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Interview exclusive – Wolfram Vetter : « Pour l’UE, le dialogue à Arusha est la seule option. »

13-04-2017

Dialogue politique, coopération, droits de l’Homme…Le diplomate s’exprime de manière très ouverte sur plusieurs questions de l’heure. Entretien

 

wolfram-vetterQuelle est votre appréciation par rapport à la situation politique actuelle au Burundi ?

Je crois que l’expérience européenne peut aider dans la réflexion. Souvenons-nous, l’Europe a connu des crises graves, très violentes. Je fais allusion aux deux guerres mondiales. La leçon qu’on a tirée en Europe est qu’il faut vraiment trouver des compromis, essayer toujours de trouver un consensus sur les grandes questions.

Vous parlez de l’Europe là !

Mais la recherche d’un consensus s’applique aussi bien pour le Burundi. Toutefois, nous observons aujourd’hui un manque de volonté allant dans ce sens, les voix qui cherchent le compromis sont vraiment faibles.

Parmi les questions de l’heure, celle de la modification de la Constitution divise la classe politique. Votre avis.

Il n’y a pas actuellement un environnement qui permet d’avoir un consensus autour d’une question aussi importante que la modification de la Constitution. Et ce n’est surtout pas le moment de prendre des décisions tendant à l’abandon des principes d’Arusha. Il faut avoir un consensus plus large dans la société. Or, le pays n’est pas encore sorti de la crise déclenchée en 2015. Le dialogue tourne au ralenti et nous avons 400.000 réfugiés. Une partie de la classe politique ainsi que de la société civile et du secteur privé est en exil et ne peut pas participer aux discussions.

Quid des pourparlers d’Arusha ?

Il faut vraiment soutenir le processus d’Arusha, la facilitation de l’ex-président Mkapa. Pour nous c’est la seule option pour obtenir un dialogue inclusif inter-burundais qui permettra vraiment de développer ensemble une feuille de route de sortie de crise. Le processus est en route, mais il nécessite un soutien plus fort de toutes les parties prenantes.

Trouvez-vous les autres pays impliqués dans le processus ?

Il faut en effet avoir le soutien de la région, mais aussi de la sous-région au plus haut niveau. Cela manque un peu pour le moment. Mais l’UE continue à soutenir ce processus comme étant, je le répète, la seule option de sortie de crise.

Le président Nkurunziza a refusé l’immunité demandée par Mkapa à ceux qui sont poursuivis par la justice. Qu’en dites-vous ?

Nous soutenons l’effort de la facilitation de Benjamin Mkapa et j’estime qu’il fallait plutôt suivre sa proposition pour une sortie de crise. Sinon on risque de rester dans l’impasse. Quant aux personnes qui peuvent intervenir au dialogue ou pas, il faut vraiment faire la part des choses. Il y a d’un côté des gens qui ont pris les armes. Et cela n’est pas acceptable et il est clair qu’ils n’ont pas de place à la table de négociations. En revanche, il y a par ailleurs des personnes qui étaient en faveur d’un changement, ou contre un troisième mandat. Ces dernières doivent être représentées d’une façon ou d’une autre.

A propos de la chanson qui fait l’apologie du viol

M. Vetter n’y va pas par quatre chemins. Cette chanson l’a choqué. Selon lui, l’UE estime qu’il est très positif que le parti au pouvoir ait jugé inacceptable cette chanson qui appelle clairement au viol des femmes opposantes. « A ce stade l’UE est d’accord avec le Cndd-Fdd lorsqu’il condamne ces propos. En revanche, nous considérons que c’est un acte si grave qu’il doit y avoir une enquête judiciaire et un suivi ». L’Ambassadeur de l’UE estime que « dans ce cas-là c’est extrêmement important. La question des violences contre les femmes et les filles est une question qui est étroitement suivie par la Communauté internationale. » M. Vetter espère que le gouvernement « va montrer sa volonté de sanctionner un tel acte. »

Quelle est votre appréciation de la situation des droits de l’Homme au Burundi ?

