Opinion

Le Burundi dans le compte à rebours de Malthus

17-10-2017

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A l’échéance d’un nouveau recensement, le Burundi compte ses bouches à nourrir, morcelle, laboure et ensemence ses terres de plus belle. Sous la pression démographique, elles sont de plus en plus exigües, de moins en moins nourricières(1) . Aujourd’hui, 11,5 millions(2) d’habitants se compriment sur ce territoire de 27.834 km2 où l’agriculture traditionnelle emploie encore plus de 90% de la population active. Pourtant, les exploitations foncières n’ont guère plus que 0,50 ha de superficie moyenne. En 2050, elles se seront littéralement miniaturisées alors que 26 millions de Burundais en attendront leur pitance. A tout point de vue, le « Petit pays » de Gaël Faye s’offre en souris de laboratoire à la thèse de Malthus : une population qui s’accroît au-delà de ce que les ressources de son pays peuvent supporter court à sa perte. Heureusement, le malthusianisme a ses contradicteurs. Les gains de productivité, la qualité des ressources, les progrès techniques pallient l’accroissement de la population. Transposée à un pays agraire, cette alternative presse chaque are à rendre des comptes sans cesse améliorés : produire plus, nourrir plus, loger plus, … Pour le Burundi, c’est un appel à une réforme en profondeur de sa gouvernance foncière. Mais celle-ci est tributaire d’un leadership politique figé dans des maux systémiques et endémiques. Sous le tic-tac de la bombe démographique, l’étau malthusien se resserre.

Au XVème siècle, les solutions du Roi Ntare Rushatsi Cambarantama aux problèmes d’espace du Burundi étaient au bout de sa lance. Ces temps sont révolus. Six siècles plus tard, les migrations internes arrivent au bout de leur capacité à ménager les équilibres démographiques. Les techniques culturales retardent de moins en moins la dégradation des sols. En novembre 2014, lors des derniers états généraux tenus sur l’agriculture et l’élevage, le Gouvernement burundais tirait déjà lui-même la sonnette d’alarme : « 85% des ménages font quotidiennement face à une insécurité alimentaire. (…) Les rendements et les productions végétales, animales et halieutiques affichent toujours une tendance baissière et ne parviennent plus à couvrir les besoins nutritionnels et financiers d’une population en perpétuelle croissance »(3) . Le logement est dans la même spirale. En 2008, la « lettre de politique nationale de l’habitat et d’urbanisation » adoptée par le Gouvernement burundais s’est engagée à ce que chaque année, 855 hectares de terrain soient aménagés et 26.000 logements construits. Entre 1995 et 2015, les deux sociétés immobilières publiques du Burundi (SIP, ECOSAT), qui ne construisent plus de logements, avaient loti et viabilisé 8.216 parcelles, soit en 20 ans, moins du tiers des logements à produire en une année.

Les statistiques tendancielles alarmantes sont nombreuses. Mais le plus paradoxal et préoccupant est le fait qu’en dépit de cela, l’Etat burundais reste prodigue dans la gestion de son patrimoine foncier. Sans recul ni vision à long terme, il reproduit les pratiques coutumières et consuméristes du ménage familial traditionnel burundais. En « bon père de famille », il assure un rôle social distributif, à la demande. En chef et gagne-pain du ménage, il vend ou fait louer ses terres dans une posture passive, à la demande, sans compte de résultat ni référence à un plan social ou un « business plan ».

Les années passent et les terres se raréfient. En 2001, une enquête conjointe du Gouvernement du Burundi et du Haut-commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR) a évalué à seulement 141.445 hectares la superficie des terres de l’Etat encore libres et habitables. Cela correspond approximativement à la taille de la petite province de Karusi. Depuis, seize ans ont passé et nul ne saurait dire ce qui en reste. Depuis octobre 2014, un inventaire des terres de l’Etat financé par l’Union Européenne (U.E.) est en cours. L’augmentation des mesures d’« expropriation pour cause d’intérêt public » n’est pas pour rendre optimiste. Entre 2006 et 2012, les subsides publics votés par l’Etat pour le paiement des indemnités aux expropriés sont passés de 500 millions de FBU à 4,5 milliards, soit une hausse de 900 %(4).

