Littérature

« Honorer nos Héros »

21-04-2017

Par Joseph Ntamahungiro

livre_ndayahozeNos illustres invités, Mme Rose KARAMBIZI NDAYAHOZE et M. Fabien CISHAHAYO sont venus en Belgique dans le cadre de la commémoration du 45ème anniversaire du génocide contre le Hutu du Burundi en 1972 sur invitation du groupe « Honorer nos héros ». Ce groupe informel, composé d’une dizaine de Burundais et Burundaises, commémore ce triste événement depuis une douzaine d’années. N’ayant aucun moyen que leur volonté sans faille, les membres ont du se saigner pour permettre ce voyage. Ce serait donc un bon geste de notre part de les soutenir financièrement. Le groupe organise la commémoration demain le 29 avril à Bruxelles.

Pour ce groupe, comme l’a dit à Bruxelles l’Abbé Daniel Nahimana, le 28 avril 2012, dans «Pourquoi commémorer », «Commémorer, ce n’est pas cultiver la vengeance. Commémorer, ce n’est pas répandre des discours incendiaires. Commémorer, ce n’est ni séparer ni diviser les gens. Commémorer n’a rien de criminel. C’est tout simplement un devoir pour tout homme qui a encore du cœur (…). C’est le début de la révolution. C’est la clé du ‘plus jamais ça’. C’est la porte de la Réconciliation ».

L’idéal de ce group s’inscrit dans ce que le Frère (Père Dominicain) Emmanuel Ntakarutimana appelle «Exorciser la mémoire comme thérapie collective en vue de la réconciliation ».
Pour cela,
1) Le groupe organise chaque année la Commémoration du génocide contre les Hutu du
Burundi en 1972
2) Il célébre la naissance de l’Abbé Michel Kayoya
3) Il rend hommage aux héros anonymes (Burundais et étrangers) qui se sont
illustrés dans l’aide et la défense des victimes du génocide de 1972 et autres crimes
commis au Burundi depuis 1962.

A ce jour, le groupe a déjà rendu hommage (entre autres) au Père Henry FARCY, au Père Wally NEVEN, à Mgr Jean Berchmans NTERERE, à l’Abbé Raphaël NTIGAHERA, à l’Abbé Juvénal BUKUBIYEKO, à Mgr Roger MPUNGU, à Mgr Bernard BUDUDIRA, à Mgr Joachim RUHUNA, à l’Abbé Albert COLLIN, à M. Jean BIRIHANYUMA.

Pour le groupe, comme l’a rappelé un de nos membres,
«Le devoir de mémoire est un travail de libération qu’il importe d’accomplir en faveur
des uns et des autres. Il permet aux criminels de mesurer la gravité de leurs crimes et
de s’amender. Il donne aux rescapés de guérir de leurs traumatismes. Il dessille les
yeux aux complices qui e désolidarisent de toute entreprise criminelle. »

Le groupe aime à dire qu’il rêve d’un Burundi où « les Hutu, les Tutsi et les Twa se retrouveront ensemble pour commémorer. Pour ce faire (…), chacun se laissera guider par son sens d’humanisme comme cela se pratique sur nos collines quand le voisin est en deuil. Cette sensibilité citoyenne sera la première véritable victoire sur le génocide. Car, c’est par la compassion qu’on se relève du crime des crimes et non par des accords âprement négociés. C’est en puisant au plus profond de nous-mêmes cette capacité de nous émouvoir que nous grandissons en humanité et tournons le dos aux violences. C’est en renversant le mur que les idéologies criminelles avaient érigé entre ‘nous’ et ‘les autres’ que nous découvrons qu’en face, nous n’avions pas affaire à des sauvages mais à nos propres semblables. Le jour où vous découvrirez que l’autre peut souffrir comme vous, et que vous aussi vous pourriez vous retrouver dans sa situation déplorable, alors vous aurez gagné un frère, vous aurez brisé les chaînes du génocide ».

