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« La musique burundaise a perdu sa richesse lyrique »

Alors que l’on présentait ce jeudi 24 juillet 2014 à l’Alliance franco-burundaise de Gitega, le livre De l’Inanga à la guitare classique, une histoire de la naissance de la musique burundaise moderne (1960-1985), de Mgr Justin Baransananikiye, Iwacu aborde avec l’auteur le thème du lyrisme de la chanson moderne écrite en kirundi.

Mgr Justin Baransananikiye ©Iwacu

Mgr Justin Baransananikiye ©Iwacu

De nos jours, la musique burundaise laisse souvent peu de place à l’originalité dans la composition des textes. Et cela se comprend : délaissant les recherches vers la tradition orale et instrumentale locales, elle intègre fortement le décor urbain, puisant ses inspirations notamment chez nos voisins tanzaniens, avec leur Bongo Fleva ((Dénomination donnée à la musique urbaine tanzanienne)).
Le relatif jeune âge de la nouvelle génération des chanteurs burundais, issus presque tous de la cité et peu exposés à la richesse lexicale du kirundi, explique aussi cette perte de la richesse lyrique.
Pour mettre en perspective les époques, Iwacu a rencontré Mgr. Justin Baransananikiye, l’un des fondateurs de l’Orchestre national du Burundi en 1977, auteur et compositeur.  Son remarquable essai intitulé « De l’inanga à la guitare classique, une histoire de la musique burundaise moderne (1960-1985) » nous invite dans l’âge d’or du secteur, quand il y avait encore Canjo Amissi, David Nikiza, Kirundo Gérard, Jean-Christophe Matata …

Comment composiez-vous vos textes à cette époque ?

Il faut noter que la génération actuelle des chanteurs, sous l’influence de la musique urbaine, est plutôt attirée par l’aspect « instrumental » dans la création. Ce qui compte, ce n’est plus le texte, mais le rythme, le « vibe » comme on dit, un processus à l’inverse de ce qui se passait à notre époque. Pour nous, la chanson était avant tout un message.

Et comment veilliez-vous à cela ?

Avant diffusion, toute chanson était présentée aux « vieux » pétris d’art oral burundais. Dans les années 1970, le duo Pancrace Shungura (pianiste-chanteur) et Michel Ndezeko (qui dirigeait la chorale de la Cathédrale Regina Mundi) faisait office de référence dans le travail des textes basés sur l’art poétique traditionnel. Augustin Ndirabika prend le relais avec des chansons comme « Ewe Dawe uri Umugabo » (Père, tu es un Homme), ou encore « Mwananje ntunanirwe » (Mon enfant, ne te décourage pas).

R/ Ewe Burundi, ngira ndakuririmbe
Ewe Burundi, ngucurarange (×2)
Usa n’akayaga ko ku mugoroba
Usa n’amazi y’umusarara
Eka usa n’Imana yakungabiye (×2)
Ese uwakubonye harya mu gitondo
Ewe Burundi uko uteye igomwe
Uko imisozi yawe isayangana
Ni ko ikiyaga gihungabana
R/ …

Ese uwakubonye mu mashoka y’inka
Inyambo zawe zikwigina
Amazi atemba, inyoni ziririmba
Bihayagiza ubutore bwawe
R/ …

Ese uwakubonye mumataha y’inka
Ewe Burundi uko uteye igomwe
Akayaga kaguca irya n’ino
Abana bawe baguteramiye
R/ …

Traduction ((Traduction libre proposée par Roland Rugero))
Burundi, je vais te chanter
Burundi, je vais te jouer en instruments (×2)
Tu ressembles au doux vent du soir
Tu es ressembles à de l’eau pure
C’est vrai, tu ressembles à Dieu qui t’a créé (×2)

Que c’est beau de te voir le matin
Comment Burundi tu fais plaisir
Comment brillent tes collines
Autant que la houle traverse le lac
R/ …

Que c’est beau de te voir quand les vaches se rendent dans les prés
Quand tes bétails te rendent hommage
L’eau coulant, les oiseaux chantant
Tout cela loue ta bonté
R/ …

Que c’est beau de te voir quand les vaches rentrent des prés
Comment Burundi tu es beau
Quand le vent te caresse de part et d’autre
Quand tes enfants tiennent la veillée en ton nom
R/ …

Le contexte politique vous imposait aussi une forme de censure…

C’est vrai qu’avec 1976, la Culture a été détaché de l’Éducation. Nous avons alors eu la création du ministère de la Jeunesse, des Sports et de la Culture. Le Département des Arts et de la Culture, dirigé à l’époque par Adoplhe Ntibasharira relisait chaque texte de chanson avant sa sortie. A côté de l’Orchestre Amabano dans lequel je jouais, le ministère avait engagé Adelin, un vieux spécialiste des ibicuba de Muramvya (auteur de Iyo manzi wararaye).

Au final, qu’attendait-on de vous ?

Nous avions un double rôle. D’abord politique : en tant qu’Orchestre national, nous étions conçus comme un modèle pour les autres musiciens, et on participait principalement à des mobilisations populaires. Nous devions être présents à chaque fête nationale, journée de la Femme, de l’Enfant, de l’Arbre, etc. Ce rôle s’étendait à notre fonction culturelle, aussi : nous étions là pour revaloriser le folklore national. Obligatoirement, nous devions nous inspirer de l’ikembe, de l’inanga. C’est dans ce contexte que sont nées les plus célèbres mélodies, que nous écoutons toujours aujourd’hui.

Comme ?

Je pense immédiatement au travail de Canjo Amissi, avec ses titres Ntacica nk’irungu (Rien de plus cruel que la solitude), ou encore Umugabo w’ukuri (Le Vrai Homme). Le premier est tiré d’un conte chanté (igitito), le deuxième participe pleinement à la mobilisation nationale autour des valeurs positive de notre culture (la droiture, le respect de la parole donnée, la retenue, la solidarité), d’où son aspect politique proéminent. Quant au titre « Ewe Burundi ngira ndakuririmbe » (voir encadré), il a servi de jingle pendant des années à l’ouverture des programmes de la Télévision Nationale, un peu comme un second hymne du pays. Notre département, qui bénéficiait notamment d’un accès privilégié au seul studio d’enregistrement du Burundi, celui de la Radio Nationale, était en fait un laboratoire de recherche musical. Nous mélangions ce que nous savions de l’École traditionnelle (contes, instruments musicaux, l’art oral) avec ce que nous avions appris de la théorie musicale à l’école.

