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Sécurité

Gérard Birantamije : «L’escalade de la violence renforce le camp des durs»

28-10-2015

Depuis le mois de septembre, la violence monte d’un cran. La découverte de corps sans vie ligotés devient quotidienne. Les positions se radicalisent. L’usage disproportionné de la force létale par les appareils répressifs semble privilégié.

Gérard Birantamije

Gérard Birantamije

Comment interprétez-vous les attaques à la grenade contre les policiers et non contre les militaires devenues répétitives ces derniers jours ?

Dans un premier temps, il faut voir ces attaques répétitives visant presque exclusivement les policiers comme un acte de simple vengeance contre un corps qui s’illustre aussi par l’usage de la force violente dans la plupart de ses interventions.

Autrement dit, l’utilisation de la force lors de ces interventions crée un sentiment de menace permanente qui ne peut qu’appeler à la résistance des populations de ces quartiers. Si l’armée reste par contre moins attaquée, c’est qu’elle reste à l’écart des interventions par rapport à ces missions quotidiennes étant donné que la gestion de l’espace public en temps normal reste du ressort de la police.

Dans un second temps, et si l’on s’inscrit dans l’approche compréhensive des guerres civiles développée par certains politistes comme Jean Pierre Derriennic, ces actions pourraient être interprétées comme points d’entrée dans l’escalade de la violence. L’escalade de la violence renforce le camp des durs du côté des différents protagonistes. Ces derniers peuvent s’attaquer à la Police qu’ils croient constituer une entrave à l’atteinte de leurs objectifs. Cette situation crée en tout cas une confusion dans l’analyse des faits, si bien que le risque est de tomber dans une globalisation abusive. Dans le cas présent que vous décrivez, rien ne peut nous dire que ceux qui attaquent sont les populations habitant ces quartiers souvent séquestrés ou si ce sont d’autres acteurs qui estiment leurs intérêts menacés par la même police.

Au moment de la « répression », les policiers n’hésitent pas à utiliser des armes lourdes contre la population civile dans des « quartiers dits des insurgés. » Que pensez-vous de cet usage disproportionné de la force du moment où le pouvoir indique que la police est professionnelle ?

C’est un problème sérieux. Pour deux raisons importantes. D’une part, si la police a le droit à la légitime défense, ce droit ne peut être invoqué qu’en situation de fragrance. Or les faits tels qu’ils sont rapportés, montrent que des interventions avec usage disproportionné de la force létale ont lieu parfois des heures ou des jours après.

En droit international humanitaire, tout convergerait à évoquer des crimes de guerre. Bien évidemment, la police par son porte-parole s’est déjà exprimée sur cela. Mais le problème est que ces attaques touchent des personnes civiles innocentes que la police est appelée à protéger conformément aux principes du droit international humanitaire notamment la 4ème convention de Genève et surtout le 2ème protocole additionnel à ces Conventions. Or le Burundi est partie prenante à ces conventions par voie de ratification.

D’autre part, un des effets de la professionnalisation, c’est justement l’esprit de discernement surtout dans l’utilisation de la force. C’est évident que les policiers ont reçu des formations poussées sur cet aspect-là ; et qu’ils sont au courant des conséquences éventuelles d’un usage disproportionné. Ce qui est peut-être moins saisissable actuellement, c’est pourquoi des policiers professionnels se permettraient d’agir en dehors de ce qu’autorisent les lois nationales et internationales.

La Commission Paix et Sécurité de l’Union Africaine menace de prendre des sanctions à l’encontre des auteurs des violations des droits de l’Homme. Estimez-vous que les responsables de ces assassinats puissent se remettre en question ?

C’est difficile de répondre à cette question avec précision si on ne connaît pas ces responsables ni le processus d’identification. Bien plus, l’issue des situations conflictuelles comme celle que traverse le Burundi échappent souvent à la logique punitive en privilégiant le consensus politique. Les exemples sont légion, et le Burundi peut rééditer ce genre de compromis qui érige la paix contre la justice pour reprendre l’ouvrage de Pierre Hazan.

  22   Vos commentaires
  1. Jambo

    Tout le monde a vu les vidéos locales ou des télévisions étrangères dans lesquelles les contestataires ont commencé la manifestation pacifique,mains en l’air et sans armes,pour la clôturer en chantant l’hymne national en signe de paix et de patriotisme.
    La répression de la police avec des armes de guerre pour empêcher ces manifestations fut et se poursuit toujours avec une violence extrême et sanglante.Une violence à sens unique .Avec raison, ces contestataires ont décidé de se défendre pour ne pas mourir comme des chiens.Gandhi disait: »il ne faut pas se décourager,les tyrans semblent invincibles mais finissent par tomber. »
    Le combat contre ces barbares est un combat noble et légitime.