Ceux qui le souhaitent, pourront acquérir ce jour le livre « Le Commandant Ndayahoze, un visionnaire ». (10 euros)

Date : 29 avril 2017 Lieu : Pianofabriek Rue du Fort (Fortstraat), 35
1060 Bruxelles (Saint Gilles – Sint Gillis) Salle CASABLANCA II et Salle AREMBERG.
: Accueil: Recueillement.: Conférence: Echanges: Verre de l’amitié

Accès par transport en commun :– Train : Gare du Midi ; – Métro lignes 2 et 6 : Arrêt Porte de Hal- Trams 3, 4, 33, 51 : Arrêt Parvis ; – Trams 81, 83: Arrêt Guillaume Tell
ou Barrière ; – Tram 97: Arrêt Barrière ; – Bus 48: Arrêt Saint Gilles ou Barrière

Personnes de contacts: NTACORIGIRA Victor 0479 75 39 05 : [email protected] NTAMAHUNGIRO Joseph 0472 45 69 52 : [email protected]

  24   Vos commentaires
  1. NADINOU

    A vous tous qui critiquez la commémoration du génocide de 1972, je demande pourquoi cela ne devrait pas être commémoré et rappelé. Partout, dans le monde entier, on commémore des évènements chaque année. L’Europe, les morts des guerres successives. Les juifs , les morts dans les camps de concentration, etc. et il y a en a beaucoup de par le monde. Pour le Burundi, même si l’ONU refuse de reconnaître jusqu’à présent ce qui s’est passé, le massacre a bien existé, nul ne peut le nier et nous avons tous et toutes le droit de revendiquer de rendre hommage aux membres de nos familles respectives. On ne demande pas aux contestataires d’y participer, alors qu’ils critiquent, c’est tout de même étrange. Bien sûr eux aussi ont eu des victimes de leur côté, mais qui les empêche de leur rendre hommage, personne que je sache. Quel manque de cohérence tout de même. Maintenant mélanger commémoration des morts, et recherche de la vérité, bizarre car il n’y a aucun rapport. Le fait de rendre hommage à des morts, n’interdit de chercher la vérité, bien au contraire. C’est un tout autre sujet et il serait temps qu’il soit traiter honnêtement et en toute indépendance. Alors j’encourage les personnes qui le peuvent à venir rendre cet hommage et si ce n’est pas à Bruxelles, partout dans le monde où se trouvent des personnes ayant perdu des membres de leur famille dans ces circonstances. Ne pas le faire serait nier les faits et les disparitions massives.

  2. Salmia Irikungoma

    Kuva 1965, 1972, 1988, 1993-2017 hoba hamaze kwicwa abarundi bangahe ? Mu bicwa ninde arusha uwundi kuba yarababaje abiwe. Twoshima uwokwiyamiriza abo bicanyi bagahagarika kuguma bahekura abarundi kubera inda zabo ata kindi. Amazina y’abamaze kwicwa nta n’igitigiri kikivugwa. Abarundi bose baranganganya agaciro imbere y’urupfu. Abashira ijwi hwjuru kurusha abandi nabo kumbure ngirango boba ari abumvirwa kurusha abandi. President Kagame nawe, yagizwe ikiraro nk’abandi abo.

  3. Kitazi

    C’est complique, mais nous allons peut-etre vivre et mourir comme ca…. Tres dommage pour de grandes personnalites comme ceux-ci. Commemorer seul, en parlant uniquement d’un « genocide hutu » est humain c’est vrai, et en meme temps deni de l’autre! La souffrance a ete tellement profonde que celle de l’autre n’a rien d’egal! Je ne sais pas si la science peut aider ou pas: mesurer et comparer toute la souffrance et ses consequemces sur des orphelins hutus, tutsis, twa et Baganwa de 1972!

  4. Björn

    Il faut mettre la lumiere sur les genocides du passe . Je dit bien du passe car certains extremistes nous parle tjrs de 1972 en ignorant de mentionner 1988 et 1993. Si vous voulez que la justice triomphe . Il faut honete et parler avec toute franchise.

  5. UkuriKurahandaArikoNiKwiza

    Mu rwagasabo tumenyereye kumva ko amabi akorerwa mu burundi muyatwerera #Kagame kandi ko abarundi mudafite amacakubiri kuko muri ba miseke igororotse!! Ubuse imvururu zo muri 1972 ni Kagame wazibateye? The road to recovery from a tragedy only begins with establishing its root causes rather than scapegoating neighbors.

    • Gacece

      Si Kagame yayiteye ariko bamwe mu bayiteye hamo Abanyarwanda bari bahungiyega mu Burundi muri 1959.

      • UkuriKurahandaArikoNiKwiza

        Toujours chercher des boucs emissaries! Selon vous le Burundais est incapable de faire du mal tandis que le #Rwandais est diable. Avec cette attitude la solution est loin d’etre trouvée. #ImbereyoKwivuzaIngwaraUbanzaKwemeraKoUrwaye

        • Gacece

          Ninde ubonye yavuze ko Umunyarwanda ari Diable? Navuze ko mu bintu vyose vyatumye haba amacakubiri mu Burundi, harimo Abanyarwanda bayazanye. Wanashaka harimo n’Ababiligi bari babitanguye kuva kera.

