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Économie

Energie : le salut viendra du Nil bleu

Avec son projet pharaonique de construction d’une centrale hydroélectrique baptisée Barrage de la Renaissance sur le plus long fleuve d’Afrique, l’Ethiopie promet de vendre son surplus à ses voisins, la Regideso compte acheter 200 MW.

Jéroboam Nzikobanyanka : « Ce Barrage de la Renaissance est une aubaine pour le Burundi. »

Jéroboam Nzikobanyanka : « Ce Barrage de la Renaissance est une aubaine pour le Burundi. »

La production de cette centrale est estimée à 6 000 MW, sa construction se termine au premier semestre 2017. Un mémorandum pour la fourniture du courant a été signé entre les ministres burundais et éthiopien en charge de l’Energie. « Si le Burundi est disposé à acheter toute cette quantité (200 MW), cette énergie sera acheminée et fournie à partir du Rwanda via l’interconnexion régionale appelée « Eastern Power Pool », précise le nouveau directeur général de la Regideso, Jéroboam Nzikobanyanka.

Le Burundi fait partie de ce grand réseau régional électrique en construction, il regroupe 10 pays dont la Libye, le Soudan, l’Egypte, l’Ethiopie, le Djibouti, le Kenya, la Tanzanie, l’Ouganda, le Burundi et le Rwanda. Il y a d’autres projets d’interconnexion avec notamment la République démocratique du Congo.
«C’est une aubaine pour le Burundi en proie à un déficit énergétique criant avec ses quelques 68 MW en tout et pour tout à se partager alors que la demande ne fait qu’augmenter», se réjouit le directeur général de la Regideso. Mais il tempère un peu son enthousiasme : « L’exploitation annoncée du nickel à elle seule demande plus de 250 MW, il va falloir accélérer la construction de nos barrages et trouver d’autres sources d’énergie.»

Parmi ces projets de construction de centrales hydroélectriques, il y a au niveau international les barrages Ruzizi III et Rusumo Falls. Au niveau national, il y a le barrage sur la Kaburantwa, les travaux sont avancés. La centrale Jiji-Murembwe s’annonce prometteuse. Un projet de mise sur pied d’une centrale solaire à Zege a été déjà signé, sa capacité sera de 8 MW. Il y a un autre projet prévu de transformation des déchets ménagers pour fournir de l’énergie.

Pour Jéroboam Nzikobanyanka, si tous ces projets régionaux et nationaux de construction de tous ces barrages venaient à être concrétisés et si le Burundi achetait sa part d’énergie du Barrage de la Renaissance, l’exploitation du nickel va entrer dans sa phase opérationnelle et d’autres demandes seront plus ou moins satisfaites. «Les besoins exprimés par des industriels seront comblés. »

Pour le moment, regrette le directeur général de la Regideso, nombre d’entreprises, comme les fabricants de fer à béton et d’autres, requièrent beaucoup d’énergie. Elles voudraient travailler 24h sur 24 pour produire plus, mais la Regideso est dans l’incapacité de répondre à leur demande.

En attendant Godot…

Actuellement, explique-t-il, il a fallu mettre en marche deux centrales thermiques. La première a une capacité de 10 MW, c’est un financement de l’Union européenne jusqu’en 2017 avec une enveloppe de 10 millions d’Euros.
La Regideso dispose aussi de deux autres centrales thermiques, l’une est de 5, 5 MW, l’autre fournit 5 MW. Il n’y a que cette dernière qui tourne. «L’autre centrale a des problèmes de pièces de rechange, elles sont chères. Même celle de 5 MW qui marche, ce n’est pas à plein régime, elle nécessite quelques réparations. Des techniciens indiens sont attendus », précise Jéroboam Nzikobanyanka.

Et la lumière fut

Au début des manifestations contre le troisième mandat, indique-t-il, des informations faisant état d’éventuelles coupures de courant dans les « quartiers contestataires » pour que des gens soient massacrés pendant la nuit, ont circulé. «Cela a amené la Regideso à faire feu de tout bois pour qu’il y ait du courant dans tous les quartiers et surtout la nuit.»

