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Interviews

« Il faut soutenir la CVR ! »

19-09-2016

Contestée, accusée d’être inefficace et inopportune, la Commission Vérité et Réconciliation (CVR) est loin de faire l’unanimité. Son président, Mgr Nahimana s’accroche et lance un plaidoyer.

Mgr Jean Louis NahimanaA sa création, la CVR n’a pas fait l’unanimité, qu’en est-il aujourd’hui ?

La CVR, qui a pris beaucoup de temps avant d’être créée, a été mise en place au moment où le pays était plongé dans une nouvelle crise qui est née suite aux ratés du processus électoral. Ce qui ne favorise pas vraiment l’éclosion de la vérité dans un contexte où les intérêts, non seulement de la population, mais aussi de tous les protagonistes politiques, sont tournés ailleurs. Il y a eu beaucoup de débats, surtout les partis de l’opposition qui disaient que ce n’est pas le moment opportun pour mettre en place la CVR.

Mais cette période est passée…

Il y a aussi un défi du côté des partenaires techniques et financiers, notamment de la communauté internationale, qui était intéressée par la mission de la CVR, mais pour laquelle la priorité était les élections. Malheureusement nous avons été témoins de la manière dont ces élections se sont passées et des controverses et de la crise qui en sont nées. Au moment où on pensait que les gens allaient se rabattre sur la CVR, il a fallu faire appel aux sapeurs-pompiers pour essayer de limiter les dégâts.

Les protagonistes de la CVR avaient-ils raison ?

La CVR est appréciée différemment selon les personnes. Mais je crois que, juger à priori son travail, est une erreur. J’ai visité quelques pays qui ont l’expérience de la justice transitionnelle. Aucune de leurs commissions comme la nôtre n’a rencontré l’unanimité sur sa mission. C’est toujours après leur travail que ces commissions se sont forgé leur crédibilité. Même chez nous, il faut attendre que la CVR se mette réellement à l’œuvre, qu’elle approche les gens, qu’elle mette en place des mécanismes de transparence, mais surtout de participation de toute la population. Au stade où nous en sommes, selon le contexte, c’est peut-être difficile de convaincre, par manque de faits vérifiables.

Comment pourrez-vous approcher toute la population alors que certains Burundais sont en prison, en exil ou réfugiés ?

Tout est question de conviction. Ce que j’ai constaté, depuis les quelques mois que je suis à la tête de cette commission, c’est une sorte de léthargie. J’ai l’impression d’être en face d’une population qui a beaucoup souffert, qui a connu beaucoup de déceptions et qui a fini par verser dans la fatalité. Et, malheureusement, ils se demandent ce qui peut venir de cette commission. Ils ne veulent pas répondre aux invitations de la CVR et semblent vouloir assister à ce qu’elle pourra réaliser.

Pensez-vous que ce sera facile ?

Il y a beaucoup de moyens de faire émerger la vérité, notamment avec les technologies de communications. Le problème réside plutôt au stade des investigations pour vérifier la véracité de ces témoignages. La CVR ne peut prétendre remplir sa mission sans écouter les Burundais qui sont à l’extérieur du pays. Nous prévoyons de les rencontrer, eux ou les associations qui les représentent. Et, à mon avis, il sera plus facile pour les gens qui sont à l’extérieur du pays de témoigner, parce qu’ils sont plus libres que ceux qui sont ici au pays, compte tenu du contexte actuel.

Une chose c’est de les rencontrer, mais surtout les préparer pour rencontrer la commission, les amener à collaborer avec elle par les temps qui courent.

Aujourd’hui la commission est à la phase d’enregistrement des dépositions. D’aucuns se posent la question de savoir la différence avec les plaintes et les témoignages…

Il y a beaucoup de confusion en la matière. La CVR est un mécanisme non judiciaire, mais de vérité, pour réconcilier les Burundais, et non pour traquer des gens. On a connu dernièrement un cas malheureux ou une liste de soi-disant personnes coupables a été publiée. Seule la justice a la compétence de condamner des gens. C’est pourquoi la mission de la CVR exige des experts qui nous aideront à comprendre réellement ce qui s’est passé après que nous ayons recueilli les témoignages et fait des investigations.