Le livre coûte 50.000 Fbu et est disponible au Musée et à l’Alliance franco-burundaise de Gitega. A Bujumbura, on pourra le trouver au Musée Vivant et à la Libraire Saint-Paul ©Iwacu

Le livre coûte 50.000 Fbu et est disponible au Musée et à l’Alliance franco-burundaise de Gitega. A Bujumbura, on pourra le trouver au Musée Vivant et à la Libraire Saint-Paul ©Iwacu

Vous êtes aussi le père de nombreuses chansons d’animation entonnées dans les églises protestantes au Burundi …

(Rires). J’ai été auteur et compositeur pendant plusieurs années avec la chorale de l’Église Libre Méthodiste, à Ngagara. De 1980 à 1983, j’étais responsable du département de musique au sein de l’Alliance des Églises protestantes. De très riches années, au cours desquelles sont nés les titres « Twame imbuto nziza » (Portons de bonnes semences), « Hinge Nsenge Umwami wanje » (Laisse-moi prier mon Roi) popularisé par le chanteur de gospel burundais Appollinaire Habonimana, ainsi que d’autres morceaux. A noter aussi que la tradition d’un corpus musical au sein des églises protestantes remonte à 1949, avec la première édition au Centre Baptiste de Kayanza, à Musema, des exemplaires du célèbre recueil « Indirimbo z’Imana » (Les Chants de Dieu).

Que ressentez-vous quand vous écoutez la musique burundaise contemporaine ?

Les temps évoluent. Après la génération des Canjo Amissi et Nikiza David, il y’a eu ce que j’appelle « une époque intermédiaire » marquée par des noms comme Bahaga, Matata, Baby John, Kadja Nin, qui promettait de prendre la relève des aînés. Avant que la guerre ne survienne, et que le numérique assèche la soif des musiciens burundais de comprendre et maîtriser les instruments et la langue de travail. De nos jours, la musique burundaise n’a plus d’identité. Et c’est triste.

  41   Vos commentaires
  1. fabrice

    Ndagize yambu Mgr. Nashimye les réponses muha ababaza ibibazo. Je suis totalement d’accord avec vous ko umuziki wubu ufise agasorobo gato. Iyo numvirije akaziki kakera nkubu nibereye mu mahanga, numva nostalgie nkakumbura iwacu. Biratandukanye ni vyubu. Bien sur hariho les musiciens bo muri iki gihe batanga message ziryoshe bagacuraranga na neza. Mais votre génération est irremplaçable. Mais juste une question. Nimwe mwaririmvye indirimbo (‘artiste Nicolas qui évolue au Canada yasubiyemwo)  » INCUTI N’IKINDI »? mwombwira n’izindi mwaririmvye? birashoboka kuronka CD yi ndirimbo zakera zanyu, CANCO, NIKIDAV,… MERCI

    • Mgr. Justin Baransananikiye

      Urakoze cane, Muvukanyi wacu Fabrice, wahavuye mbere wigora urantelefona. Egome ni jewe Nanditse amajambo kandi mpingura n’umuziki w’urwo ruririmbo « Incuti irahumuriza » naririmvye mu 1979 ndi muri Orchestre National, rukaba rwasubiwemwo n’Umurundi mwene wacu yitwa Nicolas. Maze kuvyumva mu 2010, naciye mvugira mu kiganiro cari kirongowe na Christian Nsavye kw’Isanganiro, nca ndamutazira ko ari umwana wanje nkunda. Naramumaze n’ubwoba, ndamubwira ko yakoze neza mu kwabura ururirimbo rwanje. Izindi ndirimbo nahinguye kandi nandika n’amajambo yazo, nongera ndaziririmbana na Orchestre national, ni: « Mpaye Umukenyezi », « Ngira mpere udusiga » (rwasubiwemwo na Kaka Bone), « Urukundo ni intagerwa », « na Si we yakwanse ». Izindi zarahebwe kuvuzwa ku maradiyo kuko zitajanye n’ibihe tugezemwo.
      Ibindi bibazo noshima kubikwishura ubwawe kuri Email yawe. Nyandikira kuri email yanje: jbaransananikiye@yahoo.fr. Ndagushimiye cane.

      • fabrice

        Merci bcp Mgr. N’ukuri indirimbo zakera nkunda gusumba izindi nimwe mwaziririmvye!!!Ni vyiza cane. Reka ndabandikira e mal. Merci aussi au journal Iwacu et Roland

  2. Sama

    Que le Tout Puissant que vous servez vous accompagne dans vos différents projets Mgr, et Merci beaucoup du temps que vous avez mis pour nous éclairer .
    Un recueil des vieilles chansons en français du primaire serait un support important dans l’apprentissage aussi bien de la musique que de la langue en français comme en kirundi

    • Mgr. Justin Baransananikiye

      Merci beaucoup, Sama. L’INSTITUT DE MUSICOLOGIE DE GITEGA que je dirige est en train de travailler sur un manuel de chansons pour les écoles primaires du Burundi. Nous avons sélectionné une centaine d’anciennes chansons (en Français et en Kirundi) que j’ai moi-même apprises à l’école primaire depuis l’époque coloniale.
      Nous sommes en train de les mettre correctement en musique (Solfège et autres arrangements vocaux et instrumentaux). Nous y avons ajouté des chansons récentes comme « Sagamba Burundi » de Ngabo Léonce, « Umugabo w’ukuri » et « Ewe Burundi ngira ndakuririmbe » de Canjo Amissi, et plusieurs autres comme « Uwiguze Uburundi, Rwagasore Louis », etc. Toutes seront disponibles avec musique et arrangements pour accompagnement aux instruments. Malheureusement, si le Ministère de l’Enseignement de Base et Secondaire n’accepte pas que nous formions les enseignants du Primaire et du secondaire tout au moins dans la connaissance des notions élémentaires de la Théorie Musicale, ils ne pourront pas les enseigner parce qu’ils ne seront pas capables de lire leur musique. Je profite de cette occasion pour relancer mon appel vers le Ministère concerné, pour leur signifier que L’INSTITUT DE MUSICOLOGIE DE GITEGA est entièrement disposé à collaboreravec eux pour la réussite de l’enseignement du cours de Musique depuis l’école Primaire jusqu’à la fin du Secondaire. Grand merci pour votre apport au débat.

