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Editorial

La guerre, comme une malédiction

17-07-2015

Antoine KaburaheA ce rythme, le Burundi deviendra sûrement la bête noire de tous les médiateurs, même les plus aguerris. Certes, Yoweri Museveni ne sera pas humilié que les Saïd Djinnit  et autres Bathiliy, à qui le pouvoir a demandé de plier bagage. Mais la récolte du président ougandais est plutôt maigre. Sur les questions essentielles qui empoisonnent la vie politique, le 3ème mandat et le processus électoral notamment, la position du régime n’a pas bougé d’un iota. Museveni vient d’envoyer son ministre de la Défense poursuivre la médiation. Mais, je crains que lui non plus ne fera pas bouger les lignes.

Rien ne semble entamer la détermination du candidat Nkurunziza pour son 3ème mandat. D’ailleurs, dans la sous-région, certains pays, par lassitude ou fatalisme peut-être, ne semblent plus s’intéresser au « cas » burundais. Pour preuve, le dernier sommet sur le Burundi en Tanzanie n’a réuni que deux chefs d’Etat. Des absences qui en disent long.

Que dire enfin sur cette constitution d’un Conseil National pour le Respect de l’Accord d’Arusha et de l’Etat de Droit au Burundi ? Ce Conseil est censé réunir toutes les forces politiques et citoyennes contestataires du troisième mandat de Nkurunziza. Presque tous les principaux partis et coalitions qui ne sont pas dans le giron du CNDD-FDD, les « frondeurs », des organisations de la société civile etc.

En théorie, c’est donc un vaste rassemblement de l’opposition, qui devrait faire trembler le pouvoir. Je dis bien en théorie, car en pratique, par le passé, l’opposition burundaise n’a jamais pu se réunir véritablement.
Comme par un coup de baguette magique, elle serait donc devenue mûre pour s’unir et faire un front commun? J’ai des doutes.

Aujourd’hui, plusieurs leaders de l’opposition sont éparpillés à travers le monde, en exil, en clandestinité, vont-ils réussir ce qu’ils n’ont pas pu faire à l’intérieur du pays ? Peut-être. Mais cela prendra du temps. Souvenez-vous, un certain Léonard Nyangoma, dans les années 1994, a pris le chemin de l’exil pour fonder lui aussi un « Conseil National pour la Défense de la Démocratie ». On connaît la suite : des années de guerre et de misère pour le Burundi. La guerre, toujours la guerre, comme une malédiction…

  15   Vos commentaires
  1. Vuvuzela

    Le pays c’est qui? Les humanites il y’en a a gogo! On compte deja plus de 40 partis politiques tous, ou majoritairement, diriges par des universitaires. J’aurais aime plus le terme leaders visionnaires, democrates, qui aiment leurs pays. Le peuple pourrait etre mieux servi sans necessairement avoir le niveau des humanites meme si c’est souhaitable.
    Meme universitaire, il y’aura toujours le « peuple » qui suit leurs leaders.

    Est-ce que quelqu’un va me croire si je disais que demain j’elirai Ntiba? Ou une fois dans l’isoloir, si le coeur bat du cote de Rwasa, je vais lui donner ma voix? Peut-etre meme pour Peter. Pourtant, j’ai tellement de diplomes que je sens leur poid sur moi. Mes vuvuzelas sont peut-etre un des signes annonciateurs! Je ne suis pas le seul: demain, d’autres universtaires vont voter pour Peter malgre le calvaire qu’il fait subir a notre pays!

    Kwiga menshi siko kuyamara!

    • vuvuzela

      Iwacu a mal place mon commentaire. Expres ou par erreur?