Apparemment la tâche qui reste à accomplir est colossale, alors qu’il ne reste que deux ans à la CVR. Est-ce suffisant ?

Oui et non. Nous n’allons pas écouter exhaustivement tous les Burundais, mais nous allons nous focaliser sur les séquences historiques, les périodes ou il y a eu des violations massives des Droits de l’Homme.

Quelles sont ces périodes ?

1962, avec ce fameux cas des syndicalistes de Kamenge, 1965 où on a assisté vraiment aux premières violations massives des Droits de l’Homme, 1969 où il y a eu un coup d’Etat avorté suivi d’une répression qui a dépassé les limites. En 1971, des gens issus de Muramvya ont également été accusés à tort de la même infraction. Le paroxysme est 1972, ensuite 1988, avec Ntega et Marangara. Mais déjà en 1979, des opposants comme les Ntibantunganya et Ndadaye ont dû fuir le pays, et la CVR s’y intéressera aussi. En 1991, il y a eu la fameuse attaque du Palipehutu en mairie de Bujumbura. Depuis 1993, il y a eu une guerre durant plus de 13 ans et les gens continuent à mourir jusqu’aujourd’hui, même si le mandat de la CVR ne dépassera pas 2008.

Malgré le manque de moyens que vous avez soulevé, la CVR continue sa mission. Comment faites-vous ?

C’est vrai que la commission vit des moments délicats, presque de précarité, vu les moyens dont elle dispose. Par exemple, la loi prévoit qu’il y ait des démembrements de la commission dans toutes les provinces, mais les moyens n’ont pas suivi. Mais nous n’avons que le seul siège à Bujumbura, et même notre personnel est très réduit. Nous devons nous réajuster, et c’est pour cela que pour la phase des dépositions nous avons jugé bon de commencer par Bujumbura, qui est cosmopolite, la vitrine de tout le pays. Mais au lieu de rester inactifs, en attendant les moyens, nous avons décidé de ne pas croiser les bras et de travailler, en attendant des jours meilleurs.

Comment appréciez-vous la phase actuelle de la CVR?

C’est encore trop tôt pour se prononcer. Le premier constat néanmoins est que les gens ne sont pas suffisamment sensibilisés et préparés.

Peut-être que les gens ne se sentent pas rassurés ?

C’est une question très importante. Pour que notre mission soit remplie, il faut que les victimes soient prioritaires. Il est prévu des mécanismes de protection des témoins. L’idéal aurait été de les mettre en place avant même cette phase de déposition, qui se fera cependant en huis clos. Mais il y a des phases que nous ne pouvons pas entamer tant que ces mécanismes ne sont pas mis en place, notamment les audiences ou les confrontations entre les victimes et les auteurs qu’elles accusent. Ce sont des mécanismes qui sont déjà là, mais qui demandent aussi beaucoup de moyens. Par exemple s’il y a des témoins qui, pour des raisons de sécurité, doivent être exfiltrés.

C’est un travail qui nécessite l’étude de tous les risques possibles et la façon d’y pallier.

Aujourd’hui la CVR semble être laissée à elle-même. Si vous deviez lancer un appel, que diriez-vous ?

Je lance d’abord un appel aux victimes dont les témoignages sont le socle du travail de la commission. Il y a des associations, soi-disant des victimes, qui ont un rôle très important de sensibilisation, et non de critiques à longueur de journée de la CVR. Nous lançons aussi un appel au gouvernement. Une chose est d’avoir eu le courage de mettre la commission en place, ce que nous saluons, une autre est de doter de moyens pour faire son travail.

Nous demandons enfin à la communauté internationale de nous soutenir.

Je reste convaincu que la CVR est une chance pour le Burundi. Si on rate cette occasion, je pense que ce sera difficile d’avoir une autre commission. Elle a pris 14 ans pour être créée, si elle rate sa mission, il en faudra au moins 30 ans pour une autre.