  3. Jackson

    Je suis très ravi de voir qu’un tel débat apparait quand même quelque part dans les lignes de l’actualité burundaise. J’aimerai personnellement rencontrer Mgr. On peut, sans doute avoir beaucoup de choses à discuter. En effet, je suis un jeune burundais, acteur dans le secteur de la musique.
    J’invite celui qui veut comprendre ce qui se passe dans la musique burundaise d’aujourd’hui d’essayer de faire 2 projections plus ou moins différentes, l’une de l’intérieur et l’autre de l’extérieur. Je ne suis pas sûr si on voit les choses de la même façon sur la figure.
    Néanmoins, l’article mentionne en passant le fameux orchestre ‘’Amabano’’. C’est bien, car je voulais juste que l’on puisse faire un zoom de cet orchestre. Qui, quoi, comment et surtout quand ? Je lis ci-haut qu’autrefois même le DG pouvait être impliqué dans les compositions, aujourd’hui les compositeurs doivent être payés. Je voulais dire, avec la mondialisation, nos artistes nagent dans l’eau trouble. Je ne les condamne même pas les pauvres. Ils sont vraiment perdus. Ils sont engagé dans une compétition à laquelle ils sont ni préparés ni armés pour la remporter. Et quand les évolutions technologiques s’y mêlent, c’est la catastrophe. Seulement l’excuse ne suffit pas pour nos musiciens.
    Heureusement, des initiatives pour sauver le secteur naissent du jour au jour et ça me réconforté. Je suis très satisfait de cette initiative Mgr. Ça fait du bien de voir qu’il y a encore des hommes qui rêvent de voir notre pays réussir. Je n’aime pas les faux débats. Certains grands hommes se sont taillé des spécialités dans le domaine du faux débat. Ils passent des heures et des jours à discuter des choses qui ne peuvent jamais avancer un pays.
    Combien coûte le livre ? Où pouvons-nous le trouver ? Together, let’s make this change.
    Leading the way, music is the weapon.

    • Mgr. Justin Baransananikiye

      Mr. Jackson, je salue vraiment votre intervention et suis également disposé de vous rencontrer. J’aurais bien voulu reprendre ma plume et ré-écrire pour vous ici tout le chapitre 4 de mon livre, lequel est consacré au grand musicien David Nikiza et à l’Orchestre AMABANO qu’il dirigeait. Permettez-moi de vous réserver la surprise de le lire vous-même.
      Le prix du livre et les points de vente sont mentionnés ici-même sur le site sous l’image du livre (50.000 FBU). Pour Gitega, l’ouvrage est déjà disponible au Musée National à Gitega et également à l’Alliance Franco-Burundaise. Pour Bujumbura, le livre sera disponible DES CE LUNDI 28 Juillet à 12 HEURES au Musée Vivant, à la Librairie Saint-Paul et à Radio Isanganiro. Les fonds recueillis de la vente du livre sont destinés à soutenir L’INSTITUT DE MUSICOLOGIE DE GITEGA. Merci pour l’encouragement.

      • Jackson

        Merci à vous.
        Je vous souhaite le courage et la determination dans ce que vous faites. Que Dieu vous benisse.
        Voici mon e.mail: bukivlab@gmail.com,
        N’hesitez pas à me contacter,
        Quand je rencontre un  »Inararibonye » , c’est comme rentrer dans une biblioteque, je suis toujours sûr de m’enrichir.

  4. Stan Siyomana

    BIENHEUREUX LE BURUNDAIS LAMBDA QUI ATTEINDRA L’AUTO-ACCOMPLISSEMENT (= Sommet de la hierarchie des besoins d’Abraham Harold Maslow (1908-1970)).
    1. « S’il veut etre en paix avec lui-meme, un musicien doit faire de la musique, un peintre peindre, un poete ecrire »
    (Voir Abraham Maslow, 1943: A theory of human motivation).
    2. Mais cela est quasiment impossible dans le contexte actuel du BEAU PAYS DE MWEZI GISABO, puisque le quotidien est un vrai parcours de combattant.
    Le pragmatisme veut que l’on ne peut pas penser (outre mesure) aux besoins d’auto-accomplissement quand on arrive pas encore a satisfaire les besoins elementaires physiologiques (tels que la faim, la soif, logement), ainsi que les besoins de securite, protection, bonne santé,…
    IYIZA KURISHA IHERA KW’IREMBO/Il ne faut pas bruler les etapes.
    (Voir Cari Cole: « The pursuit of music and self-actualization? », http://caricole.com, 16 July 2013).
    3. Le religieux burundais peut se devouer au developpement de la musique (traditionnelle?) burundaise, s’il sait que sa congregation va le nourrir et le loger (par exemple).
    Le citoyen lambda va devoir dependre du soutien de la societe/de l’Etat burundais si l’on veut qu’il produise de la musique qui n’est pas dictee par les imperatifs du marche.
    4. Merci, Monseigneur Justin Baransananikiye, de vos efforts de sauvegarder la culture/musique du BEAU PAYS DE MWEZI GISABO.