    • Inyankamugayo

      Empêcher (séquestrer) les gens d’aller vaquer à leurs activités quotidiennes génératrices de revenus, demander des cotisations pour acheter de l’essence pour brûler les biens et les gens vifs,…et c’est ça que vous appelez ‘manifestations pacifiques’?!!! C’est dommage?

      • Jambo

        La police ne peut plus arrêter l’incendie qu’elle a allumé sous le couvert du soutien au fameux mandat,source de tous les maux que connait le pays.Avec le temps,la communauté internationale a pu découvrir la face cachée de cette violence quotidienne.On peut tromper les gens une fois,deux fois mais pas tout le temps.Tout finit par se savoir.Les déclarations de la communauté internationale sont explicites à ce sujet. Le Burundi n’est pas devenu le dernier au classement mondial en termes de revenus par habitant à cause de ces contestataires et en seulement six mois.
        Une chose est certaine:la violence appelle la violence et personne ne connait la durée ni l’issue de la guerre.

      • Stan Siyomana

        @Inyankamugayo
        1. Vous et votre camp vous croyez plus malins que le Conseil de Securite des Nations Unies (a New York, Etats-Unis) ou l’Union Africaine (a Addis Abeba, Ethiopie).
        Ces illustres organisations internationales pensent meme qu’un genocide serait en preparation/amidst warning of a « threat of genocide ».
        Theoriquement, moralement ou en droit international peut-etre qu’elles pourraient justifier leurs sanctions economiques (voire meme leur intervention militaire contre le Gouvernement burundais actuel pour sauver la population burundaise que ce Gouvernement n’arrive pas a proteger?).
        2. « La montee de la violence au Burundi est preoccupante. La violence pourrait se repandre si personne n’y met fin/The escalation of violence in Burundi is very worrisome…The violence threatens to spread if left unchecked… » a dit Francois Delattre, ambassadeur de France aux Nations Unies.
        (Voir Agence France Presse-AFP : « UN backs tougher African Union stance on Burundi, amidst warning of a « threat of genocide »,http://mgafrica.com, 29 October 2015).

  2. Gakunzi

    «Bien plus, l’issue des situations conflictuelles comme celle que traverse le Burundi échappent souvent à la logique punitive en privilégiant le consensus politique.»
    En d’autres termes, «tuez et on négociera après», voir même qu’ils gagneront les élections par bourrage des urnes et falsification des listes électorales et ils s’autoamnistieront. Ils déhancheront dans les églises pour «naitre» de nouveau…encore. On voit bien qu’après 10 ans, le criminel est resté criminel, bien que portant une cravate et habitant une villa à quatre étages construite par l’argent du contribuable (burundais ou européen, selon le projet qui a passé). À quelque chose, malheur est bon, ces bandits de grand chemin ne pourront plus nous duper, on sait de quoi ils sont capables.

  3. aimee

    il faux au moins lancer les pierres au policiers non aux grenades?

  4. Jean-Pierre Ayuhu

    M. Birantamije,

    Merci beaucoup pour votre étayage scientifique. Maintenant, remet en peu à côté ce que la science dit et revient à la réalité Burundaise. On ne dit pas la vérité, on assume les responsabilité, on dit blanc pour dire noir. Dans ce contexte, la science se noie!
    Des populations sont armées et la police reçoit des grenades, que peut-elle faire? Et puis qui arment ces populations? Pour la police, l’on sait que c’est l’Etat et pour cette population armée qui l’arme? S’agirait-il de ces hommes et femmes qui les ont appelé à manifester contre le 3ème mandat et si tel devait être le cas, que doit faire la communauté internationale, celle-ci qui a édicté des règles que les nations doivent respecter pour la bonne équilibre de notre monde. Sinon, une analyse scientifique dans un contexte comme le Burundi reste sujette à caution..
    Gerad, tu es citoyen burundais, je me cache dans ta maison ou dans ton quartier pour attaquer la police, tu le sais, tu me connais et tu ne me denonce pas! Dans quelle nation serions-nous? Dans une anarchie et l’anarchie fonctionne hors règle!

