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Editorial

La messe de Kirundo

22-01-2016
Léandre Sikuyavuga

Léandre Sikuyavuga

Ce 19 janvier a eu lieu la séance inaugurale du « dialogue inter-burundais » au lycée Kanyiya, Kirundo. Bonne initiative. Oui, dans le contexte actuel, c’est plus qu’impératif que les Burundais s’asseyent ensemble pour trouver des solutions à la crise politique.

«Quel est le remède pour une véritable démocratie ?» était le thème central proposé aux participants. Très bon thème par ailleurs. Mais, ce « dialogue » pour être productif, supposait un préalable sine qua non : les invités.

On espérait des confrontations de positions différentes, voire antagonistes. « Du choc des idées jaillit la lumière», dit-on.

Cependant, les reporters d’Iwacu présents sur les lieux ont assisté à une sorte de messe de consensus.

A part un courageux prélat catholique et une femme de la coalition ’’Amizero y’Abarundi’’, tout le monde convergeait. Aucune voix dissonante. « La révision de la Constitution et l’amendement de l’Accord d’Arusha… pour que la question des mandats ne soit plus un problème». Voilà en substance ce qui a dominé la séance.

On a encensé au lieu de débattre. Mieux, un élu du peuple défendra une vision presque monarchique du pouvoir : «Il faut la révision de la Constitution pour qu’un président élu dirige jusqu’à ce qu’il en soit incapable comme pour les anciens monarques du Burundi».

La qualité de cette séance inaugurale aura montré l’absence de vrais adversaires politiques pour un vrai débat. Certains internautes d’Iwacu parleront de «monologue, conférence nationale, consultations nationales, pensée unique… »

On fait la paix avec ses adversaires. Pour qu’il y ait un dialogue véritable, il faut inclure les vrais protagonistes, être ouvert aux autres, être tolérant. Et ne pas être hanté par l’idée de chercher à prendre le dessus avec ses convictions politiques, mais chercher la vérité.

  16   Vos commentaires
  1. sindumuja

    Mr Karabadogomba,

    Vous Vous avez roulé en farine ceux qui croyez dans les Accords d’Arusha et toute la communauté internationale qui a assisté les politiciens burundais qui ne comprenent pas ce qui leur arrive et la communauté internationale qui semble absent alors qu’elle était témoin lors de la signature de cet accord historique

  2. Kagabo

    Bonjour mes chers frères, je vous invite à aller voir le débat riche en idées sur le dialogue -inter-burundais qui a eu lieu à Gitega. Un exemple du vraie peuple Burundais. pour quoi n’est pas amèner cette capitale politique à cette endroit?? Umenga ka kajagari ko ngaho iBujumbura koca gahera. Ntabanyagihugu bateye imbere nkabo nabonye muri aho i gitega mwopfuye muzaniye akajagari muri province yabo bagende babemereye. Nibirambire, nUburundi burambe kuko bufise abagabo.

  3. Karabadogomba

    M. Sindumuja,
    Il paraît que le peuple le veut ainsi.

    • roger crettol

      Quel peuple ? Les chômeurs qui manifestaient au moi de mai dernier ? Les familles qui ont préféré retourner vivre dans les camps de l’étranger plutôt qu’affonter des intimidations plus ou moins musclées sur leur colline ?

      Et puis, concevoir l’exercice du pouvoir comme la juste récompense de sacrifices consentis pour une cause – qui paraissait juste, oui – c’est quand même aberrant. Mais bon, moi qui ne suis qu’européen, je ne comprends pas tout.

  4. sindumuja

    Les proches du Président Nkurunziza disent qu’ils ne sont pas allés au maquis pour diriger deux mandats seulement (10 ans), c’est trop peu pour eux. Trouvez-vous ce raisonnement fondé ?