    • Mgr. Justin Baransananikiye

      Merci Siyomana pour cet apport qui enrichit les débats sur le sujet. J’ai embrassé la carrière d’artiste-musicien en 1977 bien avant de devenir ce que je suis aujourd’hui, à savoir, homme d’Eglise depuis 1991. Je suis auteur-compositeur de nombreuses chansons qui ont fait l’honneur de mon pays au cours des quatre dernières décénnies. J’aurais bien souhaité que vous lisiez mon ouvrage pour mieux me connaître. La préface du livre présente justement une histoire inédite très intéressante sur Mwezi Gisabo autour d’une situation liée à l’INANGA alors qu’il se rendait sur le champ de bataille. Ecrivez-moi quand vous l’aurez lue.
      L’Histoire universelle est pleine de riches témoignages qui prouvent combien l’Eglise a été à la base de nombreuses solutions sociales dont les nations avaient besoin. Et je suis fier de ce que la Musique classique ait trouvé dans l’Eglise, une terre fertile où elle s’est épanouie, préservée et développée .
      Par ailleurs, Je suis très jaloux quand je vois comment d’autres pays ont fait un pas remarquable dans le domaine de promotion et de développement de leur musique, jusqu’à en faire une véritable industrie sur laquelle leur économie peut compter. Pourrions-nous rêver de cela pour le cas de notre cher Burundi? Je pense que « Oui » et, à lire votre commentaire, vous y croyez aussi. Alors, merci pour les encouragements que vous m’envoyez. Je suis en train de remplir mon rôle pour que les générations futures ne me jugent pas de n’avoir rien fait alors que les erreurs et les déviations dans notre art musical se produisaient de mon temps. Je reste MUSICIEN à l’intérieur de l’Eglise et hors d’elle également. Cela ne m’empêche d’aucune manière de pratiquer dignement et correctement ma Théologie. La Bible ne déclare-t-elle pas: « Celui qui sait faire ce qui est bien, et qui ne le fait pas, commet un péché » ? (Epître de Jacques, chapitre 4, verset 17, Version Louis Segond revue, Alliance Biblique Universelle).

  5. KABADUGARITSE

    Mais, Monseigneur! Que s’est-il réellement passé avec l’ancienne musique qui était diffusée sur la Radio Cordaque avant et pendant les premiers jours de la deuxième république et ensuite les après-midi des samedi à la radio nationale jusque peu avant la crise de 1993? Pourquoi on ne trouve rien sur Youtube alors qu’y pilule tout ou presque depuis l’ancien temps!!!

    • Mgr. Justin Baransananikiye

      Dans les premières pages de mon livre « DE L’INANGA A LA GUITARE CLASSIQUE », je fais également mention de Radio Cordac qui diffusait de nombreuses chansons composées et chantées par des élèves des écoles secondaires protestantes à l’époque dont je faisais partie aussi. Radio Cordac a été fermée au mois de Février 1977 par le Gouvernement de la première République sous feu Tharcisse Ruhwikira, Ministre de l’Information. A cette époque, je venais justement de déposer mon dossier de candidature au poste d’animateur des émissions en langue française (y compris la musique) à cette station en vue de remplacer le Pasteur Siméon Havyarimana qui avait assuré ce rôle pendant près de quatre ans et qui se rendait aux études aux Etats-Unis.
      Radio Cordac était gérée par un groupe d’Eglises dont les plus importantes étaient l’Eglise Evangélique des Amis, l’Eglise Méthodiste Libre du Burundi, l’Union des Eglises Baptistes du Burundi, l’Eglise Evangélique Mondiale, l’Eglise Anglicane du Burundi et d’autres. Après fermeture de cette station, il fut mis sur pied un Comité d’Evangélisation (Inama Ikwiza Ubutumwa) sous les auspices de la Ligue Pour la Lecture de la Bible, et Feu le Pasteur Anglican Paul Rutwe en était le président. Tout ce que Radio Cordac faisait auparavant fut compilé en un seul programme en Kirundi baptisé « Inkuru Nziza kuri Bose » qui était diffusé tous les samedi de 15 heures à 16 heures sur les antennes de la Voix de la Révolution du Burundi par feu Samson Ruhurwumuyaga, ancien technicien de Radio Cordac, avec comme prédicateur, le Pasteur Paul Rutwe. Ce programme existe même aujourd’hui, vous pouvez bien le suivre.
      La Musique et les chansons chrétiennes que Radio Cordac utilisait ont continué à être diffusées par le programme « Inkuru Nziza kuri bose » et progressivement reprises par d’autres émissions et stations nouvellement créées par différentes Eglises et Associations Protestantes, notamment par Trans World Radio, Radio Vyizigiro, Radio Voix d’Espoir. Ces chansons existent encore. Le Pasteur Méthodiste Patrice Ntiruteba, animateur à Radio Voix d’Espoir, qui fut collaborateur de Ruhurwumuyaga à Radio Cordac pourrait bien vous les fournir si vous le contatiez. Il pourrait également vous donner des précisions concernant les droits de diffusion de ces chansons (s’ils sont appliqués ou non). Mais je ne sais pas précisément qui pourrait décider de la mise de ces chansons sur Youtube. Voilà ma modeste réponse à votre question.

  6. Félicitations pour le livre et pour l’article.

    Je suis impatient de me procurer le livre et de le discuter avec l’auteur.

    S Kururu

    • Mgr. Justin BARANSANANIKIYE

      Merci Monsieur KURURU. Mon livre vous fera revivre le beau temps où vous étiez journaliste à la Voix de la Révolution du Burundi. Vous y trouverez plus qu’un éloge adressé à l’endroit de notre Radio nationale qui a rempli la noble mission de soutenir et promouvoir les Pionniers de la Musique Burundaise dont je faisais partie.

  7. Karundi

    Très ému par l’article qui touche un sujet qui m’intéresse beaucoup. J’aimerais pourtant dire que je ne suis pas avec la conclusion de Mgr Justin Baransananikiye qui dit que la musique actuelle n’a pas d’identité ou a perdu en qualité comme aiment le dire certains.