    • barumwete Alain Chris

      Mr Gérard Birantamije nous fait sciemment une analyse teintée de la réalité. Il nous fait une analyse noir comme tu le dit au lien de nous dire la vérité. On sait que la vérité blesse mais elle le reste quand-même.
      Nôtre corps de police a été depuis longtemps diabolisé avant l’annonce de la candidature du Président Pierre NKURUNZIZA, par ces gens même qui n’ont pas su digéré le changement dû aux accords d’Arusha : ces Accords qu’ils prétendent déféndre le jour, mais qu’ils jurent de jeter aux calendres grècques la nuit ou dans leurs salons.. Le problème est ce corps est considéré dans engle ethnique comme étant hutu. Or les accords d’Arusha à ce sujet sont clairs. Quant à l’usage de la force dispproportionnée de la police, je demande à notre spécialiste burundais des questions sécuritaires s’il se défendrais par cailloux une fois attaqué à la roquette ou mitrailleuse comme il est d’usage dans nos quartiers contestataires de l’ordre publique.

      • burka

        A mon avis il ne faut pas s’en prendre à M. Birantamije qui donne une analyse politologique de la situation. Je connais Gérard il est burundais tout comme vous qui venez de s’exprimer sur son analyse. La,question de savoir s’il répondrait par les cailloux une fois attaquée à la roquette, ne lui a pas été posée par le journaliste. Mais voilà le grand défi qui se pose actuellement: on a une police qui défend un régime décrié par tout le monde et non une police qui défend la population. J’aurais aimé que vous vous exprimiez aussi sur l’article précédent qui plante le décor des massacres à Ngagara dans la journée du 13 octobre.
        Pour revenir sur cette analyse de Birantamije que vous jugez de réalité teintée, j’ai quelques petites préoccupations
        1° L’analyse parle des crimes de guerre ou de crimes contre l’humanité, est-ce que ces crimes ne sont pas entrain d’être commis par la police?
        2° Des policiers sont attaqués à la grenade, c’est un fait. Pourriez vous nous dire pourquoi à votre tour?
        3° Nous sommes en situation de paix à 98% d’après les derniers statistiques du Ministre de la sécurité publique, mais en même temps des policiers et des citoyens sont tués tous les jours. ces policiers et ces citoyens sont des burundais, des frères, des amis, etc. Pourquoi si la situation était anormale le gouvernement le cacherait? Pourquoi s’il y avait une menace contre la police, le gouvernement le cacherait? Pourquoi s’il y avait des grenades qui sont lâchées contre la police dans les quartiers dits contestataires ( pas seulement évidemment, hier à Kamenge!!!), le gouvernement ne déclarerait pas un état d’exception?
        En répondant à ces questions, MM Ayuhu et Barumwete, répondraient sans aucun doute à l’opinion nationale et internationale qui se poseraient je présume les mêmes interrogations. Sinon je trouve l’analyse hautement riche et instructif.
        Burka

        • Baobab

          @burka
          « 2° Des policiers sont attaqués à la grenade, c’est un fait. Pourriez vous nous dire pourquoi à votre tour? »
          On dirait que vous trouvez normal que les policiers soient attaqués à la grenade! Bizarre bizarre!!!
          Rien n’est normal dans cette histoire: vivement que cela s’arrête car ce n’est qu’une descente aux enfers de plus! Mais ça c’est une autre histoire!

          • BWITONZI

            Mes chers amis, même en politique, il faut un minimum d’honnêteté. Le camp NKURUNZIZA a pris la décision de briguer un troisième mandat, en dépit d’autant de conseils allant dans le sens du respect des Accords d’Arusha, ce que répète toujours la Communauté internationale. Le camp présidentiel comptait sur l’usage de la force pour s’imposer et imposer ce mandat contesté.
            Tout ce qui se passe aujourd’hui est une conséquence de »tuzobamesa, ibizoshika ni icayi ». Celui qui a manifesté les mains en l’air, mais qui, après les manifestations est poursuivi pour être emprisonné, torturé puis assassiné comme si manifester constitue un crime sanctionné par la peine de mort qui par ailleurs a été abolie, ne peut s’empêcher de prendre une arme pour se protéger. La situation a été rendue cruelle par la police dans le but d’intimider les gens et réussir l’installation du 3ème mandat. L’usage disproportionné de force par la police est motivé par ce souci.Mais, elle oubli que le crime appelle les crimes. Le recours à la sagesse permettrait à la police de réussir sa mission, mais cela n’est pas la philosophie de Bunyoni. Si après les manifestations les jeunes ne continuaient pas à être arrêtés, torturés ou tués, auraient-ils choisi à prendre les armes jusqu’à se faire suicider?

            Que le camp Nkurunziza le sache, tous les burundais y compris les policiers assassinés dans ces jours sont le coût du 3ème mandat, coût qui devrait être évalué à l’avance.