          Ariko aba responsable ba mbere ni Abarundi kuko bemeye kwica abavukanyi babo kubera babibwiwe. Nta muntu n’umwe yaba Umurundi, Umunyarwanda, Umubiligi canke uwo ari we wese, yoza kumbwira ngo genda wice mwenewanyu nkabikora ata macakubiri andimo.

      • John

        Non cher Gacece, abanyarwanda sibo bateye la crise, certains d’entre eux en ont plutot ete victims. Leur statut de refugies ne les a meme pas proteges. Paix a leurs ames.

        • Gacece

          @John
          Paix à leurs âmes! Et… Paix aux âmes de toutes les victimes qui ont été fauchées par toutes les différentes crises!

          Et oui! Les réfugiés rwandais de 1959, ont influencé, pour ne pas dire provoqué, les crises qui ont suivi l’Indépendance. Même s’ils n’ont peut-être (peut-être!) pas demandé directement aux tutsis burundais de s’en prendre à leurs compatriotes hutus, le seul fait de s’identifier à eux et à leurs malheurs et misères a jouer un rôle. D’où mon affirmation!

          Les tutsis du Burundi ont sûrement voulu se prémunir contre l’éventualité que la même chose leur arrive sur le sol burundais.

          Le reste, ça appartient à l’histoire. Mais on ne peut diviser que ce qui est divisible, même dans la peur et l’inquiétude. Les Burundais sont responsables et imputables de ce qu’ils ont fait, pas les Reandais. Ils n’auraient pas dû succomber.

  6. Ntazizana

    En commémorant les morts de 72, rappelez-vous de demander au gouvernement de peter d’arrêter les massacres en exécution. De la sorte, on comprendra que vous êtes guidés par l’uniťé des barundi

    • Stan Siyomana

      @Ntazizana
      Si « le groupe aime a dire qu’il reve d’un Burundi ou les Hutu, les Tutsi et les Twa se retrouvent ensemble POUR COMMEMORER, n’est-ce pas une prevue qu’ils sont guides par l’unite des barundi?

    • Bakari

      @Ntazizana
      On ne cesse pas de demander à ceux qui utilisent les armes de les déposer car la violence appelle la violence, et chacun sait bien que personne n’a le monopole du mépris.

  7. Congo

    Les discours humains sur ce blog n ont rien à avoir avec leurs discours en privé. Ce groupe commemorera t il le génocide des tutsi ? Eh non. Au lieu de commémorer je proposerai de chercher la vérité. Vos commémorations sont en grande partie pour des gens de l église catholique. Comment juger l’action demgr Ntuyahaga ? L église est coupable d avoir laisser faire Micombero. Le rôle de l église est cash dans le génocide de 1993 .Aujourd’hui le premier discours clair sur la situation au Burundi a été fait par un prêtre à Mont Sion. Je salue sa lucidité même tardive.

  8. Gihugu

    Nous avons besoin d’une commission internationale, independante et réellement neutre pour venir enquêter sur les évenements de 1965, 1972, 1988, et 2015 afin que tout le monde ne qualifie pas par lui même les tristes évenements qui les ont endeuillés. Certes c’est normal qu’un Hutu qui a vu son père enseignant embarqué un soir de Mai 1972 , un parent qui a attendu et eternellement son enfant fonctionnaire quelque part et qui n’est jamais revenu, des enfants qui n’ont plus vu leur grand frère depuis une date de 1972 accusé à tord ou à raison de complot de génocide puissent parler de génocide contre les Hutu. Mais c’est aussi comprehensible qu’un fonctionnaire de Vyanda, de Nyanza Lac, de Rumonge , de Vugizo… qui n’a plus vu toute sa famille, y compris même les nourrissons, decimée par les extremistres Hutu puisqu’ils sont seulement Tutsi puisse parler de génocide plutôt contre les Tutsi. Je ne parle pas d’octobre 1993 puisque les Nations Unies avaient accouché un rapport bien documenté S/682/1996. Bien evidement le rapport a été coffré pour diverses raisons dont officiellement privileger la paix ( les négociations avec les  » bandes rebelles  » qui seraient pour laplupart presumés impliqués dans ce génocide( La paix n’a pas de prix). Il me semble plutôt logique de laisser de spéculer et demander que la verité soit eclaircie pour rendre justice et panser definitivement les plaies.

    Cependant je rend hommages à toutes les victimes des barbaries inhumaines perpeperpetrés par  » nos compatriotes ». Tous sont les Notres.

    • Murundi

      Bravo Gihugu, si tous les burundais pouvais suivre ton exemple!!!