Ce n’est pas facile d’avoir réellement une appréciation exacte de la situation. C’est pour cela qu’il est très important qu’on laisse travailler les organes compétents comme le Bureau des Nations Unies ainsi que les observateurs de l’Union africaine qui peuvent faire ce travail. Néanmoins, les informations que nous recevons sont vraiment préoccupantes. Nous n’observons aucune amélioration de la situation ces derniers mois. En témoignent plusieurs cas d’arrestation, de disparition, de torture ainsi que des cadavres qui sont retrouvés régulièrement.

En mars 2016, l’Union européenne et les Etats membres ont décidé de prendre des mesures appropriées et de geler une partie de la coopération c’est-à-dire l’appui direct au gouvernement. La situation n’a pas changé ?

Pour sortir de cette impasse, on a défini très clairement les engagements attendus de la part du Gouvernement burundais. Il s’agit, entre autres, du dialogue inclusif assuré par la médiation régionale, la réouverture d’un espace politique. Il s’agit également d’assurer un espace politique pour la société civile, de permettre aux médias indépendants de travailler ainsi que d’assurer le suivi judiciaire des cas de torture avérés. C’est clairement défini. Et s’il y a un progrès sur au moins une de ces attentes, l’UE pourra progressivement réengager la coopération avec le Gouvernement burundais. Mais je voudrais également rappeler que nous continuons à œuvrer dans des secteurs tels que la santé, la nutrition et l’énergie. A cet effet, nous avons débloqué une somme de 55 millions d’euros en faveur du Burundi l’année dernière.

Avez-vous noté une amélioration tendant à une reprise de la coopération ?

Sur le fond, pas vraiment. On essaie de suivre cela de très près. Néanmoins, notre analyse est qu’il y a aujourd’hui des signes d’ouverture de la part du Gouvernement. En clair, l’atmosphère s’est améliorée, et d’ailleurs les contacts n’ont jamais été interrompus avec les autorités de l’Etat. Quelques mesures encourageantes ont été prises. Il s’agit notamment de la libération des prisonniers du parti MSD; il y a aussi la reconnaissance de l’existence d’une crise humanitaire et le lancement d’un plan humanitaire. J’essaie d’encourager à continuer dans cette voie-là. Je garde espoir, et je reste optimiste. Je reste convaincu que les membres du Gouvernement sont réengagés à travailler avec la communauté internationale.

Quel est votre message à toute la classe politique burundaise, que ce soit le Gouvernement et l’opposition ?

Le message est le même pour les deux côtés. Il faut vraiment participer au dialogue avec un esprit ouvert. Il faut que ce processus soit inclusif. Personne ne devrait donc avancer de conditions préalables au dialogue, auquel cas il est très difficile de progresser vers un accord. Je voudrais aussi leur rappeler que des discussions entre amis ne servent pas beaucoup. Il faut aussi avoir à l’esprit que l’on doit discuter avec ses adversaires ou même ses ennemis.

  21   Vos commentaires
  1. Salmia Irikungoma

    Barundi, mwizeye yuko le pouvoir Nkurunziza et ses acolytes biyemerera amabi bakorera abarundi ! Womenga murindiriye yuko bemanga amahano bariko barakorera abanyagihugu. Ntavyo bazokwigwra bemanga bonyene ……………….. Abarundi nibo bazobona yuko bari mu ntwaro iyovya abanyagihugu.

  2. Oscar Ninteretse

    « Le pays n’est pas encore sorti de la crise déclenchée en 2015. Le dialogue tourne au ralenti et nous avons 400.000 réfugiés. Une partie de la classe politique ainsi que de la société civile et du secteur privé est en exil et ne peut pas participer aux discussions ».

    Le Burundi a produit des réfugiés au cours tous les massacres ciclyques que les différents régimes successifs ont perpétrés (1965, 1972, 1988, 1993). Les différentes tentatives de réorganiser le pays, inclure l’un ou l’autre dans le gouvernement, n’ont jamais associé les réfugiés dans leur semblant dialogues. Si pour l’instant une frange de ces réfugiés a le soutien de l’UE, les USA, l’EAC, l’UA, il y une certaine nouvelle donne dans la politique internationale. Si le gouvernement n’entend pas négocier avec ceux qui ont pris les armes, il me semble que l’ambassadeur est d’accord lui aussi: « Quant aux personnes qui peuvent intervenir au dialogue ou pas, il faut vraiment faire la part des choses. Il y a d’un côté des gens qui ont pris les armes. Et cela n’est pas acceptable et il est clair qu’ils n’ont pas de place à la table de négociations ».

