de mètres des étalages burundais, ceci pour faciliter la perception des taxes.

  7   Vos commentaires
  1. Yuliya

    Iryo soko Mpuzamakungu risan’ iririmwo ibidandazwa bike. Ariko ndabonye ko intaro zo ziriyo, kuko muri iriya micungararo umengo intaro barazikenera mw’ ijoro iyo hageze kwiyunguruza.Hiiiiiiiiiiiiiii

  2. claude

    Je connais très bien ce tronçon. Une fois mis en bon état, I’ll peut génerer une somme importante aux Gouvernement local, provincial, et central. Et surtout, le Burundi qui est toujours en proie à la punerie alimentaire chronique profiterait de produits vivriers en provenance de ce grand voisin, la Tanzanie. Je suggère aux élus du Peuple de Cankuzo et du Gouvernement central de privatiser ce tronçon.

  3. claude

     » le Gouvernement fera diligence pour mettre le tronçon en bon état »! La Commune, elle-même, est Gouvernement, dit Local. Le vrai développement ne viendra jamais du Gouvernement central. Pour sortir de la pauvreté, le Burundi devra se doter des dirigeants qui ont une bonne »vision », de la base au sommet. Les Administrateurs communaux devraient être créatifs. Chaque candidat à ce poste, au sein de son parti politique, devrait présenter son projet de développement; ainsi le meilleur gagnerait. I’ll ne suffit de prendre quelqu’un sur la liste électoral pour administrer une commune. Ici où nous sommes, à chaque poste comme celui de l’Administrateur communal, les condidats doiventa faire une concurrence farouche: passer les interviews organisés à la fois par les hauts représentants du Peuples et les Jounalistes.

  4. International

    Un marché public a l’ image de l’ EAC. Toutes mes félicitations au photographe.

  5. kimeneke

    Iwacu mwabuze amakuru nkiyo article mubona ikenewe mutubwira un revenu de 40 000fbu par semaine mubona atari ibara reka kwandika niba atamakuru yakamaro mufise mbe ntimwotubwira ibiriko bibera muri ONU aho kutubwira ibintu atakamaro bifie

    • Vuvuzela

      Kimeneke weee, uraba utamenetse burundu!! Waariwe n’umubu? Ivugire mwana wa mama ntutuvugire. Jewe iyo nkuru yanshize kunyota sana. Ngiye no kurondera akadeni muri banke ngure ayo matongo y’i Gisagara numva amera nkayasaze nko mwijuru. Ubwo ntubona ingene les peuples zozo zishobora gukorana neza, zigatora inyishu kubizigoye pendant que nos fameux dirigeants bazitamba kumivyimba!

      Basi duhe inkuru zisumba ngaho, « barushe nguhere ». Hari tel. ya Pablo Baryubwabo woba ufise?

      Merci

    • Stan Siyomana

      @Kimeneke: « …nk’iyo article mubona ikenewe mutubwira un revenu de 40 000 Fbu par semaine mubona atari ibara… »
      1. Toute initiative qui contribue (de loin ou de pres) a la reduction du deficit commercial du BEAU PAYS DE MWEZI GISABO est a encourager.
      2. La Banque Mondiale note que: « Ce qui pose advantage un probleme, c’est la faiblesse des exportaions. Le Burundi est l’un des pays qui exportent le moins au monde. En proportion du PIB, les exportations de biens et services sont inferieurs a 10%, traduisant LA TRES FAIBLE COMPETITIVITE DE L’ECONOMIE… »
      (Voir Banque Mondiale: « Premier rapport de suivi de la situation economique et financiere du Burundi. De l’aide au commerce: l’integration regionale comme moteur de croissance », www-wds.worldbank.org, 12 septembre 2014 , 8 pages).
      Merci.

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