Société

Cnar : Le personnel inquiet, le ministre rassure

Cnar : Le personnel inquiet, le ministre rassure
Des techniciens du Cnar en train de fabriquer des prothèses
19/02/2019 Onesphore Nibigira Commentaires fermés sur Cnar : Le personnel inquiet, le ministre rassure

Des techniciens bientôt à la retraite, des difficultés de commande des matières premières et un personnel qui réclame un bon traitement, tels sont les problèmes auxquels fait face le Centre national d’appareillage et de rééducation.

« Le Cnar a 78 employés. C’est un personnel insuffisant. Suite à la politique de non-recrutement, il n’est pas facile de recruter. Pourtant, il y a ceux qui approchent l’âge de la retraite. S’il n’y a pas d’autres techniciens, d’ici deux ans, ce sera un grand problème», fait savoir Omer Hayimana, directeur du Centre national d’appareillage et de rééducation (Cnar). Selon ce responsable, la question est déjà entre les mains du ministère de tutelle. M. Hayimana confie qu’ils ont demandé une dérogation spéciale pour le recrutement, surtout en ce qui concerne le personnel technique.

Pour ce centre spécialisé dans la fabrication des prothèses et des orthèses, un problème sérieux se pose dans l’achat des matières premières. « Il y a absence d’approvisionnement sur le sol burundais. Du coup, nous sommes obligés d’importer les matières premières », regrette M. Hayimana, avant de poursuivre : « Si une fois la Centrale d’achat des médicaments du Burundi (Camebu) permettait que nos matières premières figurent sur leur fiche d’achat, cela nous faciliterait la tâche.»

Quant aux employés, ils se lamentent par rapport à leur traitement : « Nous prestons comme le personnel du ministère de la Santé, mais leur salaire est presque le double du nôtre », avant de poursuivre : « Lorsque le chef de l’Etat a accordé 34% aux fonctionnaires, nous n’étions pas du nombre, alors que nos salaires viennent du ministère des finances. »

Des questions et des réponses

Martin Nivyabandi : « Le ministère a déjà adressé des requêtes pour le recrutement. »

Le ministre des Droits de l’Homme, des Affaires sociales et du Genre, Martin Nivyabandi, tranquillise : « Le cabinet du ministère va discuter avec les organes de gestion du Cnar. La première option, c’est de faire une prolongation légale de la limite d’âge, tel que le stipule le code du travail. Sinon, s’il y a des jeunes qui ont de l’expertise, l’option c’est de recruter. »

Le ministre fait savoir qu’il a déjà adressé des requêtes pour avoir l’autorisation du ministère des Finances. « Il faut à tout prix éviter des recrutements abusifs. Il y a aussi le ministère de la Bonne gouvernance qui donne son avis ».

Concernant la question des travailleurs qui veulent être traités comme ceux du ministère de la Santé, M. Nivyabandi explique que les avantages de ces derniers sont le fruit du consensus entre les syndicats et le financement basé sur la performance (FBP).

A propos de la question relative à l’harmonisation des salaires en cours, le ministre est clair : « Dans les institutions dont les salaires sont inférieurs à ceux de l’enseignant, on va procéder à une harmonisation. Ceci pour dire que si le personnel du Cnar est aussi concerné par cette mesure, rien n’empêchera qu’ils soient traités comme les autres citoyens. »

A propos des 34% que le chef de l’Etat a accordés aux fonctionnaires en 2007, cette autorité précise que cela concernait uniquement ceux qui sont sous tutelle de la Fonction publique.

Quant à l’achat des matières premières, le ministre Nivyabandi rappelle que le Cnar est une institution personnalisée : « Ils ont des organes de gestion propres à eux. Le président du conseil d’administration avec les organes du Cnar ont déjà mené des pourparlers avec les responsables de la Camebu. Ils vont dresser la liste des besoins et la centrale va faire des commandes. »

Le Centre national d’appareillage et de rééducation (CNAR) a vu le jour en 2006 par décret présidentiel. En 2000, un autre décret présidentiel relatif à sa réorganisation l’a placé sous administration personnalisée. Avec une autonomie de gestion au quotidien, le centre essaie de créer des activités génératrices de revenus. C’est le cas d’une salle de réunion, et un bloc de 10 chambres dont les occupants payent sept mille francs par nuitée.

Les appareils utilisés sont fabriqués au sein du centre et les techniciens sont formés à l’étranger, du fait que le Burundi ne dispose pas d’institution pour cette formation. Ce sont des technicien orthoprothésistes. Ils ont été formés à l’Université de Kilimandjaro, en Tanzanie.

Dans tout le pays, il n’y a que quatre techniciens qualifiés dans tout le pays, dont un au Cnar et trois dans d’autres centres. Les autres sont des techniciens formés sur terrain.

Le Cnar collabore avec les autres centres dont celui de Makamba et Saint Kizito, surtout en ce qui concerne le référencement et l’échange d’expériences.

Il y a encore des enfants qui naissent avec des malformations et les parents les cachent. « Je lance donc un appel vibrant à toute personne qui voit un enfant avec une malformation de l’amener au Cnar pour consultation en vue de soigner ou prévenir. »

M. Hayimana signale, en outre, que les malformations les plus courantes sont les pieds-bots et les genoux varum.

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