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Controverse sur la route Kagongo-Tora : la Getra aurait bâclé son travail

04-12-2012

Des habitants de Burambi accusent Getra d’avoir fait un travail {superficiel}, en construisant la route Kagongo-Tora. L’entreprise indique avoir respecté les clauses du contrat. La commune évoque de nouveaux fonds prévus pour les travaux de perfectionnement.

<doc6271|right>«L’entreprise Getra n’a pas tracé des caniveaux sur la route Kagongo-Tora. Nous sommes menacés par les eaux des pluies», déplore Catherine Niyongere de la sous-colline Mukwanga en commune Burambi. Cette piste d’une soixantaine de kilomètres passe dans les communes Burambi et Mugamba en province Bururi. Les eaux issues des bouches d’évacuation des canalisations routières ont occasionné des dégâts. Elles se sont déversées dans les ménages de la sous-colline Mukwanga jusqu’au pied de la colline Rukukumbo. Elles ont emporté différentes cultures sur un rayon de presque deux kilomètres. Une partie des bananeraies a été emportée.

Quelques troncs d’arbres sont à même le sol. Catherine Niyongere affirme que ces dégâts ont été occasionnés par Getra qui n’a pas canalisé les eaux. «J’habite cette localité depuis 70 ans. Je n’avais jamais vu ce phénomène», s’étonne la septuagénaire. En outre, explique-t-elle, toutes les cultures ont été emportées par les eaux et la terre n’est plus cultivable. Suite aux pluies tombées ces derniers jours, des éboulements se sont produits. La maison de Mme Niyongere risque de s’écrouler d’un moment à l’autre.

« Getra doit nous indemniser »

Silvère Manirakiza de la colline Murara ajoute que l’eau stagne dans plusieurs coins de cette route, entravant ainsi la circulation. Pour lui, l’entreprise Getra doit indemniser les victimes. Augustin Nahayo, président de l’amicale Burambi, constate que le travail a été fait à la hâte et que le sol n’est pas compacté.
Dans la correspondance adressée au régisseur du PPCDR (Programme Post-Conflit pour le Développement Rural) le 6 novembre, Léopold Niyonganji, administrateur de Burambi, lui demande une intervention urgente pour limiter les dégâts. Il exige une réorientation des eaux des canalisations à l’origine des éboulements vers les ravins. Pour l’administrateur, une buse s’impose sur la colline Gisunzu pour réorienter les eaux. En outre, il propose des travaux pouvant limiter le débit des eaux des canalisations dans des endroits à haut risque comme les pentes et les raides.

« D’autres fonds sont prévus »

Rémy Nsabimana, conseilleur technique chargé des affaires administratives et sociales à Burambi, indique qu’un compromis a été trouvé. D’après lui, une délégation de l’Union Européenne s’est rendue sur les lieux, jeudi dernier. « Elle a accepté de débloquer d’autres fonds pour augmenter les buses et les canalisations afin de réorienter les eaux», déclare-t-il. Selon ce dernier, même une couche de latérite sera augmentée dans certains endroits. Quant aux indemnités, Rémy Nsabimana précise que la commune attend les responsables de Getra pour discuter des modalités pratiques.

« Getra a respecté le contrat »

Avant le commencement de tout projet, indiquent les responsables de Getra, des études se font pour déterminer les travaux à faire : « Cela se fait à travers un dossier d’appel d’offres. » Cette entreprise affirme s’être conformée au contrat proposé par le bailleur et le maître d’ouvrage. Cette entreprise indique qu’elle ne peut pas réaliser ce qui n’est pas prévu dans le contrat. Getra signale que l’Union européenne a accepté d’ajouter les fonds pour bien orienter les eaux par des buses supplémentaires et des caniveaux maçonnés. Cette entreprise se dit prête pour tout autre travail si le bailleur donne d’autres moyens.
Concernant les indemnisations, les dirigeants de Getra affirment que personne n’est responsable. Car les inondations et éboulements de Burambi sont des faits naturels qui se passent également dans d’autres coins du pays.
Iwacu a contacté Gloriose Nimenya, gouverneur de Bururi sans succès.

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