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Ce jour-là

Ce jour-là, le 6 décembre 2005 : un géant de la presse s’éteint

08-12-2013

6 décembre au petit matin, la triste nouvelle se répand. Les radios burundaises et internationales annoncent la mort d’un « monument de la presse », Laurent Ndayuhurume.

Laurent Ndayuhurume, dans les studios de la BBC ©Iwacu

Laurent Ndayuhurume, dans les studios de la BBC ©dr

Les émissions sont entrecoupées par des extraits sonores de ce journaliste. On se souviendra par exemple que grâce à l’émission Gahuzamiryango à la BBC, il a permis les retrouvailles des milliers de familles dispersées après les guerres des Grands Lacs depuis 1993.
Laurent Ndayuhurume a été un modèle pour plusieurs jeunes tentés par le journalisme. Son émission « Flash back » à la radio nationale, documentée, animée avec professionnalisme est restée dans les mémoires. Courageux, il a été le premier à aller tendre le micro aux rebelles burundais encore au maquis. Ceux qui l’ont côtoyé gardent de Laurent Ndayuhurume un souvenir exceptionnel.
Témoignages.

Gaspard Karerwa : « Laurent n’avait pas d’ethnie »

Gaspard Karerwa, ancien correspondant de la BBC parle d’un bourreau du travail. « Il travaillait jusque tard dans la soirée et les week end ». Mais un travail bien fait : « Ses papiers étaient d’une grande clarté, précis. C’était facile et agréable à écouter. Ses émissions et interviews étaient documentées et incisives. » D’après Karerwa, feu Ndayuhurume savait écouter attentivement, mais aussi dire non à ses supérieurs. On lui doit un format du journal plus court. « Avant lui, selon la volonté du ministre ou du directeur général un journal pouvait durer une heure, il fallait diffuser l’intégralité des discours officiels. Il s’y est opposé au grand dam de ses supérieurs. »
M. Karerwa se rappelle aussi de sa bonne humeur, ses blagues intarissables, son art de les raconter. Selon l’ancien collègue, Laurent n’avait pas d’ethnie : « Il se moquait des gens qui s’enfermaient dans les ghettos ethniques.

Antoine Kaburahe : « Laurent avait toujours un bouquin sous les bras »

Un souvenir indélébile chez le Directeur du Groupe de presse Iwacu qui était très proche de Ndayuhurume: « Si j’ai quitté la presse gouvernementale pour me lancer dans la presse privée, c’est grâce aux encouragements de Laurent. » Selon Antoine Kaburahe, Il lui disait que pour mieux s’épanouir professionnellement, il fallait  quitter la presse publique : «  J’ai suivi son conseil et j’ai démissionné de la RTNB. Je ne regrette pas ce  choix. »
Professionnellement, affirme-t-il, Laurent avait une qualité essentielle, l’intégrité : « Chez lui l’information vérifiée, c’était sacré. Il faisait tout pour contacter toutes les sources afin d’avoir l’information la plus complète qui soit. » L’autre souvenir, se rappelle M. Kaburahe, c’est son immense culture : « Laurent avait toujours un bouquin sous les bras. Il m’a invité  chez lui à Londres pour quelques jours, il lisait tout le temps.  Il disait qu’un journaliste qui ne lit pas n’en est pas un. » Et de faire un constat : «  Si Laurent est allé si loin, jusqu’à diriger une section  de la BBC, c’est qu’il était fort compétent. »

Laurent Ndayuhurume détestait la violence. Antoine Kaburahe se souvient : « Il était venu pour une mission et habitait avec moi à Rohero II. Une nuit,  il y avait des coups de feu  quelque part sur les hauteurs de la ville. Laurent n’a pas pu dormir parce que « peut-être des gens étaient en train de mourir ». »
Laurent Ndayuhurume avait été formé à Strasbourg (France). Il était rentré en 1987 pour travailler comme journaliste à la Radio nationale. Remarqué par la BBC, il est recruté et rejoint le siège à Londres. Il gravira les échelons jusqu’à devenir « Senior Producer.»