  3. Kirezi

    Ces fossoyeurs du Burundi; allez voir ailleurs. Pourquoi l’Europe ne négocie pas avec les Islamistes, les terroristes? Seul le Burundi doit négocier avec les terroristes parce qu’ils ont , eux, droit de tuer. Maudits soient ceux qui ont cherchent à anéantir le Burundi.
    Vous avez rêvé voir le génocide au Burundi en 2015, vous en rêvez toujours mais il n’arrivera plus jamais. Le peuple burundais vous a compris.

  4. Ayuhu Jean Pierre

    Chers tous,
    Pour avoir la chance de sillonner régulièrement ce beau pays qu’est le Burundi, je peux affirmer que les affirmations de ce diplomate sont totalement fantaisiste et alarmantes pour un sou ( pour rien, je veux dire). Depuis l’échec de la tentative de renverser nos institutions et d’imposer à la tête de l’état des hommes et femmes acquis à la cause de certains pays occidentaux, tout est bon pour nuire et salir notre pays..
    Des arrestations sont une réalité mai spas une exclusivité du seul Burundi puisque des arrestations sont aussi observés en Belgique, en France, au Rwanda et ailleurs dans le monde. C’est comme si au Burundi il doit y avoir des hommes et femmes dont le monde a exonéré de la commission de crime – même s’ils devaient en commettre!- Finalement pour être un brave, il faut « braver » les institutions.
    Nous sommes un pays et une région où les morts ne valent pas la même chose et où la compassion est sélective, y compris envers les criminels. Je ne connais un pays/région du monde où deux présidents sont assassiné en l’espace de 5 mois, des ministres et beaucoup d’autres autorités et où ce monde qui a vu naitre ce gentils diplomate se taire face à ce genre de drame comme si ces faits relèvent de la fatalité!
    J’avais envie de provoquer:
    Si cet ambassadeur et ses amis cherchent à asphyxier le Burundi parce que la cour constitutionnelle a validé la candidature de M. Nkurunziza pour un mandat presidentiel allant de 2015 à 2020, que faire de Museveni ( 28 ans), Obiang Nguema (30 ans), Paul Biya ( 32 ans), Mugabe ( 26 ans), Santos ( 34 ans). Il faut abolir les peuples de ces pays…
    Non, au Burundi, tout intellectuel doit avouer que les 2 articles de la discorde ne pouvaient que produire ce qu’ils ont produit. Maudits sont ceux qui ont écrit cette constitution et qui ont sciellement laissé ce flou « constitutionnel »..
    Est pris celui qui voulait prendre, dit-on!

    • Jereve

      Permettez-moi d’être léger et vous demander de préciser si vous sillonnez régulièrement le Nkurundi ou le Burundi. Car le premier est beau et tout ce qui s’y passe est beau, mais il est réservé à certaines personnes comme vous. Le deuxième, le vrai, qui appartient à tous les burundais est beau (je rêve en disant cela) mais ce qui s’y passe aujourd’hui n’est pas beau.

    • Etant diplomate, il a tout dit. Quant à votre commentaire-fleuve, il contient un nombre intoléble pour l' »intellectuel » que vous êtes même si un inellectuel ne doit pas nécessairement comprendre le Français; j’essaie de suivre le sens dans lequel vous paraissez comprendre ce mot.

    • roger crettol

      @ Ayuhu Jean Pierre
      « la tentative de renverser nos institutions, etc… »
      Dans les pays qui ont une certaine tradition démocratique, ou qui y aspirent, le détenteur du pouvoir prépare sa succession et met en avant un dauphin, de manière plus ou moins ouverte.
      Ce que n’a jamais fait votre Surpopulaire et Excellent Président – se considérant comme le seul digne de présider aux destinées du pays. Avait–il à se soucier de la constitution ? Le pouvoir vient de Dieu, et prime toute considération légaliste – au Royaume de Misère.

