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Interviews

« Ces attaques présagent un retour à un autre conflit »

12-01-2015

L’expert en sécurité, Dr. Gérard Birantamije, juge étrange que l’armée dise qu’elle ignore l’identité du groupe qu’elle a combattu durant toute une semaine. Pour lui, l’identification est possible vu qu’il y a saisie d’armes, de tenues…

Gérard BirantamijeQuel commentaire faites-vous par rapport aux attaques à l’ouest du pays ?

Elles soulèvent des interrogations : pourquoi un groupe se lève un bon matin ou un bon soir et organise une opération ? Comment une centaine de personnes peuvent se mettre ensemble sans identité ni objectif ? Où ce groupe veut-il en venir ? Il a été rapporté qu’il y a eu des combats. Mais les rebelles ne se sont pas attaqués à une infrastructure publique ou tué la population. Tout cela défie l’appréhension classique des mouvements armés.

Qu’est-ce qui vous paraît anormal ?

Généralement, avant que les rebelles s’attaquent aux corps de défense et de sécurité, on aurait dû entendre, par exemple, qu’ils ont coupé la route, brûlé un centre de santé, attaqué, terrorisé, pillé ou tué la population. Or, cela n’a pas été le cas. On peut donc se demander qui a déclenché les hostilités.

D’après l’armée, la provenance et les objectifs étaient connus…

C’est-à-dire que le groupe est également connu. Ce ne sont pas des gens qui se sont rassemblés en une nuit pour se retrouver à Mutarure et monter vers la Kibira. Que l’armée dise qu’elle ignore son identité est incompréhensible pour une armée qui se dit professionnelle. L’armée, au moment des confrontations, a pu certainement recueillir des informations, intercepter des communications, travailler sur les armes saisies et finalement emmagasiner toute une masse d’informations.

En outre, le pays dispose de corps spécialisés dans les techniques d’enquête tels les parquets. Ce qui parle, ce n’est pas uniquement des personnes. Il y a aussi les objets saisis : les armes, les tenues, etc.

Qui d’autre pourrait les identifier ?

Il y a d’abord le groupe lui-même qui cherche à acquérir sa notoriété et conquérir sa légitimité. Ensuite, il y a le gouvernement qui a en charge la sécurité des citoyens via soit le ministre de la Sécurité publique soit un administratif local.

Que pensez-vous du bilan dressé par l’armée ?

On ignore ce qu’est devenu une bonne partie des rebelles qui s’est volatilisée. Cela traduit que la guerre n’est pas terminée contrairement à la déclaration de l’armée selon laquelle les rebelles ont essuyé un échec cuisant. Cette partie peut regagner la Kibira. Et dans ce cas, ce n’est que partie remise. Demain ou après demain, on peut entendre le même groupe causer les mêmes déboires à la population et à l’armée. Cela ne devrait pas être uniquement une question militaro-militaire, mais également politique. Il doit y avoir une réflexion dans ce sens pour que le mouvement soit contenu. Sinon, ces attaques présagent un retour à un autre conflit.

D’aucuns parlent déjà de crimes de guerre…

Pour l’instant, on ne peut pas dire que l’armée a commis des crimes de guerre ou des exactions extrajudiciaires parce que les belligérants ne sont pas identifiés. Du point de vue scientifique, l’armée ne peut pas être poursuivie.
Dès lors que l’identité n’est pas déclinée, il y a un problème de qualification. Nous ne sommes pas dans un contexte de conflit armé, malgré le crépitement d’armes. Les principes du droit international humanitaire sont opérationnels en cas de conflit armé.

N’est-ce pas la raison pour laquelle l’armée aurait gardé des réserves ?

Ça peut être une hypothèse, un jeu autour de l’application du droit international humanitaire. Reconnaître leur identité aurait amené l’armée à reconnaître les atrocités commises.

Quid des Imbonerakure associés dans ces opérations ?

Une fois prouvé, ça serait très grave. Notre armée serait démissionnaire en acceptant l’appui de gens non professionnels. Les responsabilités lui incomberaient. La Constitution est claire : aucun parti politique ne peut lever des milices. A moins de vouloir ouvrir la boîte de Pandore.

Quelles peuvent être les conséquences de cette situation ?

L’absence de communication offre du terrain à la rumeur, une propagande mensongère parce qu’on n’a pas l’information qu’il faut. Au niveau du processus électoral déjà engagé, cette situation peut emmener les acteurs politiques en confrontation.

Quant à la communauté internationale sur laquelle compte beaucoup le Burundi, elle peut lui tourner le dos, et un pays avec un taux élevé de chômage, etc. n’est pas viable. Ce qui peut conduire à une crise d’une autre dimension. La meilleure façon est de communiquer pour prévenir toutes ces conséquences fâcheuses.