    1) Je crois que la musique et l’art sont le reflet d’un pays, d’une époque. C’est ainsi que l’on apprend en histoire l’art égyptien quand on apprend l’histoire égyptienne, l’art grecque, l’art médiéval, l’art contemporain, etc. Les historiens s’attardent sur l’art (musique y compris) pour essayer de comprendre les civilisations. Tout ça pour dire que la musique (l’art) burundais se porte comme se porte le pays, c’est à dire très mal. Sans être du tout un fan de l’ancien président Bagaza, je crois que la plupart des réalisations citées par Mgr Justin Baransananikiye ont été réalisées sous la IIème République qui est une période faste (économiquement et relativement stable) .

    2) Partant du dernier constat, il ne faut pas tomber dans le piège qu’il n’y a plus du tout de talent dans les musiciens actuels. Mahoro en a cité quelques uns comme Mugani Désiré (Fizzo), le groupe de reaggae Lion story, Mukombozi, Steven Sogo et de l’avis de beaucoup, le plus grand chanteur est africain à savoir Jean-Pierre Nimbona alias Kidumu. Seulement comme je le disais tantôt, si la musique n’est pas valorisée au niveau du gouvernement, alors les résultats ne suivent pas.

    3) Un dernier mot sur le fond artistique abordé par Mgr Baransananikiye à savoir le « vibe » qui a pris le dessous sur le texte. Je crois que tout le monde est d’accord qu’il s’agit plutôt d’une évolution mondiale et non pas une exception burundaise. Depuis que le seul modèle artistique qui existe est le modèle américain, on connaît la tendance mondiale (moins de qualité artistique, plus de vibe, plus de scènes de nudité, plus de mots grossiers, etc) même dans des pays très fort culturellement (Chine, Inde, France, etc.). Ce n’est pas nos pauvres artistes qui vont inverser la tendance. De tout cela, il faut retenir que le monde évolue, de l’époque des orchestres Amabano et autres Canco, il existait (y’en a toujours par ailleurs) des puristes qui estimaient que l’on massacrait l’Inanga et l’Umuduri si on les jouaient avec la guitare et autres instruments modernes. Il faut prendre pour acquis que le monde évolue, va continuer d’évoluer et de changer (muter). La question qu’il faut se poser est de savoir quelle identité culturelle, artistique, nous voulons pour le Burundi futur, pour nos artistes/musiciens dans le contexte d’un monde en constante évolution. Que devrons nous garder? que devrons nous laisser tomber? quoi privilégier? quelle image voulons nous donner de l’art burundais et partant du murundi? Quelles sont les valeurs à promouvoir (comme pour la chanson Umugabo nyamugabo). En attendant de répondre à ces questions, attendez vous à plus de LOLILO et de filles nues sur la plage.

    • Mgr. Justin BARANSANANIKIYE

      Très bien, Karundi, et félicitations pour cette analyse. Veuillez prendre le temps de lire la réponse que je viens de donner à Mahoro et vous comprendrez davantage. Par ailleurs, toutes les inquiétudes que vous exprimez trouvent réponse dans mon ouvrage. il faut le lire absolument! Merci.

      • Karundi

        @ Mgr. Justin BARANSANANIKIYE, c’est moi qui vous remercie pour l’ouvrage qui va être, je n’en doute pas, la référence pour un bon bout de temps. En tout cas chapeau et bonne continuation. Que le reste des acteurs dans d’autres domaines , puissent suivre votre exemple et donner des témoignages par des écrits. Des articles pareils, ça nous réchauffe le cœur dans une actualité souvent morose.

        J’ai très hâte de vous lire.

  8. Mukasemugisha

    Nzobandora uratwengeje ariko c’est la triste réalité!

  9. Mahoro

    Murabe Msgr ntahave yibagira évolution tugezemwo.
    Nakorere kubashoboye nkaba Fizo, yoya,lion story, mukombozi nawamuhungu wa kidumu tutibagiye na Sogo.Abafashe bakosore udushegushegu bashiramwo abereke uko baduhingura neza msg ikagumana akanovera.En un mot, je voudrais qu’il adapte le msg sucré d’antan à l’évolution de l’instrumental.

    • Mgr. Justin Baransananikiye

      Grand merci, Mahoro, pour votre commentaire. Ntabwo nataye na gato muvy’umuziki. Ndawukurikirana neza kuva mvuye muri Orchestre National muri 1979, kandi narawize ku rwego rwo hejuru. Uretse ibi bitoya vy’umuziki w’Uburundi, narize na Histoire Générale de la Musique na évolution yawo yose kw’Isi, kandi n’ibi vya musique électronique biri mu vyo nize. Rero, sinanditse iki gitabo ngo nsambure abaririmvyi bacu, ariko nifuza kubabogora kugira babone kandi batahure neza intumbero twebwe abaririmvyi n’abacuraranzi bo mu Burundi dutegerezwa natwe kugira muvy’Umuziki. No mu migambi mpuzamakungu ya Unesco n’ayandi Mashirahamwe akurikirana ivy’akaranga, bashingiye ku kintu citwa guharanira imico kama n’akaranga k’Ibihugu vyo kw’Isi. Ndazi ko hatabuze n’abanegura birya Anick Umurundikazi akora bijanye n’ukumenyekanisha akaranga k’Abarundi mu nyambaro zabo za kera. Jewe ndamushigikiye rwose. Uburundi rero buriko buratakaza mu guharanira iterambere ry’Umuziki wabwo ku rubuga mpuzamakungu, kuko ha kuvoma mu muziki kavukire wabo ngo abe ari wo bateza imbere, abaririmvyi bo mu Burundi ba kino gihe babura ku miziki y’ibindi bihugu gusa, ugasanga ak’iwacu i Burundi kagiye akagirire. Reggae na Zouk na Salsa n’ibindi, ni styles z’imiziki z’ibindi bihugu. Egome twogira ico tuvyizeko, ari ntitwoca ducika abaja bavyo nk’aho umengo natwe turi « Un peuple sans culture ». Muri Cameroun, manu Dibango yishimikije ivy’iwabo yubura umudiho witwa « Soul Makosa ». Muri Sénégal bafise uw’iwabo witwa « M’balax » ugezweho cane ubu n’i Bulaya. Muri Congo bafise « Rumba’ yagiye iravukamwo iyindi myinshi, n’ahandi n’ahandi gurtyo. Abarundi twemere tube ba Suneba gusa?
      Mbega urazi ko zirya ndirimbo za « Musique classique » zishemeye cane kw’Isi, ko zimwe ari izahinguwe mu binjana vya cumi na rimwe, na kabiri, na gatatu, na kane gurtyo gurtyo? Ariko raba ukuntu Abanyabulaya benezo baziryamaryamyeko gushika muri kino gihe cacu zikaba ari zo Isi yose yisunga n’ubu mu kwiga ubuhinga bwo guhinyanyura amajwi no kuririmba? Mbe woba uzi kandi ko Umuziki ufise amategeko wisunga hamwe n’ivyo twishimikiza mu bushakashatsi tugira mu kuwuteza imbere? Nifuza ko abaririmvyi b’Abarundi bobanza kwigishwa ivyo vyose. Nayo ahandi nta ho turiko turaja. Iki gitabo rero niwagisoma, ndazi ko uzotahura vyinshi nanditsemwo kandi bizotuma unshigikira. Ndagushimiye cane.
      Ni Mgr. Justin Baransananikiye, Umwanditsi waco.

