Plus de 560 véhicules sont concernés par la politique de charroi zéro. Depuis quelques temps, l’Olucome dénonce certaines pratiques qui font perdre de l’argent à l’Etat.

Le Directeur Général du Transport ©Iwacu

Le Directeur Général du Transport ©Iwacu

Selon Gabriel Rufyiri, président de l’Olucome, la politique de charroi zéro initiée par le gouvernement Burundais depuis 2009 est louable car elle permet de réduire sensiblement les charges budgétaires : « Lorsqu’elle a été initiée en 2009, le budget était de 24 milliards mais grâce à cette politique, le budget est passé à 17 milliards de Fbu en 2013. » D’après lui, avant cette politique, il y avait beaucoup de détournement en surfacturation du carburant. Et d’ajouter : « Nous avons même découvert des garages qui étaient payés alors qu’ils avaient fermé leurs portes depuis 1990. »
Cependant, il affirme que la valeur des véhicules frappés par cette politique est minorée après expertise parce que ceux qui les détiennent vendent les pièces de rechange avant cette opération : « Des véhicules achetées à 50 millions de Fbu par l’Etat, sont revendus à 10 millions, voire moins parce que des pièces manquent souvent et ces véhicules se retrouvent en état de simples carcasses. »

Probable hausse des indemnités kilométriques

«  Comme ce sont les mêmes qui rachètent ces véhicules, ils remettent les pièces dans les véhicules et les revendent. Ainsi, une camionnette achetée à 8 millions de Fbu est revendue à 25 ou 30 millions de Fbu sur le marché », signale-t-il. Et d’enchaîner : « Non seulement l’acheteur ne paie pas les frais de douane puisque ces véhicules portent l’immatriculation de l’Etat, mais aussi le gouvernement lui accorde deux ans pour payer la totalité du prix du véhicule.»

L’autre pratique décriée réside dans les indemnités kilométriques allouées aux ayant-droits de cette politique, notamment les ministres, ceux qui ont le même rang, les directeurs généraux, et ceux qui sont nommés par décret. « Au départ, chaque ministre devait avoir 600 mille Fbu de carburant par mois. Mais le gouvernement voudrait que ces indemnités passent à 1.200.000 Fbu par mois.» Pour le président de l’Olucome, doubler ces indemnités constitue une dilapidation des deniers publics surtout que cet argent ne leur est pas donné en nature. Et de se demander si celui qui a d’autres engagements, utilisera tout cet argent pour payer le carburant.

L’expertise est faite par un expert indépendant

Le décret pour accompagner la politique de charroi zéro est sorti le 30 janvier. L’ordonnance de mise en application n’est tombée que le 4 février 2013. Cette politique a d’abord touché les membres du gouvernement. Elle s’est poursuivie avec les assistants et les secrétaires permanents des ministères. Actuellement, elle est effectuée dans les administrations publiques et parapubliques. Plus de 360 véhicules ont déjà été expertisés et attribués en même temps aux ayant-droits. La politique de charroi zéro, amorcée en 2009, serait à 80% de sa réalisation. Le gain escompté est estimé à plus de 1 milliard de Fbu.

Jean-Claude Mpawenimana, directeur général des transports, estime ces arguments infondés. Selon lui, ces véhicules ne sont pas vendus à des prix fantaisistes car la commission chargée d’exécuter cette tâche travaille sur base des rapports produits par une maison d’expertise qui a gagné le marché en toute transparence. Il indique que l’expert donne son rapport à la direction des transports. Celle-ci écrit à une commission indépendante ad hoc pour lui transmettre la liste des véhicules expertisés et leur affectation. Après, cette commission écrit à l’acquéreur qui signera un contrat au ministère des Finances. « Le véhicule ne lui appartiendra qu’après paiement de la totalité du prix du véhicule. »
Concernant les ventes de ces véhicules, le directeur admet qu’elles peuvent exister, mais souligne qu’une ordonnance est en cours d’étude pour lutter contre cette pratique : « Nous voulons lutter contre ces cas de revente et nous avons demandé aux ministères de contrôler au quotidien la gestion des véhicules. »

Concernant les indemnités kilométriques, le directeur général des transports rappelle qu’il existe une politique de contrat de performance pour tous les ministères : « Qu’un ayant-droit paye le carburant ou pas n’est pas notre affaire, notre rôle est de surveiller si le travail est bien exécuté. »
Nous avons contacté la Deuxième Vice-présidence par rapport à la probable révision à la hausse des indemnités kilométriques, sans succès.

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