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Politique

Le gouvernement change de ton face à l’Eglise catholique

20-06-2017

La Conférence des évêques catholiques du Burundi (Cecab) a sorti un communiqué le 9 juin dernier à la suite d’une assemblée plénière tenue du 6 au 9 juin dans la province de Gitega. Le gouvernement salue cette sortie.

La Cecab : « La légère amélioration avérée dans le pays n’a pas de chance de conduire vers une paix durable. »

D’entrée de jeu, les prélats indiquent que la démocratie n’est toujours pas bien comprise au Burundi. Au nom de la Cecab, Mgr Joachin Ntahondereye, son président, fait savoir que d’aucuns la réduisent au simple fait de tenir des élections, méconnaissant qu’elle exige la fidélité à ses principes et le respect d’une série de valeurs.

Côté sécurité, ils font savoir que la situation est de plus en plus bonne. D’après eux, elle s’est améliorée partout par rapport à la période de violences meurtrières que le pays a vécu depuis avril 2015. Toutefois, le communiqué nuance et fait remarquer que la légère amélioration avérée dans le pays n’a pas de chance de conduire vers une paix durable. Et pour cause : « La population subit l’intimidation et le matraquage de la part de certains administratifs. » Et de prévenir que le futur risque d’être entaché de ressentiment et de révolte.

Inquiétudes partagées

Selon toujours ce communiqué, les blessures inavouées laissées par les évènements douloureux du passé et relayés de génération en génération dans la mémoire des rapports des Burundais avec le pouvoir, constitue un obstacle à la paix durable. Et de conclure qu’il s’en suit le manichéisme avec comme conséquence malheureuse le recours à la violence plutôt qu’au dialogue et au droit.

Philippe Nzobonariba : « Ils ont relevé des avancées significatives par rapport à la sécurité du pays. »

Contacté, Philippe Nzobonariba, Secrétaire général et porte-parole du gouvernement, se félicite largement des déclarations des évêques catholiques du Burundi. Il dit qu’ils ont dressé un constat réel de la situation du pays : « Ils ont relevé des avancées significatives par rapport à la sécurité. »

Concernant les préoccupations des évêques sur l’intimidation et le matraquage que subit la population de la part de certains administratifs, Philippe Nzobonariba indique que le gouvernement partage ces mêmes inquiétudes. D’après lui, certaines autorités se compromettent par excès de zèle ou par des écarts. « Il y en a qui sont accusés de fraude, malversation ou intimidation. Ils sont souvent démis de leurs fonctions. »

  11   Vos commentaires
  1. ntsimbiyabandi

    EGLISE ET DEMOCRATIE : PRECHER PAR L’EXEMPLE
    La démocratie est une organisation politique et même sociale où le respect des droits de la personne humaine et de l’exercice plein de l’Etat de droit est assuré. C’est le règne de la justice où à chacun est donné son dû, où chacun est mis à sa place. Par exemple, l’Eglise fait partie des groupes de pression. Elle doit se contenter de cela en vertu du principe de séparation des fonctions. Malheureusement, on l’a vue remplacer l’une ou l’autre institution des trois pouvoirs classiques de l’Etat.
    Enseigner la démocratie c’est aussi le faire par l’exemple. L’abbé Nizigiyimana Pascal aimait nous rappeler ceci : « un saint n’a rien à me dire, je le regarde et cela me suffit ». Peut-être qu’il paraphrasait le Saint Curé d’Ars avec son « Je le regarde, Il me regarde ». L’absence de l’éducation par l’exemple, je l’illustre en deux temps : la gouvernance du diocèse de Bubanza et la liberté d’expression.
    Premièrement, dans une démocratie quand le titulaire d’une fonction n’est plus capable d’exercer pleinement sa charge, il laisse la place à d’autres qui sont à même d’apporter la valeur ajoutée. L’Evêque de Bubanza n’a plus la force d’antan à cause de la maladie. Il est vrai que le Diocèse dispose d’un Evêque coadjuteur mais il paraît que ça ne comble pas totalement le vide. La CECAB avec l’aide du Nonce Apostolique devrait prendre une décision en poussant le titulaire du siège épiscopal à la démission et en lui garantissant la jouissance pleine des droits entre autres socio-économiques pendant sa retraite. Il n’est pas nécessaire que les fidèles de Bubanza s’en mêlent comme ils l’ont fait lors de la dénonciation des injustices commises envers leurs prêtres et séminaristes surtout en matière de formation universitaire (cf. discours du Gouverneur de la province de Bubanza lors de l’ordination épiscopale de Mgr Bizimana Georges, évêque coadjuteur de Bubanza ) et partant de partage des charges pastorales au niveau national.
    Deuxièmement, dans une démocratie on garantit les libertés publiques notamment la liberté d’expression. Je me rappelle de ce prêtre qui m’a attaqué sur les réseaux sociaux parce que j’avais exprimé une opinion qui ne lui a pas plu sur le compte rendu de la rencontre des Evêques du Burundi avec le Ministre de l’Intérieur. J’ai dû savoir par après qu’il y a des prêtres marginalisés et des religieux(ses) qui sont persécuté(es) parce qu’ils n’épousent pas toujours la pensée officielle. « Où est la liberté des enfants de Dieu ? » « Où est la tolérance ? »
    Je profite de l’occasion pour rappeler qu’en matière socio-politico-économique, les laïcs doivent être consultés parce que c’est leur champ de compétence: «le champ propre de l’activité évangélisatrice des laïcs, c’est le monde, vaste et compliqué, de la politique, de la réalité sociale, de l’économie; comme aussi celui de la culture, de la science et des arts, de la vie internationale, des instruments de communication sociale; et encore d’autres réalités particulièrement ouvertes à l’évangélisation, comme celle de l’amour, de la famille, de l’éducation des enfants et des adolescents, le travail professionnel, la souffrance. (…)» Démocratie et parole donnée obligent !