  10. Jean-Claude Makaka

    Enfin, je viens de recevoir une réponse à ma question. En effet, le Burundi a cette chance d’avoir un recueil de chants et une Bible en kirundi que toutes les églises protestantes traditionnelles, charismatiques, pentecôtistes, etc utilisent. Ça m’avait impressionné. J’en avais parlé à mon prof de musique et elle m’avait demandé de faire plus de recherche. J’ai pu retracé l’origine au niveau de notre Bible, mais mes recherches au niveau du recueil de chants n’avaient pas progressé, merci Rugero. J’irai le voir dans mes prochaines vacances, et je sais que c’est à Musema. Il faut féliciter le célèbre Apollinaire Habonimana (formé par Nikiza David), qui a commencé une école de musique, et qui est un modèle pour plusieurs jeunes artistes chrétiens. Ces derniers maitrisent plusieurs instruments de musique, composent des chants Gospel d’une qualité extraordinaire, et gardent en vie un kirundi ancien proche du kinyarwanda. Les églises charismatiques ont beaucoup investi dans la musique, en intégrant plusieurs instruments de musique (drum, guitares, piano,etc) dans leurs cultes. A chaque dimanche, on assiste à un vrai spectacle (ils n’aiment qu’on parle de spectacle, mais d’un moment d’adoration à notre Dieu). On verra plus tard vers las années 2000 plusieurs églises dites traditionnelles ( même certaines diocèses catholiques) emboiter leurs pas. Les concerts Gospel sont très courus dans la Capitale, et nos artistes chrétiens commencent à être connus.

    • Mgr. Justin Baransananikiye

      Salut, Jean-Claude! En 2002, j’ai fait une petite recherche sur le Recueil des Hymnes « INDIRIMBO ZO GUHIMBAZA IMANA » utilisé par toutes les Eglises Protestantes du Burundi, et j’en ai envoyé des copies à certains pasteurs. Si vous ne parvenez pas à trouver suffisamment d’informations là-dessus, venez me voir.

  11. Mthukuzi

    On ne peut pas ne pas pleurer la grande epoque de la musique burundaise, tellement elle etait riche. Neanmoins, il faut regarder autour de nous pour comprendre que cette « revolution » musicale n’est pas propre au Burundi. La Tanzanie a ete la premiere a remplacer sa musique classique par ce nouveau genre urbain qui trouve aussi ses detracteurs dans ce pays. Ainsi, les grands noms de la musique tanzanienne n’ont pas eu de successeurs à cause du manque d’interet de la part du public pour ce genre musical. Le Kenya a connu le même sort acec la disparution des groupes comme Super Mazembe, Les Wanyika, The Mushrooms, et autres au profit des Nameless, Colonel Mustapha, Jaguar et autres rapeurs.
    Les exemples son multiples et depassent nos frontieres regionales. Tapez une vielle chanson des annees 60,70, 80 parfois même 90 sur YouTube et constatez la nostalgie dans les commentaires. Croire qu’une musique – comme les autres produits d’ailleurs – puisse resister au temps sans devoir evoluer est, à mon sens, une illusion. Seule la musique congolaise n’a pas voulu evoluer avec son temps: resultat, elle n’a plus la place qu’elle avait.
    La preservations de notre musique ou culture en generale ne peut se faire, PARADOXALEMENT!, que par degres d’evolution en accord avec l’epoque. Il faut changer pour maintenir, dit-on.
    Le message de Mkombozi est aumoins aussi important et pertinent que celui de Canco Amissi, même si les deux s’expriment en genres differents. Une necessite par ce qu’ils s’adressent a des publics differents, à des epoques differentes.
    Je dedie au passage Mbwira Igituma d’Africa Nova à toutes ces jeunes filles Buja. Comme quoi la vieille musique burundaise n’est pas vraiment morte.

  12. Vuvuzela

    Mbega Mgr yari mu kabare ko mbona amacupa y’inzoga inyuma yiwe? Kumbure inzoga zigira zifashe mu kugarukira lyrisme!!

    Canke ni jewe nyotewe mbona amacupa partout!

  13. Nzeyimana

    C´est dommage que la chanson burundaise disparaît de plus en plus et les musiciens qui s´y intéressent ne sont pas suffisament formés et encadrés. Je pense que le ministère de la Culture devrait employer des personnes qui aiment la Culture et qui peuvent apporter leurs contributions à la culture.
    Encore quand je lis que le ministre de l´intérieur a dit que Kiranga est rétrograde, je me demande s´il en sait quelque chose. Les télévisions devraient peut-être montrer les différentes Cultures des autres peuples comme en afrique, en asie ou en australie. De là, on comprendra que la culture burundaise de Kiranga n´est pas si rétrograde. De même que la danse des intore devrait être mise à l´honneur.