  8   Vos commentaires
  1. Albert Tanganyika

    La Guerre de Cibitoke : L’Agresseur serait venu du Nord et non de l’Ouest !

    Beaucoup ont critiqué le silence de l’armée Burundaise sur les événements de Cibitoke. Jusqu’aujourd’hui, l’armée est restée évasive sur le nom de l’agresseur.
    Selon certains stratèges, cela est tout à fait normal vu le statut et les relations de l’adversaire au niveau international. C’est pour cela qu’Il a fallu rassembler toutes les preuves possibles.
    L’attaque serait donc faite par un bataillon de 700combattants en provenance du Rwanda, parmi lesquels : des Burundais Tutsi(beaucoup en provenance du M23), des Burundais de l’opposition (Tutsi et hutu entrainés au Rwanda), et quelques éléments de l’armée Rwandaise.

    • L’Entrée des Rebelles

    Contrairement à ce que beaucoup ont lu et entendu sur les médias, les rebelles seraient venus directement du Rwanda, et non de la RDC, longeant la rivière Rusizi, et l’armée Burundaise était au courant depuis belles lurettes. Elle les a laissés entrer pour après leur couper les arrières afin de leur priver de leur base arrière.

    • L’Entrée dans la danse de la RDC et la Monusco

    Etant alliée du Burundi et de la Tanzanie, la RDC aurait été au courant de cette incursion, d’où le lancement des opérations « sukula …» le long de la frontière en face des communes Burundaises en guerre pour repousser ceux qui tenteraient de fuir en traversant la Rusizi.

    • Prisonniers de guerre et révélations

    Certains prisonniers de guerre auraient parlé, et d’autres n’ont rien dit jusqu’ici. Le gouvernement Burundais se réserverait le droit de ne pas tout révéler sur les ondes afin de ne pas diviser la population.

    • L’Expiration de l’Ultimatum des FDLR et la Réunion d’Angola

    Le Représentant des FDLR avait prédit qu’il n’y aura rien le 02/01/2014. C’est vrai, rien ne s’est passé à cette date. Personne ne les a attaqués comme prévu ! était –il au courant de ce qui se joue dans la région entre les membres des différentes communautés régionales et internationales ?
    Vers la fin de ce mois, Jacob Zuma présidera une réunion sur les Grands Lacs, en Angola. Veut- il convaincre ses partenaires de comprendre les doléances des FDLR de rentrer au Rwanda en tant que
    « Parti Politique » comme cela a déjà été fait au Burundi, en RDC et ailleurs ?

    • L’Objectif de la guerre de Cibitoke serait la suite du scénario Général Moïse.

    Comme tout le monde le sait, les Etats n’ont pas d’amis mais des intérêts. Le Rwanda aurait donc intérêt à avoir des alliés Burundais et Tanzaniens afin de se sentir en sécurité ? Et pour que cela soit possible, vu le contexte du moment, il faut qu’il y ait changement des pouvoirs dans les pays précités. Il fallait donc aider des amis à mener une guerre au Burundi, occuper quelques territoires avant de prendre le pouvoir. Ceci permettrait au pouvoir de Kigali d’avoir des alliés sûrs qui pourraient l’aider à refuser, militairement s’il le faut, le rapatriement des FDLR.
    Et après la prise du Burundi, le retour en RDC comme à l’époque de Buyoya serait encore facile, et une occupation, jusque là inédite, (la création de l’Etat du Grand Kivu) serait alors certaine, et ainsi
    Le kingdom serait créé.
    Ceci serait donc la suite du scénario général Moïse (Cfr France24). Cette fois-ci avec des Burundais
    à la tête du mouvement.

  2. Tuze

    Mbega uyo mu Expert ntawomufasha gupanga ivyo bureau vyiwe, umengo ni POUBELLE

  3. KABADUGARITSE

    Mais pourquoi tous nos « experts » ne rêvent-ils que de l’Enfer et ses ténèbres au lieu de prédire la lumière et le beau temps pour notre patrie!!!

    • nkuba

      Ce sont des experts de passages, occasionels et improvises……….

    • Gakunzi

      None ga sha igihugu aho imbowe zambikwa beret rouge, none ga vyogenda gute, biragoye

    • HN

      Toute verite n’est pas bonne a dire c’est vrai, mais de temps en temps, il faut « la lacher »…
      Predire la lumiere ou les tenebres est une chose, mais la realite peut devenir toute autre chose. On a surtout besoin de la lumiere ici, en aura-t-on pour tous?

      • kubwayo

        Il est Dr. En sécurité?!

    • KABADUGARITSE

      Le désordre est signe de compétence technique et intellectuelle. S’il y a de l’ordre dans tout coin de ta maison, tu es nul intellectuellement.-

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