    Par ailleurs, l’Eglise c’est moi, c’est vous : « l’Eglise, c’est-à-dire nous tous, pasteurs et fidèles, prêtres, religieux et laïcs ». C’est la solidarité de tous les sarments de la seule vigne qui devrait caractériser l’Eglise sans oublier d’appeler au respect du principe de la subsidiarité.

    Justement, au lieu de remplacer les fidèles laïcs, les autorités hiérarchiques sont appelées à les accompagner par la formation : «Pour que les laïcs puissent réaliser activement ce noble projet dans la politique …, il faut leur offrir les moyens voulus pour former leur conscience sociale, spécialement dans la doctrine sociale de l’Eglise, qui renferme des principes de réflexion, des critères de jugement et des directives pour l’action. Cette doctrine doit se trouver déjà dans le programme de base de la catéchèse et être expliquée dans des sessions spécialisées ainsi que dans les écoles et universités.»
    Ntsimbiyabandi Léonce, [email protected]

  2. Jambo

    Parfois, il est préférable de ne rien dire et de laisser le silence s’occuper des choses…
    La vérité aura le dernier mot.

    • Busorongo

      Taisez vous alors.

      • Jambo

        Vous pensez convaincre les gens par la colère et la haine ?Chassez les de votre esprit.

      • Nduguruye Twamugina

        Busorongo, sonera abantu wamugabowe.

    • Karundi

      Prêches par un exemple. Tais-toi alors, et laisses le selence en paix

      • Jambo

        Karundi
        Ce qui est sûr,il n y a pas d’insolence dans le silence!

  3. Fofo

    [ Ndlr: Côté sécurité, ils font savoir que la situation est de plus en plus bonne. D’après eux, elle s’est améliorée partout par rapport à la période de violences meurtrières que le pays a vécu depuis avril 2015],
    Entre les experts de l’ONU et la déclaration de ces évêques où est la vérité.
    Je soutiens cette nuance « la légère amélioration avérée dans le pays n’a pas de chance de conduire vers une paix durable ». Il faut des mesures d’accompagnement: Un dialogue franc et sincère entre les burundais est très indispensable. La CVR devrait également faire son travail avec impartialité et professionnalisme!

  4. BOSS

    Vatican irugaye basha ko documentation itabakoreyeko! Bwabundi hariho ico bubaha !

  5. Muvugakuri

     » Côté sécurité, ils font savoir que la situation est de plus en plus bonne. D’après eux, elle s’est améliorée partout par rapport à la période de violences meurtrières que le pays a vécu depuis avril 2015. »
    De toute évidence, la Commission des droits de l’homme des Nations-Unies n’a pas rencontré nos évêques! Dommage! Je lance une pétition pour envoyer nos évêques à Genève la prochaine fois.

  6. Muvugakuri

     »les blessures inavouées laissées par les évènements douloureux du passé et relayés de génération en génération dans la mémoire des rapports des Burundais avec le pouvoir, constitue un obstacle à la paix durable ». Et de conclure qu »il s’en suit le manichéisme avec comme conséquence malheureuse le recours à la violence plutôt qu’au dialogue et au droit ». Fort bien messieurs les évêques! Excellente analyse! Pourquoi alors ne pas être conséquents avec vous-mêmes et lancer un appel pour un soutien massif et sans équivoque à la CVR, seul cadre qui peut nous permettre d’exorciser ce  »passé qui ne passe pas » (pour paraphraser Marc Manirakiza)? Un organe qui, soit dit en passant est, en plus, dirigé par un des vôtres? Certains de vos ouilles passent leur journée à vouer aux gémonies cet organes, plaider en faveur de sa supression ou alors demander qu’on lui confère un volet justice destiné bien entendu à châtier les  »génocidaires »dans le camp d’en face (parce que dans le leur il n’y en a évidemment pas! Ben voyons!). Et vous pendant ce temps qu’est-ce que vous faites face à tout cela? vous taisez dans toutes les langues! Bravo!

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