Des initiatives foncières clés victimes de l’apathie gouvernementale

En 2012, l’U.E. avait apporté une aide technique et financière substantielle à l’Etat du Burundi. Pour l’aider à maîtriser sa gestion de l’espace, l’U.E. avait financé l’élaboration de « schémas provinciaux d’aménagement du territoire » (SPAT). Ces schémas ont été obtenus au bout d’un travail fastidieux d’analyse détaillée de la situation et du potentiel économique et social de douze provinces(5) . Les SPAT proposent un découpage et une distribution spatiale des fonctions productives dans chacune de ces provinces. Sur une multitude de cartes, ils marquent les zones à aménager pour les habitations, les productions vivrières diverses, l’élevage, les forêts, les boisements et parcs, les équipements et infrastructures publics (routes, ponts, etc.), la production d’eau, etc. Une fois officiellement approuvés, ces schémas devaient faire évoluer l’Etat d’une gestion foncière passive vers une gestion active, préventive et anticipative. L’Etat aurait ainsi inscrit sa gestion foncière dans une prévoyance à long terme. Il aurait réduit drastiquement les nombreux préjudices de la navigation à vue et les pièges d’une action en mode d’urgence. Aujourd’hui, ces douze schémas se morfondent dans des fonds de tiroir, sans emploi et nul ne sait apprécier dans quelle mesure, cinq ans après leur élaboration, ces schémas restent valables ou compromis sur le terrain.

L’ironie de la situation est qu’en poursuivant ainsi sa gestion du patrimoine foncier sans boussole, l’Etat burundais se condamne lui-même, d’une main à payer de plus en plus cher des indemnités pour des expropriations fatales, ce afin de récupérer des milliers d’hectares de terres qu’il a, de l’autre main, cédés sans rigueur.

Depuis sept ans, la question foncière est quand même au centre d’une activité normative continue, propulsée par la prolifération des conflits. Le code foncier promulgué en 2011 a décentralisé et assoupli la procédure pour faire enregistrer et juridiquement sécuriser les droits de propriété sur une terre. Aujourd’hui, 50 communes sur 119 sont dotées d’un « service foncier » habilité à délivrer des « certificats fonciers » à un coût accessible aux petites bourses. La création des services fonciers à l’échelle des communes est l’une des plus importantes percées faites par le droit foncier burundais sur ces trente dernières années. Néanmoins, la pérennité de cette réforme est mise en péril par les nombreuses imperfections techniques qui entachent les services livrés et la précarité des moyens financiers garantis pour poursuivre l’aventure. Soutenus par de maigres subsides publics(6) et par leurs propres recettes, ces services fonciers peinent en outre à attirer la masse des propriétaires fonciers. Initialement lancée avec le soutien financier et technique, fort et enthousiaste, de la coopération suisse et de l’Union Européenne, la réforme foncière en cours, bien que salutaire, ralentit et vacille. A terme, elle risque un retour au point de départ.

2020, 2050 : Deux horizons, deux ADN politiques

Des trois pays d’Afrique les plus densément peuplés, le Burundi est le seul dont le gouvernement ne consent encore à aucun investissement consistant pour faire de la qualité de sa gouvernance foncière une de ses issues de sortie du piège malthusien. Son approche désarticulée de la question et les ressources financières dérisoires qu’il y consacre en sont les preuves les plus éloquentes. Pourtant, loin d’être technique et périphérique, comme le gouvernement semble le croire, le sujet est hautement politique et central. La sécurité alimentaire et humaine des Burundais, leur logement, la capacité de l’Etat à booster les investissements, à réduire sa dépendance de l’aide extérieure, et biens d’autres intérêts vitaux en dépendent.

