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La Coalition de la Société civile pour le Monitoring Electorale (Cosome) : la campagne électorale ne s’improvise pas, elle se prépare

La Cosome entame une série d’ateliers de réflexion auprès des leaders, des femmes et des jeunes regroupés au sein des partis politiques. L’objectif est de les outiller dans leur façon de battre campagne à travers des programmes politiques et projets de société réalistes.

Justine Nkurunziza : « Les lois doivent exprimer la volonté du peuple et non les caprices du souverain. » ©Iwacu

Justine Nkurunziza : « Les lois doivent exprimer la volonté du peuple et non les caprices du souverain. » ©Iwacu

Lundi, 18 août, dans la salle située tout proche de la piscine de l’Emeraude Hôtel. A tout seigneur, tout honneur, dit-on. Ce sont les leaders politiques qui ont ouvert la première activité de réflexion. Ce choix de la Cosome de commencer par le sommet n’est pas un fait du hasard. Sylvère Ntakarutimana, directeur exécutif de la Cosome, explique : « D’autres catégories de la jeunesse et des femmes estiment que les leaders ont tendance à tout s’accaparer dans la gestion de leurs associations politiques. »
Au tour de la thématique ‘ Le respect des valeurs et des principes démocratiques à l’intention des leaders des partis politiques à la veille des élections de 2015’, des échanges ont été fructueux.
A la veille des élections de 2015, Justine Nkurunziza, présidente de la Cosome estime que la thématique ne manque pas d’intérêt. Selon elle, les valeurs et les principes démocratiques interpellent tout le monde : « Ils valent la peine d’être revisités parce que leur respect et mise en application effective constituent une garantie sûre de la tenue des élections libres, transparentes, équitables, démocratiques, apaisées et justes. »
Pour Mme Nkurunziza, il n’était pas donc superflu pour une organisation comme la Cosome qui milite pour ces principes et valeurs, de les rappeler et les partager. Elle affirme que son institution le fera autant de fois qu’elle peut avec tous les concernés.
La démocratie, renchérit-elle, n’a de sens que quand elle est reconnue universellement comme valeur partagée. Elle estime que cela constitue le premier principe démocratique : « Tous les hommes ont le droit d’avoir leurs propres opinions et de les exprimer individuellement ou dans des réunions pacifiques (…).»

L’Etat de droit : une autre valeur démocratique à partager

Quid du discours de campagne ?

Selon le consultant, improviser ne s’improvise pas : « Prenez tout votre temps pour préparer et raffiner votre discours. » Le message, indique-t-il, doit être l’élément central de la propagande électorale. La campagne doit s’articuler au tour de ce message clé : « Tout candidat doit pouvoir s’identifier à ce message. » Ainsi, le consultant estime que le message doit être simple et persuasif afin d’arriver à vous identifier positivement des autres candidats : « Apprenez à plaire, à simplifier et à parler de vous-même. »

Par Etat de droit, la présidente de la Cosome entend qu’aucun individu, qui qu’il soit, président ou citoyen ordinaire, n’est au dessus de la loi. Les gouvernements démocratiques, rappelle Justine Nkurunziza, exercent leurs activités en respectant la loi : « Ils ne sont pas eux-mêmes au dessus de la loi. » Elle poursuit que les lois doivent exprimer la volonté du peuple et non les caprices du souverain. Du côté des citoyens, Mme Nkurunziza souligne qu’ils doivent également respecter les lois réglementaires de la société car en effet, « elles émanent de leur volonté collective. »
Actualité exige. Dans le contexte sociopolitique du moment au Burundi, Justine Nkurunziza insiste que la démocratie suppose la tenue des élections libres, fiables, apaisées, etc. à intervalles réguliers. Les élections doivent être fondées sur le respect de l’exercice, sans aucun empêchement ni discrimination du droit à la liberté d’opinion et d’expression.
L’alternance au pouvoir, déclare la responsable en chef de la Cosome, fait recours au pluralisme des partis, lesquels sont égaux en droit. Les partis politiques, raconte-t-elle, sont des organisations volontaires qui font un lien entre le peuple et son gouvernement. Pour Justine Nkurunziza, il y va du droit des formations politiques de désigner des candidats et de faire des campagnes pour les faire élire à des fonctions électives.
Toutefois, au moment où les partis politiques vont bientôt battre campagne pour les élections de 2015, la présidente de la Cosome s’interroge : « Est-ce que tous les moyens sont bons pour arriver à la victoire ? Au cas contraire, les partis sont-ils prêts à accepter la défaite ? »
Sur ces questionnements, la patronne de la Cosome venait de lancer le débat tout en passant la parole au premier conférencier de l’atelier.

