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Société

La circoncision diminue-t-elle le plaisir sexuel?

Tout un débat autour du rôle du prépuce dans l’atteinte de l’orgasme. Pour certains, son utilité est avérée.

Caricature - Article de Clarisse- KKp copie
Le prépuce est un tissu érogène nécessaire pour une fonction sexuelle normale, affirme Raïssa Umutoniwase, une infirmière spécialiste en circoncision. « Une fois le prépuce enlevé, le gland est laissé à découvert et perd petit à petit son humidité et donc sa sensibilité. Le prépuce contient des terminaisons nerveuses particulièrement sensibles au toucher », explique la spécialiste en circoncision.

Une étude menée par des chercheurs danois, en 2011, montre que les hommes circoncis rapportaient des difficultés à atteindre l’orgasme bien plus fréquemment que les hommes non circoncis. « Plus frappant, les femmes avec des conjoints circoncis rapportaient moins de satisfaction sexuelle que celles avec des conjoints non circoncis », a indiqué Dr Morten Frisch, responsable de cette étude.
Cependant, J.N, une jeune burundaise, la trentaine, affirme n’avoir senti aucune différence quant au plaisir sexuel.

Quand l’hygiène prime sur le plaisir sexuel

Nombreux sont ceux qui qualifient un non circoncis de malpropre. « Un pénis circoncis est plus présentable, plus propre…», indique J.N. Et de confier que le pénis non circoncis de son partenaire était couvert de matière blanche, « des microbes sûrement ». « Je n’ai plus jamais eu envie d’homme non circoncis », confie-t-elle, l’air dégoûtée.

Pour presque toutes les femmes interrogées, « ôter le capuchon » est un signe non seulement de propreté mais aussi de civilisation.
Par ailleurs, Dr Janvier Nihorimbere estime que cette pratique est l’un des moyens qui réduisent les risques de contamination de maladies sexuellement transmissibles : « Le virus du sida est si fragile qu’il dure moins longtemps sur le gland à découvert. Ainsi, le virus se cache sous le prépuce et se développe. »

Les « kafirs » pourtant marginalisés

Nombre d’hommes s’accordent pour dire qu’ils se sont fait circoncire par influence de leur milieu de fréquentation. Frank, un citadin de 31 ans, confie que son enfance a été, pendant un certain temps, malheureuse parce qu’il était un « kafir », mot arabe désignant un incroyant dans la religion musulmane. « Je ne pouvais pas jouer parmi les autres, d’autant plus qu’au début de chaque jeu, on vérifiait si tu étais circoncis ou pas ! »

Hervé, la trentaine, n’a pas été moins critiqué. A 13 ans, il était encore un « kafir ». Alors qu’il fréquentait une école à régime d’internat, où les douches sont communes, il ne pouvait pas cacher son « anomalie ». Un jour, se rappelle-t-il, je me suis retrouvé nu au milieu de mes camarades qui se moquaient de moi parce que j’étais un « kafir » !

  5   Vos commentaires
  1. Mike

    Conneries!
    Non circoncis ne signifie pas malpropres! Non plus, cela ne signifie pas expositions aux maladies plus qu’à d’autres, sinon les experts et responsables en santé public en auraient fait leur affaire.

    Quant à marginalisation dont parles Clarisse, c’est encore du n’importe quoi. Moi je suis « KAFIR » et je ne suis pas marginalisé pour autant. De même, aucune fille ne m’a refusé pour cela.Je n’ai non plus jamais entendu quelqu’un être marginalisé pour cela. Sinon si on devrait écouter tout ce que disent les enfants (dans les douches en plus)……

  2. Callixte

    J’ai grandi au Burundi, on ne m’a pas circoncis, et vu que je n’ai pas fréquenté les internats, je n’ai jamais eu d’intimidations ou de moqueries, qui datent des années 80 et 90 (on retrouvait ce phénomène d’intimidation seulement dans les centres urbains). Donc, chère Clarisse, j’ai eu une vie sexuelle très normale, avec pas mal de conquêtes. Le pénis est propre ou sale à cause de la personne qui le porte, pas parce qu’il est circoncis. S’il ne se lave pas, il va aussi puer. Le plus important dans l’acte sexuel, ce n’est pas la forme, la taille ou la couleur du pénis, mais l’acte lui-même. Plusieurs paramètres sont à considérer pour avoir plus de plaisir «PARTAGÉ», et le premier c’est l’AMOUR (qui englobe la confiance, satisfaire son partenaire, le respect, l’honnêteté, etc).