      Si la constitution avait été respectée, cette malheureuse tentative n’aurait pas eu de raison d’être.

      Quand au refrain sur la méchanceté subversive de l’étranger qui a fomenté ces troubles et tenté d’imposer ses valets à la tête des institutions, il faudra le répéter bien plus souvent que vous ne le faites pour qu’il acquière un semblant de vraisemblance.

      • Gacece

        @roger crettol
        « […] Si la constitution avait été respectée, cette malheureuse tentative n’aurait pas eu de raison d’être.[…] »

        Donc selon vous, la tentative de coup d’état est justifiée par le nom respect de la constitution?

        Ayez au moins la décence d’être FairPlay, si vous condamnez les pratiques et décisions anti-démocratiques, ne condamnez pas une seule, condamnez-les toutes! Ce n’est pas parce que quelqu’un choisit de commettre un mal qu’on doit doit choisir d’y répondre par un autre mal.

        Un mal reste un mal, peu importe qui le fait!

        Maintenant on doit se demander quel mal, entre le non-respect de la constitution (votre opinion) et la tentative de coup d’état, a causé le plus de malheurs. Et n’essayez pas de convaincre encore qu’un coup d’état était la seule option possible.

        • roger crettol

          @ Gacece
          « Un mal reste un mal, peu importe qui le fait »
          Oui. Cela vaut pour les actions du parti au pouvoir et pour les oppositionis.
          Mais je maintiens que l’origine de cette crise est à mettre au compte de P. Nkurunziza et à sa décision – de longue date – de briguer un troisième mandat, en dépit des dispositions de la constitution.
          Dès les premiers jours, les manifestants opposés à cette candidature ont été sommairement qualifiés d’insurgés, et traités comme tels. Tout l’historique de la crise est placé sous le signe de la confrontation délibérée. Dans la droite continuation du mépris affiché pour les diverses oppositions depuis 2005.

          C’est à leurs fruits que vous les jugerez.
          Au terme de deux ans de crises et de luttes : 350’000 réfugiés dans les pays limitrophes, un bon millier de morts, des exécutions extra-judiciaires, des arrestations arbitraires, le démantèlement des organisations de la société civile, et un pays livré à des clivages et traumatismes dont il n’y pas le moindre besoin.

          Les problèmes de droit foncier liés au retour des réfugiés sont difficiles à régler. Etait-il nécessaire d’en rajouter ? Quelle vision a donc le Président de l’unité du pays, lui qui devrait en être le garant ?

          • roger crettol

            @ Gacece, II
            On peut objecter à mes propos que, pour certaines d’entre elles, les oppositions se sont comportées comme des enfants gâtés ou irresponsables. Dès 2005. Soit.

            Mais, dans ma tête d’européen borné, celui qui a davantage de pouvoir a également une plus grande part de responsabilité. Alors, qu’on me dise quelles actions le gouvernement a pu entreprendre – directement ou par des intermédiaires – pour amener les oppositions récalcitrantes à une attitude plus saine et soucieuse des intérêts du pays ? Qu’on me le dise …

            Je crois moi, que le gouvernement s’est très bien accommodé de cette opposition qui jouait l’obstruction, ce qui cadrait parfaitement avec la logique d’affrontement si naturelle aux cadres d’une ancienne rébellion.

            L’intérêt du pays – demandez à Zazie. Une des composantes de cette rébellion s’appelait Palipehutu-FNL. Le Parti pour la Libération (Domination ?) du Peuple Hutu est-il réellement l’entité à qui confier le destin du pays, s’il garde cette idéologie ?

            La Libération est intervenue avec la mise en place des dispositions de l’accord d’Arusha. Mais il faillait davantage, et c’est pour cette raison-là que le Burundi est encore en crise.

          • Gacece

            Décidément vous ne faites que répéter et répéter les accusations de l’opposition. Mais même si je soupçonne que vous choisissez d’occulter la partie qui ne vous arrange pas, celle où c’est l’opposition qui devrait être accusée d’être à l’origine de la plupart des crises qui ont endeuillé le plus le Burundi, je vais vous en donner une autre perception.