Après sa mort, la Radio Publique Africaine avait lancé le prix « Laurent Ndayuhurume » pour encourager l’excellence dans le métier, mais l’initiative semble avoir été abandonnée. Dommage…

  16   Vos commentaires
  1. Jamahaar

    Si Laurent Ndayuhurume etait un « geant de la presse », alors que deviennent ses aines comme Maceri ou Karayenga, Clemenet Robert Rutenderi, etc..?Disons simplement qu’il etait un grand journaliste qui a eu la chance de se retrouver au bon endroit au bon moment, c’est-a-dire journailiste a la BBC au moment du genocide rwandais de 1994.Comme il en existe des centaines de sections/services de langues etrangeres, de l’Amaharic au Zoulu, la BBC cherchait des locuteurs du Kinyarwanda/Kirundi et Laurent qui travaillait dans le service francais s’est propose pour lancer le service sous l’egide des Nations Unies(financiers) pour aider a la reunification des familles de refugies disperses dans la regions des Grands Lacs.Le service s’est peu a peu agrandi plus tard et a recruite d’autres journailistes a temps partiel et d’autres permenents.Ce qui est certain, Laurent aimait et etait passionne par son travail tout comme il etait d’une humanite exceptionnlle sans pareil au sein des la communautes burundaises que j’ai pu cotoyer. Je l;ai rencontre pour la premiere fois en 1996 a Londres, mais je le connaissais de nom au Burundi depuis 1979.Je l’avait trouve bon viveur, charleux , charmant , cultive et nous avions noue des rapport cordiaux et amicaux.Il visionnaire et a notre etonnement il avait predit que le Burundi pour etre viable devrait rennoncer a son independance et s’associer aux pays de l’Afrique de l’Est et la majorite des personnes qui etaient presentes a son domicile n’avaient pas apprecie son maque de patriotisme.Bien qu’il etait de l’ethnie hutu, sa maison etait souvent remplie de personnes de toutes les ethnies et souvent de toutes les nationalites qu’il acceuillait jusque tard dans la nuit voire au petit matin pour boire et puiser dans sa riche mini-bibliotheque personnelle. Cote musique, il aimait la musque burundaise, rwandise et le reggae de l’ancien chateur Lucky Dube qui lui ressemblait d’ailleurs presque comme de vrais jumeaux.RIP Laurent.

  2. Ukuri gushirira mukuyaga

    Gaspard Karerwa : « Laurent n’avait pas d’ethnie »
    Qui n’a pas d’ethnie ? reka gutuka uwo muhisi ! Tout burundais a une ethnie Hutu, Tutsi ou Twa. Mr. Ndayurume, à l’instar de ces compatriotes, avait une ethnie. En fait,c’est une façon ifobeze yokuvuga ko yari umuhutu tout simplement. HYPOCRISIE yacu niyo ibandanya itwica . Soyons fiers de dire que nous sommes Hutu, Tutsi ou Twa mais respectons et servons le peuple burundais sans distinction.

    • Jean-Pierre

      Ce monsieur du pseudonyme de `ukuri guherera mukuyaga` dit qu’il faut être fier d’être Hutu, Tutsi ou Twa. Peut-on être fier de quelque chose dont nous ne sommes pas responsable? Qu’a -t-on fait pour naîte d’une telle ou telle famille? Les autres sont fiers de leurs réalisations et non de la forme du nez que seul Dieu a façonné.

      • Ukuri gushirira mukuyaga

        Cher compatriote Jean-Pierre, oui, nous pouvons être fiers de la façon que le Bon Dieu nous a créés même si nous ne sommes responsables de cette création. Pour moi, être fier d’être Hutu, Tutsi ou Twa est d’être à l’aise de parler de notre appartenance ethnique sans pour autant nier le droit aux autres de clamer la leur. Par exemple, pendant, longtemps, dire que tu es Hutu était mal vu dans certains milieux au Burundi d’où l’existence de ce complexe de supériorité ou d’infériorité que nous constatons chez certains de nos compatriotes. Être Hutu, Tutsi ou Twa n’est pas non plus juste une question de forme de nez, c’est plus que cela, c’est notre appartenance, notre identité. Toutefois, j’insiste, être fier d’être Hutu, Tutsi, Twa ne veut pas dire être extrémiste et traiter les autres avec dédain.
        Pour revenir à notre sujet, il n’y avait donc, aucun mal à dire que feu Ndayuhurume était Hutu au lieu de dire qu’il n’avait pas d’ethnie.