  20   Vos commentaires
  1. Inyishu

    Comment pourrez-vous approcher toute la population alors que certains Burundais sont en prison, en exil ou réfugiés ? alors il faut attendre qu’ il n y es plus de prisonniers au Burundi pour que la CVR travail ? la monsieur le journaliste c’ est soutenir ceux que voudrait qu’il n y est jamais de CVR.

  2. Kimaranyi

    Je crois que la CVR devrait commencer au sein même du Cndd Fdd et dans l’organe dirigeant car il me semble qu’ils ne sont pas encore guérit . Cela se remarque par le fait qu’ils cherchent à transformer un problème politique en un conflit ethnique c’est à dire qu’ils ont toujours un réflexe ethnique . Je crois que monseigneur devrait commencer par là je suis sur qu’il comprend ce que je vais lui dire .

  3. Meurlsaut

    @ Nahimana.
    Les gens  »continuent à mourir jusqu’aujourd’hui… ».Mr Nahimana(vous m’excuserez de ne pas vous appeler Mgr puisqu’il s’agit d’un titre honorifique.N’en déplaise à ceux qui vous confondent avec un évêque sur ce site) le mieux serait de demander aux dd et au pouvoir actuel de cesser d’abord leurs crimes puisqu’on ne peut pas réconcilier les gens dont une bonne partie est en train de mourir.

    • Salehe

      Mon cher Ami je penses que tu ignore l’udeal de la commission CVR si non tu ne pouras pas dire tes propos non-construtifs. Au Burundi, les crimes ont été depuis, les crimes là jusqu’à maintenant, et les crimes seront toujours. Ce que la commission est entain de chercher est de savoir le Burundi pourqoi nous sommes dans les mêmes crimes. Pour cloturer si tu veux commence à travailler au moment où il n’y aurait des crimes au Burundi, tu attendras mais tu ne veras pas. Peut être qu’il y aura des miracles.

      • Meurlsaut

        @Salehe
        Mr en ce qui me concerne je pense et estime que qu’on réconcilie les gens qui acceptent d’abord de déposer la hache de guerre.Comment peux-tu dire que les crimes peuvent continuer d’un côté et de l’autre côté s’obstiner à casser les oreilles aux gens par des appels à la réconciliation.La réconciliation rime donc avec les crimes? Peut être dans la logique dd! Tes propos ne sont pas uniquement non- constructifs mais aussi épouvantables.

  4. Buryo Ode

    Bonsoir. Cette commission mérite le soutien, surtout des Burundais. Qu’ils soient conscientisés et consultés partout dans le monde où ils sont et dans le pays. Comme le dit la devise de Son Excellence l’Evêque Kaburungu Stanislas :
    « Ukuri nikwo kuzodukiza ». Il faut que toute la vérité éclate au grand jour pour que notre chère Patrie le Burundi guérisse de tout ses maux et que surtout la génération future soit sauvée.
    Est-ce que ce Crettol qui dit n’importe quoi est Burundais ? Iwacu, ne pubie plus des arguments des fanatiques du désordre pour ta dignité. Je vous invite à vérifier ses arguments car il ne mesure même pas combien il insulte notre peuple. Il se fait raconter des histoires et prend sa plume pour dire n’importe quoi et vous l’avalisez en publiant. Bientôt il se fera spécialiste de la question burundaise.

    • Yves

      Faut-il donc être Burundais pour avoir une opinion sur le Burundi ? Vous avez une très étrange conception de la liberté d’expression. Dans ce cas, il ne vous reste plus qu’à vous taire sur tout ce qui ne concerne pas le Burundi, mais suivrez-vous votre logique jusqu’au bout ? Notez que si cela vous dérange tant que cela, il vous reste toujours la possibilité d’aller sur d’autres médias pour défendre cette usine à gaz qu’est la CVR ^^ … Ah, on me glisse dans l’oreille qu’il n’y a aucun autre média digne de ce nom au Burundi car les « fanatiques du désordre », pour reprendre votre expression, les ont détruit. Quel dommage

  5. roger crettol

    Malgré tous les reproches – dont le plus fondé est qu’il aura fallu plus de dix ans pour mettre sur pied une CVR – malgré tous les reproches et toutes les craintes, l’européen naïf que je suis pense que le travail qu’entreprend la CVR est nécessaire et utile.