            – En 1993, Ndadaye a gané les élections, l’opposion (ou ceux qui étaient au pouvoir avant ces élections) sont sortis dans les rues pour dénoncer des « élections ethniques », un terme vide de sens que je ne comprends toujours pas. Pourtant, moi qui avais voté à ce moment-là, je n’ai jamais entendu dans les campagnes des candidats appelant à voter pour un hutu ou pour un tutsi, même si peut-être ça se faisait en apparté entre amis ou en famille. Ce n’est qu’après le coup d’état et les massacres qui s’en sont suivi que nous avons entendu avec horreur les significations qui ont été collées aux expressions utilisées pendant les campagnes électorales. Je vous réserve de ces mots, mais j’ai l’impression que vous les avez entendus et avez adopté leur sens d’après les massacres et non celui des campagnes électorales.

            Après les élections de 2005, les anciens tenants des reines du pouvoir (Uprona et Frodebu) s’attendent à ce que le CNDD-FDD « rentre dans le moule » des anciennes pratiques et se laisse guider (entendez par là « manipuler » comme le Frodebu d’après Ndadaye. Quand ils se se rendus compte que ce ne serait pas possibles, les louanges et les attentes alléchantes se sont tranformées en invectives, certains ayant sous-estimé l’organisation et la préparation des anciens maquisards. Le reste, on le connais : sabotage, diabolisation, tentatives de division,…

            En 2010, la parade qu’a trouvée l’opposition pour justifier sa déroute au premier tour des élections, c’était, contre toute attente, une « fraude massive des élections ». Et pourtant, tous les observateurs locaux, régionaux et internationaux présents les avaient validées.

            En 2015, printemps arabe et autres « mouvements citoyens » inspirant, manifestations et tentative de coup d’état avant la fin du mandat, légal celui-là! Autres élections, autre crainte de défaite aux élections, autre prétexte.

            La différence entre vous et moi dans notre interprétation se trouve dans les motivations derrière la succession des événements observés.

            – Manifester contre la candidature de quelqu’un (qui n’est même pas votre candidat) quand on sait qu’on peut le battre en élection, c’est absurde!

            – Tenter un coup d’état contre quelqu’un, quand on sait qu’on peut le battre en élection, c’est aussi absurde!

            Ma question est la suivante : « Est-ce qu’à l’opposition ils croyaient qu’ils pouvaient le battre en élection? »

            Répondez honnêtement à cette simple question et vous saurez la vrai raison derrière les différentes crises qu’il y a eu depuis 1993. Peu importe les autres justifications qui vont vous venir à la tête, la vrai raison reste celle-là!

            La preuve irréfutable est que si le CNDD-FDD craignait de perdre les élections en présentant Nkurunziza, ils ne l’auraient jamais désigné comme leur candidat.

            Si les manifestations et la tentative de coup d’état avait eu lieu après les élections, j’aurais pu comprendre que c’est contre un troisième mandat! Mais là, la logique ne tient pas… pour moi seulement. Pour vous ou les autres, c’est votre droit de penser autrement.

            • roger crettol

              @ Gacece, III
              « Décidément vous ne faites que répéter et répéter les accusations de l’opposition.  »

              C’est bien possible.
              Mails il faut que vous sachiez que je n’ai jamais eu de contacts directs avec des personnes « de l’opposition ». Quand je lisais, en 2006/2007, les articles de Gratien Rukindikiza, j’avais les mêmes réactions que j’ai eues en 2015 et 2016 en lisant ceux de DAM sur Burundi AGnews : ces gens-là sont « à coté de la plaque », et la violence de leurs propos me répugne.

              De fait, mes contacts les plus étroits l’ont été avec des Hutus, sympathisants du CNDD-FDD et plus ou moins proches des cercles dirigeants. J’ai entendu parler de Micombero et du génocide de 1972 dans l’ouvrage que l’un d’eux avais publié, et mes sympathies étaient assurément du côté d’une population injustement et cruellement opprimée. Par la suite, j’ai appris que des Tutsis avaient été, eux aussi, victimes de violences, de moindre ampleur.

