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La FDN, rationnelle et au service de tous

25-09-2011

Selon la Constitution, la Force de Défense Nationale du Burundi est un corps armé conçu, organisé et formé pour la défense de l’intégrité du territoire, de l’indépendance et de la souveraineté nationale. Inspirée de l’Accord d’Arusha, la FDN se veut être une armée qui inspire confiance à toutes les composantes de la population.

L’Accord d’Arusha visait à adopter des réformes pertinentes permettant de corriger les déséquilibres ethniques, régionaux et au sein de l’armée, conformément aux dispositions pertinentes du Protocole III de l’Accord. Un récent sondage a montré que ce corps est plus ou moins ethniquement équilibré. Cet objectif a débuté avec la réintégration des membres des ex-partis et mouvements politiques armés (PMPA), et la démobilisation des anciens éléments des Forces Armées Burundaises(FAB). « Dans cette logique, l’objectif est la rationalisation des effectifs de la FDN pour avoir une armée qui a la confiance de tous, inclusive et équilibrée au niveau ethnique et régional, selon les Accords d’Arusha », souligne le colonel Baratuza. Il indique que tout a été fait dans ce sens, sans pour autant garantir un équilibre parfait.

La démobilisation avait pour critères le volontariat, l’âge de la retraite, le dossier disciplinaire et l’aptitude physique. Quant à la réintégration, les PMPA réintégraient autant de combattants qu’ils rendaient beaucoup d’armes : « Il n’y avait pas de critère ethnique, mais on a espéré que les leaders des PMPA respecteraient les accords dans le choix de leurs combattants à réintégrer », indique le colonel Baratuza. Cependant, rassure-t-il, le respect de l’équilibre ethnique et régional est aujourd’hui respecté dans le recrutement à tous les échelons de la FDN : « mais, au niveau du commandement, seul le mérite est pris en compte », souligne le porte-parole de l’armée.

Des missions spécifiques et honorables

Le Colonel Floribert Biyereke, adjoint principal du porte-parole du ministère de la Défense Nationale et des Anciens Combattants, précise que les forces burundaises assurent la défense de l’intégrité territoriale nationale, de l’indépendance et de la souveraineté du pays, comme le stipule la Constitution. Elle indique également sa composition, son organisation et son fonctionnement. Exceptionnellement, explique le colonel Biyereke, la FDN intervient dans le maintien et le rétablissement de l’ordre public, sur la réquisition formelle de l’autorité habilitée. Elle participe aussi, souligne-t-il, aux missions de secours et d’assistance, en cas de détresse et de catastrophe. Il ajoute qu’elle intervient aussi dans le cadre du développement du pays, dans des activités d’intérêt public de production et de formation. La même force participe aussi à l’appui des autres institutions de sécurité dans la lutte contre le trafic illicite ou la prolifération des armes dans le pays.

« En d’autres termes, l’armée est au service de la nation », indique le colonel Biyereke. Il précise que la FDN intervient également pour aider les autres pays à restaurer leur paix et leur sécurité.
C’est effectivement dans ce cadre que 4500 militaires ont été déployés pour l’Union Africaine, des hommes et des femmes regroupés en cinq bataillons, pour le maintien de la paix en Somalie. Les militaires burundais sur place s’acquittent convenablement de leurs taches selon la même source.

Une armée qui rend des comptes

La Constitution précise que les corps de défense et de sécurité doivent rendre compte de leurs actions et travailler en toute transparence. C’est dans ce cadre que l’Assemblée Nationale comprend une commission parlementaire de défense et de sécurité.

Selon Emile Hakizimana, président de cette commission, quand il se produit des problèmes de quelque nature que ce soit, la commission interpelle les ministres de la défense nationale et des anciens combattants, ou celui de la sécurité publique, pour échanger sur ces questions avant de les soumettre au bureau de l’Assemblée Nationale. Celle-ci met en place des commissions d’enquête quant il s’avère nécessaire. «Aujourd’hui, nous sommes encore au stade de formation des députés pour les amener à comprendre comment effectuer le contrôle parlementaire du secteur de la sécurité », reconnaît M. Hakizimana.

D’après lui, chaque fois qu’il y a un manquement dans ce secteur, il n’est pas toujours nécessaire de mener des enquêtes, mais les députés effectuent des descentes sur le terrain pour s’enquérir de cette situation afin d’élaborer un rapport y relatif. Ce rapport est soumis au bureau de l’assemblée nationale tout en mettant au courant les ministres concernés de cette situation.

Pour ce député, chaque fois que la population est inquiétée par les actions menées par les corps de défense ou ceux de la sécurité, elle fait recours à la commission qui effectue des descentes pour étudier ces questions.

Une armée disciplinée et confiante

Spéciose Butoyi, une cultivatrice de Sororezo trouve que les militaires burundais sont disciplinés et respectent les droits de la personne humaine. Pour cette dame, l’armée est confiante du fait de sa composition ethnique et régionale diversifiée. Mais elle a des doutes par rapport au rôle joué par les militaires dans Bujumbura Rural en cette période où l’insécurité règne dans cette région. Elle suggère cependant que la FDN y relève les policiers, parce que cette région est sécurisée.

Ndikumana André un démobilisé et ancien caporal-chef des forces armées burundaises, ressortissant de Matara, a servi plus de quinze ans dans les forces armées burundaises. Il trouve que ce service dispose d’un code de déontologie rigide, et que la discipline prime sur tout. « Il faut exécuter les ordres avant toute revendication », indique-t-il. Ce principe fait qu’un militaire doit avoir une discipline et doit respecter ses supérieurs.
Diomède Habarugira, étudiant à l’Université du Lac Tanganyika, et originaire de la Commune Kanyosha, trouve que les militaires burundais effectuent leur travail quotidien comme il faut. Il en profite pour féliciter les militaires burundais en mission de maintien de la paix en Somalie, pour lui, c’est un honneur pour le pays.

La FDN est-elle politiquement neutre ?

L’armée burundaise a su intégrer les anciens rebelles du Cndd-Fdd et des autres mouvements rebelles, dont le FNL-Palipehutu. D’où la question de savoir si ce corps est politiquement neutre. Pour certains, plusieurs éléments de la FDN issus du Cndd-Fdd sont encore sous influence de leur parti d’origine. Et si les membres de ce corps, naguère éléments des FAB, sont encore sous la coupe de l’Uprona, l’intégration dans la neutralité politique aura échoué.

Mais si elle se débarrasse de ces liens, et si les politiciens cessent de s’ingérer dans les affaires militaires, la FDN serait une armée respectable, sinon les conséquences risquent d’être fâcheuses.

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