Politique

Jacques Pitteloud : « Souvenez-vous de ce que vous avez construit à Arusha »

L’Ambassadeur suisse au Burundi avec résidence à Nairobi quitte la région au moment où notre pays vit un moment délicat. Rencontre.

Jacques Pitteloud : « Souvenez-vous de ce que vous avez construit à Arusha  »

Jacques Pitteloud : « Souvenez-vous de ce que vous avez construit à Arusha »

L’Ambassadeur Jacques Pitteloud nous reçoit au Bureau de la Coopération suisse au Burundi. Décontracté. Interrogé sur le blocage politique actuel, il évoque Arusha qui reste pour lui un socle solide. Il en parle avec un peu d’émotion : « Souvenez-vous de la sagesse des anciens qui, à l’époque, vous ont guidés sur le chemin de la réconciliation nationale, des anciens chefs d’Etats africains et des figures tutélaires de l’Afrique qui vous ont guidé sur ce chemin là. Souvenez-vous d’eux et ne les trahissez pas !», insiste-t-il.

D’après lui, le gouvernement suisse reste absolument persuadé que l’accord d’Arusha n’est pas caduc. Et de prévenir : « La vision répandue dans certains milieux politiques comme quoi le Burundi a surmonté suffisamment ses démons pour pouvoir se passer du garde-fou de cet accord, cette vision est à notre sens hautement dangereuse. »

Il avoue être inquiet pour le Burundi : « la situation économique du pays, la montée des tensions de ces derniers mois… Il est indéniable que le Burundi est en train de retomber dans un phénomène qu’on a connu auparavant où les querelles politiques monopolisent l’attention des élites du pays. Le développement et l’activité économique en souffrent gravement. Un pays qui se relève de 12 ans de guerre n’a pas d’assez d’oxygène» analyse-t-il.

Mais le diplomate rappelle que c’est aux Burundais eux-mêmes de faire le choix du modèle de cohabitation politique qu’ils veulent. La Suisse, dit-il, n’a que des moyens limités, et ce n’est pas elle qui va résoudre les problèmes du Burundi. M. Pitteloud ne se pose pas en donneur de leçons : « Les Burundais peuvent choisir d’écouter ou de ne pas écouter les conseils, voire les cris d’alarme des leurs amis. »

Que faire face au blocage politique actuel

Pour l’Ambassadeur, il n’y a pas mille solutions. Et comme une fixation, le mot « dialogue » revient toujours : « les messages provenant de la communauté internationale, dont la Suisse, mais aussi de l’Union africaine, ces messages nous montrent clairement qu’il faut une reprise d’un vrai dialogue politique. » Quid de ce « dialogue » revendiqué par le gouvernement. Sur ce point, M. Pitteloud ne fait pas dans la diplomatie : pour le gouvernement suisse, ce n’en est pas un. « C’est un dialogue de sourds. »

Au sujet des élections qui se profilent, l’Ambassadeur suisse s’interroge. Pour lui, les événements de ces dernières semaines incitent à douter de la possibilité d’organiser des élections inclusives et équitables dans un délai aussi court. D’après lui, un calendrier trop ambitieux, des décrets inattendus ont surpris la communauté internationale. « Cette conjonction d’éléments nous permet de douter des élections qui se tiendraient dans de telles conditions ». Et de conclure : « La communauté internationale et la Suisse ont répété à d’innombrables reprises que les élections doivent être inclusives et équitables. »

M. Pitteloud dit qu’il a beaucoup aimé le Burundi et la région des Grands Lacs, il repart en Suisse avec un petit pincement au cœur pour le Burundi et, comme une supplique, il lance : « Prenez votre destin en main. C’est votre pays qui peut réussir ou échouer. C’est votre pays qui va replonger dans la crise ou ressortir renforcé des événements de ces derniers mois. Vous n’êtes pas des spectateurs, mais des acteurs.» Un cri du cœur.

VERBATIM

L’Accord d’ARUSHA

Il a permis au Burundi de connaître plus 10 ans de paix et de stabilité relative mais de stabilité tout de même et d’ouverture. Il est trop tôt, beaucoup trop tôt pour y toucher.