              Ce que je reproche au gouvernement (du droit de « sale gueule » européenne), c’est de n’avoir pas pu – ou voulu – faire évoluer davantage les rapports entre factions anciennement ennemies, et d’avoir imposé en plus à votre pays une crise dont les effets néfastes se feront sentir longtemps encore.

              La pacification « en profondeur » présupposait le travail d’une CVR qu’il a fallu dix ans pour mettre en place. Le gouvernement, issu principalement de personnes qui ont combattu dans la rébellion « pre-Arusha », était-il vraiment apte à promouvoir cette pacification ? Personnellement, j’en doute.

              Alors, en définitive, faut-il se dire que je répète sans réfléchir les accusations de l’opposition – ou bien que les accusations de l’opposition se recouvrent en partie avec les reproches que je formule ?

              Il y a au Burundi trop de souffrances portées par les parties aux différents conflits qui ont affecté et ruiné le pays. Ces souffrances, et le besoin de se protéger en s’appuyant sur « son groupe », compliquent singulièrement la vie et la réflexion politique. C’est déplorable – et inévitable, peut-être.

              Et en dépit de tous ces problèmes, on m’affirme que la population parvient à tisser des liens par-delà ces clivages historiques ou récents. Et je trouve cela très réjouissant.

            • Mahoro

              Ma question est la suivante : « Est-ce qu’à l’opposition ils croyaient qu’ils pouvaient le battre en élection? »

              Même au sein de son propre parti si il y avait de véritables élections ou un véritable débat démocratique il serait battu.

      • knowlegde

        @roger crettol
        Je pense que tu es au courant qu’à l’autre rive de la Kanyaru c’est plus que le même scenario qu’au Burundi. Mais….excuses-moi, là c’est la volonté du peuple qui domine et le pays est plus que développe que chez nous et c’est la raison pour laquelle qu’il est permis de faire du n’importe quoi à n’importe qui et comme on veut.

        • Gacece

          @roger crettol
          Pour ceux qui ont vécu et continuent de vivre de près l’histoire du Burundi, il y a une différence majeure entre les publications de Gratien Rukundikiza et AGNews :

          Les deux sites ou auteurs s’appuient principalement chacun sur l’ethnie pour faire avancer son idée. Là où le bats blesse, c’est que Rukindikiza incite à la haine et à la division ethnique (au sein de l’armée surtout, ayant été lui-même capitaine jusqu’à la veille de l’assassinat de Ndadaye) basées sur l’ethnie, tandis que le ou les rédacteurs de AGNews use de superlatifs et exagerations pour plutôt indexer l’Occident comme le coupable des divisions et clivages ethniques qui ont endeuillé le Burundi.

          Si vous aviez grandi au Burundi, vous auriez peut-être eu vent de la composition et de la distribution clanique de la société burundaise d’avant la colonisation. Les propos d’AGNews, aussi exagérés soient-ils, comportent une part de vérité (pas au niveau de l’accusation contre la Belgique ou l’Occident) historique quant aux compositions claniques de la société burundaise.

          Je ne sais pas si Micombero, Bagaza, Buyoya ou les autres sont ou étaient des himas, mais je sais qu’avant la colonisation, le clant des himas était intérdit d’accès au palais royal. C’est ce que j’ai appris et je ne saurais vous dire pour quelle raison ils étaient à ce point marginalisés. C’est peut-être même l’une des origines des conflits que nous observons actuellement. Notez que ceci n’était ni enseigné dans les écoles, ni ne se trouvait dans un quelcoque manuel d’histoire sur le burundi. C’était de la pure transmission par voix orale : contes, légendes et autres rites ou histoires traditionnelles.

          Alors pour moi, je condamne totalement tout (absolument tout!) ce que fait Rukindikiza. Malheureusement, cela n’empêchera rien! Il a toutes les tribunes dans les médias grâce à son réseau de contacts.

          Mais également je déplore et je condamne la façon dont AGNews tue, par l’exageration et l’extrapolation (sans doute motivées par des raisons que je ne connais pas) un contenu historique qui devrait servir de référence sur la véritable composition de la société burundaise d’avant la colonisation. Il serait intéressant (pour moi en tout cas) d’avoir accès à leurs archives pour enrichir mes connaisssnces.