      • Gilbert

        Le travail que la police doit faire en pareille circonstances est clair. Nul part et en aucun aucune situation elle pourrait justifier l’assassinat des enfants sous pretexte que ces enfants se trouvaient dans une maison ou s’est cache un malfaiteur. Dire que les gens des quartiers contestataires ont cache les assaillants est tres facile mais prouver pourquoi tirrailler sur tout le monde dans ce quartier est impossible pour une police qui se dit professionnelle. La conclusion qu’il faut tirer est que les commandants de cette police occupent seulement des postes raison pour laquelle ils agissent ainsi.Ils ont peur de perdre des postes. Si ils etaient professionnels ilsn’agiraient pas de la facon que nous voyons mais comprendraient que leur travail depasse la vision d’un poiliticien qui lui est la pour un certain temps. Ensuite ils sont dans une logique de vengeance globalisante vide de tout analyse. Un vrai policier devrait se demander d’abord pourquoi cette situation. Enterer en profondeur, analyser la successions des evenements qui ont conduit a cette situation. Quel est la cause politique directe, quelles sont les causes indirects. La police devrait voir la partie de l’iceberg en dessous de l’eau et non argumenter a partir la petite partie visible. Celui qui tue les policiens voudrait effectivement que cette police tombe dans un piege de globalisation et elle est dedans dans le piege. L’Eta n’arme pas la police pour tirer sur les enfants a bout portant meme s’ils sont dans un quartier contestataire.

        • Nyambere

          En cette période où le terrorisme international se développe,un enfant qui viendrait avec une grenade dégoupillée vers une position de police serait directement mis hors d’état de nuire quel que soit le pays, rwanda, france, belgique, usa….. la question essentielle serait de savoir, qui ose envoyer des enfants au front?

      • Quoi que vous disiez, Gerard a raison. La police est nationale et doit être pleinement responsable de ses actes. Elle ne doit pas se comporter comme ces groupes armés, si non ce serait de la lâcheté. Or, ce qu’on observe est que cette police est pire que les groupes armés alors qu’elle ne devrait même pas être comparée aux groupes armés. Quand les policiers demandent aux élèves de s’agenouiller et qu’ils les tuent avec une balle dans la tête (cas des enfants du journaliste Nkezabahizi), est-ce de la légitime defense ou de la barbarie? Comme le dit Gerard, la professionnalisation de la police consiste justement à la différencier des groupes armés pendant les moments difficiles comme les episodes insurrectionnelles. Si non, vous justifiez les fautes de la police par celles commises par des irresponsables, car c’est de cela qu’il s’agit, un groupe armé n’est responsable de rien. Et quand vous imitez ses actes, vous ne faites que le renforcer et ne soyez pas étonnés si un jour il devient plus fort que vous. Tenez: au depart la police a 100% de ressources à sa disposition, le groupe armé a 0% si non presque. Au fur et à mesure que le temps passe et surtout quand la police se comporte comme si on était dans la jungle, le groupe devient progressivement fort et prend une courbe montante alors que la police (une fois têtue) prend inexorablement une courbe descendante (elle peut être vertigineuse si la police reste sérieusement têtue). A un moment donné les deux courbes se croisent et c’est l’égalité des forces et tout le monde accepte de négocier. Si la « police » ou ce qu’elle représente refuse, quelques temps après, elle continue sa descente aux enfers et finalement elle est battue et c’est comme cela que des rebellions ont pris des pouvoirs. Donc chers Monsieur, c’est bien de soutenir sa police, de grâce, évitez ces sentiments et réponses pitoyables!

        • Simona

          Ce n’est pas « Gérard », oh ! @ « Helas » !
          C’est Prof Gérard BARANTIJE de l’Université Libre de Belgique, oui ou non !
          Prof Gérard BARANTIJE n’a pas dit que lorsque la PNB est attaquée, la nuit, elle doit offrir des bonbons le lendemain.
          Il ne connaîtrait pas l’identité des groupes qui attaquent la Police dans la Nuit. C’est tout.

          • Merci de me dire qu’il s’agit de « Prof Gérard BARANTIJE de l’Université Libre de Belgique », je n’avais pas l’intention de lui ôter son titre, je n’en suis même pas capable. Quant au fond, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit et à vrai dire le contenu de votre réaction est difficilement discernable. Moi j’ai réagi à certains commentaires prisonniers de la partialité ou du sensationnalisme devenu légendaire au Burundi par les temps qui courent. Pour ce qui est de vos bonbons, oui la professionnalisation appelle à pouvoir offrir des « bonbons » et, à defaut, les autres choisissent leurs « bonbons » et n’hesitent pas à les offrir, malheureusement! Ce qu’il faudrait eviter justement. Je comprends que vous vous emballiez, vous avez vos raisons, et personne ne serait surpris outre mesure.