A court, moyen et long termes, la mauvaise gouvernance foncière a des conséquences incalculables, directes et indirectes, sur la stabilité politique, sociale et économique du Burundi. Elle laisse la force imposer sa loi dans la course aux terres, aux dépens des plus démunis et de l’Etat. Elle appauvrit et affaiblit l’Etat, à force de lui faire perdre les moyens de rentabiliser son patrimoine foncier. Elle concourt à mettre dans la rue des milliers de jeunes sans terres et sans emploi. Entre les recensements de la population de 1979 et 2008, le nombre de ménages à Kamenge s’est multiplié par onze. Pourtant, cette zone ne s’est pas agrandie proportionnellement, ni en surface ni en hauteur. Au cours de l’été 2014, Kamenge fut l’un des trois quartiers les plus durement frappés par une épidémie de choléra. Deux ans plus tôt, en 2012, la zone de Nyakabiga, d’où sortirent des milliers de jeunes manifestants en mai-juin 2015, avait subi la même épidémie. En vingt ans de promotion immobilière à Bujumbura, pratiquement tous les domaines fonciers dégagés par l’Etat pour créer des espaces résidentiels (Kigobe, Gasekebuye, Nyabugete, Kajaga, etc.) ont été accaparés par les plus nantis. Les plus défavorisés vont donc tous littéralement « s’entasser » dans les mêmes aires résidentielles au bas de l’échelle, sursaturées. Les sanitaires craquent et le choléra accourt. C’est un exemple d’imprévoyance en matière gestion foncière urbaine avec un fort potentiel de retombées sociales. C’est aussi un exemple de la superficialité des clivages sectaires entretenus entre des quartiers et des populations de toutes ethnies qui, en réalité, partagent le même joug et subiront de manière égale les crises sociales aigues qui couvent et guettent le futur.

C’est précisément le rapport du leadership politique burundais à ce futur qui détermine son véritable ADN éthique et moral. Si en 2050, le Burundi doit compter 26 millions d’âmes, c’est dès à présent qu’il faut disposer le pays, sa population, son administration, sa terre, ses lacs pour remplir les greniers et faire place dans les chaumières à la prochaine génération. Pour l’heure, il n’existe pas ou peu d’indices de la volonté et de la capacité du pouvoir à se régénérer de lui-même, à sortir des fonds de tiroir et faire plein usage des SPAT qui doivent contribuer à tracer la voie vers ce futur plus responsable. Un horizon à plus court terme a préséance sur tout. James Freeman Clarke, un théologien américain, a dit : « La différence entre le politicien et l’homme d’Etat est la suivante : le premier pense à la prochaine élection, le second à la prochaine génération. » Faut-il perdre une génération pour gagner une élection ?
____________________

(1) A propos de la baisse de fertilité continue des sols au Burundi, lire: MEEATU, PNUD, FEM, Stratégie nationale et plan d’action de lutte contre la dégradation des sols 2011-2016, Juin 2011, 90 p. ou consulter : http://www.unccd.int/ActionProgrammes/Burundi%202011-2016.pdf
(2) Le nombre exact pour 2017 est 11.495.438. Il s’agit d’une projection faite par l’ISTEEBU à partir du dernier recensement de la population, datant de 2008. Institut de Statistiques et d’Etudes économiques du Burundi (ISTEEBU), Bulletin de conjoncture du deuxième trimestre 2017, 10 août 2017
(3) République du Burundi, Ministère de l’Agriculture et de l’Elevage, Etats généraux de l’Agriculture et de l’Elevage. Rapport général, Novembre 2014.
(4) Christophe Sebudandi, L’expropriation pour cause d’utilité publique : Guide pratique pour intervenants dans l’appui aux victimes, Global Rights, Février 2014, pp. 20-21
(5) Les SPAT ont été réalisés à travers le mécanisme financier du 10ème FED (Fonds Européen de Développement) dans douze provinces : Bubanza, Bururi, Cankuzo, Gitega, Kirundo, Makamba, Muramvya, Muyinga, Mwaro, Ngozi, Rutana, Ruyigi.
(6) Budget de l’Etat 2017 : 72 millions de FBU (environ 41.000 dollars US)

