Editorial

Faut-il un état de belligérance pour dialoguer ?

Léandre Sikuyavuga

Léandre Sikuyavuga

Dans leur communiqué du 4 mars, les évêques catholiques du Burundi demandent « le dialogue des politiciens qui ont une vision pour ce pays et qui aiment cette nation et ses citoyens plus qu’ils n’aiment leurs propres intérêts. »

Justin Welby, archevêque de Canterbury, lors de sa visite au Burundi, a lui aussi insisté sur le caractère inclusif du dialogue, qui ne devrait discriminer aucune partie prenante au conflit.

La déclaration des évêques catholiques a été interprétée différemment par les politiques burundais. « Les évêques ont voulu créer un état de belligérance qui n’existe pas. Il n’y a pas de belligérants au Burundi et nous ne l’accepterons jamais », a réagi Gélase Ndabirabe, porte-parole du parti au pouvoir.

Côté opposition, l’appel des évêques est bien accueilli.

Charles Nditije estime que c’est une analyse « juste de la situation ».

Mais l’appel pour un vrai dialogue n’émane pas des seuls religieux. Sahli-Fadel Maya, une des trois experts indépendants des Nations unies chargés d’enquêter sur les violations des droits de l’homme au Burundi, a été catégorique: « L’alternative la plus louable serait d’aller vers la réconciliation qui doit passer par le dialogue inclusif de toutes les parties et le respect de l’ accord d’Arusha, ciment de l’unité nationale au Burundi.. »

Vaut mieux prévenir que guérir, dit-on. Ces déclarations visent justement à éviter la belligérance. Le Burundi en a
déjà l’expérience. Pour recouvrer la paix et la démocratie après la crise de 1993, on a emprunté la voie de la concertation négociation et celle de la rébellion. Au bout du compte, c’est le dialogue et la négociation qui ont permis au pays de traverser la crise avec l’Accord d’Arusha d’août 2000…

  11   Vos commentaires
  1. Ir. Asman Shabani

    Cher Sikuyavuga,
    Vous etes un journaliste que j’apprecie beaucoup et vos analyses sont souvent objectifs.
    Seulement je vous comprendrais mieux SI vous pouviez expliquer et informer vos lecteurs que le dialogue inclusif dont chantent
    tous ces politiciens ( gouvernement & oppostions ) est possible pour ramener la paix dans tout le territoir Burundais.
    Ici, meme si les Accords d’Arusha ne sont pas une Bible,on peut encore en parler et ajuster et adopter s’il le faut quelques modifications
    qui concordent avec la constitution et le temps actuel de la vie des citoyens Burundais, ( NB: Nous sommes en 2016 !!! ).
    Quant aux negociations, on va negocier sur quoi et sur qui et pourquoi…..
    Pour des postes ministeriels ?….OU BIEN SUR LES CONTRATS DE CONCESSIONS SUR L’EXPLOITATION DES
    RESSOURCES SOUTERRAINES DU BURUNDI…( NICKEL et AUTRES ). CE SERAIT DE LA VASTE BLAGUE DE LA PART DU POUVOIR ACTUEL AU BURUNDI…..Alons, soyons serieux; 1. Preparer les elections de 2020 sana la politique de chaises vides……………..ou alors…………………………………………………………2. Tou tou tou ………et 10 ans apres…… de NOUVELLES NEGOTIATIONS, de nouveaux Accords ( ARUSHA ??? )
    une nouvelle Constitution, de nouvelles Elections …….Et nous sommes 30 Ans en arriere,

    Ir. Asman Shabani
    Vechtstr.189
    8021 AR ZWOLLE
    PAYS – BAS
    e-mail: daddycool333@hotmail.com

  2. Karabadogomba

    « C’est le dialogue et la négociation qui ont permis au pays de traverser la crise avec l’Accord d’Arusha d’août 2000… »
    Oui, j’en conviens. S’il advenait que le gouvernement dit oui au dialogue, qui peut me citer au moins 3 organisations qu’il peut inviter et pourquoi.
    Dialogue inclusif, c’est vague et au final ça manque du sérieux.

  3. On n’a pas besoin « d’un état de belligérance pour dialoguer « .
    On a besoin d’être sincère avec ce qu’on veut. On parle d’une chose quand on veut son contraire et le dialogue aussi inclusif qu’il peut être n’aboutira à rien. On ne peut pas dialoguer quand on se tend des pièges en même temps. Les accords d’Arusha ont été signés pour calmer les esprits échauffés et non pour résoudre définitivement les vrais problèmes du Burundi.

  4. Kigano

    Ces discours incendiaires et de la haine de Ndabirabe font peur.
    Et si demain le parti decide de le mettre en pratique cette ideologie, es-tu pret mon frere aux consequences?? Il faut y reflechir serieusement.