  3. Baobab

    @maxime guérin
    Merci de nous avoir fait entendre un autre son de cloche!
    Cela doit intéresser aussi notre belle rédactrice Clarisse Shaka descendante (peut-être) de Chaka Zulu.

    Article 312 publié par
    l’Association contre la Mutilation des Enfants (http://ame.enfant.org.free.fr/ame4.html)

    Monsieur LEFORESTIER a été un des premiers en France à utiliser les méthodes non chirurgicales pour reconstruire son prépuce circoncis. Il a bien voulu nous accorder cet entretien, en exclusivité.

    À quel âge avez-vous été circoncis ?

    – à 7 ans.

    Avez-vous un souvenir distinct de vos parents annonçant cette opération ? Avez-vous été chez le médecin, l’avez-vous appris dans un cabinet médical ?

    – oui. Après on est allé à la clinique. On m’y a laissé toute la nuit. Cela c’est mal passé: je me suis retrouvé sur la table d’opération en hurlant et en gesticulant malgré les claques du chirurgien pour me faire taire, donc tout ce qu’il fallait pour que ca marche…

    Avez-vous été anesthésié localement ?

    – non, j’ai subi une anesthesie générale.

    Quels sont vos souvenirs après l’acte chirurgical ?

    – au réveil je me souviens avoir vu mon sexe opéré. Je me rappelle particulièrement des cicatrices.

    Vos parents ont-ils essayé de vous expliquer cette opération ?

    – ils m’ont dit que mon prépuce coulissait mal et qu’il fallait donc enlever un petit bout de peau.

    Quand la puberté est arrivée, avez-vous été choqué par rapport à vos autres camarades de classe ?

    – c’est à partir du moment où je suis entré au collège, on a commencé à faire du sport et je me suis retrouvé à aller sous les douches avec d’autres garçons, j’étais le seul circoncis. Comme à l’époque je suis passé par une phase d’obésité, mes camarades ne se gênaient pas pour m’insulter.

    Avez-vous été maltraité ?

    – pour être clair, on me traitait de « gros coupé ».

    Au niveau de votre masturbation adolescente, avez-vous senti une différence par rapport à votre circoncision et une perte de sensibilité de votre sexe ?

    – non, car je n’avais aucun point de comparaison.

    À cette époque vous êtes-vous documenté sur la circoncision ?

    – j’étais toujours fasciné de voir un sexe non circoncis. J’avais un sentiment de jalousie, voir de regret. Je pense que d’avoir si jeune de tels problèmes, m’avais profondément traumatisé, après j’avais envie d’être normal, d’être comme les autres. C’est tout, ça n’allait pas au delà.

    Quand avez-vous pensé à une reconstruction du prépuce ?

    – ça a commencé en feuilletant une revue érotique, je suis tombé sur un gars qui tirait sur son prépuce. Cela a fait tilt, je me suis dit : c’est vrai, si l’on tire sur la peau comme les africaines avec le lobe des oreilles, on peut arriver à un résultat similaire avec un prépuce circoncis.

    J’ai donc commencé vers 30 ans, en ne le faisant pas régulièrement, sans y attacher beaucoup d’importance. Et cela n’a pas eu beaucoup d’effets.

    À partir de quel âge avez-vous sérieusement commencé les manipulations ?

    – à partir de 35 ans.

    Comment avez-vous eu connaissance des méthodes de reconstruction du prépuce ?

    – j’ai d’abord lu l’article de l’AME sur les méthodes de reconstruction non chirurgicale du prépuce, proposées par le docteur Bigelow. J’ai pendant trois mois, chaque matin, tiré sur mon prépuce pendant 10 minutes puis à chaque fois que j’allais aux toilettes, pendant 2 minutes. De façon régulière chaque jours.

    Comment pratiquiez-vous ?

    – je tirais vers le haut en prenant la peau qu’il me restait, entre le pouce et l’index, et en faisant des tractions.

    Avez-vous souffert ?

    – à la limite de la douleur.

    Lorsque vous avez commencé, avez-vous noté des changements dans votre vie sexuelle?

    – au début non, le peu que vous gagnez en étirement, se rétracte rapidement. C’est à partir du moment où j’ai pratiqué les autres méthodes que j’ai vu un changement significatif.