Risque de faillite économique

Quand les salaires ne pourront plus être payés, puisque l’argent est allé financer des élections, qui seront d’ailleurs mises en doute par l’Union Africaine et la Communauté internationale. La crise économique va frapper. Les usines, les banques, les hôtels, tous les secteurs seront affectés. Tout le monde va souffrir, pas seulement le petit peuple.

Les médias indépendants détruits

La population burundaise souffre d’un manque d’information, les radios ont été largement paralysées par les événements récents. C’est une des raisons qui nous fait douter que les élections puissent être équitables. Il est fondamental que la population ait à nouveau accès à l’information. Et si ce n’est pas le cas, la légitimité des élections devra être mise en question.

La question des mandats présidentiels

En tant que représentant d’un pays qui change de président chaque année, je ne peux que souligner la récente prise de position américaine qui dit préférer des « institutions fortes à des hommes forts ».

Changement de la Constitution

Nous savons de par l’expérience qu’avant de toucher à la Constitution il faut de très bonnes raisons. Les institutions sont plus importantes que les hommes.

Le Burundi dans l’EAC

Je reste persuadé que le Burundi aurait beaucoup gagné à rentrer de plein pied et avec enthousiasme dans cette communauté. Ce qui m’a frappé il y a 5 ans déjà, était une attitude de grand méfiance par rapport à la communauté est africaine, une attitude un peu de peur.

Souvenirs

Je garderai le souvenir d’un pays que j’avais connu dans des circonstances beaucoup plus tragiques, en guerre civile. Je garderai le souvenir d’un pays qui était plein d’espoir et qui voulait se construire sur la base d’une pacification réussie. Comme je pars dans 4 semaines, je ne sais pas si la crise politique que traverse le Burundi sera résolue d’ici là. De la Suisse je vais prier pour le Burundi. Il en aura bien besoin…

Une coopération régionale

La Coopération suisse opère sur la région des Grands Lacs (Rwanda, Burundi et l’Est du Congo). « Nous avons décidé de nous limiter à un certain nombre de secteurs pour ne pas disperser les moyens au-delà de ce qui était, disons, utile » explique M. Pitteloud.

D’après l’Ambassadeur, l’approche d’un programme régional permet de valoriser les expériences de ce que l’on a fait ailleurs, « c’est une approche qui fonctionne bien ». Pour le Burundi, il est notamment fier du programme foncier : « Nous avons tiré des leçons intéressantes pour le programme foncier. Un programme complexe. C’est un domaine sensible dans toute l’Afrique sub-saharienne, au Burundi plus encore qu’ailleurs en raison de la densité de la population. Les questions foncières sont fondamentales. Lorsqu’on y touche, il faut le faire avec beaucoup de prudence. » La Suisse est aussi active dans le domaine de la décentralisation, la santé et l’adduction en eau potable. Pour l’Ambassadeur Jacques Pitteloud, c’est une forme plus classique de la coopération au développement, « un domaine dans lequel nous avons une longue habitude, une longue expérience et ça se passe bien. » Mais la Suisse ne fait pas de l’aide budgétaire. « Ce n’est pas notre approche et ça ne va pas certainement changer », conclut-il.

  17   Vos commentaires
  1. dester

    La situation sécuritaire et économique du Burundi va sans doute sombré non pas parce que le gouvernement a décidé de brigué un troisième mandat mais parce que gouvernement et opposition, ne veulent pas le bien etre du peuple burundais. Que ça soit le gouvernement ou l’opposition ou la société civile personne ne semble vouloir nous apporter les solutions au problème burundais. Un plan urgent et à longue terme doit pouvoir aider le Burundi a sortir de son sous developpement et tant que nous n’aurons pas regler cet affaire de tribalisme ont risque ne jamais decoler, de fois je verrai bien un européen à la tête du Burundi. Cela peut nous aider a sortir de la pauvreté, car l’objectif c’est de bien vivre, une fois qu’on sera sorti de la pauvreté, nous allons organiser des élections pour prendre un burundais, ce qui est sure les burundais seront déjà mûre pour voter non pas tribalisme mais pour un travailleur. Jusqu’à maintenant nous voyons que nous sommes incapables de sortir seule des problèmes de la vie