  14. Federation

    Merci Roland Rugero de nous faire découvrir ce grand monsieur Mgr Justin Baransananikiye. Quelle érudition ! Le sentiment qui m’annimait dès que j’ai entammé la lecture de ce papier se confirme à la fin : la véritable MUSIQUE burundaise s’est arrêtée avec le déclenchement de la guerre par nos actuels seigneurs. C’est un constat, certes déchirant mais indiscutable. Jamais, jamais une chanson du calibre de : « Umugabo w’ukuri » ne pourra avoir le jour dans le contexte actuel de la médiocrité ambiante et mondialisée ! Le problème qu’évoque avec tristesse Mgr est hélas planétaire ! Que faire ???

    Du coup, j’ai soif de découcrir ce livre : « De l’Inanga à la guitare classique, une histoire de la naissance de la musique burundaise moderne (1960-1985) » et attendant, je vais me repasser toutes ces classiques évoquées dans le tete sur … You Tube 🙁

    • borntomakelovenotwar

      Il y a encore de la Musique, seulement on l’étouffe parce que blessant les politiciens. Côté Reggae il y a du talent et même quelques jeunes parfois sortent du lot. Certaines chansons comme Wiyumva gute usesagura amatungo ya Leta,….? Bera ku menyo…….. Geza aho…., et bien d’autres touchent vraiment, mais n’ont pas une promotion suffisante, difficile de les entendre à la RTNB par exemple… Aussi, il y a encore des chances que des hommes comme ce éminent érudit puissent canaliser les talents pour restaurer la saveur de la musique burundaise et contribuer à une société burundaise plutôt acceptable et digne.

      • Federation

        @borntomakelovenotwar
        Vous n’avez pas tort. Pour une fois, j’ai cliqué J’APROUVE sur votre commentaire 🙂 …. comme quoi 🙂
        Amahoro!

      • Mgr. Justin Baransananikiye

        Borntomakelovenotwar, C’est ce que je voudrais faire à travers L’INSTITUT DE MUSICOLOGIE DE GITEGA que j’ai ouvert depuis le mois de Juin dernier. Mais, reste que les concernés que vous venez de citer acceptent vraiment de s’asseoir sur le banc d’une Ecole de Musique!

    • Karundi

      « la véritable MUSIQUE burundaise s’est arrêtée avec le déclenchement de la guerre par nos actuels seigneurs. »

      Quoi de plus normal, le secteur musical en particulier et le secteur artistique en général ont reculé avec la guerre. Et oui, la guerre arrête tout.

  15. sebwanza

    Abakera bari bazi kuririmba ,nayo abubu baribesha. Dans les chansons d’avant ( nikiza,amissi,matata) il y avait un réel message mais maintenant. Oui,je le regrette vraiment.

    • Maintenant c’est:
      nzokujana i makamba ndagukambakambireyo
      uri trop sexy
      ikijumbu gitanga appetit

      • Sinzinkayo Paul

        Ne soyons pas des pessimistes ! None ntako twobihindura ? Twama tuganya, ukamengo ntaco twohindura! Mgr Justin devrait donner des pistes de solution.
        Voilà ma contribution : – Mgr, il faut créer une association musicale pour la valorisation de la musique Burundaise, des membres ntibazubura, urondera abatama , ……Sinokubwira ivyo wogira , urabizi. et puis urondere des financements kugira mushobore gukora. Abantu benshi ndazi ko boterera, en ce qui me concerne ndemeye ko noterera cane. Courage Mgr Baransananikiye, ico gitabo coco ngiye kukigura vuba. Mwibagiye .. Horiiii horere Maaaama, Horaaaa Mwiza wanje, Hora nguhendahende ndaguhoze rirenge, Hora se ncuti yanje …. YOOO !

        • Mgr. Justin BARANSANANIKIYE

          Merci beaucoup Mr. SINZINKAYO; j’aime votre commentaire. Je suis l’auteur du livre, mais je suis également ancien musicien parmi les fondateurs de l’ORCHESTRE National du Burundi en 1977, et mon frère cousin David NIKIZA dirigeait l’Orchestre AMABANO à la Radio nationale. Je fus aussi professeur de Musique à l’Ecole Normale de Kibimbe de 1975 à 1977 avant que je ne sois transféré au Ministère de la Culture. Mon livre est complet; il propose des solutions et des suggestions au Ministère de la Culture et à celui de l’Enseignement. Il vous faudrait les lire absolument. Bien plus, une solution directe que j’ai mise sur le plat devant tous, c’est L’INSTITUT DE MUSICOLOGIE DE GITEGA que je viens d’ouvrir au mois de Juin dernier. Je m’attelle actuellement à recycler des jeunes de Gitega qui l’ont accepté alors que ceux que vous acclamez actuellement comme STARS Burundaises qui ne savent même ce que c’est qu’une Clé de Sol, ont boudé. Je souhaiterais plutôt que toutes ces personnes de bonne volonté s’érigent en Groupe de soutien à cet Institut de Musique qui est unique en son genre au Burundi. La solution suprême qu’il nous faut C’EST DE FORMER LES FUTURS CADRES EN MUSIQUE ET LES FUTURS MUSICIENS DANS DES ECOLES COMPETENTES ET SERIEUSES comme celle que je viens de fonder. Saviez-vous que les frais qui pourraient être payés pour envoyer UN SEUL MURUNDI dans un conservatoire de Musique à l’étranger pour 5 ans , pourraient former environ 100 jeunes Burundais par an à notre Institut de Musicologie de Gitega?
          Il est par exemple HONTEUX d’entendre parler actuellement de l’enseignement du cours de Musique à l’Ecole Fondamentale, alors que les manuels y relatifs qu’on a publiés sont pleins de fautes et que je propose des solutions qui ne sont pas considérées depuis plus de six mois. Les responsables des Bureaux Pédagogiques m’ont contacté depuis Décembre 2013 exprimant le souhait que je les aide à former les enseignants de Musique. J’ai préparé le projet, je le leur ai soumis avec les budgets à l’appui. Mais en réponse, on les voit tenter de chercher des solution hasardeuses que je qualifie d’anti-pédagogiques. On ne peut pas prendre un DCE ou un Inspecteur dans un recyclage de 3 jours et lui dire « La musique se donne comme ça, va l’enseigner aux directeurs de ton ressort, et eux, à leur tour l’enseigneront aux enseignants ». C’EST INACCEPTABLE! La Musique n’est pas un ensemble de formules chimiques ou mathématiques qu’on retient par coeur. C’est un art! Un art qui s’apprend, qui se pratique et s’applique.
          De ma part, j’ai corrigé complètement les fautes qui figuraient dans le ficher de Musique de 7ème et j’ai fait une recherche sur les chansons qui y sont proposées, mais qui étaient écrites fautivement. J’ai aussi proposé que ma chorale les enregistre sur toutes les Radios du pays pour que tous les écoliers les entendent correctement et les apprennent de la même manière. Je connais tout le programme de musique jusqu’au niveau du supérieur. Mais voilà qu’on va recommencer l’année scolaire avec les mêmes fautes en matière d’enseignement de la Musique AVEC TOUTES LES PERTES FINANCIERES QU’ON EST EN TRAIN DE FAIRE SUBIR A L’ETAT.
          Je m’excuse pour cette rigueur, mais nous devons à un certain moment nous dire la VERITE. Quiconque veut me contacter peut le faire au 79 877 097 ou au 77 758 123 ou m’envoyer un mail à jbaransananikiye@yahoo.fr
          Mgr. Justin BARANSANANIKIYE, auteur du Livre.

