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Commerce avec EAC : chute des importations à Gitega

05-05-2013

{{Le nombre de camions transportant les marchandises en provenance des pays de l’EAC va decrescendo à la gare routière de Zege. Les déclarants reçoivent peu de clients et certains commerçants de Gitega ont fermé leurs magasins. }}

<doc7880|left>A la gare routière de Zege, moins de 15 camions attendaient d’être déchargés ce lundi 15 avril. Rogatien Nizigiyimana, responsable du parking, indique que le nombre de camions en stationnement a diminué de plus de 50% depuis le début de cette année par rapport à la même période l’année dernière.« Je pense que les camions ne sont plus aussi nombreux à venir parce qu’actuellement ce n’est pas la période de récolte du riz et du blé en Tanzanie. Et la majorité des camions qui venaient souvent ici transportaient ce genre de produits », indique J.K., un des chauffeurs.

Autre argument : La lenteur dans le déchargement des marchandises. « Parfois, nous passons plus de deux jours sans que nos camions soient déchargés. Or dans les autres pays de l’East-African Community(EAC), tout est fini en moins de deux jours! », déplore-t-il. D’après lui, les propriétaires des marchandises leur expliquent que le problème se trouve au niveau de l’Office Burundais des Recettes(OBR). « Ils nous disent que l’office n’est pas rapide dans l’octroi des documents autorisant le déchargement. » Et il indique que certains de ses collègues préfèrent aller exercer dans les autres pays de l’EAC.

Même regret chez les déclarants. « Il n’y a plus de travail pour nous contrairement aux derniers mois», raconte C.K., un déclarant rencontré au bureau de l’OBR de Gitega. Il soutient que leurs clients ont cessé d’exercer à cause de la lourdeur des taxes : « L’OBR leur inflige beaucoup de taxes. Imaginer que pour un container de Friperie dont le coût d’achat est de 8 mille dollars américains, il faut payer 18 millions de Fbu comme frais de dédouanement. » Parfois, l’OBR ne tient pas compte des factures des importateurs pour déterminer la base imposable. » Et d’ajouter aussitôt : « Il a ses valeurs de référence, alors que le prix sur le marché peut varier d’un moment à l’autre. Il faudrait aussi qu’il vérifie d’où viennent les importations. »

{{« L’harmonisation des taxes au niveau de l’EAC en question »}}

Du côté des commerçants de Gitega, on estime que le système de taxation burundais ne correspond pas à la réalité de la situation économique du pays. « Le Burundi veut se comparer aux autres pays de l’EAC qui sont plus industrialisés que lui. L’OBR ne laisse aucune marge au commerçant. Par exemple, pour un sac de ciment dont le prix d’achat est de 5,7 dollars, le dédouanement coûte 4500Fbu », indique N.D., un commerçant de Ngozi. Il assure que le prix de dédouanement influence le prix de vente sur le marché local : « Parfois nous sommes obligés de fixer des prix élevés pour compenser d’éventuelles pertes. Et nos stocks ne s’écoulent pas vite à cause du faible pouvoir d’achat des Burundais.» Tout comme les déclarants, les commerçants s’inscrivent en faux contre les factures de l’OBR. «Par exemple, la Tanzanie  dispose de ciment, sel, riz, jus…Or, chez nous nous avons besoin de tous ces produits à moindre coût pour nourrir la population !  Le Burundi a donc intérêt à moins les taxer », souligne-t-il.

Par ailleurs, l’historique bancaire cause aussi des problèmes aux commerçants, surtout ceux qui n’ont pas été sur les bancs de l’école. N.K. indique que pour le calcul de la TVA, l’OBR se base sur l’historique bancaire : « Les mouvements que nous effectuons sur nos comptes ne peuvent pas aider dans la détermination des taxes. Car je peux faire des versements et des retraits sans que je sois en train de gagner beaucoup d’argent.» Il affirme que les commerçants analphabètes sont souvent ruinés : « L’OBR totalise un gros montant de taxes pour eux sans qu’ils soient en mesure de se justifier, et leurs comptes sont ainsi fermés. »

{{L’OBR doit vérifier les factures}}

Concernant le rejet des factures de certains commerçants, Joas Katanga, directeur des Ports et Frontières de l’OBR, indique que son institution est dans la légalité :« Si le vérificateur des impôts doute de l’authenticité de la facture, il doit vérifier car la loi le lui permet », mentionne-t-il. Selon lui, le vérificateur fait recours aux autres procédures permises. « Si par exemple la facture concerne l’achat d’une voiture, le vérificateur doit se servir des factures des autres importateurs d’une voiture de la même marque et/ ou vérifier le prix sur le marché de provenance via internet. »

Quant à la question des importations qui auraient chuté, Iwacu a voulu en savoir plus sur les données auprès du directeur, en vain. Il a, cependant, promis de s’exprimer prochainement. Mais des sources au sein de l’OBR confirment l’information. Elles estiment que la chute serait liée à la montée du dollar et à l’incendie survenue au marché central de Bujumbura.

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