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Économie

Controverse sur les recettes de l’Amisom

22-01-2015

Députés et société civile s’étonnent de la chute des prévisions et réalisations des recettes de l’Amisom de plus de 20 milliards de Fbu par rapport aux budgets de 2012 et 2013. Le ministère des Finances parle d’une mauvaise estimation.

Tabu Abdallah : « Il y a eu une mauvaise estimation des recettes de l’Amisom. » ©Iwacu

Tabu Abdallah : « Il y a eu une mauvaise estimation des recettes de l’Amisom. » ©Iwacu

Les prévisions des recettes de l’Amisom 2012 et 2013 étaient respectivement de 26,5 et 29,5 milliards de Fbu et les réalisations enregistrées sont respectivement de 14 milliards et 2 451 649 921 Fbu. Pour les exercices 2014 et 2015, ils ne sont que de trois milliards. Lors des séances en plénière du 20 au 21 décembre 2014, les députés ont adressé au ministre des Finances des questions pour plus d’éclaircissements : la méthode de calcul aurait-elle changé ? Les éléments sur base desquels ces prévisions sont faites auraient-ils été réduits par rapport à 2012 et 2013 ? Si oui, quel est le niveau de réduction de ces éléments qui auraient provoqué une chute aussi importante des recettes ?

Lors des prévisions budgétaires, a répondu le ministre Tabu Abdallah, nous nous basons sur les réalisations des années précédentes. Or la révision budgétaire de l’année 2012 est due à une mauvaise estimation des recettes de l’Amisom. Et d’ajouter que le ministère n’inscrit dans le budget que les prévisions qui ont été données par les services spécialisés. Pour son porte-parole, Désiré Musharitse, le ministère a décidé de ne prévoir que 3 milliards pour éviter des promesses non tenues. Un député, qui a requis l’anonymat, confie que le ministre les a envoyés au ministère de la Défense pour plus de précisions.

L’article 4 stipule : « (…) le budget général de l’Etat, en recettes et dons, en dépenses courantes, en dépenses, en capital et prêts nets, en financement, est préparé et exécuté par le ministère ayant les Finances dans ses attributions, Ordonnateur unique de l’ensemble des dépenses de l’Etat (…) ».

Le président de la commission défense et sécurité à l’Assemblée nationale, Félicien Nduwuburundi, tente de donner des explications – il a fait partie des députés qui ont visité les militaires en Somalie : « Les 3 milliards considérés comme prévisions représenteraient 200 dollars retirés sur le salaire (un peu plus de 1000 $) de chaque militaire. Ils vont dans les caisses de l’Etat. » Concernant l’argent récolté sur la location du matériel militaire (blindés et autres), il va dans l’encadrement des militaires, l’achat du matériel militaire, le renseignement etc. Il rassure qu’avec le mémorandum d’entente signé entre le Burundi et le Royaume des Pays-Bas sur la réforme et le développement du secteur de sécurité, le changement viendra petit à petit.

Pour le porte-parole de l’Armée, Gaspard Baratuza, les militaires sont spécialistes dans l’art de la guerre et non dans les finances. « Adressez-vous au ministère des Finances. »

La Cour des comptes et l’Inspection Générale de l’Etat pointés du doigt

Faustin Ndikumana : « Ils doivent surveiller le budget et mener des enquêtes. » ©Iwacu

Faustin Ndikumana : « Ils doivent surveiller le budget et mener des enquêtes. » ©Iwacu

Faustin Ndikumana, représentant de la Parole pour le Réveil des Consciences et des Mentalités, accuse la Cour des Comptes et l’Inspection Générale de l’Etat de ne pas jouer leurs rôles : « Ils doivent surveiller le budget et mener des enquêtes. Sinon, l’enrichissement illicite et le blanchiment d’argent prennent racine. » Il rappelle que les parlementaires ont assez de temps pour évaluer le budget et poser des questions, depuis la session d’octobre jusqu’en décembre. « Mais ce n’est jamais le cas ! »