    • Muhuta

      @ Vuvuzela
      Vous m’excuserez M. qui avez « …tellement de diplômes… » mais je dois vous reprendre parce que vous n’avez pas bien compris mon propos. Comment voulez-vous qu’un Burundais analphabète ou presque comprenne avec toutes les nuances qu’il faut, un texte juridique rédigé en Français ? Eh bien, il va devoir écouter l’interprétation faite par autrui, en Kirundi (!) et cela amène inévitablement des biais, qu’on le veuille ou non. Comment voulez-vous qu’un illétré fasse une lecture critique des programmes électoraux présentés par les différents partis politiques et candidats indépendants alors qu’il sait à peine signer son nom ? Ce que je dis et qui est à mon avis plus que nécessaire si l’on est un tant soit peu fier de sa langue et de sa patrie est, primo, traduire la Constitution et les Accords d’Arusha pour permettre au plus grand nombre possible de Burundais de s’en approprier le contenu et s’en faire leur propre idée. Secundo, mener une campagne nationale d’alphabétisation massive et étalée sur plusieurs années pour justement permettre au plus grand nombre possible de Burundais (j’ignore si vous connaissez le taux d’analphabétisme au Burundi) de lire, au moins le Kirundi, notre langue nationale. Ceci dit, je sais bien que les choix idéologiques ou de valeurs politiques ne dépendent pas du niveau d’instruction. Voilà! Pour terminer, je crois que les Rwandais ont raison quand ils disent que « Kutiga biragatsindwa » mais malgré vos nombreux diplômes, vous ne semblez pas être du même avis. Je me demande même comment vous avez fait pour les avoir alors que ne semblez pas croire en l’éducation (des masses populaires).

  2. Renzo

    Guerre ou pas guerre, le Burundi sera ce que les burundais voudront qu’il soit kuko ni Igihugu cabo, nta numwe bagisangiye vyukuri!!! Présentement le Burundi fait face à deux courants politiques ethniquement hétérogènes QUI S’AFFRONTENT, il y a les pro-Nkurunziza et les anti-Nkurunziza. De ces deux devra donc sortir un VAINQUEUR redoutable c.à.d. capable d’imposer à l’autre une ligne de conduite. Cette phase sérieusement critique a certes son lot de catastrophes irréparables d’une part, mais d’une autre part pourrait dorénavant remettre le Citoyen lambda au centre des décisions de nos politiciens que sur leurs intérêts partisans ou individuels et c’est un point positif à vrai dire. C’est navrant que l’on ne peut tout de suite se prononcer sur le temps que tout cela prendra pour se concrétiser mais ce qui est sûr le processus est déjà en marche et ça promet !!!

  3. Djuma

    Mr Antoine, pour une foi tu fais une sortie comme un vrai journaliste, impartial, professionnel. mais pas comme un porte parole de l’opposition, ou de tous ceux qui pense différemment de ceux qui sont au pouvoir, reste un professionnel de médias.
    Le Burundi c’est notre pays à tous, mais tout le monde ne sera pas Président à la foi, il faut qu’il y ait tjr un seul homme, je dirais l’élu de Dieu, à la tête de nôtre cher pays, alors notre devoir à est d’apporter chacun sa part de contribution pour le développement durable de ce pays , mais si nous partons chacun à façon je vous assure que nous avons encore des siècles devant nous.
    Notre dirigeant c’est aussi un homme avec du sang et la chair, faillible comme tout le monde, mais c’est nous qui lui avons donné ce pouvoir, et pour l’en retiré il faut être très prudent, chaque règne a sa fin, souvenez vous de Itler et des autres seigneurs, Empereur Bokassa…., alors allons y doucement, et non pas au prix de nos vies et de nos biens…
    À bon entendeur salut.

    • DD-DD

      Je ne suis pas de ton avis Djuma,
      En effet, « … les Saïd Djinnit et autres Bathiliy, à qui le pouvoir a demandé de plier bagage ». Est-ce vraiment le pouvoir qui a chassé Djinit? Je crois savoir que c’est l’opposition qui l’a récusé. Le pouvoir a récusé Bathily, mais notre éditorialiste s’en prend uniquement au pouvoir.

  4. Jewe muvyo muvuga bamwe bamwe mbona hypocrisie,abarundi mukunda ingwano,nta kindi benshi baririmvye mu minsi ihez atari : »peter nabo muri kumwe tuzobatoza intoke »,imyiyerekano ngiyo,abantu ngabo baraturiwe mu ma pine,imiduga,amazu,ama rebellions nayo ntiyatanzwe,uwuhunze wese aririmba ingwano,uri rugurika,maggy,rufyikiri ,ciramunda n’abandi,jewe ivyo muvuga vyo kwiteza imbere je doute fort,hari ikintu kiri mu barundi kizobavamwo aruko ingwano isutamye uwuzosigara akabaho neza.