  15   Vos commentaires
  1. john

    Thank you nindorera ,that is very good point more than stories :inclusif dialogue or mkapa or elections. »
    We really need to face this issue otherwise if Burundi get peace of just another 10years this time,we will face serious problem of land.
    You have no idea how many of us Burundian who are refugees in africa or europe (long time and short time refugees both tutsi-hutu) just waiting to come back in Burundi when there is stability.It is very important that we take RADICAL laws such us 1)TWO CHILD POLICY at list for 30years.
    2)We can also reduce the size of land of private building .It is not responsible to give of more that 4ares for a family building
    3)We must promote and encourage flat building.
    4)Creating more other one town like Gitega,Muravya ,Cibitoke ,Ngozi Bururi is a good a idea
    5)Special agreement in economic and social movement without passport and right to totally operate business and stay in tanzania ,congo and maybe in rwanda( but they have same issue) it can be a good idea in long term.
    Those free movement across boarders will work in our favor

    May God bless burundi In Chris Amen

  2. Pce

    Cher Louis Marie
    Vous reprennez à juste titre les mots du théologien américain et vous aurez constaté ,avec moi, qu’au Burundi , nous avons plus de politiciens que d’hommes d’Etat. Ceci résume tout le drame burundais. Bonne journée.

  3. jean-paul

    Sous d’autres cieux un penseur comme Mr Nindorera serait sollicitée pour conseiller les décideurs ou simplement confié un dossier comme celui qu’il semble maîtriser amplement.

  4. Mayugi

    Du courage, de la vision, de la planification à long terme et du leadership politiques sont nécessaires pour adresser un problème aussi grave que celui de la surpopulation d’un territoire aussi exigu que pauvre en possibilités professionnelles. La culture de ce pays constitue un grand défi. Des points de vue comme « des enfants, c’est Dieu qui en donne; ils se débrouilleront comme moi aussi je l’ai fait; Dieu en prendra soin; des noms comme Havyarimana et autres disent tout sur la façon dont la majorité des Burundais voient le « problème » ou la situation démographique du pays. Même les « intellectuels burundais n’échappent pas nécessairement à cette courte vision de l’avenir de notre pays. Donc, ce n’est pas qu’un problème d’instruction même s’il y contribue en grande partie.
    M. Diallo, vous pouvez être optimiste, mais la restriction des naissances a été menée par de nombreuses sociétés et a produit des effets largement positifs, Elle repose sur des faits observables contrairement à l’optimisme à outrance qui frise l’irresponsabilité intellectuelle dont vous faites preuve dans vos affirmations.
    Bref, des politiques cohérentes de limitation des naissances (eh oui, il faut avoir le courage de nommer les choses), la responsabilisation des hommes et des femmes de toutes les confessions religieuses du pays dans cette politique et la traduction dans les faits de la laïcité de l’État burundais sont des pistes de solutions pour prévenir l’explosion de la « bombe démographique » au Burundi. Car dit-on, « Aharaye inzara havyuka inzigo ». À nos politiciens ou hommes d’État de prendre leurs responsabilités, à temps, sinon l’histoire et leur propre progéniture les jugeront sévèrement.

  5. Ayahu Jean Pierre

    Enfin un article à lire avec joie. Il y en a eu d’autres mais celui-ci est à mon avis le meilleur !
    Cher Nindorera,
    J’avais envie d’être très critique ce soir envers le gouvernement burundais et ce qu’il a de mauvaise gouvernance: ne pas s’entourer des hommes et femmes qui pensent, qui se projettent parfois au-délà des militants. S’il y a un génocide à craindre, ce n’est pas celui-là dont on chante actuellement. Il sera la conséquence de ce trou noir qui empêche et qui a toujours empêcher nos différents gouvernements à voir le problème du moment: la surpopulation qui est n’est pas en soi un problème lorqu’elle est bien gérée. Elle est un problème aujourd’hui car la terre n’est plus capable de nourrir ses habitants. Avec notre système agraire, le mode de succession, l’habitat dispersé, le système d’exploitation de notre sol qui n’a jamais changé depuis ce fameux Mwezi Gisabo etc…C’est la catastrophe annoncée.
    Que faut-il faire?
    Il faudra une politique volontariste, certes impopulaire car il faudra obliger les gens à libérer les terres et à repenser notre agriculture..
    Il faudra penser. C’est-à-dire qu’il est tellement bête de privilégier les maisons sur maisons au detrriment d’une agriculture et dans des régions tellement fertiles comme ces espaces que l’on dévore autour de Bujumbura pour se construire la 4ème, 5ème et 6ème maison!!! Qui ignore que Mutanga Nord fut le grenier en coton et d’autres produits? Qui ignore que Carama, fut le grainier à riz… Mais, il fallait y ériger des maisons, dans une zone plutôt marécageuses!!
    Et puis, il y a Mpanda avec ce cimetière. Mais quel gachis…

