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Société

Ecole de la foi : la réconciliation et les attentes du peuple au centre des débats

03-08-2015
Les deux conférenciers Théo Tuyisabe (à gauche) et l’abbé Célestin Simbanduku défendant la réconciliation et la responsabilité des dirigeants

Les deux conférenciers Théo Tuyisabe (à gauche) et l’abbé Célestin Simbanduku défendant la réconciliation et la responsabilité des dirigeants

Au lendemain du processus électoral enclenché en 2014, les pères Schoenstatt du Mont Sion Gikungu ont senti le besoin d’accompagner le public en général et les chrétiens en particulier. Ils ont alors initié une série des conférences-débats qu’ils ont appelé « Ecole de la foi ».

Au 7ème atelier, 2 exposés ont tenu l’attention du public à savoir : la fraternité et la réconciliation ainsi que les attentes du public envers ses dirigeants.

« La réconciliation est possible au Burundi après tout ce qui vient de diviser le peuple », assure abbé Célestin Simbaduku. Il se réfère dans son exposé à l’histoire de deux frères jumeaux Jacob et Esaü.

Selon abbé Simbanduku, la rivalité entre ces deux frères s’annonce déjà dans leur existence prénatale et lorsqu’un oracle révèle qu’il s’agit de deux peuples en devenir qui seront en lutte.

La rivalité, raconte-t-il, se laisse percevoir à la naissance, lorsque le plus jeune est agrippé à l’aîné ; elle prend une pente délicate lorsque l’aîné vend son droit d’aînesse pour un plat de lentilles. Elle escalade lorsque Jacob vole la bénédiction paternelle destinée à Esaü, son frère aîné.

C’est sur un fond de soif de vengeance meurtrière d’Esaü à l’égard de Jacob, explique-t-il, que les deux frères se séparent : « Cette séparation aurait pu être aussi une solution à leur conflit, autant la distance géographique garantit en effet une certaine vie paisible pour chacun des deux frères jusqu’au moment où Jacob rentre de son exil. » Il ne peut rejoindre Canaan, sa patrie natale, sans traverser la région habitée par Esaü, son frère jumeau et ennemi. Jacob doit rencontrer son frère Esaü.

D’après le conférencier, c’est une rencontre des plus incertaines. C’est la réconciliation, les retrouvailles des deux frères jumeaux, retrouvailles qui vont se conclure par une nouvelle séparation des deux frères, chacun s’installant dans son propre territoire, et n’étant plus en conflit avec l’autre.

Comment devrait-on relire la fraternité de Jacob et d’Esaü dans le contexte conflictuel burundais ? Ce chapitre n’est pas encore écrit. Mais il propose de garder les yeux fixés sur des axes importants : prendre conscience du mal fait et de la menace qu’il fait peser sur les fils et filles du pays. Des signaux visibles, termine-t-il, montrent la volonté de rétablir la paix et l’unité brisées : le consentement au pardon et à des renoncements pour le bien de la Communauté.

Entre l’élu et le peuple, qui attend quoi de qui ?

Théo Tuyisabe, également conférencier du jour, s’interroge : «C’est le peuple qui attend des élus ou ce sont les élus qui attendent du peuple. Qui écoute qui ? »

Les deux orientations, remarque M. Tuyisabe, sont légitimes. Pourtant, les organisateurs proposent une orientation claire : ce que le peuple attend de ses dirigeants. «Devrions-nous laisser de côté ce que les dirigeants attendent du peuple ?», se demande-t-il. D’après le conférencier, c’est injuste car à chaque fois que le droit est réclamé, le devoir s’impose de soi.

Après les élections, déclare Théo Tuyisabe, ce n’est pas le temps pour un dirigeant de s’installer dans son fauteuil, plutôt le temps de sortir les bottes. «Kora ivyo mwatwemereye igihe mwaza kwiyamamaza » ou «Honorez vos promesses», ne cesse de demander le peuple.

Malgré les conditions dans lesquelles les élections se sont déroulées, M. Tuyisabe estime que c’est le moment de la réalisation des promesses électorales : «Ici entre en jeu la cohérence entre la volonté populaire et la vision du leader.»

Pour lui, le rôle du leader visionnaire est d’équilibrer les besoins de tous les acteurs, d’assurer la création des stratégies, des systèmes et des méthodes pour atteindre l’excellence, l’innovation et le renforcement des connaissances et des capacités.

Il constate que le dirigeant et le dirigé sont appelés à dialoguer continuellement pour permettre la connaissance des attentes des uns et des autres. Même dans les temps les plus forts de la crise, déclare-t-il, il faut dialoguer. Quand on a le doigt entre les dents d’un ennemi, dit-on, il faut le faire rire d’abord, pour retirer ensuite ton doigt.