  5. Bayubahe

    @Antoine Kaburahe: «Je dis bien en théorie, car en pratique, par le passé, l’opposition burundaise n’a jamais pu se réunir véritablement.»
    Habonetse muri abo ba alliés bose un ou deux leaders charismatiques capables de rallier toutes les forces politiques et citoyennes contestataires du 3è mandat de Nkurunziza en privilégiant une voie exempte de guerres et de génocides fratricides, abanyagihugu bobaha karibu sans problème. Rero, iyo Conseil national de transition nishire tout d’abord ivy’amatati y’imigambwe à l’écart, habe confiance mutuelle, bumve ko intumbero ari imwe kuri bose, soit celui de former un Gouvernement d’union nationale avec à sa tête un Président rassembleur qui ne cherche qu’à renforcer la Paix et la Démocratie pour Tous. Nihabe mu Burundi imigambwe politiques idashimikiye ku moko, intara n’amadini kuko ishitse ku ntwaro niyo ica izana indyane mu barundi n’akagaragazo kuri bamwe bamwe… Uburundi bwavuye kure hatoroheye abarundi muri rusangi, harageze ko bwogorora bugatanga impwemu nya mpwemu ku bipfuza gutera imbere no kuva na cane cane mu buja bw’ibibasubiza inyuma vyose… Bavuga ngo imiti ikora ikoranye, twizigire ko abariko bararonderera hamwe inyishu y’ikibazo c’ubutegetsi mu Burundi bazoteba bagashika ku ngingo iboneye. Bitavuye hamwe bizova n’ahandi, l’important c’est que dans toutes les discussions menées on oublie jamais le sort du citoyen lambda…

  6. Jereve

    Yoweri Museveni ne sera pas humilié? Le pouvoir semble pourtant l’ignorer par le fait même qu’il continue son bonhomme de chemin vers les élections, comme si de rien n’était. Faç0n de dire : cause toujours…

  7. MANIRATUNGA

    Que voulez-vous ? Dans la lutte quotidienne de survie, les Barundi du pays profond sont dépassés !!
    https://www.youtube.com/watch?v=-FrsOWdOUF8

  8. Jambo

    Avec le recul,je me dis que même si une guerre n’est pas bien ,parfois elle est utile pour nous apprendre toujours une leçon pas très bien assimilée du fait des ennemis encore cachés dans nos consciences tels l’ethnicité,le régionalisme,le racisme,la vengeance,les situations floues ou des ennemis visibles tels l’injustice sociale,la corruption,les assassinats…et ainsi les éradiquer une fois pour toutes.L’occident qui a connu les pires guerres en est ressorti renforcé à tous points de vue.A quelque chose malheur est bon,dit un proverbe.Une guerre aussi douloureuse soit elle est bénéfique du moment qu’il y a quelque chose à apprendre. Espérons qu’Arusha chassera comme dans le passé cette malédiction qui veut élire domicile dans notre pays sans passer par la guerre.

  9. PCE

    Décidédement nous sommes un peuple maudit, peut être un peuple qui aime la guerre ! Que voulez vous que je vous dise d’autres ? Ce Nkurunziza n’a pas réussi à changer le sort des Burundais . Pendant les 10 ans de son règne il est devenu de plus en plus difficile de gagner sa vie honnetement – seuls les corrompus s’en sortent mieux que les autres , le paysan s’appauvrit davantage. La fameuse gratuité des soins sur les naissances n’est qu’une mesure électoraliste , elle ne sert à rien , elle ne responsabilise pas les gens , de plus elle a contribué à vider les caisses des hopitaux. Presque tous les hopitaux accusent d’énormes déficits liés à ce facteur , à tel point que beaucoup d’hopitaux refusent les femmes en instance d’accoucher ou alors exigent une forte caution dont sont défalqués les couts de cette hospitalisation. Ce fait vide de sa substance la mesure irréflechie d’un président qui veut briguer un 3eme mandat. Et les simples paysans n’y comprennent absolument rien , ce n’est pa de leur faute ce n’est pas à leur portée .Entretemps le pays s’enfonce tout entier . Nous sommes vraiment fatigués de tout cela , nous sommes la risée de tous . Et pourtant Nkurunziza aurait pu s’inspirer du développement en marche de notre voisin du nord . Non il a décidé de fermer les yeux et les oreilles , quitte à devenir sourd , muet et aveugle . Devrons nous continuer à accepter « ubuja »dans lequel veut nous plonger le régime en place ? Non , non .