    Il est urgent et important au plus haut point de recueillir des dépositions, et il est à souhaiter que ces dépositions soient recueillies selon un protocole commun, et que l’accès à ces dépositions ne puisse donner lieu à des fuites. Ce qui demandera certainement des moyens, vu la durée du processus.

    On ne discerne pas d’alternative au processus de Vérité et Réconciliation pour donner une base saine à l’évolution de la société burundaise. La crise qui s’est annoncée avec la décision de P. Nkurunziza de briguer un troisième mandat en est la plus criante preuve – par les effets qu’elle a eus, et par les motivations qu’on peut soupçonner derrière cette décision.

    • Chez vous quand on conteste une decision on brule les gens, on lance des grenades sur les milieux publics comme les marches, les ecoles, eglise, bars? La cause profonde de la crise Burundaise c’est une petite partie de paliticiens sans assise politique qui ne veulent pas des elections et/ou la democratie et qui revent toujours des gouvernements de transition.

      • roger crettol

        Cher Jeremy,

        La CVR est nécessaire parce qu’on ne peut pas faire de politique décente dans un pays aussi divisé et tourmenté que l’est le Burundi après une cinquantaine d’années de violences, de classe ou ethniques.

        Toutes les violences ressurgies avec la crise actuelle, et les origines même de la crise, sont liées aux haines et aux divisions nées des tueries que le président de la CVR énumère dans l’article.

        Vos propos le montrent clairement : le Burundi, et bien des Burundais, souffrent des séquelles de ces tueries. J’en suis désolé pour vous.

  6. SENYAMWIZA Jean Claude

    La CVR n’est pas soutenable… ! Ce n’est ni plus ni moins qu’un instrument de manipulation politique du Gouvernement du CNDD-FDD pour essayer de faire diversion sur les dérapages et autres violations massives des droits de la personne humaine opérées par sa milice Imbonerakure ainsi que les forces de l’ordre dont la féroce police présidentielle SNR dans l’impunité totale depuis avril 2015. Comment pourrait-on soutenir un organe qui se met en place sur des tas de cadavres qui s’amoncèlent dans des fosses communes, cours d’eau et j’en passe. Comment peut-on soutenir une CVR qui se met en place dans un contexte de discours politique tribalisant qui diabolise et terrorise une partie de la population pour son appartenance ethnique? Qui réconcilie qui alors que chaque jour le pouvoir sème la haine et la division entre Burundais (udu parcelles tuzoca tuboneka, bazohera nk’ifu y’imijira et j’en passe….) par son discours et ses actes décriés par le monde entier ??? Monseigneur, que vous le vouliez ou non, vous donnez l’impression de soutenir le Gouvernement du CNDD-FDD, un Gouvernement qui tue chaque jour ses propres citoyens sans que la justice puisse enquêter. Mais Monseigneur, ouvrez donc grand les yeux et regardez ce qui se passe dans ce pays. Regardez, ce que fait le SNR, regardez les agissements de la police et des Imbonerakure à qui, je pense Pierre Nkurunziza a autorisé de disposer de droit de vie ou de mort sur tous ceux qui sont suspectés a tort ou a raison de ne pas soutenir son 3è mandat de plus en plus chaotique et sanglant. Toutes ces violations massives et autres crimes contre l’humanité sont opérées au vu et au su de tout le monde sans que la Justice (aux ordres du SNR et de la Police) ne s’en émeuve. Depuis avril 2015, le Burundi est pire que la jungle, une jungle dans laquelle nous a plongés un 3è mandat qui n’était en aucun cas nécessaire. Vous devriez vous démarquer de ce chaos la dont vous n’êtes en aucun cas responsable ni de près ni de loin. Vous devriez plutôt démissionner (il n’est jamais trop tard pour bien faire) de ce poste qui vous expose personnellement et qui, au lieu de vous glorifier, vous causera plus de tort que vous ne méritez pas du tout, Monseigneur car nous reconnaissons tous votre probité. La CVR n’est pas soutenable. Rendez donc votre tablier. Le plus tôt sera le mieux, pour votre image et votre probité, je crois.