  5. roger crettol

    Kirundo n’était déjà pas si mal, mais GItega a vu en plus la condamnation ferme et enthousiaste de la Belgique. Le dialogue inter-burundais ? Tous unis contre un « ennemi » commun ! C’est tellement plus convivial et cela évite d’aborder les question qui font mal.

    Et les ennemis ne manquent pas, heureusement : la France, la Belgique, l’ONU, le Ruanda, la Révolution de Couleur chère au prestidigitateur Luc Michel et bien sûr la famille Louis Michel, les reporters qui se mêlent des histoires que le Burundi essaie d’escamoter souverainement et enfin la plupart des dirigeants d’ONG. Etre ennemi du Burundi, à l’heure actuelle, c’est à la mode. On se presse pour le titre : quinze ambassadeurs de l’ONU sont venus à Bujumbura récemment dans l’espoir de se faire décorer.

    Le courage politique des dirigeants est à la mesure du bien-fondé de leurs positions. Belle prestation, vraiment.

    • roger crettol

      Voici un extrait – brut de béton – d’un message que m’envoie aujourd’hui un ami habitant le nord du Burundi :

      « Salut Roger.
      Nous sommes tous inquiets parce que la situation ne semble pouvoir se débloquer autrement qu’après la guerre civile. Des efforts diplomatiques qui se font ne me donne pas assez d’espoir d’aboutir à quelque chose , mais Dieu est Tout Puissant. »

      Cet homme n’est pas un pyromane, je vous le jure. Pendant les troubles, il lui est arrivé d’abandonner son véhicule et de rentrer chez lui à pied, sur le qui-vive et en prenant les petits chemins. Je ne pense pas qu’il était armé.

      Nous sommes tous inquiets. Sauf ceux qui ne voient pas la douleur des gens « ‘d’en-bas ».

      • Harerimana pacifique

        Crux qui be voient pas lea pleures des butundais, sont crux que je peux dire des betes sauvages. Aussi ce appellant dialogue 31st devenu Meade de requiem.requiem.merci at courage peuple burundais.

  6. Theus Nahaga

    L‘histoire burundaise récente a été marquée par les soubresauts de la révolution rwandaise de 1950, la mort du Prince Louis Rwagasore, les deux éléments qui allaient ouvrir une période d’instabilité chronique et de violence endémique dont les points forts furent l’attaque du palais royal en 1965 avec comme résultat la fuite du Roi Mwambutsa qui sonna le glas de la monarchie. Micombero ramassa le pouvoir et on eut 1972. Puis ce fut 1993 suivi de la longue guerre civile qui si elle n’emporta pas le pays entier le laissa en lambeaux exténué.
    Avec l’assistance de la communauté internationale on signa les accords d’Arusha. Ces accords tenaient compte de nos peurs, de nos rancœurs voire de nos haines. On avait eu enfin le courage de mettre des mots sur les sentiments espérant par-là pouvoir commencer à les maîtriser et éviter leur morbidité qui a tant endeuillé notre peuple et qui finirait par nous enlever une des qualités essentielle de la personne humaine, la compassion devant la souffrance de nos semblables.
    Ces accords et la constitution qui en découle ont des défauts mais ce sont des cicatrices encore sur le visage du peuple burundais. 60 ans de violence et de haine ne s’oublient pas comme cela, le peuple Burundais est un peuple en convalescence. Pour parler en termes politiques je dirais que les accord d’Arusha furent à l’époque et sont encore aujourd’hui le possible burundais. Personne ne le veut éternels, mais parler de leur changement ou même envisager de les changer par décret comme le réclament certains voir par une décision individuelle comme le fait Nkurunziza relève de la non-conscience des vicissitudes qu’a connu le peuple burundais.
    Nkurunziza et sa clique se sont mis à gratter les plaies mal cicatrisées sur le visage du peuple burundais. Cette brutalité est un acte délibérer de la mise à mort du peuple burundais. Il faut avoir perdu le sens de l’empathie pour demander que ces gens restent en place. Certes ce n’est avec de la morale que l’ont fait la politique, mais faire de la politique sans le moindre sens moral est une monstruosité. Nous devons commencer à bien savoir choisir.