    • Burikukiye

      @dester
      Nkurunziza s’est fait élire en sachant bien de ce qui l’attendait dans la croisée des chemins du Peuple burundais. Il est donc aujourd’hui et ce, jusqu’au 26 Août 2015, le premier garant de la Paix et stabilitié du Burundi et de sa Population. Comment veux-tu que l’Opposition, la Société civile ainsi que des authentiques patriotes fassent sa job? S’il n’est plus capable d’accomplir son rôle de Chef suprême de la Nation burundaise comme cela se doit, qu’il dispose sans chercher à mépriser les véritables bashingantahe prêts à l’affronter sur toutes les crises et crimes à son compte. Nkurunziza a beau manigancer sur son 3è mandat, il ne pourra faire long feu à la tête du Pays, car la Constitution nationale et Accords d’Arusha qui ont fait aboutir le Burundi à la Paix, Stabilité et Institutions démocratiques, ne sont pas monnayables, donc doit être acceptéts tels que, Mr dester. Ces deux piliers nationaux viennent de passer avec brio leur test, pourquoi alors vouloir les outrepasser après 10 ans de leur fiabilité pour des intérêts partisans malhabiles du seul parti Cndd-Fdd, parce que présidentiel sortant? N’est-ce pas que cette Constitution nationale et Accords d’Arusha ont été instaurés pour le bien et dans l’intérêt de tous les barundi et de leur Pays? Quel burundais, réellement, est prêt aujourd’hui à vivre dans un Pays anarchique, dans lequel tout homme fort s’attribue illégalement le droit d’imposer ses propres lois à tout passant? Personne, je l’espère! Et pourquoi ne pas respecter la Constitution nationale et les Accords d’Arusha, s’ils ont été établis pour régir et servir également de barricade aux politiciens et partisans politiques incrédules, haineux et sans conscience ni scrupules, tel que Nkurunziza et ses pros et acolytes? On ne se le cachera pas que tant et aussi longtemps les chefs d’État burundais, primordialement, voudront à tout prix s’accrocher au pouvoir et/ou s’approprier des mandats irréguliers avec toutes les conséquences macabres que cela comporte, le Burundi et ses citoyens, toutes ethnies confondues, n’auront jamais de répit. On parle aujourd’hui sur la crise politique burundaise qui n’a jusqu’ici d’issue probante, il y a également un dur ambargo qui s’emmène à grand pas au Burundi. Des citoyens paisibles viennent faire face encore à l’exil, des massacres ciblés sont en cours, la chasse à l’homme aussi; tous des crimes et répressions odieux opérés par la police, milice et militaires de Nkurunziza. Personne n’a plus droit à la parole dans son Pays natal, les média privés ont tous été saccagés et mis à feu, les contestataires qui luttent pour le respect de la Loi sont emprisonnés, l’Opposition a été réduit à néant, les élections en cours se font qu’en faveur d’un et d’un seul parti, ici Cndd-Fdd présidentiel, et donne déjà pour vainqueur le président sortant Nkurunziza. Que des maux et irrégularités qui s’observent aujourd’hui au Burundi. Et un citoyen honnête et incorruptible qui ne se dévoue que pour des lendemains luisants de sa chère Patrie et compatriotes, ne peut fermer les yeux devant un tel pénible et facheux constat! Alors, que tous les burundais ensemble, y compris toi aussi Dester n’abiyumvira nkawe, disent «NON» à cette effrayante recrudescence des crimes politiques au Burundi dus à un mandat forcé. Nkurunziza doit donc disposer pour le bien du Burundi et de son Peuple, car de la politique rachitique, médiocre, humiliante, dégradante, honteuse, fatale, ségrégationniste au Burundi, on en veut plus!

  2. kimeneke

    Harya uwuhanurwa aba azovayo

  3. Shaka

    @Jean-Pierre Ayuhu :«… je loue votre vision et regard qui diffère des va-en-guerre belges »

    Mr Ayuhu n’essaie pas de tourner autour du pot en évitant expressément de condamner les véritables auteurs des crimes sociaux, politiques et économiques en cours au Burundi, ici Nkurunziza et son Gouvernement. Débats et vise la principale cible et porte-malheur du Burundi aujourd’hui. Il faut que Nkurunziza arrête de tuer et museler les contestataires de son 3è mandat inconstitutionnel, et de s’enrichir illicitement sur le dos des banyagihugu aussi! Relis-toi, s’il te plaît, Mr Ayuhu, et dis-moi une seule de tes phrases qui tient pour responsable Nkurunziza de tous ces problèmes dont tu n’ignores pourtant pas, et qui sont mêmes le reflet du manquement grave et flagrant à son devoir de Président et non des Belges ou leur Royaume! Toutes tes interventions sur la crise politique actuelle du Burundi te trahissent sur toute la ligne, Mr Ayuhu, et je pense que tu n’as aucun intérêt de rester esclave ou collé à Nkurunziza s’il est à la veille d’oublier complètement que tu as été à son chevet!… Il doit dégager, trop c’est trop!…

