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Économie

La Cogerco essaie de se relever

La Compagnie de Gérance du Coton, Cogerco, a connu des moments de perturbation de ses activités, surtout avec la crise sociopolitique que le pays a connue en 1993. Aujourd’hui, elle essaie de survivre, mais a besoin d’un sérieux coup de pouce.

Le DG de la Cogerco, Pierre Claver Nahimana, estime que les finances de la compagnie ne peuvent pas permettre de renouveler son équipement sans subsides ©Iwacu

Le DG de la Cogerco, Pierre Claver Nahimana, estime que les finances de la compagnie ne peuvent pas permettre de renouveler son équipement sans subsides ©Iwacu

Suite à la diminution des terres jadis exploitées par la Cogerco, la production du coton a suivi la cadence. « Une production en net déclin qui chute d’un niveau record proche de 9000 tonnes de coton graine en 1993 à moins de 2000 tonnes aujourd’hui. Cela a eu une incidence sur le trésor de la Cogerco, mais les activités ont continué tant bien que mal », indique Pierre Claver Nahimana, directeur général de cette compagnie.
Dans les années 80, le coton était une culture industrielle que le Burundi exportait, au même titre que le café et le thé. La Cogerco a surtout connu ses années de gloire avec le Cotebu, le Complexe Textile du Burundi. Avant la crise de 1993, cette compagnie avait beaucoup de terres réservées au coton, les réserves cotonnières. Elle avait aussi des terres qui se trouvaient dans les paysannats réservées au coton également. Pendant cette crise, des terres des paysannats ont été spoliées par les tiers.

Même après la crise, la Cogerco n’a pas recouvré ses terres. En effet, le gouvernement en a cédé certaines aux agriculteurs, réduisant ainsi les terres de cette compagnie presque à moitié. Aujourd’hui, ladite compagnie compte à peu près 2200 hectares, alors que ces terres dépassaient 4000 hectares. Les grandes superficies dont dispose actuellement la Cogerco se trouvent en province de Cibitoke dans les communes Rugombo et Buganda.

Suite donc à la diminution des terres jadis exploitées par la Cogerco, la production du coton a suivi la cadence, « Une production en net déclin qui chute d’un niveau record proche de 9000 tonnes de coton graine en 1993 à moins de 2000 tonnes aujourd’hui ». Cela a eu une incidence sur le trésor de la Cogerco, mais les activités ont continué tant bien que mal.
Une faible production qui ne trouvait pas de preneur, surtout avec la fermeture du Complexe Textile du Burundi, COTEBU. Cependant, indique le directeur général de la Cogerco, Pierre Claver Nahimana, le gouvernement a continué à chercher le redressement du COTEBU qui est devenu Afritextile.

Un champ d'expérimentation du coton pour améliorer la production ©Iwacu

Un champ d’expérimentation du coton pour améliorer la production ©Iwacu

Une compagnie qui essaie de survivre …

Néanmoins, pendant cette période d’inactivité du Cotebu, la Cogerco a continué l’écoulement de ses produits, notamment en l’exportant au Rwanda, en Suisse et en Angleterre. M.Nahimana reconnaît que c’était à des prix bas. Aujourd’hui donc, la production est écoulée encore une fois localement avec l’Afritextile.

Tant bien que mal, la Cogerco s’évertue encore à subvenir à ses besoins, mais risque de marcher à reculons. En effet, une entreprise qui ne fait pas d’investissements, qui ne renouvelle pas son équipement avance vers sa faillite. Pour M. Nahimana, il est souhaitable que l’Etat donne des subventions pour permettre à cette entreprise de se doter de ce dont elle a besoin pour accroître la production et se procurer les équipements nécessaires à l’entreprise.

La Cogerco a aujourd’hui initié une politique de regrouper les cultivateurs de coton en associations pour bien les encadrer. Cette politique se fait dans l’optique de s’appuyer mutuellement. Ainsi, cette entreprise donne des accès aux intrants agricoles, aux crédits et autres intéressements, comme le rehaussement du prix d’un kilogramme de coton graine (500fr/kg). Car ces cultivateurs ne peuvent associer que le haricot seulement au coton dans les champs.
Pour retrouver ses lettres de noblesse, la Cogerco doit faire face à plusieurs défis.
Dr Eric Ngendahayo, expert en développement du secteur privé, souligne que les entreprises qui ne sont pas dans des secteurs stratégiques devraient être privatisées. A moins qu’elles démontrent une forte potentialité à être très rentables.