    On peut discourir…..

    • juju

      Quand on se prend pour donneur de lecons et qu’on l’affiche publiquement, on met en jeu sa credibilite.

    • RUGAMBA RUTAGANZWA

      @Ayahu Jean Pierre: « Enfin un article à lire avec joie ».

      Plusieurs articles proposés par I Wacu sont à lire avec joie cher AYUHU. Le problème est ce qu’en font leurs destinataires y compris vous-même qui êtes régulièrement entrain de les contester souvent avec un argumentaire partisan et qui frise le ridicule. La corruption généralisée à tous les niveaux de de nos administrations, les violations massives des droits de la personne humaine, y compris le droit à la vie, qui ont atteint le summum depuis avril 2015, le manque de vision et de leadership dans plusieurs domaines, y compris celui décrit par M.NINDORERA sont autant de sujets régulièrement traités ici. Mais qu’en faites-vous ? En vérité, rien. L’avenir de toute une nation est hypothéqué, notre jeunesse ne sait plus où donner de la tête. En réalité tout est à repenser, cher AYUHU! Notre maison brûle et on regarde ailleurs…!

  6. Diallo abou moussa

    1/ Pourquoi vous ( Louis Marie Nindorera ) traitez Feu Ntare Rushatsi Cambarantama de GENOCIDAIRE ?

    2/ L’AFRIQUE est assez grande en superficie pour résorber ce petit nombre de Barundi qui vous inquiètes, pour parler alors de MALTUS et de sa théorie. Revenons sur le Burundi … L’espace où vivait les BARUNDI avant la Colonisation était beaucoup plus grande que celle d’aujourd’hui. Par exemple, au 15ème siècle, le MWENE MWEZI ( TANZANIE, KENYA, MOZAMBIQUE, MALAWIE, RWANDA, OUGANDA, SUD SOUDAN ), contrôlé par un MURUNDI. Les notions d’Etat et de frontières à l’occidental ne sont pas les mèmes pour les BARUNDI et les AFRICAINS.

    3/ L’AFRIQUE a subi l’ESCLAVAGE avec plus de 250 Millions de victimes et la COLONISATION et le NEOCOLONIALISME, avec autant de victimes. Jusqu’aujourd’hui l’Afrique n’a pas encore retrouvé son équilibre démographique d’antan. Ce n’est donc pas le moment de lui demander de réduire sa natalité !

    4/ Dès 2020, l’équilibre énergétique au Burundi dont les débuts de la REVOLUTION INDUSTRIELLE ELECTRIQUE en AFRIQUE permettra au Burundi et à l’Afrique d’augmenter considérablement sa PRODUCTION. La FAMINE baissera donc en AFRIQUE.