    • PCE le voisin du nord a trouvé un pays déjà développé et les minerais du Congo on fait le reste sans oublier l’apport des Occidentaux qui se sentaient coupable de n’avoir pas pu arrêter les tueries.
      Nkurunziza n’a pas réussi à changer le sort des Burundais pendant 10 ans, même ceux qui l’ont dirigé depuis l’indépendance n’ont pas fait grand-chose il n’est pas le seul à condanner.
      Au moins lui a construit des écoles pour les enfants de nyarucari, pour les soins médicaux des nécessiteux même en Occident ça se fait
      pourtant c’est sont des pays développés, ubuze ico agay’inka avuga ngo dor’igicebe cayo.
      Norangiza nvuga nti twese dukunde igihugu cacu uwariwe wese, umuto, umukuru,uwize, utize, umwe wese mu kibanza arimwo duharanire kugitez’imbere kandi turwanye ikibi aho kiva hose. Amahoro kuri twese Abarundi!!!!

    • Ndihokubwayo

      @PCE: «Ce Nkurunziza n’a pas réussi à changer le sort des Burundais»

      Je dirais au contraire que Nkurunziza a fait sa part, et il y a une partie de la Population qui apprécie sa contribution comme Président de la République et d’autres le dénigrent cela va de soi kuko atawushimwa na bose cela va de soi. Mais quoi qu’il en soit la vie n’arrête pas au Burundi, et nous portons aujourd’hui notre attention sur son acharnement à vouloir briguer un mandat contradictoire parce que, dira-t-il, un flou dans la Constitution nationale, lui en a donner l’opportunité, comme si cette occasion n’aurait pas pu profiter également à d’autres éligibles à la présidence de la République. Maintenant que le problème est posé, faut-il le laisser s’imposer comme bon il lui semble ou il faut lui prouver, bon gré mal gré, que le Burundi ne se gère pas comme une entreprise familiale ??? C’est cela qui est à l’épreuve aujourd’hui PCE. Ufise rero ico uterera là-dessus vas-y, kumbure twobona un nouveau Président qui ferait mieux que Lui mais le discréditer ata gishasha uriko uraterera kiboneka navyo ntaco bimaze …

      • Muhuta

        Notre pays ne se débarrassera de l’ombre toujours lancinante de la guerre que lorsqu’il sera libre. Et pour être libre, notre peuple doit être instruit. Si plus de 50 % des Burundais avez lu l’entièreté du texte des Accords d’Arusha et de la Constitution qui en découle, on en serait pas là où on est aujourd’hui. À mon humble avis, l’apparent décalage entre les « villes » et la campagne sur les enjeux politiques qui secouent notre pays aujourd’hui ne réside que dans l’accès à l’information et la maîtrise des enjeux contenus dans les textes plus haut cités. Je sais que je risque de faire « tirer des tomates », mais j’assume. Quant à ceux qui ramènent les problèmes ethniques du passé ou actuels (car oui il y en a encore malheureusement), ils ne font qu’une fuite en avant pour changer le débat car aujourd’hui, la question n’est pas de savoir s’il y a eu ou pas un génocide au Burundi, qui en sont responsables…mais bien si la Constitution a été violée et si les conditions sont réunies pour tenir des élections justes, transparentes et apaisées. Ceci dit, il serait vraiment difficile, voire impossible de dire que les militants et cadres du CNDD-FDD dits « frondeurs », les responsables religieux, les partis de l’opposition, la société civile et les nombreux observateurs internationaux se sont tous trompés et qu’il n’y a que le camp du Président-candidat qui a raison.
        Pour finir mon raisonnement, je pense que le pays devrait instaurer un service civique pour tous les finissants des « Humanités » pour alphabétiser le pays au complet et se doter d’un organe capable de traduire en Kirundi, au moins les textes auxquels je fais référence au début de mon commentaire. En passant, ce n’est pas parce qu’on est minoritaire qu’on n’a pas raison (référence aux fameux « 99,99 %  » du pays qui serait en paix). C’est aussi ça la démocratie.

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