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Politique

Dossier Indépendance : une commémoration en demi-teinte

Les Burundais célèbrent le 54ème anniversaire d’indépendance alors que le pays est plongé dans une crise politico-sécuritaire aux conséquences multiples. Iwacu en brosse quelques-unes.

Les militaires burundais portaient une nouvelle tenue différente de celle à laquelle on est habitué

Les militaires burundais portaient une nouvelle tenue différente de celle à laquelle on est habitué

Politique/ Une commémoration différemment interprétée

Les acteurs politiques et de la société civile interprètent différemment la commémoration du 54ème anniversaire d’indépendance.

Hamza Burikukiye : « Nous devons célébrer car c’est une grande fierté pour les Burundais, le pays est encore debout. »

Hamza Burikukiye : « Nous devons célébrer car c’est une grande fierté pour les Burundais, le pays est encore debout. »

La décision du président Pierre Nkurunziza de briguer un 3ème mandat, jugé anticonstitutionnel et contre l’Accord d’Arusha par l’opposition, a déclenché une crise multidimensionnelle. D’où une interprétation différente sur l’indépendance du Burundi.

« Il faut se battre et sauvegarder l’indépendance du Burundi, se soucier de l’avenir du pays », a conseillé le président Pierre Nkurunziza aux membres du Cndd-Fdd dans son dernier congrès. Il est revenu plusieurs fois sur les dangers que le parti et le gouvernement ont couru en 2015 à cause des ennemis de la démocratie qui sont à l’œuvre depuis 1961, avec l’assassinat du héros de l’indépendance, le prince Louis Rwagasore.

Pancrace Cimpaye, porte-parole du Cnared, la principale plateforme de l’opposition burundaise, salue également cet illustre disparu. « Le Burundi a perdu un homme d’Etat qui doit se retourner dans sa tombe à cause des supplices imposés au peuple par le pouvoir de facto de M. Pierre Nkurunziza. Les vertus de cette indépendance ont été complètement détruites par ce pouvoir de Bujumbura. » Il souligne que la pensée du Cnared va ensuite au peuple burundais, « tombé sous le joug d’une colonisation dramatique du club de M. Pierre Nkurunziza. Ou on accepte d’être des sujets de ce club ou on prend le chemin de l’exil, de la prison ou du cimetière. » M. Cimpaye considère que les libertés qui caractérisent une nation indépendante se sont évanouies au Burundi.

Le porte-parole du Cnared termine par un clin d’œil au pouvoir : «  Quand ils disent que l’Accord d’Arusha ne les concerne pas parce que quand il a été négocié ils n’étaient pas là, je voudrais leur rappeler que quand l’indépendance du Burundi a été négociée, ces ténors du Cndd-Fdd n’étaient pas là non plus. Est-ce que cette indépendance ne les concerne pas pour autant.»

L’indépendance en otage…

Cependant, cette lecture n’est pas celle de la Plateforme Intégrale de la Société Civile du Burundi (PISC-Burundi). Pour son secrétaire-général, Hamza Burikukiye, le 54ème anniversaire de l’indépendance du Burundi est une grande victoire car le pays a failli sombrer dans une crise très grave. « Nous devons célébrer car c’est une grande fierté pour les Burundais, le pays est encore debout, la population est à l’œuvre, les établissements publics fonctionnent et le Burundi regagne la confiance des partenaires internationaux.» Il ajoute que, si on tient compte du dialogue interne et externe, il y a une lueur d’espoir car les Burundais commencent à dépasser leurs propres intérêts pour penser au bien du pays.

« Je trouve qu’aujourd’hui l’indépendance du Burundi est fortement compromise. Depuis une année, le pays a sombré dans une crise sans précédent, due à la volonté d’un seul homme de se maintenir au pouvoir contre la volonté du peuple, et en  violation de l’Accord d’Arusha et de la Constitution », rétorque Vital Nshimirimana, le délégué général du FORSC. Il rappelle que la souveraineté appartient au peuple burundais. Or, remarque Vital Nshimirimana, actuellement, personne n’a la liberté de parole, de mouvement, d’expression, moins encore la dignité humaine, en témoignent les crimes et humiliations dont font l’objet les fils et filles du pays.
Hamza Burikukiye : « Nous devons célébrer car c’est une grande fierté pour les Burundais, le pays est encore debout. »


