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Droits Humains

Le Burundi s’explique à Genève sur les droits de l’Homme

10-10-2014

Pour la deuxième fois, le Burundi subit l’examen du comité des Droits de l’Homme à Genève, les 8 et 9 octobre courant. Au premier jour, les questions ont surtout porté sur les exécutions extrajudiciaires.

La délégation du gouvernement burundais est conduite par Clotilde Niragira, la ministre en charge des questions de droits de l’Homme ©Iwacu

La délégation du gouvernement burundais est conduite par Clotilde Niragira, la ministre en charge des questions de droits de l’Homme ©Iwacu

Le Burundi est un des 168 Etats parties au Pacte International des Droits Civils et Politiques (PIDCP). En vertu de ce traité, il doit se soumettre à un examen périodique de la situation des droits de l’Homme sur son territoire par le comité des droits de l’Homme des Nations unies.
Ce mercredi 8 octobre, ce comité s’est intéressé aux moyens accordés par l’Etat à la commission nationale indépendante des droits de l’Homme (CNIDH). Pour les membres de ce comité, le budget de la CNIDH est sans cesse en baisse, depuis sa création en 2011, ce qui rend difficile son indépendance, conformément aux principes de Paris. Clotilde Niragira, la ministre en charge des droits de l’Homme n’a pas nié le faible budget alloué à la CNIDH, dû à des contraintes budgétaires. Elle a, cependant, nié que les deux commissaires récemment nommés par l’Assemblée nationale ont été approuvés sans consensus et par le seul parti au pouvoir.
Le comité des droits de l’Homme a insisté sur la question des exécutions extrajudiciaires. L’ONU estime à une soixantaine les victimes réellement exécutées, bien que le parquet général nie ces exécutions. Les experts du comité, qui se sont exprimés, démontrent que le gouvernement est devenu complice de tels crimes, à travers le cas de l’ex-commissaire adjoint de police, Michel Nurweze, dit Rwembe.

Les exécutions extrajudiciaires reviennent sur le tapis

Il a été demandé le point de vue de la délégation du gouvernement burundais, si elle est d’accord que la plupart des cas d’exécutions extrajudiciaires entre 2010 et 2012 n’ont toujours pas été résolus. La ministre Niragira, qui a rejeté le terme d’exécutions extrajudiciaires, a parlé d’actes individuels.

Les experts onusiens se sont également intéressés à la composition de la future Commission Vérité Réconciliation (CVR). Selon eux, elle ne semble pas susciter le consensus, et ils se demandent si elle sera représentative de toutes les couches de la population. Dans sa réponse, la ministre a répondu que le processus de sélection se poursuit parmi les 800 candidatures retenues. Elle a réaffirmé le choix du gouvernement de débuter par la CVR avant le processus judiciaire. La dernière partie de la session du comité des droits de l’homme de l’ONU consacré au Burundi se poursuit ce jeudi.
Des membres des organisations de la société civile burundaise participent à cette session, dont Me Armel Niyongere, président de la coalition des organisations, ont préparé un contre rapport à celui du gouvernement. Il s’agit de la Coalition de la Société Civile Burundaise pour la préparation des rapports alternatifs du Pacte International des Droits Civils et Politiques et de la Convention Contre la Torture, composée de 12 organisations nationales et internationales. A Bujumbura, cette coalition a invité la presse à une retransmission en direct de cette session à l’Agence Universitaire de la Francophonie.

  3   Vos commentaires
  1. Rukesha

    Kora ikorere akazii shaa mushikiranganji wacuu nayoo ico Kibiri gishaka kudusamaza ngo kidukorere nkayo cakoreye aba forodebu icenda na gatatu hoo kirihendaa!!!
    Capaa kaziii,on est tous derriere vous!!!

  2. Nahimana

    Elle a osé nier publiquement l’évidence, que les deux commissaires récemment nommés par l’Assemblée Nationale ont été approuvés par le seul parti au pouvoir. Aussi, un secret de polichinelle que le cndd-fdd veut à tout prix mettre sur pieds et de façon unilatérale une Commission Vérité Réconciliation (CVR) constituée des hommes de mains dont le mandat sera de couvrir les grands criminels de tout bord actuellement influants au sein de l’appareil de l’État. Pour les victimes Hutu et Tutsi des massacres cycliques que notre pays a connu depuis l’indépendance, il faut s’investir à l’unissons pour exiger une CVR véritablement indépendante et un Tribunal Spécial pour ensuite juger les auteurs des différents camps reconnus responsables des crimes commis.

    • Jean Reno

      Mais qui ose de voter ici contre cette commission et un tribunal? Seulement ceux qui ont quelque chose à cacher. Sinon, je ne vois aucun sens dans cette vote.

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