Citant le philosophe allemand Hegel, Théo Tuyisabe indique que chaque peuple a le gouvernement qu’il mérite : «En tant que dirigeant ou dirigé, nous sommes donc appelés à comprendre que nous récolterons ce que nous aurons semé.»

  5   Vos commentaires
  1. Blax3series

    Du bla bla bla comme les burundais sommes maitres en la matiere. C’est quoi la question encore????

  2. Nijebariko

    Chere Ngabire,

    A Schoenstatt, Ecole de la foi n’a pas commence avec cette serie de conderence-debats, elle est meme au centre de son enseignement merci.

  3. ntsimbiyabandi

    Pour résoudre ou transformer un conflit, il faut entre autres connaître les différents protagonistes. Le conférencier s’est apesenti sur Esaü et Jacob; ce nest pas de sa faute puisque c’est la perspective biblique qui en veut ainsi. Mais il y a un autre personnage central qu’il ne faut pas oublier: C’est Rébecca la mère des deux jumeaux, auteure du conflit. Pour résoudre les conflits burundais il faut appeler Rébecca, notre Mère, à y contribuer. Ce n’est pas pour rien que c’est elle qui est à la tête de la CNVR. Le conférencier, citant un confrère, a par ailleurs dit que l’Eglise ne s’est pas tue. Aux spécialistes du langage de nous dire ce qu’elle a dit, quand et comment elle l’a dit. Quant au philosophe, il fallait d’abord nous dire que Rébecca qui avait boudé l’observation des élections parce que son fils préféré Jacob risquait de les perdre les a finalement reconnues ou du moins a reconnu les élus issus d’elles. Sinon on ne peut pas demander des comptes à quelqu’un à qui on n’a pas donné des responsabilités. Par conséquent l’élu ne peut pas demander au peuple de lui rendre compte. C’est l’inverse. Par ailleurs, le peuple est souverain et le souverain ne délinque pas. Finalement les deux conférenciers étaient à la hauteur des attentes pour ajouter qu’on a toujours le plaisir d’écouter l’abbé Simbanduku Célestin. Merci à Atelier Ecole de la foi.

    • alice

      Monsieur « ntsimbiyabandi »
      L’hypothèse qui soutient que l’Eglise s’est retirée de la Ceni parce que son fils préféré était perdant d’avance est un amalgame. Il y a longtemps qu’elle se serait retirée, je crois bien en 2010, si pas déjà en 2005, parce que pour toutes ces échéances électorales, son prétendu fils préféré était toujours donné perdant d’avance. Je crois que la question qui se pose ici est une question de SINCERITE de ta part, une question qui fait malheureusement défaut. Je n’ose pas croire qu’il s’agisse de MAUVAISE FOI, comme malheureusement aussi c’est la cas pour beaucoup de nos compatriotes. Deuxième chose, tu parles d’un peuple souverain; mais où ça? Au Burundi? Demandez au ténors du CNDDFDD ce qu’ils pensent de la souveraineté de leur peuple, sinon le peuple, j’espère qu souverain il le deviendra un jour, mais pas aujourd’hui.

      • ntsimbiyabandi

        J’ai partagé ma vérité, ma conviction. J’attendais les vôtres. Dans le commerce (entre) des gens la bonne foi est présumée. Quant à la sincérité je ne la trouve ni dans les vertus théologales (foi, espérance, charité) ni dans les vertus cardinales (prudence, justice, force, tempérance…) ni encore moins dans les valeurs fondamentales de la doctrine sociale de l’Eglise (justice, vérité, liberté, charité). Non pas qu’elle n’existe pas, qu’il n’est pas nécessaire de connaître tous les 613 commandements mais d’aller à l’essentiel : l’amour de Dieu et du prochain. Et là la sincérité n’y est pas absente et vous y allez en tant que roi, prêtre et prophète. Et qui dit roi dit souverain. Vous êtes le peuple de Dieu, le souverain. Cela de par le baptême que vous avez reçu est indélébile. Personne ne vous en enlèvera. Qu’il soit UPRONA, PP, PALIPEHUTU, FRODEBU, CNDD-FDD, FNL, MSD… ; qu’il soit riche ou pauvre, qu’il soit puissant ou faible….C’est clair, Je n’ai pas besoin de vous citer et commenter les 1er et 7ème articles de notre Constitution. Nous n’avons pas besoin non plus d’être des philosophes (gouvernement des philosophes de Platon), des aristocrates ni des censitaires pour être libre. Pour le reste, je vous inviterais à participer, le dernier mardi du mois, aux débats de Atelier Ecole de la foi, sur place à Mont Sion Gikungu ou à distance car c’est en direct sur Radio Maria Burundi.

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