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Club de la Presse

« Il n’y a véritablement pas de raison d’empêcher des manifestations »

« Il n’y a véritablement pas de raison d’empêcher les gens de manifester leur colère dans la rue, du moment que le Burundi ne vit pas une situation de guerre connue », a estimé Innocent Muhozi, directeur général de la radiotélévision Renaissance, sur le double refus du maire de la ville de Bujumbura. Aux organisations de la société civile, il a été interdit de marcher dans la rue et aux médias d’organiser une synergie à l’occasion de la commémoration du cinquième anniversaire de l’assassinat du militant anti-corruption, Ernest Manirumva. C’était à l’occasion de l’émission passée de club de la presse.

« C’est une affaire rocambolesque, car il est hors de question que le maire de la ville interdise une émission radio. C’est aussi totalement impossible de respecter ce genre de chose car le maire de la ville a abusé de son autorité », a-t-il soutenu. Le porte-parole du Sénat, Jérôme Nzokirantevye, est surtout revenu sur le traumatisme dans l’opinion des manifestations du 8 mars 2014 pour comprendre la peur du maire de Bujumbura. « Le 8 mars, il y a eu des manifestations tous azimuts. Moins d’un mois après, d’autres individus veulent manifester. Je n’aimerais pas que cela se reproduise, même si dans la nouvelle loi sur les manifestations, le droit de manifester est légitime. Mais une autorité peut empêcher des manifestations dans l’intérêt de la sécurité », a-t-il insisté.

De son côté, Filbert Musobozi, de la radio publique africaine(RPA) s’est réjoui du fait que le panel a bel et bien eu lieu, « sans aucun dérapage ». Pour le reste, « la décision du maire a été hâtive ». Et d’ajouter : « Lorsque des gens réclament justice, pourquoi le maire interdit une manifestation pacifique avec l’évolution du monde en petit village. Le maire devait plutôt autoriser et sécuriser la manifestation ».
Le conseil national de la communication (CNC) n’a pas jugé bon de réagir à la décision du maire de la ville de Bujumbura et nombreux sont les participants à l’émission qui voulaient savoir pourquoi un tel silence.

Papien Ruhotora, le nouveau secrétaire exécutif du CNC, s’en explique : « Nous réagissons en cas d’interventions qui pèchent contre la loi sur la presse, mais pas quand il s’agit d’accorder la permission de faire telle ou telle autre activité de terrain. Le CNC est encore là pour voir si les informations diffusées respectent la déontologie. Le CNC est aussi une administration indépendante et nous réagissons après avoir contacté tout le monde, sans hâte. »

  2   Vos commentaires
  1. Venant

    Bujumbura a un administrateur qui ne doit rendre compte qu’au chef de l’Etat et non un maire qui, par définition, est un élu.

  2. MWARO

    l’erreur de nos dirigents est qu’ils pensent qu’ils peuvent faire tout ce qu’ils veullent sans toutefois consulter les textes.

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