La Cogerco a été créée en 1947, sous le nom de « Comité de gérance des réserves cotonnières », assurant le rôle de société communautaire pour le Congo, le Rwanda et le Burundi. Après le retrait du Congo et du Rwanda, les fonctions de l’entrprise se sont recentrées sur la vulgarisation et la collecte du coton graine du Burundi. Après la nationalisation de la compagnie en 1977, la Cogerco a été amenée à assurer également l’égrenage et la commercialisation des produits du cotonnier, tout en demeurant l’émanation d’un département ministériel. Avec le décret Loi N° 100/81 du 19 juin 1984, la Cogerco devint la « Compagnie de Gérance du Coton ». Avec pour mission la promotion de la culture du coton, l’encadrement et l’appui aux producteurs de coton, la transformation du coton graine en coton fibre, et la commercialisation du coton fibre et ses dérivés. Elle a été promue société publique par le décret N° 100/156 du 5 septembre et dispose d’un capital de 300 million de Fbu.

Une nécessité de privatisation

Pour le cas de la COGERCO, cet expert relève plusieurs défis aujourd’hui. Le premier est l’écoulement et la vente de ses produits. Un problème qui est aujourd’hui résolu par Afritextile, grâce à laquelle la totalité de la production de la Cogerco est écoulée. Cependant, indique l’expert, la COGERCO doit également bien négocier les débouchés, et chercher d’autres acheteurs qui sont prêts à acheter son coton à des prix plus élevés.

Le second grand défi évoqué par M. Ngedahayo est celui de la production. Faute de terres pour cultiver son propre coton, il propose à la COGERCO, pour s’approvisionner, de motiver et mobiliser les agriculteurs à cultiver le coton.
Quant au manque d’investissements, troisième défi, Dr Ngendahayo suggère que la compagnie fasse appel à des fonds et des investissements privés. La première option est d’ouvrir son capital. Ainsi, en restant actionnaire, l’Etat peut vendre une partie du capital ou faire son augmentation, et laisser des investisseurs privés amener de l’argent frais. La deuxième option, continue l’expert, est que l’Etat vende totalement la COGERCO à des investisseurs privés qui ont normalement les capacités et les moyens d’aller chercher de l’argent dans le secteur bancaire.

L’autre grand défi de la COGERCO est la gouvernance. Car selon lui, comme toutes les entreprises publiques, cette compagnie a un personnel pléthorique.

  3   Vos commentaires
  1. Stan Siyomana

    S’INSPIRER DES GRANDS MANAGERS
    Dans sa revue du livre de Verne Harnish et al. (2012): The greatest business decisions of all time, le sud-africain Ian Mann conclut:
    « Ce livre enregistre 18 decisions de management. Certaines allaient contre tout bon sens/counterintuitive, d’autres etaient des actes de bravoure dans les affaires, d’autres sont dues a la simple chance, mais elles sont toutes interessantes…
    Jack Welsh etait le plus jeune Chairman et Chief Executive Officer dans l’histoire de la multinationale americaine General Electric (GE). Il a pris la decision que toutes les companies de GE seraient en premiere position dans leurs domaines respectifs, ou seraient en voie de l’etre, dans le cas contraire, elles seraient vendues ou fermees. A cause de cette decision, plus de 100.000 employes de GE ont perdu leur boulot a travers le monde. Cette decision a fait scandale dans plusieurs milieu/this decision created outrage from many quarters… »
    (Voir Ian Mann: « The hardest skill », http://www.fin24.com, 13 April 2014).
    Sous la direction du legendaire Jack Welsh (1981-2001), la valeur de GE a augmente de 4.000%. Quand il a pris sa retraite, il a etait paye 417 millions de dollars (d’indemnites de licenciement/severance payment), la plus grande somme de l’histoire (pour ce genre d’indemnites).
    (Voir « Jack Welsh », http://www.wikipedia.org).
    Merci.

  2. Kezakimana

    Après ses deboires avec le Palipehutu radical et genocidaire pendant les annexes 80, Mr. Nahimana aura moins de fortune avec Le coton. Vivement qu’il aille se reposer!

  3. MUHUTU

    La COGERCO a besoin d’un jeune agronome dynamique, expérimenté et compatriote pour se relever. Ce monsieur doit plutôt penser à pensionner pour laisser le travail dur à ceux qui le peuvent.

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