  9. Gacece

    Ce n’est pas par des discours moralisants ou « politically correct » que la vérité triomphera. C’est bien beau la commémoration, mais elle ne ne jugera ni ne punira pas les bourreaux et les chefs qui les ont envoyés massacrer des innocents.

    Quand je lis de tels discours émanant des victimes stigmatisés à un tel point, j’ai envie de leur dire qu’ils ont besoin d’un traitement-choc pour les sortir de leur léthargie.

    Demander justice n’est pas synonyme de demander vengeance. La vengeance n’a pas de limite sur sa cible.

    Quand quelqu’un veut se venger, il s’en prend à n’importe qui ou à n’importe quoi ayant un lien avec celui qu’il considère comme l’auteur de son malheur, et qu’il considère comme équivalent ou supérieur en valeur à ce qu’il a perdu, pour se faire justice.

    Demander (exiger) justice, c’est avoir recours aux serices habilités de l’État ou autres cours de justice internationaux pour que les criminels soient punis à la mesure du ou des forfaits qu’ils ont commis.

    Ce qui me désole le plus, c’est de voir que la promotion, l’attention et l’insistance sont focalisées, plus souvent qu’autrement, sur ceux qui prônent les cérémonies de commémoration, plutôt qu’à ceux qui demandent justice. Surtout pour les crimes commis avant 1993.

    Si seulrment ces victimes de 1972 avaient la même orientation, la même hargne et la même détermination que celles de ceux qui sont engagés dans le mouvement « Halte au 3è mandat », alors les choses bougeraient!

    Et pourtant, il y en a des victimes de de 1972 dans le mouvement « Halte au 3e Mandat »!

    Finalement ce n’est plus « à chacun son combat », mais « à chaque époque son combat ».

    Et c’est d’une telle déception!

    Vive la commémoration!

  10. Kanyarugano

    Au Burundi: A chaque ethnie son génocide. laissez les batutsi commémorer le génocide des leurs commis en 72.

    • Bakari

      @Kanyarugano
      Et pourtant c’est toujours les mêmes qu’on voit qui ont grandi étant orphelins depuis cette année là.
      Mentez et mentez toujours pour qu’il en reste quelque chose.

  11. AGRICOM

    « ……… Car, c’est par la compassion qu’on se relève du crime des crimes et non par des accords âprement négociés. C’est en puisant au plus profond de nous-mêmes cette capacité de nous émouvoir que nous grandissons en humanité et tournons le dos aux violences……..». C’est vraiment une bonne chose de COMMEMORER NOS HEROS, SURTOUT NOS HEROS CACHES et la compassion constitue à mon avis (comme l’auteur précédent) de Commémorer nos héros. Je songe à ces milliers de citoyens qui meurent dans le dénuement et l’oubli total dans les campagnes alors qu’ils ont sauvé des vies dans les différentes crises successives au Burundi, celle de 1972 comme celle de 1993, des vies aujourd’hui florissantes. Chers amis, PENSONS A TOUS CES GENS QUI VOUS SAUVES PERSONNELLEMENT OU QUI ONT SAUVES NOS COMPATRIOTES ET COMMEMORONS LEUR HEROISME AVEC COMPASSION.

  12. Franklin

    Je voudrai interpeller au gouvernement Burundi de faire tout pour que ce génocide des Hutu soit reconnu internationalement.
    Il faudra que le président Nkurunziza puisse présenter ce dossier le plus vite possible aux nations unies.

  13. MIZA

    « …. Le jour où vous découvrirez que l’autre peut souffrir comme vous, et que vous aussi vous pourriez vous retrouver dans sa situation déplorable, alors vous aurez gagné un frère, vous aurez brisé les chaînes du génocide ».
    Si les instruits Barundi ( Hutu, Tutsi) qui ont relayé hier et aujoud’hui les divisions n’ont pas encore compris que nous allons dans le mur avec l’attitude  » aujourd’hui c’est moi et demain c’est toi » c’est grave. J’ose espérer vu mon âge que je verrai le jour où « les Hutu, les Tutsi et les Twa se retrouveront ensemble pour commémorer dans l’unité nos morts engloutis par les ventriotes.

  14. MurihoKukoNdiho

    Très belle initiative mes amis. Je serai là pour vous soutenir. Merci à Mr Ntamahungiro et ses amis qui travaillent sans relâche pour que le monde se souvienne de ce génocide perpétré contre les Hutu au Burundi en 65,69 et 1972 et même après. Merci

    • Kanyarugano

      Au Burundi , finalement a chacun son génocide.Les batutsi commemoreront le leur.

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