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Communes = Ministère du Commerce

30-08-2011

Une amende variant entre 500 mille et un million sont infligées aux commerçants qui ne respectent pas les prix des boissons à Ngagara. Les communes urbaines de Nyakabiga et Musaga emboitent e pas à Ngagara. Une mesure qui avait pourtant échappé au ministère du Commerce…

Cafouillage ! Dans les bistrots de la ville de Bujumbura, les commerçants fixent les prix des boissons à leur guise: l’amstel 65 cl se vend entre 1300Fbu et 1500 Fbu la bouteille, la Primus entre 1000 et 1100 Fbu, l’amstel bock à 1000 Fbu et la limonade à 500 Fbu. Pourtant, les prix officiels sont de 1200 Fbu pour l’Amstel 65 cl, 950Fbu pour la Primus, 800Fbu pour la Bock et 450Fbu pour la limonade.

Le 30 juin 2011, l’administrateur de la commune Ngagara, Désiré Gahungu, réunit les commerçants grossistes et les détaillants et leur demande d’appliquer à la lettre le prix officiel des produits Brarudi. Ordre est aussi donné de fermer toutes les boutiques alimentaires faisant office de bars. Selon Désiré Gahungu, les différents modèles de licences de vente appliqués dans les bars doivent être vérifiés. De même, plus aucun grossiste de Ngagara n’est autorisé à vendre en détail des produits Brarudi. Enfin, l’administration de Ngagara doit être tenue au courant des approvisionnements quotidiens à la Brarudi ; histoire de réprimer tous les spéculateurs.

Selon l’administrateur, certains magistrats, officiers supérieurs ou généraux qui ont des bistrots lui ont intimé l’ordre de revenir sur sa décision. Il craignait que son supérieur hiérarchique ne s’y oppose aussi : « Je me suis basé sur l’article 26 de la loi portant organisation de l’administration communale qui stipule que l’administrateur est l’œil du gouvernement dans sa commune. » Faiblesse : ses chefs de quartiers, se lancent aussi dans le commerce : « Il leur est souvent difficile d’être neutres. »

A Nyakabiga et Musaga, même option…

Eric Nkurunziza, administrateur de Nyakabiga, a lancé des communiqués à travers les médias pour appeler les commerçants des produits Brarudi à respecter les prix officiels, sous peines de sanctions. D’après lui, certains commerçants ont déjà été sanctionnés. L’amende est infligée selon l’appréciation de l’autorité à Nyakabiga.
L’administrateur de Musaga, Alexandre Bigirimana, affirme lui aussi avoir infligé aux commerçants spéculateurs une amende de 100 mille Fbu pour les grossistes et de 50 mille Fbu pour les détaillants. D’après lui, le rôle des chefs de quartiers est déterminant: « Ce sont eux qui nous communiquent ces cas de spéculation. » Le problème qu’il évoque est celui d’un spéculateur, militaire de son état, qui a refusé de répondre à deux convocations : « Je vais saisir la justice militaire, car nul n’est au-dessus de la loi. » Effort louable de la part de ces administrateurs communaux.

La ministre du commerce devrait démissionner…

L’article 6 du Code du commerce stipule qu’« afin de suivre l’évolution des prix à l’importation et au consommateur, le ministère du Commerce procède régulièrement à l’enregistrement des différents éléments du prix de revient des produits importés et de ceux produits localement. »
Les consommateurs ne cessent de demander au ministère du Commerce de décourager les spéculations sur le prix du sucre et des produits Brarudi. Mais sans succès. Dialogue de sourds ? Chaque fois qu’elles sont contactées par Iwacu, les autorités de ce ministère promettent de réguler ces prix. Jusque quand les consommateurs attendront-ils ? « La ministre du Commerce, Victoire Ndikumana, devrait démissionner », a lancé furieusement une source. Elle devrait avoir ce courage, puisqu’un ministre qui ne prend pas de décision, c’est comme s’il ne représentait personne, a renchéri la même source.

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