Mais avec la saison sèche, nuance le directeur général de la Regideso, le niveau d’eau diminue de même que le courant produit. « Nous allons continuer à partager le peu que nous avons, mais je ne garantis rien», a-t-il fait entendre. Le spectre du délestage plane, mais il n’a pas prononcé ce mot détesté par les habitants de la capitale Bujumbura.

  7   Vos commentaires
  1. hat

    Pourquoi vous ne parlez pas du photovoltaique alors que le Burundi est ensoleillé 360 jours l an ?

  2. Stan Siyomana

    « L’exploitation annoncee a elle seule demande plus de 250 MW… ».
    Meme si le Burundi parvenait a avoir tous ces 250 MW, les investisseurs etrangers ne vont pas se bousculer aux portes du Burundi tant que les prix du nickel ne cessent de degringoler sur les marches internationaux.
    Le 7 juillet 2015, au fort de la crise dans les marches financiers en Chine, le prix d’une livre (= environ 450 grammes) de nickel est descendu jusqu’a 4,94 dollars americains ($), un peu plus d’une semaine apres, il etait a $5,32 le 15 juillet 2015.
    Ce prix etait a environ $23 en 2007, $4,50 en 2009 et environ $9 au debut de 2014.
    (Voir Investmentmine: « Historical nickel prices and price chart », http://www.infomine.com).

  3. karundi

    Mbega idili!!!
    Aha akanoti ka Regideso kazohageserera bitwaza ngo bayashoye bagura 200 MW, naho shwi!!! iri dili ni ryo .
    Nibabe barayatugurana dukore amatora neza

  4. Gondwanais Lamda

    La Regideso devrait plutôt le plus rapidement possible stimuler la production nationale d’énergie en attendant ce qui viendra des milliers des kilomètres le siècle prochain…

    • Stan Siyomana

      @Gondwanais Lamda
      1. En effet, comme le Burundi a ses propres rivieres et a meme (sur son propre sol) la source la plus meridionale du fleuve Nil, ce serait dans son interet strategique d’essayer de construire ses propres barrages hydroelectriques sur le meme sol du BEAU PAYS DE MWEZI GISABO.
      (Voir UNESCO: « Gasumo, la source la plus meridionale du Nil », http://whc.unesco.org).
      2. Mais le Burundi peut importer le modele ethiopien de l’Etat developpementiste (et meme le citoyen lambda de Cendajuru ou autre coin retire du Burundi va en profiter amplement).
      (Voir Meles Zenawi, 2006: « African development: dead ends and new beginnings », http://www.eidmon.com).
      « …the country- gripped by an appalling famine 30 years ago but now one of the world’s fastest growing economies- is seen as SOMETHING AS A MODEL FOR DEVELOPMENT, having brought millions out of poverty and HAVING INVESTED HEAVILY IN INFRASTRUCTURE AND KEY PUBLIC SERVICES… »
      (Voir Agence France Presse (AFP): « Ethiopia seen as African model as key summit to fund $2.5-tn growth gap opens in addis Ababa », http://mgafrica.com, 13 July 2015).

      • Bavuga

        Malheureusement, il ne peut y avoir de développement sans énergie. Et des sources d’énergies fiables et suffisantes. Et ce que l’on voit chez nous, des gens ne font que de la politique pour survivre car il n’y a que l’État qui crée des emplois alors que le secteur privé devrait être en pointe en tant que « donneur d’emplois ». Mais comment voulez-vous que les détenteurs de capitaux et investisseurs pensent au Burundi où la guerre civile est toujours dans les esprits ? Les crépitements de kalachnikovs quotidiens n’attirent malheureusement pas les capitaux. Les dégâts collatéraux de la situation politique exécrable au Burundi se feront sentir pendant plus d’une génération. Pensez-y chers politiciens!

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