  7. TerimbereBurundi

    Mais aux faibles idées, de fausses visions….Depuis 2005, Nkurunziza et les siens fuient les intellectuels….et veulent construire un monde basé sur l’ignorance, la totale soumission, même ceux que l’on croyait intellectuels ont mordu à l’hameçon…envoutés eux aussi……..

    • Jmm Man

      Tu as raison kabisa! C’est egalement ce qui ressort de ce monologue!

  8. MUGABARABONA

    Le parti unique est de retour !

  9. ntsimbiyabandi

    Est-ce l’effet « ifu y’imijira » ?. Où sont partis ceux qui se targuaient d’être intellectuels? Je suppose que le débat ne fait que commencer. Tout le monde, même invité, ne pourra pas participer à ce dialogue. IWACU ferait mieux d’ouvrir un débat à cœur ouvert non seulement pour les bienpensants mais aussi pour les va-nu-pieds. Cela se ferait dans le respect des uns et des autres. L’histoire nous a déjà montré par exemple que les intellectuels ont pensé l’unité nationale à laquelle ils ne croyaient pas et que les va-nu-pieds le leur ont fait savoir.
    IWACU ferait encore mieux de ne pas opposer les prélats catholiques à leurs ouailles. Les prélats n’ont pas le monopole de la vérité. Par exemple, l’Église ne prend pas en charge la vie en société sous tous ses aspects, elle n’entre pas dans des questions techniques (CDSE n° 68), par exemple l’interprétation des lois des nations. Par ailleurs, « Sur beaucoup de questions concrètes, en principe, l’Église n’a pas de raison de proposer une parole définitive et elle comprend qu’elle doit écouter puis promouvoir le débat honnête entre scientifiques, en respectant la diversité d’opinions. » (Pape François; Encyclique Laudatosi, sur la sauvegarde de la maison commune, n° 61, 24/5/2015) Sachant tout cela, vous pourrez remettre dans ses limites la lettre du 6/3/2015 de la Conférence des Évêques Catholique du Burundi (CECAB).

    • Jmm Man

      Pour etre plus correct, l’eglise ne devrait pas se meler a ca. Cependant, puisque nous n’apprenons jamais de l’histoire, notamment du Rwanda voisin, attendons voir. Quelle est la vraie motivation de ce monseigneur? Quelle est son agenda? Et sa responsabilite?

    • Vunji

      Etes-vous un burundais qui vit a l’etranger? Bon, ici le 3 eme mandat est avant tout appuye par toutes les confessions religieuses evangeliques. Elles le defendent au meme niveau que le parti! N’est-ce pas via leurs pasteurs que la fameuse vision est tombee? Ave-vous eu l’occasion d’ecouter ces moments de croisades, comme celle de Gitega en decembre dernier? On enseignait la- bas…
      Ne sont-ils pas eux qui « decouvrent » les armes caches chez leurs collegues pasteurs avec opinion differente….Celui qui preside ce monologue, n’est-il pas aussi Monseigneur? Il faut y reflechir, n’est-ce pas?

  10. Jmm Man

    Hier a la Tele, J’ai vu Sassou jouer le même jeux. Je pense que l’Afrique entre dans une nouvelle ere si on regarde tout autour. La verite, l’honnetete et toutes les autres vertues sont maintenant la risee de tous les presidents africains et de leurs fanatiques.
    L’essentiel est d’au moins avoir la decence de reconnaitre que nous ne sommes pas aussi cons. On le voit bien on sait ce qui se trame. Mais de la a se convaincre que la paix, ou du moins, la paix durable viendra de ce monologue, c’est etre le naif le plus a plaindre dans l’ univers!
    Voyons comment on berne aussi le conseil de sécurité, sinon le reste c’est de la pure manipulation!

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