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Culture

Censure : les musiciens burundais se déchaînent…

29-12-2016

Il y a quelques semaines, le CNC décide qu’aucune chanson burundaise ne sera diffusée sans l’aval de l’Amicale des musiciens du Burundi, dès mars prochain. Les réactions des chanteurs burundais fusent de partout et vont dans tous les sens.

Pour rappel, le Conseil national de la communication(CNC) annonce, le 5 décembre, que les médias burundais ne pourront plus diffuser des chansons produites localement sans l’aval de l’Amicale des Musiciens du Burundi (AMB).

Cette décision est une suite favorable à une requête du président de l’AMB, Bruno Simbavimbere: «Certaines radios locales diffusent des chansons dont les messages sont de nature à saper les efforts du gouvernement dans sa recherche de la paix».

Ce dernier estime, de surcroît, que la musique produite aujourd’hui est de mauvaise qualité : «Nous ne pouvons pas accepter des chansons qui n’ont pas de valeur artistique».


Lion story : «A luta continua ….»

lion-story-copieRoméo Sikubwabo, l’un des membres du groupe burundais de musique reggae «le plus engagé», affirme que la mesure de censure n’est qu’une caractéristique d’un régime totalitaire. « La destruction de certaines radios, qui de surcroît, diffusaient nos chansons en est la preuve».

Il affirme que Lion story ne reconnaît plus l’Amicale des musiciens. «Elle n’a jamais intervenu quand nous étions menacés et malmenés ! Et maintenant elle débarque pour vouloir corriger nos chansons, c’est inouï.»

D’après Romeo, cette mesure ne décourage pas le moins du monde Lion story. « Nous allons continuer à produire des chansons qui nous viennent du cœur. Nos fans les entendront, que le gouvernement l’accepte ou pas».
Pour lui, les musiciens burundais n’ont plus de liberté d’expression. « Mais la lutte continue, quoi qu’il en soit».


Mkombozi : «La musique burundaise se politise »

mkomboziPour Thomas Nzeyimana alias «Mkombozi», le rappeur burundais en exil, la censure des chansons ne sera pas nouvelle. Il confie, à cet égard, qu’une de ses chansons, « Nzeyimana » a déjà été interdite. «C’est la dictature».

De surcroît, s’indigne-t-il, l’Amicale des musiciens se donne une tâche qui n’est pas la sienne. «Au lieu de représenter les musiciens, de plaider en leur faveur, l’Amicale devient un instrument du gouvernement».

Pour Mkombozi, la musique est libre, le message ne peut pas plaire à tout le monde, c’est normal. «La musique burundaise perd sa valeur, elle est en train d’être politisée».


Kidumu : «Amicale ou Police des musiciens ? »

kidumuPour le célèbre musicien burundais Jean Pierre Nimbona alias Kidumu, la mesure est bonne, mais à condition qu’il n’y ait pas de corruption. Il estime que les musiciens risquent de recourir à la corruption pour faire passer leurs chansons. « Si censure devrait y avoir, le comité doit être indépendant et neutre».

Selon lui, cette mesure pourrait permettre la production des chansons de qualité, «qui ont vraiment un message».
Cependant, Kidumu juge L’Amicale des musiciens mal indiquée pour censurer des chansons. «C’est une association des musiciens. Est-elle devenue la police des musiciens ? », se demande ce chanteur.

Il estime qu’il fallait réunir les chanteurs et le gouvernement pour se convenir sur l’organe qui doit censurer.


Emery Sun : «Une bonne mesure mais… »

emery-sunPour Emery, la mesure en soi n’est pas mauvaise mais la grande question réside au niveau du comité de censure. Ce dernier doit non seulement être neutre et impartial, mais aussi composé de gens expérimentés en la matière. «Pas parce qu’ils sont des anciens musiciens, mais des gens qui ont été formés pour cela».

Un comité de censure qui n’a pas un penchant au risque d’écouter toujours les mêmes chansons.


Peace and Love : «Cette mesure est la bienvenue»

vianney-plVianney Nzigamasabo, alias «Vichou Love» du groupe «Peace and Love», accueille à bras ouverts la mesure. «Il est grand temps pour nous de travailler dur et produire une musique de qualité», dira-t-il. Il espère que le gouvernement rémunérera leur travail en guise d’encouragement.

  2   Vos commentaires
  1. Kagabo

    La censure a existé dans ce pays depuis bien longtemps, ahubwo abo ba DD, bari barasamaye, ni gute woreka iradio ikashirako indirimbo ituka umukuru w’igihugu yatowe n’abanyagihugu? Lions story bagomba bo bokwibagira no gusubira gukina umuziki. Mbe aho bambere indirimbo zingana iki, zitashobora guca kw’iradio kandi ntanumwe rirtyoza? Paraxoxe ya Nikiza David wagira ngo izi abarundi bangahe? kandi yaravuga ukuri gusa kandi ntawe atutse. Tuze turinumira aho iwacu c’est le paradoxe.

  2. Congo

    Il faut tout contrôler même l expression artistique. Pourquoi mettre un gendarme derrière ces artistes qui ne font que s exprimer. En fait il faut plaire au gouvernement. Mais ce dernier n est pas éternel mais l art oui. Combien de fois devraient ils changer? C’est excessif. Une chanson est un bruit qui des fois pense ou alors simplement un bon bruit. On est parfois fan de musique sans rien y comprendre. Le message doit être la conviction de l artiste dans toute indépendance. La qualité de la musique Burundi actuellement : pour ma part , elle n est pas bonne. Les raisons ?

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