    DIALLO ABOU MOUSSA
    Burundi-agnews.org

    • Stan Siyomana

      @Diallo abou Moussa
      1. Dites-nous un peu plus sur ce MURUNDI (= MWENE MWEZI? qui aurait controle toute l’Afrique de l’Est au XV eme siècle.
      Et dites-nous comment aujourd’hui les descendants de ce Murundi? se contentent aujourd’hui d’un territoire de 28.000 km carres
      2. « Des 2020, l’equilibre energetique au Burundi….les debuts de la REVOLUTION INDUSTRIELLE ELECTRIQUE EN AFRIQUE… »
      Si le Burundi parvient a produire 150 ou 300 megawatts d’electricite, je crois que vous allez annoncer que le Burundi a attaint son equilibre energetique. MAIS REELLEMENT, QU’EST-CE QUE UN PAYS DE 11 MILLIONS D’HABITANTS PEUT FAIRE AVEC (SEULEMENT?) 150 OU 300 MW D’ELECTRICITE?
      Meme si le Burundi entrait en 2020 dans son ere de REVOLUTION INDUSTRIELLE ELECTRIQUE (que le monde occidental a connu au XVII eme siecle) QUELLE SERAIT LA COMPETIIVITE DU BURUNDI ET DE SON ECONOMIE AU MOMENT OU AILLEURS DANS LE MONDE ON EN EST A LA QUATRIEME REVOLUTION INDUSTRIELLE/ INDUSTRIE 4.0
      L’objectif de l’Industrie 4.0 est « la mise en place d’usines dites « intelligentes » capables d’une plus grande adaptabilite dans la production et d’une allocation plus efficace des ressources… »
      (Voir Industrie 4.0, http://www.wikipedia.org).
      Ici nous parlons d’une societe burundaise, qui maintenant meme est en train de celebrer parce qu’un certain Vital Nduwimana vient de realiser cet exploit de conserver des tomates dans de la cendre (PARCE QU’IL EST DIFFICILE DE TROUVER UNE CHAMBRE FROIDE AU BURUNDI).

      • SENYAMWIZA Jean Claude

        @Stan Siyomana,

        Les propos de ce Diallo sont aussi irresponsables que démagogiques. Le Burundi explose sous le poids de sa démographie et lui il nous raconte des bobards. De tels propos devraient être censurés à mon avis.

    • opsjke

      Je suis sidéré par le fait que vous ayez pris le temps d’écrire de telles inanités.
      J’espères que vous n’êtes pas associé ni de près ni de loin à la gestion du pays.

    • SENYAMWIZA Jean-Claude

      @Diallo Abou Moussa,

      Peut-être je ne sais pas lire entre les lignes mais je ne vois pas ce que vous proposez comme solutions à la démographie explosive que subit le Burundi sans que ceux qui le gouvernent s’en emeuvent et s’en inquiètent outre mesure, au contraire. Ne nous parlez pas du passé. Nous ne pouvons pas le changer, malheureusement. Parlez-nous des solutions du présent et cessez de faire de la démogogie en nous racontant des bobards de néo-colonialisme etc etc…comme si nos dirigeants étaient des enfants, des mineurs qui ne comprennent rien à ce qui leur arrive et se laissent trompés. Ce slogan-là de néo-colonialisme, 60 ans après les indépendances est aussi irresponsable que complètement irrationnel, cher Diallo. Comme l’écrivait Marie de Vichy-Chamrond, marquise du Deffand « Les sots parlent beaucoup du passé, les sages du présent et les fous de l’avenir ».
      L’article de Mr NINDORERA est un magnifique papier que j’ai lu et relu plusieurs fois. Ce n’est pas un tract. Il contient beaucoup de références scientifiques qui nous éclairent sur un problème d’actualité, politiquement explosif et économiquement grave. Il donne aussi des pistes de solutions pouvant facilement être exploitées par ceux qui gouvernent le Burundi mais je crois que pour le moment ils cherchent à survivre et regardent ailleurs i.e. vers 2020.

    • jean-paul

      Faut-il vraiment que l’auteur réponde à ces rêves où en 2020, donc en 3 ans, le Burundi connait une revolution industrielle électrique, où les frontières entre nations en Afrique sont immatérielles contrairement aux preuves et toute logique et où le Burundi fut un empire qui allait jusqu’au Mozambique et Sud Soudan? Wow, que rêve, quelle utopie!

  7. Rurihose

    A un problème explosif pareil, le préalable est de limiter drastiquement la natalité
    Les autres solutions sont juste des mesurres d’accompagnement

    • Athanase Karayenga

      Chers amis,

      L’article de Jean-Louis Nindorera mérite de chaleureuses félicitations et un immense bravo. Le lecteur émerveillé a la preuve, avec cette contribution majeure à un débat essentiel pour le Burundi, qu’il existe bel et bien des intellectuels burundais de très haut niveau qui peuvent penser l’avenir de notre pays de façon brillante et intelligente et panser ce pays blessé et martyrisé depuis tant d’années.