« C’est incompréhensible que le ministre parle d’une mauvaise estimation, alors que l’effectif des militaires ainsi que le matériel militaire, qui est loué, sont connus. Donc, tout doit être prévisible », déclare Noël Nkurunziza, président de l’Association Burundaise des Consommateurs, devenue, depuis peu, la section nationale de Transparency International (TI). « Même s’il y aurait une mauvaise estimation, c’est farfelu que l’écart atteigne des milliards. » Pour lui, c’est au ministre des Finances d’être le premier informé pour être en mesure de donner des clarifications (article 4 du budget de 2015). « Il aurait dû faire ce travail avant de venir devant les parlementaires. »

  7   Vos commentaires
  1. Clean PP

    Iwacu devrait Aussi mener ses propres enquetes pour completer cet article avant meme de le publier. L »Union Africaine pourait donner des chiffres concrets au lieu de parler a ces muets du ministere des finances. Freedom of information oblige lUa a fournir ces infos.
    Donc travail simpliste pour Iwacu.

  2. gihugo

    Pensez-vous que le parlement peut vraiment changer quelques choses de ce qui est décidé dans les hautes sphères de l’exécutif. Les députés ont eux mêmes votés des lois qui sont contres eux. Tu est en désaccord avec le CNDD FDD, tu est exclu du parti et du parlement. Qui est ce parlementaire DD parmi ceux que nous connaissons peut se hasarder pour se prononcer contre la volonté des princes qui dirigent? Moi je ne connait personne surtout qu’avec le système DD, non seulement tu est exclu du parti et du parlement, mais aussi tu peut être emprisonné, exilé ou tué (voir ce qui s’est passé avec Manassé, les pro-Radjabu, et autres). Même l’intellectuel Rufyikiri, qui a osé un jour critiqué les DD corrompus a reçu une mise en garde sévère et actuellement, il ne peut pas osé sortir le petit doigt contre les puissant voleurs, tueurs du régime. Ils sont fort actuellement car ils maitrisent la justice, la police, le parlement, le sénat, la presse publique et bientôt la pesse privée, l’armé, etc.
    Le changement sera opéré par le peuple si non des lourdes conséquences pèsent sur lui et sa progéniture! Mieux vaut tard que jamais, militons pour le changement et mettre le groupe de Bagumyabondo hors état de nuire!

    • BUSORONGO

      @Gihugo
      Comme la galaxie est immense je sais pas sur quelle planete vous avez elu domicile mais le parlement et le ppresident ont ete elu par le peuple. C’est ca le changement qu’il voulait ce peuple.
      Votre apocalypse vous guette vous meme et non mon peuple.
      Si vos deputes n’ont pas eu la chance d’etre elus c’est parce qu’ils etaient des incapables; les meritants ont ete elus.
      Le journal fait son boulot sans se soucier de vous avec vos echecs reguliers ces derniers temps. S’il ssouleve une question economique c’est qu’il y a des raisons qu’il n’enonce pas ici. Donc gardez vos rancunes pour vous et essayons de construires notre pays.
      Ou va cet argent? C’est simple. Il y a des organes charges de la gestion. Posez des questions a ces organes pour savoir. Parcem n’en sait rien.

      Dites moi entre un chien de garde et le maitre de la maison qui detient les secrets de la maison?

      • Mugumya

        Tu saura la vérité lorsque les miettes qui te parviennent tariront. C’est rare de voir des gens qui sont contre le peuple qui réclame ses droits. Malheureusement à voir ton style, tu est parmi ces gens qui vont tomber avec le régime de la corruption. Bye!

      • Jean-Pierre

        C’est le chien quand le maître a perdu la tête.

      • Amédé

        L’apocalypse ne nous guette point mon cher Busorongo, nous sommes en plein dedans. La question maintenant, c’est comment en sortir.

        • baobab

          « La question maintenant, c’est comment en sortir. »
          On ne sort pas d’apocalypse, c’est trop tard! A moins qu’il n’en soit pas une!

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