Médias

La presse et la société civile dans le collimateur du Sénat burundais

Vue partielle des sénateurs en session ©Iwacu

Vue partielle des sénateurs en session ©Iwacu

«  Monsieur le ministre, quels sont les engagements que vous prenez devant nous pour amener les médias à donner des informations vérifiées, constructives et équilibrées ? » C’est la question posée par le sénateur Jérémie Kekenwa, jeudi 3 juillet, au nom de tous ses pairs au ministre en charge de la Communication, Tharcisse Nkezabahizi.

Cette question est intervenue après un long exposé où le sénateur Kekenwa faisait une sorte de réquisitoire contre la presse en général et particulièrement contre un médium qu’il n’a pas cité. Pour ce sénateur, les journalistes et les médias profitent des libertés reconnues par la loi sur la presse pour verser dans le libertinage.

Plus concrètement, il s’inquiète de ce que «  ces derniers temps, la façon dont certains journalistes diffusent les informations en rapport avec la sécurité de l’Etat, les relations internationales, les débats des politiques, fait qu’on se demande s’ils respectent la loi et l’éthique professionnelle.» Et de conclure : «  A y regarder de près, les journalistes ne se différencient pas des politiciens ».
Sur le même ton, les sénateurs se sont aussi adressés au ministre de l’Intérieur pour lui signifier qu’il doit tout faire pour que les activités de la société civile ne perturbent pas la sécurité publique.
Les deux ministres ont promis de faire appliquer la loi.

Signalons que le ministre de l’Intérieur a profité de l’occasion pour fustiger la mauvaise gouvernance qui règne dans 48 associations sans buts lucratifs que les services de son ministère ont déjà inspectées. Devant les sénateurs, il a nié être à la base du phénomène de « nyakurisation » (division) des partis.

Publicité