          Pour terminer, les problèmes ethniques se trouvent – et j’exagère à peine! – parmi les gens « réputés » être instruits. La population de base, elle n’est qu’une victime impliquée, malgré elle, dans des rivalités entre intellectuels « qui-savent-ce-qu’ils-ont-le-plus-à-gagner-de-la-division-plutôt-que-de-l’unité! »

          Pour identifier le ou les coupables, c’est facile! Repérez celui qui appelle à la guerre plutôt qu’à la paix, celui qui appelle au boycott (des élections, du dialogue), celui qui veut piéger l’autre au lieu d’échanger avec parcimonie avec lui, celui qui se condidèrr comme le plus démocrate, celui qui appelle à l’isolement pour pouvoir accuser l’autre qu’il ne fait rien,… celui qui exige ce qu’il ne peut exiger pour être sûr qu’il n’y ait rien pour pouvoir accuser l’autre d’avoirune mauvaise foi,….

          Tout le monde veut prendre sa place! Le problème, c’est que chacun (de tout le monde) pense que c’est SA place et qu’il n’y a qu’une seule place! Cela voudrait-il dire que personne n’est à SA place ou n’aime SA place?

          Tout un dilemne!… PARADOXIAL!

        • RUGAMBA RUTAGANZWA

          @Knoweledge
          Si Pierre NKURUNZIZA faisait comme Paul KAGAME de l’autre rive de l’Akanyaru comme vous écrivez, je le voterais les yeux fermés ! Maintenant on a à faire à un …. (censuré ) qui est au pouvoir par la volonté (censuré)… ! La seule chose qui le préoccupe pour le moment ce n’est pas son bilan socio-économique désastreux avec un pays ruiné, une population désabusée dont près d’un demi-million a fui la répression du SNR, de la police et des Imbonerakure ! Non, ce qui préoccupe ce Monsieur c’est se maintenir au pouvoir coûte que coûte… ! Il n’a même pas froid aux yeux quand il regarde son bilan catastrophique et se dire : il est temps que je m’en aille !!! Non, au contraire, il fait réprimer le plus possible et de plus en plus farouchement pour qu’on lui cède le passage par la force.

    • Meurlsaut

      @Ayuhu Jean Pierre
       »Finalement pour être brave,il faut braver les institutions ».Non cher Ayuhu,on aimerait bien devenir chantres et adorateurs du pouvoir celeste(comme vous) sauf qu’on ne voit pas ce qu’on doit adorer chez le gang au pouvoir à Bujumbura! Sa lutte contre la corruption? Sa réussite économique? Sa gestion saine de biens commun? Son désastre social? Dites-nous franchement sur quoi faut-il tabler pour vous octroyer la palme d’or? Si non il faudra songer à vous offrir un bonnet d’âne!

    • Karanga

      @ Ayuhu Jean Pierre
      Vous êtes un marsien .

  5. Fofo

    [Ndlr: Nous n’observons aucune amélioration de la situation ces derniers mois. En témoignent plusieurs cas d’arrestation, de disparition, de torture ainsi que des cadavres qui sont retrouvés régulièrement.],
    De quelle amélioration parle-t-il? L’UE ne vous dira jamais qu’il y a eu une amélioration! Amélioration par rapport à quoi? Peut-il nous donner les périodes et les données comparatives de ces arrestations, disparitions et tortures pour que constater si l’amélioration il y a ou non? Sinon, parler sans aucune référence est une pure diversion ou juste un prétexte pour justifier les pressions qu’ils exercent sur les pays pauvres!

  6. Karanga

    Voilà un discours clair , assez diplomate mais dépouillé de langue de bois . Mais je ne sais si , dans les allées du pouvoir au Burundi , il y a un homme censé capable de comprendre le sens du message . Si non il va falloir renforcer le pressing pour pousser Bujumbura à appliquer Arusha et négocier . Mais surtout tout passe par la fin du harcelement des opposants et de tutsi en particulier. Mwavyumvise ?

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