          • Federation

            @Mgr. Justin BARANSANANIKIYE
            Merci d’avoir pris votre temps pour nous partager cet état des faits. J’ai pris plaisir à vous lire.
            Juste rebondir sur votre dernière phrase et dire que si rien ou presque ne va dans notre pays, c’est justement par MANQUE de cette RIGUEUR visible dans quasiment tous les domaines !
            J’ai bien noté vos coordonnées. Un aspect qui me tient vraiment à coeur (développé dans l’article) et pour lequel je pourrais m’investir est la (RE)VALORISATION de notre patrimoine (musical mais aussi au sens plus large) historique : Ibicuba, Inanga, Amazina y’Inka …
            Amahoro.

            • Mgr. Justin Baransananikiye

              Merci beaucoup pour l’intérêt que vous portez vis-àvis de la revalorisation de notre Patrimoine musical et historique. Si plusieurs autres bonnes volontés pouvaient se rallier à vous, nous ferions de très grandes choses.

          • Papa Bonheur

            Il paraitrait que l’hymne nationale n’est plus chantee dans les ecoles avant les classes. Est-ce vrai? Si oui, il faut du lobbying cote gouvernement sinon..

            Bonne initiative quand meme.

            • Mgr. Justin Baransananikiye

              Papa Bonheur, soyez tranquillisé. L’Hymne National est bien chanté dans toutes les écoles du Burundi avant les classes. Il y a même de nombreux élèves qui sont toujours punis pour avoir été en retard « AU DRAPEAU » pour chanter « Burundi Bwacu ».

        • rus6xte

          abarundi baririmba neza barahari.

          • KABADUGARITSE

            Monseigneur, hari ico abarundi tutaratahura. Muri benshi twita aba « stars », personnellement je trouve qu’ils nous inondent du bruit au lieu de nous faire de la musique! Que le Ciel vous accompagne dans votre initiative.

            • Mgr. Justin Baransananikiye

              Pure vérité! Je vous en remercie infiniment, KABADUGARITSE. Je promets que les lauréats qui sortiront de L’INSTITUT DE MUSICOLOGIE DE GITEGA que j’ai ouvert en Juin dernier, ne reproduiront pas ce tapage. Après le recyclage que je suis en train de donner aux jeunes de Gitega jusqu’au 30 Aout prochain, nous passerons au cycle de formation DE TROIS ANS pour toute personne le désirant et ayant au minimum réussi la Dixième année (10 ème) de l’Enseignement secondaire. Les cours débutent en Septembre. Les candidats sont en train de se faire inscrire. Il y a encore des places pour ceux qui le souhaitent. Les cours se donneront toujours dans les locaux de l’Alliance Franco-Burundaise à Gitega. Les lauréats obtiendront un DIPLOME D’INSTRUCTEUR EN MUSIQUE (Niveau A2). Ce sont eux qui seront mes véritables disciples qui opéreront les changements que nous souhaitons voir dans le domaine de la Musique Burundaise moderne et qui pourront se faire recruter par le Ministère de l’Enseignement de Base et Secondaire pour enseigner la Musique dans les ecoles du pays. J’invite tous les amis de la véritable Musique Burundaise de m’épauler dans le travail difficile que j’entreprends dans cette école. Votre soutien nous aidera notamment à acheter les nombreux manuels scolaires sur la Musique que nous devons importer de l’étranger, à faire venir de temps en temps des experts en musique de l’étranger pour nous compléter dans l’enseignement, à équiper l’Institut en instruments musicaux divers, à payer le personnel enseignant, à supporter plusieurs autres frais de fonctionnement.
              Encore une fois, comme je l’avais déjà proposé sur un autre Site, L’INSTITUT DE MUSICOLOGIE DE GITEGA est entièrement disposé à collaborer avec le Ministère de l’Enseignement pour donner de courtes formations en Musique aux enseignants de l’Ecole Fondamentale. Nous leur suggérons par exemple immediatement maintenant une formation de trois à quatre semaines pour des enseignants qu’ils sélectionneraient dans les 17 provinces du pays, et que nous pourrions équiper pour aller former leurs collegues tous les samedi, de sorte qu’à la fin du 1er trimestre scolaire en decembre prochain , tous les enseignants de la 7 ème et de la 8 ème Fondamentales auront parfaitement maitrisé les cous de Musique à enseigner. Merci.

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