  5. Kagabo

    Bonjour monsieur l’éditorialiste, Je vais aller directement sur le point qui m’interesse de tes points, Pourquoi choisir une partie de Madame Sahli Maya et non celui de Pablo le colombien ou le sud africain?? et pourtant les trois ont donnés leurs points de vues sur la visitée qui ont fait au Burundi. Je hate de voir le rapport qu’ils vont rédiger??? Quand même arrêtons d’être partisan en restant au milieu mes chers frères et c’est ça qui va faire guérir ce pays. Merci bcp.

  6. Venant

    Je me suis toujours posé la question de savoir pourquoi il y a toujours des chicaneries dans notre pays allant même jusqu’à la perte de nombreuses vies humaines. Pourtant, le Burundi regorge de nombreuses personnalités qui ont fait des études universitaires poussées et qui sont bien au courant des bonnes pratiques de gestion des affaires d’un pays dans le monde.

    Par ailleurs, la plupart des burundais ont été évangélisés et connaissent Jésus-Christ et ses deux commandements à savoir aimer Dieu de tout son coeur, de toute son âme et de toutes ses forces et aimer son prochain. Comment dès lors comprendre tous ces déchirements auxquels nous assistons depuis de nombreuses années? Qu’avons-nous retenu de l’école de l’amour puisque Jésus-Christ n’a enseigné rien d’autre que l’amour? Avons-nous une culture de l’amour? Chacun pourra y répondre à sa façon mais je pense que nous avons très peu de docteurs ou PhD dans ce domaine. Pour la plupart d’entre nous, c’est comme si nous n’avons jamais dépassé le niveau d’études primaires dans l’apprentissage de l’amour.

    Certes, nous avons été baptisés dans la Sainte-Trinité et proclamés fils et filles de Dieu. Nos parrains et nos parents se sont engagés, le jour de notre bâpteme, à nous accompagner sur le chemin tracé par notre Seigneur Jésus-Christ mais, hélas, nous n’avons jamais pu décoller. Tellement les choses de ce monde nous ont enchaînés et nous en sommes devenus de véritables esclaves. Notre lutte ne s’explique que pour la conquête ou l’accumulation des richesses de ce monde. Pourtant, nous avons appris depuis notre enfance qu’il y a deux vies à savoir la vie terrestre et la vie éternelle. Pourquoi diantre s’acharner à gagner la première vie qui a une fin au lieu de s’engager résolument dans la bataille pour une vie qui ne finira jamais? Notre pays serait-il devenu un pays paien à voir le comportement des gens qui se succèdent au pouvoir et qui font preuve du peu de souci qu’ils ont de l’amour du burundais  »nyarucari »?

    Je terminerai en disant simplement que nous avons besoin sincèrement d’une nouvelle évangélisation maintenant que nous sommes adultes. Je ne parle pas de cours de cathéchisme à mémoriser comme nous le faisions dans notre enfance. Il nous faut apprendre de manière concrète l’enseignement de Jésus-Christ dans ses dimensions verticale (amour de Dieu) et horizontale (amour du prochain). Nous avons besoin d’être outillé par les ministres de Jésus-Christ sur la façon optimale de puiser la force d’amour auprès de Dieu afin de pouvoir la mettre au service de notre prochain. C’est par ce truchement que verront le jour de véritables patriotes qui ne se lanceront pas en politique pour conquérir le pouvoir avec l’unique but de chercher à s’enrichir et tuer quiconque osera se mettra sur leur chemin mais qui investiront les ressources financières du pays vers un mieux être de notre population en général et des plus démunis en particulier.

  7. Matora

    – Quelles sont vos réalisations lors de la dernière législature?
    – Nous avons organisé les élections.
    – Quel est votre programme pour cette législature?
    – L’organisation des élections de 2020.

  8. La roue tourne

    Plus ridicule que le fameux Gélase Ndabirabe on en meurt vraiment! Comment peut-il prétendre que tout va bien alors qu’à chaque fin de semaine il lance ses bruits devenus périodiques à l’opinion en faisant croire que le Burundi risque l’attaque tantot du Rwanda, tantot des USA, de la Belgique, de Buyoya, de Maingain, de Ntibantunganya, de la famille Michel, etc…etc… Je conseillerai Gélase ou Nyabenda de laisser ces communiqués stériles car n’apportant rien de solution à la crise politique et économique qui vient de classer le Burundi au dernier rang des pays les plus pauvres de la planète!!! Derrière la Somalie et pire le Rwanda (hahaha)

    • Kubera Kubanankera

      Le temps du Burundi viendra

      • Kubera Kubanankera

        Pas de problème, le Burundi est le pays du miel et des haricots!!

  9. Ntibizijana

    « Ceux qui s’évertuent, poursuit-il, notamment le tandem tapageur Nyabenda- Ndabirabe, respectivement président et porte-parole du parti présidentiel, à nier ou à dénaturer cette triste évidence sont à traiter comme de vrais ennemis du peuple » Il faudra aussi visiter les ventres des crocodiles du Lac Tanganyika car nombreux sont les anti-3è mandat qui ont été jetés dans le Lac Tanganyika.

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