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  9   Vos commentaires
  1. Salmia Irikungoma

    Uwukora ikibi uwariwe wese, ico kibi ntikizomuharira. Rose Karambizi ndamukurusha, twarabana, ni benshi si nawe wenyene, twese nivyo tuba turiko turiyamiriza. Ba Rose bari benshi, n’ubu ni benshi, twese tubafisemwo incuti, abavyeyi n’abavukanyi bishwe, biciwe, birirwa baricwa n’ubu. Nta bitabu nkeneye gusoma, ivyabaye gushika ubu, mu Burundi, ibiriko biraba ubu, nivyo tuguma dusemerera . Ico umuntu wese yomenya, ni uko uwukora ikibi wese agisanga imbere, nta numwe arekuriwe kuzimanganya ubuzima bw’uwundi. Ababwirwa bariyizi, kandi, uwera nawe ariyizi n’Imana yiwe. Abarundi sibo biyica.

  2. JK

    @Vital Nshimirimana: «Depuis une année, le pays a sombré dans une crise sans précédent, due à la volonté d’un seul homme de se maintenir au pouvoir contre la volonté du peuple»

    Et la majorité écrasante qui a reconduit Nkurunziza au pouvoir pour un énième mandat est issue de quel Pays, si tout président burundais est élu par ses concitoyens?

    • Karabona

      Ces élections ont été organisées par un seul parti, contrôlées par ce seul parti et avalisées par ce seul parti… cela fait penser à une question du fameux jeux Trivial Poursuite: « Quel est le seul film au monde pour lequel l’acteur principal est également réalisateur et producteur? Réponse: Idi Amin Dada »

  3. Solilogus

    Laisse-moi rire! Le Burundi libre? Le Burundi, sous l’emprise des gangsters schizophréniques paranoiaques, est libre! Verse-moi à boire…

  4. Jereve

    Le pays est encore debout! Oui s’il faut le comprendre dans le sens de la fable de La Fontaine « Les animaux malades de la peste »: ils ne mourraient pas tous, mais tous étaient frappés. Sur ce, il n’y a vraiment pas de quoi pavoiser.

  5. Salmia Irikungoma

    Menya yuko, amabi akorerwa abarundi, akorwa n’intwaro ya Nkurunziza, ararenze, ntazijana. Naho abatware b’isi yose, borenzako uruho rw’amazi kubikorwa n’iyo ntwaro mbi. La nature meme ne pardonnera pas les malheurs causes par le pouvoir Nkurunziza !!!. Qui vivra verra. Patience et courage au peuple burundais meurtri.

    • Peter James

      @ Salimia,
      Ayo mabi ari kuri mwebwe mushaka gusubiza
      Abarundi mu buja .
      Rwagasore,Ndadaye na Ntaryamira bozuka boguha inyishu nziza.
      Abanyagihugu ntizokwemera namba gusubira mu ntwaro z’agahotoro.

      • Burundi

        Peter James,

        Abo udondaguye n’ibo bonyene baguhagaritse umutima ? Urwaruka, abanyagihugu batagira uko bangana batawe mumazi bamwe bishwe urwagashinyaguro , abazimiye ntibamenyekane irengero ryabo bamwe bagahambwa mu binongo bimwe n’abavyeyi babo ntibaronswe uburenganzira bwoguhamba bozuka nta nyishu boguha wewe? Ubuzima bw’abantu burangana, amaraso arasa. Iyi ntwaro ya Nkurunziza ibiranga intwaro z’agahotoro irabifise vyose. Aha kw’isi no mw’ijuru yandistwe nk’intwaro yagahotoro, kubibona ukundi birakuraba. Ntimushaka intwaro z’agahotoro, ariko mugashaka abo mushira mugahotoro. Bizogorana ko nabo nyene bavyemera.

    • Mariya Budangwa

      @ Salmia Irikungoma

      Hewe reka ndakwibarize mbega ayo amabi uvuga aruta ayabaye kuva twikukira, naho ata woshigikira amabi aho yoturuka hose.Urabanza ubaze canke ushake ibitabu usome nogusaba kurondera igitabu c’umufasoni Rose Karambizi Ndayahoze kuko bamwe mwirengagiz’akababaro k’abandi.Ngo ico udashaka ko bagukorera ntukagikorere abandi c’est la règle d’or!!!!

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