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Éducation

Élèves aveugles et malvoyants, à Gitega : des rêves qui risquent d’être brisés

19-11-2013

C’est la deuxième année consécutive que le Lycée Notre Dame de la Sagesse de Gitega accueille les élèves aveugles et malvoyants. Mais les infrastructures et le matériel ne sont pas adaptés à leur handicap. Certains envisagent même de quitter l’école et de retourner dans leurs familles.

Les lycéens aveugles dans la salle de transcription ©Iwacu

Les lycéens aveugles dans la salle de transcription ©Iwacu

« Nous avons cru à des promesses qui nous chantaient l’application de l’éducation inclusive. Mais après, nous réalisons que rien n’avance », s’indigne Emmanuel Sindayigaya, un mal voyant de 22ans qui étudie en 7ème année en ce lycée.
Ils sont en tout 15 élèves dont 9 garçons et 6 filles qui sont inscrits à ce Lycée. Ils viennent des écoles spécialisées des aveugles et malvoyants pour continuer l’enseignement secondaire. Mais depuis une année, loin de s’améliorer, leur situation s’empire du jour au jour. Ces élèves à déficience visuelle soulignent qu’ils ont perdu tout espoir de suivre normalement leur scolarité dans cet établissement comme les autres. L’école ne dispose pas jusqu’aujourd’hui d’infrastructures et de matériels adaptés à leur handicap.

Dans les classes, l’élève à déficience visuelle doit suivre les explications des professeurs sans prendre note. Il le fera plus tard quand les autres lycéens se reposent ou font la révision des cours. « Comme nous écrivons le braille, nous nous rassemblons avec nos deux encadreurs dans une petite salle devenue trop petite pour nous tous. Nous y passons tout l’après- midi, nous n’avons ni le temps de prendre toutes les notes ni de préparer les interrogations. Tout notre temps est réservé à la transcription », se lamente Gérard Irankunda, en tâchant de montrer des ampoules sur son index causées par l’instrument qui sert à faire des trous sur le papier en carton sur lequel les aveugles écrivent. Pour ce garçon de 20ans, la machine à écrire pour les aveugles viendrait alléger leurs souffrances.

Un problème après un autre

Après avoir passé toute une journée dans les classes et dans la salle de transcription, d’autres difficultés les guettent dans les dortoirs, sauf les filles qui sont confinées dans une petite chambre servant de dortoir. Les garçons dorment dans les même dortoirs que les autres lycéens. Et d’indiquer qu’ils rencontrent des problèmes insurmontables.

« D’abord la disposition des lits dans les dortoirs nous pose souvent d’énormes problèmes. Si quelqu’un ne se porte pas volontaire pour me guider vers mon lit, je ne peux pas me déplacer sans me cogner sur les lits et autres objets éparpillés ici et là. », déclare Donatien Niyonzima, élève de la 8ème. Ces élèves soulignent que le fait de dormir avec les autres lycéens, loin de permettre leur intégration, complique les choses. « Certains lycéens nous volent le peu d’objets que nous possédons », critique Ernest Nkurunziza. Il donne l’exemple de leurs porte-monnaie et de leurs habits qui sont souvent volés.

Les toilettes communes ne sont pas adaptées à leur handicap. Selon eux, il leur est difficile de réveiller un autre lycéen pour lui demander de les conduire jusque dans les toilettes : « S’il est de bonne foi, il te guide mais il doit rester sur le pas de la porte. Nous devons utiliser nos mains pour nous orienter, ce qui n’est pas sans conséquence car les latrines sont souvent salles surtout pendant la nuit ».

Leurs encadreurs ne trouvent plus de mots pour exprimer leur désarroi. D‘après eux, ils doivent suivre tous les cours, traduire d’abord pour les élèves et ensuite pour les professeurs pendant et après les interrogations. « Ce qui nous surprend, c’est que nous ne sommes pas traités selon notre effort .Nous ne bénéficions pas des congés pédagogiques comme les autres professeurs », s’exaspère Fulbert Ngendakumana, l’un des deux encadreurs-traducteurs. En termes voilés, ils font savoir qu’ils seraient mieux ailleurs.
Le directeur affirme qu’il comprend parfaitement la colère et le désespoir de ces élèves à déficience visuelle. Signalons, par ailleurs, que ce lycée a accueilli en même temps 14 sourds-muets.

  7   Vos commentaires
  1. poete

    Fonds des bonnes initiatives!!!

  2. Vuvuzela

    Meme les Imbonerakure ne voient pas bien..apparemment. Puisque, s’ils « voyaient bien », ils ne violenteraient pas des innocents ou ne violenteraient personne tout simplement.

  3. Vincent

    C’est très dommage pour nos chers enfants! Et si on pouvait nous rassembler tous, pendant les travaux communautaires, pour construire des infrastructures adaptés à ces personnes et que le Gouvernement se charge de les équiper, ne serait-il pas un acte patriotique?

  4. umurundi1

    sarah, peux-tu nous montrer cette ecole special?
    C’est dommage que le pays ne s’interesse pas a cette categories d’eleves alors qu’elle a l’envie de poursuivre les etudes comme les autres.Pourtant un seul cambrioleur parmi ces gens qui conduisent des jup Prado d’un seul coup detourne une somme qui pourrait acheter du materiel nessaire pour tous ces 15 citoyens durant tout leur parcours scolaire et academique.Nta kundi baribagiwe.

  5. Cette école n’est pas adapté à vos besoins. Il faudrait s’inscrire dans une école pour spécial aveugle.

  6. Cetteécole n’est pas adapté à vos besoins. Il faudrait s’inscrire dans une école pour spécial aveugle.

  7. Muhirwe

    Ndababaye vraiment!
    None ama notations mathématiques bayamenya gute?
    Bakwiye ishure ryabo et un endroit ibereye uko bameze!

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