A Gitega, 16 membres du comité provincial se désolidarisent d’Emmanuel Miburo dans une lettre rendue publique ce 3 septembre.  « Un non-événement », selon ce dernier.

Emmanuel Miburo : « Le parti FNL n’est pas une prison » ©Iwacu

Emmanuel Miburo : « Le parti FNL n’est pas une prison » ©Iwacu

16 membres du comité provincial de Gitega sont signataires d’une lettre accusant Emmanuel Miburo, président du parti FNL, de n’avoir pas tenu promesse. Selon eux, il avait promis de rétrocéder la présidence du parti à Agathon Rwasa, dès sa réapparition à Bujumbura. Ils ajoutent, en outre, que le congrès de 2010 a tout fait pour écarter M.Rwasa. Et dans ces derniers temps, déplorent-ils, « Emmanuel Miburo a adopté un comportement préjudiciable aux intérêts politiques des militants du FNL, visant à enterrer définitivement ce parti. »
Les signataires de cette lettre affirment qu’ils ne peuvent plus collaborer avec lui et son équipe dirigeante, car « cela signifierait retourner le couteau dans la plaie de plusieurs militants du parti décapités, jetés dans des rivières, emprisonnés, malmenés et intimidés… ou vivant en cachette pour avoir épousé l’idéologie de ce parti. »

« Un non-événement »

Le président du parti FNL, Emmanuel Miburo, qualifie toutes ces accusations de non événement. Il souligne que les signataires de cette lettre ne sont pas connus du parti. Il donne l’exemple de Philippe Cimpaye qui se dit tête de liste et précise qu’après avoir destitué Jean Paul Kabwita de la présidence du parti en province de Gitega, il est dirigé pour le moment par Athanase Ntakarutimana : « Non, rétorque Jean Paul Kabwita, je n’ai pas été destitué.  J’ai rendu le tablier parce que je ne pouvais pas continuer à perdre mon temps dans des choses qui n’évoluent pas, sans issue et incompatible avec mon travail. »

Quant à la remise du parti à Agathon Rwasa, Emmanuel Miburo ne mâche pas les mots : « Les moyens d’accession à la présidence du parti sont connus. Cela passe par un congrès ». Et de rappeler qu’Agathon Rwasa a été destitué lors du congrès de 2010, lequel congrès est jugé illégal par les pro-Rwasa. Sur les cas des personnes tuées et sur son comportement menaçant les intérêts du parti, M. Miburo leur demande des précisions : « Qui sont ces personnes tuées ? Par qui et pourquoi ? ». Pour lui, il serait mieux de les identifier et de porter plainte devant les juridictions au lieu de recourir aux médias. « Se désolidariser  de notre parti? », s’interroge Emmanuel Miburo. Et de répliquer : «  Le parti FNL n’est pas une prison. L’entrée est volontaire, de même que la sortie ». Nous avons essayé de joindre Athanase Ntakarutimana, en vain.
Signalons qu’il y a quelques jours, 44 cadres « membres » du parti FNL d’Emmanuel Miburo ont rendu public un communiqué exigeant l’organisation d’un congrès dans l’urgence pour résoudre les problèmes de leadership dans ce parti.

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