    Vous avez choisi quelle méthode au départ ?

    – J’utilisais l’anneau de sparadrap autour du prépuce en le gardant toute la journée et toute la nuit.

    Avez-vous eu des irritations ?

    – quand ça tirait trop, j’ai eu quelques petites vergetures, mais rien de grave.

    Quand sont apparus des résultats tangibles?

    – au bout de trois semaines, j’arrivais à couvrir la couronne du gland et surtout sa sensibilité commençait à s’accroître.

    Après la méthode du sparadrap, êtes-vous passé à une autre méthode ?

    – au bout de six mois, j’ai utilisé une nouvelle méthode, dite des calots : deux billes en acier reliées entre elles, vous mettez la première dans un doigt en caoutchouc à l’intérieur du prépuce et l’autre bille, vous la laissez pendre.

    Était-ce plus difficile que le sparadrap ?

    – les premiers temps étaient assez difficiles, ça risquait de tomber, il faut que la peau commence à se tendre pour faire de l’effet.

    C’était donc plus pénible que la première méthode ?

    – oui, mais c’est la suite logique car à partir d’un certain moment la première méthode n’est plus efficace. Il ne faut pas commencer par des poids trop lourds. J’ai pris un poids de 90 grammes, en forme de poire avec un crochet , et l’autre poids de forme plate d’environ 100 grammes. Je les ai porté deux mois.

    L’avantage, c’est qu’on ne les voit pas sous un pantalon. Je ne m’en servais que pendant la journée. Les premiers temps cela peut faire mal, mais le résultat est spectaculaire. Maintenant mon prépuce recouvre complètement le gland.

    Quels ont été les changements dans votre sexualité ?

    – la vie sexuelle change très vite. A partir du moment où le gland est protégé, il devient plus sensible, on a beaucoup plus d’impressions. L’effet est énorme sur les glandes de Cowper : lorsque j’ai une excitation , il y a beaucoup plus de liquide. On le remarque assez rapidement. Au niveau de l’acte sexuel, on a une sensibilité bien plus importante, le sexe coulisse mieux, c’est totalement différent.

    Ces méthodes sont efficaces si l’on est constant. Malgré toutes les difficultés que cela peut représenter, il ne faut pas laisser tomber le rythme des exercices.

    En un an j’ai réussi à retrouver un prépuce quasiment normal.

    Avez-vous des conseils pratiques pour les futurs utilisateurs ?

    – Au niveau des billes d’acier, il est intéressant d’utiliser des poids de pêche car il sont à la fois lourds et discrets.

    Dans le livre du docteur Bigelow, on trouve la méthode des cônes en mousse. Mais ces derniers sont peu hygiéniques, avec toute la transpiration que vous pouvez imaginer.

    A la fin du programme, j’utilise toujours un poids de 90 grammes pour l’intérieur du prépuce et j’ai augmenté le deuxième poids, qui est maintenant de 150 grammes, ce qui va me permettre d’avoir une petite trompe.

    Pour le sparadrap, le micropore en petite largeur est le moins collant, donc le moins douloureux à enlever.

    L’assistance d’un médecin est-elle indispensable tout au long de cette restauration ?

    – bien entendu un suivi médical est obligatoire, pour éviter toute allergie ou toute complication éventuelle. S’il y a des ulcérations, il est évident qu’il faut laisser passer une journée et mettre des crèmes. C’est aussi un signal montrant qu’on tire trop sur sa peau.

    Ce qui fait plaisir, c’est d’arriver à un résultat concret. Le principal bénéfice reste évidemment la sexualité. L’autre avantage, c’est le changement de la peau du gland qui avant était sèche et qui devient lisse, fine, sensible.

    Le système américain des support-groups peut-il être utile ?

    – oui, cela permet des points de comparaison et un soutien moral indispensable pour le long terme. Mais il ne faut rien dramatiser : au niveau de la douleur en fin de journée avec les poids, on peut la comparer aux boucles d’oreille en clip portées par les femmes, c’est exactement du même degré.

    Article 312 est publié par
    l’Association contre la Mutilation des Enfants
    BP 220
    F-92108 Boulogne

    ame@enfant.org

  4. maxime guérin

    circoncisions rituelles & et droits de l’enfant :
    http://www.enfant.org

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