  4. Harusha

    Je pense sans dire bcps de choses que les accords peu importe à un début et une fin?? Regardons partout au monde où a été signé les accords, il y a une durée X,Y Z que ses accords doivent durer. Sinon, les accords seront synonyme de pérennant. Et en plus les accords qui ne sont pas équitables n’ont pas de valeurs. merci

  5. Bayubahe

    Dans la Région des Grands Lacs dont relève le Burundi, c’est les présidents et leurs gouvernements respectifs qui font la pluie et le beau temps. Si la Société civile burundaise et les mouvements contestataires populaires ont osé aller dans les rues pour dire non au 3è mandat de Nkurunziza inconstitutionnel, c’est vraiment un grand pas pour le Burundi. Il ne faut donc pas lâcher le morceau pour que cela sert également de leçon pour les prochains présidents du Burundi qui voudront violer la Constitution nationale ou la modifier pour leurs propres intérêts ou pour des intérêts partisans. L’intérêt du Peuple avant tout! Nkurunziza s’est disqualifié sur ce point, et il doit dégager. Ntibishoboka ko ahuma amaso abanyagihugu bose! Abakibona tumwiyamirize sinon Uburundi bwose bwoba bugowe! …

  6. « Souvenez-vous de ce que vous avez construit à Arusha »
    Son Excellence ,l’Ambassadeur Jacques Pitteloud parle à qui ? A nous tous et plus particulièrement à vous qu’il a reçus. On ne doit pas se servir des accords d’Arusha pour détruire le pays.Car en ce moment tous les accords d’Arusha sont réduits en deux mots « 3ème mandats ».
    « L’accord d’Arusha a permis au Burundi de connaître plus 10 ans de paix et de stabilité relative mais de stabilité tout de même et d’ouverture. Il est trop tôt, beaucoup trop tôt pour y toucher. »
    Pour qu’un accord apporte la paix et la stabilité dans une situation donnée pendant plus de 10 ans, il a fallu que celui qui a piloté la mise en application de cet accord soit un homme de paix.

    « En tant que représentant d’un pays qui change de président chaque année, je ne peux que souligner la récente prise de position américaine qui dit préférer des « institutions fortes à des hommes forts  »
    Son Excellence le Président Paul Kagame dit que les institutions fortes ne peuvent exister que s’il y a des hommes forts pour les mettre en place.

    • Yves

      Accord d’Arusha, Article 7, alinéa 3 : « NUL NE PEUT EXERCER PLUS DE DEUX MANDATS PRESIDENTIELS ». C’est clair et c’est net, et vos contorsions et celles de vos partisans sont vaines : M. Nkurunziza a fait son temps et doit renoncer à son troisième mandat, pour le salut du Burundi, votre pays que votre si cher Président est en train de conduire à la ruine (après dix années de gestion calamiteuse). Rien n’empêche le parti présidentiel d’envoyer un autre candidat par contre…

  7. kindros

    ntitugire ubwoba, Peter va se retirer des présidentielles, , musijali

  8. ntiwihebure

    Il a quand même dit, beaucoup et apparemment du fond: nous, burundais sommes des acteurs et non des spectateurs à qui appartient le choix et ses conséquences. J’adore vraiment! fallait lui demander aussi son point de vue sur l’attitude des autres pays comme la Belgique.