    • James

      Esperons que cet homme de Dieu lise ton post. Tu a resume tous. Les questions que tout le monde se pose sauf les CNDD bien sur , et les inquietudes sur la CVR sont la. C’est a Monseigneur d’en tirer une lecon et de prendre une decision d’ubushingantahe. La CVR n’a pas de place dans un Pays ou les citoyens ne savent plus a quel sait se vouer pour ne pas etre tues. L’on se demande ce que Monseigneur s’attende de ces familles dont les leurs ont disparu, tues par le 3eme mandat illegal qui n’ont pas eu la chance de les enterer dignement, ces familles dont les leurs sont emprisones pour ne pas soutenir le meme mandat. Si jamais ils ont une verite a dire a la CVR pensez-vous Monseigneur que presentement leur souci est de venir vous parler de leur passe alors que le present les endeuille. Si leur verite n’a pas d’importance, la verite d’une partie de la population choisie conduira la CVR a l’echec. C’est d’ailleurs ce que le CNDD a voulu en tuant, en emprisonant et en exilant les opposants pour qu’il y’ait une seule verite. La CVR n’est soutenue que par les CNDD qui la creee dans le chaos pour leurs interets. Les hommes de Dieu ne devraient pas se laisser impliques dans les peches dont ils ne sont pas a l’origine.

    • Mariya Budangwa

      @Senyamwiza Jean-Claude
      Tu parles des enquêtes et de la justice, tu étais où depuis que l’impunité existe au Burundi?
      Pour toi on dirait que l’impunité est venu avec le pouvoir DD, détrompes-toi l’impunité est bien là depuis l’indépendance et ça prendra des gros moyens pour le combattre puisque les criminels courent toujours.

      • Meurlsaut

        @Mariya Budangwa.
        On en a marre avec cette chanson chez les dd qui consiste toujours à faire référence aux errements du passé pour cacher leurs crimes actuels et se donner bonne conscience.L’histoire ne jugera pas seulement le passé avec un CVR bidon mais aussi vos délits actuels chers dd!

        • Bakari

          @Meurlsaut
          Il semble que Mariya Budangwa dit la même chose que vous: condamner l’impunité passée, présente et future!
          A moins que je sois dur d’oreille!

  7. Jereve

    C’est ce qu’on appelle donner un os à ronger, c’est-à-dire confier quelque affaire à quelqu’un pour détourner son attention sur les vrais problèmes du moment. Les os qu’on nous jette comme ça, il y en a des paquets. Mentionnons seulement cette fameuse Commission Vérité et Réconciliation CVR, la Commission Nationale pour le Dialogue Interne CNDI, le flambeau de la paix qui, semble-t-il, a fait le tour du Burundi, les prix et médailles distribués aux agents les plus zélés du régime, les croisades et veillées de prières… Et pendant que nous rongeons les os, le cambrioleur casse tranquillement la baraque.