« L’on ne se réveille pas un bon matin pour être candidat »

Quelques tuyaux de campagne

1. Croire en soi-même, être sûr de soi-même.
2. Développer une campagne optimiste et enthousiaste.
3. Bien utiliser ses ressources : argent, personnes et temps.
4. Dresser une stratégie générale (plan de campagne), avec un message clair (message de campagne) et cibler des zones et des problèmes pour la communauté.
5. Calculer le nombre de votes dont vous avez besoin pour gagner, cibler votre électorat et comment vous allez délivrer votre message.
6. Tout le matériel de campagne doit être professionnel et faire autorité.
7. Tous les événements de la campagne doivent s’inscrire dans le professionnalisme et être bien organisé.

« Qui proefutururas est omnibus, ab omnibus eligatur. » ou « Celui qui doit commander à tous doit être élu par tous. » C’est par cette citation tirée du principe ecclésiastique ayant guidé les travaux du Concile de Barcelone en 591 que l’Ambassadeur Denis Banshimiyubusa, consultant, attaque son exposé sur l’organisation et l’animation d’une campagne électorale soutenue par une communication politique efficace.
La décision de se porter candidat à des élections à caractère politique, déclare l’ancien ambassadeur, est sans doute l’une des plus importantes décisions que vous puissiez prendre dans la vie de tout homme ou femme politique. Elle a de sérieuses conséquences sur le plan personnel, la famille et les amis. D’après le consultant, c’est pourquoi il faut garder à cœur qu’une campagne électorale ne s’improvise jamais. Elle nécessite une très longue préparation à l’avance.

En effet, M. Banshimiyubusa indique que les gens qui viennent vous écouter lors de la campagne électorale manifestent déjà une certaine sympathie et tendance envers un candidat. Or, pour créer cette sympathie, estime-t-il, il faut préalablement et impérativement aller à la rencontre de votre électorat potentiel avant la campagne électorale proprement dite. Cela s’appelle « faire de l’animation de la vie politique au niveau local. »
Au Burundi, déclare-t-il, différents textes légaux à savoir l’Accord d’Arusha, la Constitution et le Code électorale déterminent comment s’organise la compétition électorale, depuis l’enrôlement des électeurs jusqu’à l’entrée en fonction des élus en passant par les campagnes électorales, l’opération de vote, l’observation, le décompte des voix et la proclamation des résultats. Néanmoins, Denis Banshimiyubusa constate que sur le terrain, il se remarque chez certains candidats des difficultés liées à la manière d’organiser, d’animer leurs campagnes électorales et de communiquer pour gagner le cœur de l’électorat. Certaines de ces difficultés, affirme-t-il, sont d’ordre financier, d’autres d’ordre organisationnel ou communicationnel et d’autres enfin d’ordre législatif.

Chaque campagne est unique

De gauche à droite Denis Banshimiyubusa et Sylvère Ntakarutimana ©Iwacu

De gauche à droite Denis Banshimiyubusa et Sylvère Ntakarutimana ©Iwacu

Denis Banshimiyubusa révèle que chaque campagne électorale a ses particularités. Pourtant, il remarque la pire des choses que l’on puisse dire durant les campagnes : « C’est ainsi que nous avons toujours procédé ! » Aucune campagne, insiste-t-il, n’est semblable à une autre : « Chaque individu veut être perçu et traité d’une façon unique. »
Et M. Banshimiyubusa de lancer la question : comment se porter candidat. Lui-même tente d’y répondre. Tout candidat aux élections poursuit deux finalités possibles à sa participation à une campagne électorale : d’abord, il s’agit de se faire connaître auprès du public : « Votre but n’est pas de gagner les élections mais de faire connaître vos propositions pour apprivoiser la population dans la perspective de gagner les élections un jour. » C’est une campagne réalisée sans être sûr d’être élu et qui veut montrer que vous existez. Dans ce cas, Denis Banshimiyubusa parle « de la figuration intelligente ».

Ensuite, il fait savoir que la campagne peut être envisagée pour gagner les élections et assumer les responsabilités de la gestion des affaires de l’Etat : « Ceci exige un peu de temps à la réflexion en vue d’atteindre les objectifs. » L’idéal recherché est de gagner les élections et d’occuper des fonctions publiques. Ce second objectif, avertit-il, conduit le candidat à une préparation de la campagne plus exigeante et plus approfondie : « Les engagements pris, les promesses faites pendant la campagne devront être tenus. Il faut y réfléchir précisément avant la campagne. »

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