  9. Jean-Pierre Ayuhu

    Cher Ambassadeur Pitteloud,
    J’ai connu la Suisse à des moments de ma vie et je dois vous dire que je loue votre vision et regard qui diffère des va-en-guerre belges comme si les séquelles de leur médiocrité durant la colonisation et après, n’ont pas suffi..C’est un pays qui met le travail en avant, la politique étant une affaire des miliciens et par ailleurs votre armée. Et si le Burundi en arrivait là!
    C’est au Burundais de grandir, d’apprendre à aimer leur pays, de ne pas souhaiter qu’il sombre comme le prônent les ténors de cette fameuse société civile qui invite le monde à asphyxier, un pays déjà en difficulté..
    C’est par un essor économique, de l’emploi pour tous et pour les jeunes en particulier que le pays s’en sortira. S’il y a des bombes à destruction massive, c’est une jeunesse désœuvrée et cela se voit à travers les manifestants, ce sont de jeunes gens que les tenors de la société mobilise car mobilisable car ils ‘ont rien à faire!
    La politique dans ce pays, c’est le seul entreprise qui donne du travail…d’où les déchirements auxquels vous avez assisté…Ils sont là, parce que tout le monde veut accéder au marché de l’emploi qui n’est ni moins ni plus que le pouvoir..

    • Baobab

      @Jean-Pierre Ayuhu
      « C’est au Burundais de grandir, d’apprendre à aimer leur pays, de ne pas souhaiter qu’il sombre comme le prônent les ténors de cette fameuse société civile qui invite le monde à asphyxier, un pays déjà en difficulté.. »
      Ceux qui souhaitent que le Burundi sombre sont non seulement, ceux qui demandent l’asphyxie du pays, mais également ceux qui donnent un signal aux investisseurs potentiels qui montre que l’alternance politique dans la paix et la sérénité dans ce pays est un rêve!

      • Jean-Pierre Ayuhu

        Monsieur Baobab,
        Vous avez raison…je n’ai pas exonérer le pouvoir de leur responsabilité dans les drames ( humains, économiques, sociaux etcc) que le pays vit. Il y a toute une éducation morale à donner, non pas seulement aux enfants mais aussi aux adultes car se sont de grands enfants et là, c’est dangereux parce que redressé un baobab, il faut y aller…
        Portez-vous bien !

    • Bajita

      Oui, en Afrique le moment de l’alternance est toujours critique, c’est meme la base qui rassure pour un bon depart. Faut-il violer un article important d’un accord pour ensuite parler de l’existence de ce dernier???
      Ce mensonge (transforme en haine ) envers la societe civile n’est pas de nos jours, elle date du temps de l’assassinat de Manirumva. L’essor economique dont vous parlez n’a pu toucher que quelques parstisans du systeme (surtout le noyau), via la corruption, l’injustice et l’illegalite! Des jeunes employes, bon oui sur presentation des cartes du parti (ou Imbonerakure) ou encore via le canal de la corruption. Cet amour patriotique qui est tres tres rare dans les actes reels de ceux qui gouvernent mais qu’on exige a la societe civile…..

  10. roza kamikazi

    bien dit monsieur l’ambassadeur.

    • Nico ntunva sinhsobora kwunva ingene umuntu atarondera inyungu general de la population. Naho ndu muntu muto ntakintu nakimwe kwisi cotuma ntora inzira yotuma bene igihugu bahunga. L asile est amere uwo bitarashikira ntaze avyifuze, no notre pays etais , elle est bon . Jewe ndavye ingene abandi bakunda ibihugu vyabo sintahura. Mbega ubwo Burundi dutabagura ejo tuzoja he , amatungo yo kwisi ntaco maze. Uwufise abantu aba afise vyishi. Mbega amatungo yokurira mu gahinga amaze iki. Nawe nyene ntagire nwgababaje twebwe nawe nyene ntiyikunda ntakunda nu muryango wiwe none yakoreye iki kuriyisi, ko na bana biwe batazodeya batazoba mu Burundi. Igihe yitanga akaja muri rebellion , akagogwa nagira yarondera u Burundi buzira akarenganyo yarondera ngo aze asasagare mu buzukuru , abakwe mu bakazana, ewe ntagire ngwababaje twebwe gusa nawe nyene aribabaje. Kaburahe ndagusavye iyi message yanje uyireke harinaho yoyisoma, ndabigusavye murakoze.

      • hat

        Mr l ambassadeur, plusieurs pays dont la Suisse et organismes internationaux ont beaucoup aidé pour l aboutissement des accords de Arusha. Aujourd’hui qu’ils sont transgressé on a l impression que cela ne vous regarde pas. J avoue que je ne vous comprend pas.

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