Droits Humains

Molestée à mort par son mari le 8 mars

Eulalie Bucumi se trouve dans un état critique après avoir été frappée par son mari lors de la Journée internationale de la femme, dans la commune de Mabayi en province Cibitoke.

Eulalie Bucumi sur son lit d’hôpital ©Iwacu

Eulalie Bucumi sur son lit d’hôpital ©Iwacu

Admise à l’hôpital de Mabayi à une quarantaine de kilomètres du chef-lieu de la province Cibitoke, depuis jeudi 13 mars, Eulalie Bucumi est en train de recevoir des soins intensifs suite aux nombreux coups reçus.
Ironie du sort, d’après une infirmière qui a requis l’anonymat, cette quadragénaire a été molestée par son mari le 8 mars alors que le pays célébrait la journée dédiée à la femme : « Elle était dans un état critique quand on l’a admis à l’hôpital. »
Selon des informations en provenance de la colline Kirerama, zone Rusenda dans la commune de Bukinanyana, lieu de résidence de la victime, celle-ci était très affectée par la dilapidation du patrimoine familial par son mari, Egide Singirankabo, connu pour son ivresse : « Le jour du drame, le mari avait bousillé tout l’argent provenant de la vente des récoltes de maïs et de haricot », témoigne un voisin.

Cet homme, comme le fait savoir une parenté de la victime, avait l’habitude de battre sa femme. « La population aurait lynché Egide Singirankabo, n’eût été l’intervention de la police », insiste-t-elle. Une octogénaire, rencontrée sur place, n’y va pas par quatre chemins : « La colère de la population s’explique, les gens en ont assez des cris de cette pauvre femme.»

Pour le moment, Egide Singirankabo est incarcéré au cachot de Bukinanyana. D’après une source policière, il peut être transféré au chef-lieu de la province pour être jugé.

Jugement équitable à tout prix

Les défenseurs des droits de l’Homme montent au créneau car « de tels actes sont à bannir à jamais. D’ailleurs, il fallait à tout prix passer à la procédure de flagrance », insiste l’un d’eux.
Toutefois, ces mêmes défenseurs des Droits de l’homme demandent que les enquêtes soient bien menées pour garantir un procès équitable.
Après avoir entendu cette nouvelle, les personnes qui avaient pris part aux cérémonies marquant la Journée internationale de la femme à Cibitoke ont collecté sur place une assistance matérielle. Elle a été immédiatement acheminée à l’hôpital de Mabayi où est admise Eulalie Bucumi.

  5   Vos commentaires
  1. Murundi

    Juste un commentaire sur l’expression « … à mort ». La plupart des Burundais l’utilisent à tort et à travers. Quand on écrit « battu à mort », ou « happé à mort » par une automobile, cela veut dire que la personne est réellement directement morte à la suite de l’événement décrit.

    Alors quand je lis « battu à mort » dans le titre et que je vois dans le développement du texte que la victime est encore vivante, je qualifie cela d’erreur professionnel ou d’ignorance, mais un burundais pourrait le voir comme une exagération malhonnête pour faire mal paraître les services de sécurité et de justice.

    Il en est de même quand la victime meurt plus tard, à l’hôpital par exemple. On écrira alors qu’elle est « morte des suites des blessures subies pendant l’événement », et non « battu à mort ».

    Il y a toute une différence au niveau de la perception judiciaire puisque le criminel pourrait être accusé de meurtre prémédité (planifié à l’avance) ou involontaire (accidentel) selon le cas.

    C’était une petite mise au point…

  2. ntaciza kivurwayo ga yemwe.birababaje.

  3. JBR

    Il y´a quelque chose qui m´étonne Chez ces « soi-disant  » défenseurs des droits de l´homme: « Toutefois, ces mêmes défenseurs des Droits de l’homme demandent que les enquêtes soient bien menées pour garantir un procès équitable ». Yoba uwo mutamakazi yari kubise? Uwo mutama wundi avuga ko bari bararushe nukumva amaruru y´uwo mugore, yoba babesha?
    Le minimum de raisonnement: les faits, les témoins sont là.

  4. KABADUGARITSE

    Ah oui! La journée de la femme!

  5. Prosper

    Abo bantu bukoko baba bakwiye guhanwa kabisa …. Umugabo arwana n’undi mugabo nago agenda kurwana n’umugore canke umwana …. harakwiye kujaho amategeko akurikizwa vyukuri…

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