Économie

Gisuru, un poste­-frontière qui n’en est pas un

20-12-2013

La distance qui sépare les services de la PAFE et de l’OBR d’avec la frontière burundo-­tanzanienne est de 8 km. Une zone large qui fait le bonheur des fraudeurs et autres malfrats.

Cette barrière se trouve à 8km de la frontière burundo-tanzanienne ©Iwacu

Cette barrière se trouve à 8km de la frontière burundo-tanzanienne ©Iwacu

« Nous avons déjà signalé ce problème, maintes fois. Aucune réponse jusqu’à maintenant », précise d’emblée Egide Ndikuriyo, administrateur communal de Gisuru. « Cette question est connue jusqu’aux instances supérieures », renchérit le gouverneur de la province Ruyigi, Cyriaque Nshimirimana. Les deux autorités indiquent que cette situation fait perdre beaucoup d’argent au pays et à la commune de Gisuru. «C’est difficile de contrôler la frontière lorsque la barrière se trouve à l’intérieur du territoire», relève le gouverneur.

Sur le plan sécuritaire, cette situation pose aussi un problème. Selon Egide Ndikuriyo, certains groupes de bandits composés de Burundais et Tanzaniens en profitent pour venir commettre des forfaits aux Burundi. «Nous avons même écrit une correspondance au ministre de la Sécurité Publique.» N.K., un habitant de la commune Gisuru, considère que les autorités font preuve de négligence : «Des armes pourraient entrer. Si ce n’est pas déjà fait.» Et l’administrateur communal de souligner que c’est une possibilité.

Un manque à gagner énorme pour l’économie nationale

Selon le gouverneur, ce manque de bureaux à la frontière favorise énormément la fraude. Et les fraudeurs de s’en donner à cœur joie. D’après certains habitants qui vivent dans cette zone, beaucoup de commerçants disparaissent dans la nature en entrant sur le territoire burundais. «Entretemps, l’agent de l’OBR attend toujours celui qui va venir se déclarer », ironise un d’entre eux. Des sources à Gisuru font état de certains policiers qui patrouillent dans cette zone pour taxer les commerçants. Certains parlent même de commerçants en voiture qui, en arrivant dans cette zone, déchargent leurs marchandises. «Ils engagent alors des transporteurs qui les portent sur la tête.» La population s’étonne, par ailleurs, que seuls deux personnes (un agent de l’OBR et un policier) soient chargées de surveiller toute la zone.

«Les fuites sont nombreuses dans cette zone», indique un des travailleurs de l’OBR. Il ne précise pas le chiffre exact en ce qui est du manque à gagner à cause de la fraude, mais il fait remarquer que c’est beaucoup d’argent. «Les recettes pourraient augmenter si des bureaux sont construits à la frontière.» Le gouverneur et son administrateur abondent dans le même sens. «Ça faciliterait le contrôle et la protection du territoire national.» Interrogé, le porte-parole du ministère de la Sécurité Publique a promis de réagir ultérieurement.

  7   Vos commentaires
  1. genderubuntu

    Cette situation reflète exactement l’image du pays.Nta kuntu abategetsi boreka ahantu nka harya ngo hagume hagirirwa fraudes kandi dusanzw turi mu gihugu gikenye.Bahibuka muma propagandes gusa.Un bon dirigeant devrait contrôler rigoureusement les frontières du pays.Nibaza ko ari naco cari catumye Kabirigi amenera hariya nyene.Peut être qu’avec le bitumage de la route kinyinya-Cendajuru en passant par le kumoso,cette région va être désenclavée et développée.

  2. Jereve

    Pourquoi la commune ne construirait-elle pas elle-même un poste frontière à l’endroit qu’il faut. Ce n’est peut-être pas dans ces attributions, mais si l’État ne veut pas le faire, la commune doit prendre ses responsabilités et récupérer ces taxes. Ce n’est pas très intelligent de laisser filer l’argent de cette façon, probablement qu’il y a quelques individus dans l’administration qui profitent de ce vide. Monsieur l’Administrateur, mettez-vous au travail, construisez votre douane et engager vos propres agents et vous verrez : demain il y aura de l’électricité et des routes à Gisuru. Tout le monde y gagnera.

  3. Niyoyankunze Sandrine

    No. I cannot believe it is the way it is being discribed otherwise something needs to be done. Borders need to be protected and controlled seriously because anything can happen bad or good and especially bad. How come the government is not taking the border on their hands? that is why people such as albinos are being killed and brought in Tanzania probably. Let me plead for the President of the Republic of my beloved country Burundi to take this barrier serious.

  4. Video

    Tout simplement admettons que cette localité du pays est oublié depuis longtemps. Comment expliquer que dans toute la région du Kumoso aucune commune n’a l’électricité excepté la Sosumo. Partez de Kinyinya, nyabitsinda, Gisuru, Cendajuru, Gisagara, si vous y trouvez une seule pilonne électrique, faites moi une amande de 1400 millions €. Même le grand Lycée de Nyabitare, les hôpitaux de Kinyinya et de Gisuru sont mis dans les oubliettes. Mbega regideso ntizi Ukumoso???? Abamoso namwe mwishinga muhozeeee….endereyaa. Abo banyagihugu bagira fraude barundi sibo, baribagiwe

    • DIRIZIO

      La région n’a pas été oubliée, la Route RN11 de Muzye -Kinyinya va prochainement être bitumée par l’UE. La route aurait pu l’être en 1988 n’eut été le coup d’Etat contre Bagaza le projet était avancé. L’autre problème, c’est le fait que de l’autre coté du Kumoso en Tanzanie umenga nta mouvement de population ihari. Ikindi naco n’uko Kumoso benshi bayishizemwo nabi ko uwugiyeyo atamara kabiri kubera uburozi bwaho n’inyonko ( baba bavuga Malaria ikaze yaho).

      • Black

        None ubwo burozi bigenda gute kugira ntibabukoreshe mu kwivuna umwansi? Mbe bobo amagume yabaye hagati ya 1993 na 2003 ntiyabashikiriye? Aho mvuga abo bazi kuroga!

  5. Kabizi

    Ako ni agace bagurishije!
    Wagira imyaka babaye muri Tanzanie yabaye iy ubusa!

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