  8. Kabingo Dora

    Ok . Pourquoi ne pas lancer de « Fundraising » pour que la CVR soit financée par la population ou tout simplement ceux qui le veulent mais dans ce cas il ne faudra pas qu’elle soit sous la botte du pouvoir de Bujumbura

  9. Salmia Irikungoma

    Votre CVR concerne une petite composante de la population burundaise. Seuls ceux qui pensent comme Nkurunziza. Eux ils peuvent se reconcilier aujourd’hui. Eux seuls ont droits a vivre enpaix. Nous qui sommes entres d’etre decime et massacre, exile et torture, nous allons nous reconcilier avec vous qui avez la paix ? Vous allez vous reconcilier avec nos cadavres peut-etre !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

    • Collectif des Survivants du Genocide de

      Chers SENYAMWIZA Jean Claude et confrères ci-haut mentionnés,
      Je viens de lire vos commentaires avec intérêt particulier mais je trouve que certains Burundais , de loin ou de près sont des caméléons. Je me demande si au moins l’un de vous aurait perdu un memebre de la famille pour sentir ce gout amère d’être orphelin ou appelé Umwana w’umumenja sinon umumenja. Vous sauriez pourqoui la CVR a raison d’être. Une sagesse burundaise dit : « Nyene umupfu niwe aja ahanuka ». Si les victimes nous -mêmes nous ne levons pas pour exiger que ce drame soit reconnu comme génocide, personne d’autre ne le fera à notre place. Ntimundikindire ku muvyimba. N’oubliez pas chers frères qu’en 1972, plus de 500 000 Hutu ont été assassinés par les Hima dans un temps de guerre. Sans honte ni peur, vous réclamer la CVR et si elle commence ses investigations, vous criez haro.

      • Athanase Karayenga

        Mon cher Aloys Barutwanayo,

        Je pense, mais je pourrais me tromper et je prends le risque de t’écrire malgré l’incertitude, que ce commentaire a été rédigé par toi en tant que président du Collectif des Survivants du Génocide de 1972.

        Il me semble avoir reconnu les propos que tu m’as tenus il y a quelques années. Ces propos expriment une profonde blessure suite à l’assassinat de ton père bien-aimé dont tu as attendu le retour, en vain, durant toute ton enfance.

        Je m’empresse de te redire, avec la même émotion et la même sincère sympathie que je m’incline devant ta douleur et celle de ta famille. L’expression lamentable et combien condamnable de « bamenja » utilisée à l’époque constitue toujours une insulte insupportable.
        Je me permets d’intervenir dans ce débat, après ta contribution, non pas pour te contredire et encore moins pour nier la douleur et le chagrin immenses des familles des victimes du massacre massif de la population burundaise en 1972.

        Je sais, et permets-moi de le révéler aux lecteurs du site Iwacu, que ton père était hutu et ta mère tutsi. De ce fait, tu es au cœur de la convergence des drames qui endeuillent le Burundi. Et tu comprends, mieux que quiconque certainement, la douleur des familles des victimes et leur désir légitime de justice. Les victimes massacrées avant, pendant et après cet horrible et infâme « Ikiza de 1972 » sont principalement Hutu et Tutsi. Tu le sais, en bon historien que tu es, que des Tutsi, l’autre moitié de ton être, ont été aussi massacrés notamment en 1965 et en 1972.

        En toute fraternité et tout en respectant ton cri de chagrin et de révolte, je me permets de te demander de n’avoir pas de mémoire douloureuse sélective. Toutes ces victimes, Hutu et Tutsi, étaient des citoyens, des humains. Les survivants de ces victimes sont aussi Hutu et Tutsi. Le génocide qui a emportés les uns et les autres constitue un crime imprescriptible contre notre humanité commune.

        C’est pour cette raison que la CVR, aurait dû travailler en parallèle avec le Tribunal Pénal Spécial pour le Burundi prévue dans l’Accord d’Arusha. Ce Tribunal aurait pu faire des investigations, juger et condamner sans partialité aucune, des présumés coupables Hutu et Tutsi, des génocides et d’autres crimes contre l’humanité commis au Burundi.

        Hélas, le pouvoir burundais, de façon totalement irresponsable et incompréhensible a préféré dissocier le processus de recherche de la vérité de la dimension judiciaire qui aurait pu aboutir à la condamnation des présumés coupables, Hutu et Tutsi, et à la réparation morale et matérielle des préjudices subies par toutes les victimes, Hutu et Tutsi.

        Avec mes cordiales salutations
        Athanase Karayenga

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