            • Simona

              Vous êtes un sujet très intéressant, Monsieur « Hélas ». Essayez de ne pas lire littéralement, car chaque phrase a deux significations, deux faces comme une médaille : Le sens caché, invisible à l’œil nu ; et le sens apparent ou lisible. A quoi se réfèrent-ils « mes » bonbons !

              A la question

              « Au moment de la « répression », les policiers n’hésitent pas à utiliser des armes lourdes contre la population civile dans des « quartiers dits des insurgés. » Que pensez-vous de cet usage disproportionné de la force du moment où le pouvoir indique que la police est professionnelle ? »

              Le prof, Gérard BARANDAGIJE, historien de son état, a répondu, et je cite :

              « C’est un problème sérieux. Pour deux raisons importantes. D’une part, si la police a le droit à la légitime défense, ce droit ne peut être invoqué qu’en situation de fragrance. Or les faits tels qu’ils sont rapportés, montrent que des interventions avec usage disproportionné de la force létale ont lieu parfois des heures ou des jours après » …
              Que cela veut dire ? Ça veut dire : Si la Police n’attrape pas les criminels en fragrant délit, elle peut aller les identifier « des heures ou des jours après » pour leur offrir de bonbons (au sens propre) ou de fleurs de roses.

        • Jean-Pierre Ayuhu

          Helas, Gilbert, Burka et Barumwete,
          Vos points de vue sont ce qu’ils sont et visiblement, il n y a des réalités alors qu’il devait y en avoir qu’une. Et de là, vous voulez expliquer les choses avec l’appui de la science dans un contexte ou un mort, selon qui il est, mérite une compassion et pour l’autre mort d’à côté, il l’a mérité selon…
          Maintenant, faisons des constats au moins:
          – Est-ce que les populations des quartiers dits contestataires sont -elles armées? Oui, là, je crois que l’on est d’accord. C’est une vérité..
          – S’en prennent-elles à la police? Oui. Mais vous allez me dire qu’elle se défend contre la police et je vous dirais que si elle déposait les armes, la police n’interviendrait pas!

          On peut continuer à discourir mais j’avais envie de vous rendre attentifs à une chose. Dans les années 93-98, dès qu’un bruit d’une arme se faisait entendre à Kamenge, c’est tout ce qui bougeait qui y passer…, c’est toute la population qui devait déguerpir de leur quartier pour être cantonner à l’ETS…afin de laisser le terrain aux gens armes, AMT (selon la terminologie de l’époque) contre les Intagoheka..
          Il faut un minimum de faire play pour reconnaître que la police est respectueuse de la vie de la population, sinon, il y aurait eu l’hécatombe si c’était dans le temps des présidences de Ntibantunganya et Buyoya!

          • Jean-Paul Habib

            Non, Monsieur @ Jean-Pierre Ayuhu, la population des soi-disant « quartiers des contestataires » n’est pas armée. Les assaillants assassins contre la PNB n’ont rien à voir avec les résidants de ces communes de la Capitale : Ils se cachent dans la trahison de nuit ; puis, du jour, sous les nattes…

    • l'histoire est en marche

      Tu pensais que la police et les miliciens du pouvoir allaient continuer à tuer et à torturer des civils impunément? Des centaines de personnes ont été massacrées pour avoir seulement réclamées le respect de l’accord d’Arusha et de la constitution. Face à la terreur imposée par l’Etat, les gens ont décidé, en ultime recours, de résister militairement. Ceux qui ont allumé le feu le paieront très cher, la résistance triomphera de la tyrannie.

      • Baobab

        @l’histoire est en marche
        « Face à la terreur imposée par l’Etat, les gens ont décidé, en ultime recours, de résister militairement. »
        Plus belliqueux que cela on meurt!
        J’espère qu’il subsiste encore quelques adeptes d’une troisième voie! L’espoir fait vivre! Restons crédules ceux qui le pouvons encore!

      • Jean-Jacques

        Très bonne nouvelle pour nous, Monsieur @ l’histoire est en marche. D’après des informations non encor confirmées, 27 policiers ont été tués à la grenade et 200 Imbonerakure ont capturés au cours de leurs vaillants affrontements contre l’ennemi de la démocratie en Commune de Gitega ce 27 octobre 2015. C’est trop tôt pour canter victoire. Mais c’est déjà un succès remarquable. L’Ennemi est déjà aux abois.
        A suivre…

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