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Économie

Gitega : la scandaleuse spéculation sur le sucre

Dans les magasins de Gitega, le prix du sucre est devenu un casse–tête pour les consommateurs où chaque commerçant fixe le prix comme il l’entend. Presque dans toute la ville, le kilo est entre 2400 Fbu et 3000 Fbu tandis que la Société Sucrière de Mosso continue d’affirmer qu’elle n’a pas baissé la production ni haussé le prix de vente.

Jean-Bosco Cibogoye, directeur commercial de la SOSUMO : « L’administration devrait jouer son rôle pour les réprimander parce que c’est une fraude pure et simple qui devait être punie par la loi.»

Jean-Bosco Cibogoye, directeur commercial de la SOSUMO : « L’administration devrait jouer son rôle pour les réprimander parce que c’est une fraude pure et simple qui devait être punie par la loi.»

Derrière l’un des étals au marché central de Gitega, vêtue d’une jupe rouge sang et d’un foulard de tête, une jeune femme bavarde avec ses voisines : Brigitte une commerçante. Elle répond à nos questions avec vivacité, mais, au vu du badge et de l’enregistreur, elle devient bouche bée. Bientôt, à côté de nous, un bruyant attroupement de clients et de commerçants, se forme autour de nous. Certains d’entre eux veulent s’exprimer mais se taisent à la vue d’un vigile du marché. Non loin de là dans un kiosque métallique, un vendeur accepte de répondre à nos questions après une longue hésitation mais à condition d’éteindre nos appareils d’enregistrement. D’après lui, le prix du sucre change du jour au jour et d’un commerçant à l’autre. Parfois on regarde le demandeur.

« Si le commerçant te soupçonne d’être un administratif, il te dit qu’il le vend à 2000fbu mais qu’il est maintenant en rupture de stock », a-t-il dévoilé. Comme il le fait savoir, le sucre se révèle être le meilleur investissement pour les spéculateurs. Il est sûr et rentable. Il indique en outre qu’il préfère l’avoir dans son stock que d’avoir des haricots ou du riz.

« Ce qui est sûr c’est que le prix ne baissera pas dans un mois et ce qui entraîne une plus grande chance de profit.  Il suffit de maîtriser le marché », nous a-t-il confié en exhibant 5 sacs encore pleins.

Dans presque partout au marché, le sac de sucre de SOSUMO de 50 kilos coûte 115 000 Fbu. Du coup, le thé du matin est de plus en plus amer.

Seuls quelques cristaux de sucre sont autorisés à fondre dans une infusion chaude dans une tasse. Chez le boutiquier, les clients achètent désormais le sucre à la cuillère à café. Le kilo est passé, en quelques jours, de 2000 à 2500 Fbu sans compter que la balance du commerçant soit bien réglée.

« L’administration devrait faire un effort pour endiguer ces fraudes !»

« Ce sont des voleurs qui ne pensent qu’à leurs profits. Ce qui est anormal c’est qu’ils nous lancent souvent que le sucre est introuvable même dans les stocks de la SOSUMO et qu’ils l’ont reçu par fraude », tempête une maman.

« Est ce qu’on fraude une marchandise qu’on produit localement », ajoute-t-elle.

Selon Jean-Claude Cibogoye directeur commercial de la SOSUMO, ce phénomène est une pure spéculation car d’après lui, la Société Sucrière de MOSSO n’a jamais haussé les prix ni diminué la production. Il souligne que SOSUMO a produit pendant la campagne 23000T passée et qu’il était prévu de couvrir toute l’année. En ce qui concerne le prix de vente, il précise que la grille officielle est à 82500fbu le sac de 5Okg et que le commerçant détaillant devait vendre à 1750 Fbu le kilo.

« L’administration devrait jouer son rôle pour les réprimander parce que c’est une fraude pure et simple qui devrait être punie par la loi », a appelé Jean Bosco Cibogoye.

Pour endiguer ces spéculations qui sont devenues habituelles, la SOSUMO a un projet en perspective pour moderniser la production et l’extension des champs de culture de canne à sucre pour atteindre 40000t.

« Peut-être que cette solution stoppera la spéculation quand le marché sera inondé suffisamment de notre produit », a-t-il avancé.

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