      Cet article sur la démographie galopante du Burundi et sur le risque malthusien encouru par le pays, rappelle une analyse d’un démographe français réputé, M. Lebras. Si je ne me trompe pas.
      Avant d’exposer très brièvement sa théorie, il faut d’abord signaler l’augmentation spectaculaire de la population observable dans toutes les sociétés humaines à la sortie des conflits. A titre d’exemple on évoque souvent, en Europe, le fameux « baby-boom » qui a suivi la fin de la deuxième guerre mondiale.

      Lorsque, indique M. Lebras, un jardinier taille un rosier, ce dernier comprend que sa survie est en jeu et qu’il doit à tout prix lutter contre cette menace existentielle. La saison prochaine de floraison, le rosier taillé produit alors beaucoup de boutons qui deviennent de magnifiques fleurs. Et le jardinier est très heureux de son œuvre et fier de son rosier éclatant. Si seulement il savait que ces belles fleurs sont produites par un rosier traumatisé et qui lutte, de cette façon, pour survivre tout simplement !

      C’est exactement de la même manière que les humains réagissent, semble-t-il, quand ils sont agressés, stressés et traumatisés par la violence de la guerre. Ils se reproduisent massivement et inconsciemment afin de protéger l’espèce.

      M. Lebras ajoute. Il n’y a qu’une seule manière qui marche pour lutter efficacement contre l’augmentation massive d’une population qui a souffert des affres de la guerre. Il faut pratiquer une politique qui la déstresse, qui annule le sentiment que l’espèce, le groupe ou la communauté sont menacés d’extinction.

      Cette politique consiste à créer des opportunités d’emploi, d’augmentation des revenus, de bonne éducation, de bonne santé, d’épanouissement culturel, etc. Bref une politique qui redonne du dynamisme positif à la population, des perspectives heureuses et la confiance dans l’avenir. Alors la population baisse.

      Or, cette politique pour déstresser la population est exactement aux antipodes de ce que les gouvernements successifs qui ont gouverné le Burundi ne savent pas faire durablement ou ne veulent pas faire et ce depuis des lustres.

      Sous la colonisation, les Burundais étaient stressés par les brimades et la brutalité du régime d’occupation étrangère.

      Depuis l’assassinat de Louis Rwagasore suivi par le chapelet des guerres civiles de 1965 à 2017, la majorité du peuple burundais vit, par épisodes réguliers, toujours et encore, dans le stress permanent de l’insécurité des personnes et dans la précarité des ressources pour ne pas dire dans une pauvreté abjecte et permanente.

      Plus proche dans l’histoire du Burundi, la contestation du « troisième règne céleste » réprimée dans le sang, le marasme économique actuel, la place peu enviable du Burundi classé parmi les pays les plus pauvres et les plus malheureux du monde, la malaria déclarée catastrophe nationale, le choléra récurrent, l’exode tragique de centaines de milliers de réfugiés intérieurs et extérieurs, l’abandon massif de l’école par les enfants, l’impunité de tous les crimes contre l’humanité, crimes de guerre et de génocide commis depuis 1965, bref tous les ingrédients de cette paix brûlante comme des braises ardentes et qu’on nous chante à longueur de journée, envoient le même message subliminal à la population burundaise que celui du jardinier au rosier qu’il taille sans ménagement : « tu es en voie d’extinction ».

      Ne soyons donc pas surpris par la bombe démographique burundaise et par ses conséquences explosives sur tous les plans et que l’article de Jean-Louis Nindorera décrit de façon magistrale.
      Or, il n’y a qu’une voie de sortie de l’impasse actuelle : changer radicalement la gouvernance du Burundi de façon pacifique et démocratique. Ensuite, instaurer des institutions qui respectent rigoureusement et protègent scrupuleusement les droits et libertés des citoyens, œuvrent vraiment pour la paix, la justice et la prospérité pour tous les Barundi.

      « Il y a loin de la coupe aux lèvres ! »

      Athanase Karayenga

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