  3. on ethnise tous au Burundi. dire que quelqu’un n’avait pas d’ethnie est pour moi une façon de dire qu’il était libre de ses pensées et de critiquer les coupables sans considérer leurs appartenances ethniques. les gens comme ça existent, Alexis est un de ces gens.
    mais pourquoi, on a jamais été fier d’un proche ou compatriote qui réussissent à l’étranger?
    on passe les temps à chercher d’où il appartient, d’où il vient? de quels clans… vous savez, dans tous les événement il y a tjrs des causes lointaines, et bien les causes lointaines de ce mépris burundais est la colonisation belge. ces belges qui montent les uns contres les autres ont exporter leurs conflits chez nous. le mépris burundais est pareil aux mépris que manifestaient wallons envers les flamands (néerlandophones)…. et maintenant?

  4. Vuvuzela

    Ou se trouvent ses enfants? Je voudrais leur temoigner la bonte qu’avait leur papa.
    Que Dieu garde les siens.

    Ntiyoramvye!!

  5. Coldman'Zi

    « Si Laurent est allé si loin, jusqu’à diriger une section de la BBC, c’est qu’il était fort compétent. » C’est une vérité, …………… mais une stratégie essentielle du méchant/tyrand pour distraire et caresser les « gibiers ». De même, « Si Nicolas Mayugi est allé si loin, jusqu’à diriger l’UPRONA puis nommé par Major Pierre Buyoya pour représenter le Burundi aux Nations-Unies(UN), c’est qu’il était plus fort et très compétent », n’est-ce pas Mr. Léandre Sikuyavuga(Antoine Kaburahe)? Que diriez-vous de Nikiza David, Canjo Amisi, Mgrs Nterere, Kirundo Gérard etc..? Numva Nimbona Jean-Pierre, alias Kidumu we azosirw’amavuta atagira uko angana…….. Nkabona vyiza ari ugukingira no kubungabunga imboneza zisigaye, hama hatohozw’igandagurwa z’izo ncabwenge z’u Burundi. Par ailleurs, je dirais qu’au Burundi, la naité pour un adulte et surtout un intélligent, c’est un virus sinon une maladie incurrable. Dire que Laurent Ndayuhurume n’avait pas d’ethnie, c’est absurde/insulte et par dessus tout, une naiveté cette fois-ci du méchant/tyrand.
    C/O Langage Emile Mworoha sous le pouvoir Jean-Baptiste Bagaza

    • Namitse

      Ceux qui sont « plus fort et plus competent » vivent aussi sur cette terre; ici la mort n’est pas seulement le resultat « des mechants/tyrand ».

  6. nsabiyumva edward

    ivyo nanje ndavyemeranya na Kubwayo abantu bagendera kubwoko ni bijuju bikomeye cane muriyimyaka 2013? ni muhebe ubwo bujuju.

  7. icihutirwa

    On est tous Burundais les hutus et les tutsis sont les belges

  8. Mwaro

    KUBWAYO, les hommes forts et intelligents n’ont pas d’ethnies parce qu’ils deviennent des citoyens universels. Parce que ton ethnie est idéologique et non scientifique. T’es Tutsi ou Hutu parce tu n’as rien à ce monde que tu peux vanter .

  9. Kubwayo

    Tout hutu compétant n’a pas d’ethnie (à défaut d’être tutsi). S’il était encore en vie il se moquerait certainement de moi. Le pauvre!!!

    • Backary

      @Kubwayo
      Les stéréotypes et autres préjugés qui nous ont façonnés prendront des décennies si pas des siècles pour s’estomper! C’est humain!!!

      • RUGAMBA RUTAGANZWA

        «Les grands Hommes sont des flambeaux qui doivent se consumer pour le genre humain». C’est pour cela qu’ils n’ont ni race, ni ethnie, ni couleur…Ce sont simplement des Hommes….!!! Mr d’exemples à ceux qui se vantent d’être Hutus ou alors Tutsis. Pauvre Burundi… !!! Nico gituma igihugu kiriko kirasubira ,inyuma imyaka ijana kubera gusa politique d’équilibre tribalo-régiono-collino-ethnique… !!!
        J’ai eu la chance d’avoir quitté ce pays depuis plus d’une décennie mais quand je lis, entends ce qui s’y passe, je suis triste et ai simplement envie de pleurer et pleurer les larmes de ma vie pour mon pays que j’adore… ! Comment des dirigeants peuvent être aussi incompétents et entrainer dans leur incompétence et médiocrité tout un peuple, toute une nation… ? Ngo Gouverneur imvukira, musitanteri imvukira etc..Aho bukera abapolisi n’abasoda bazoba ab’i mvukira hamwe n’abaganga n’abaformoa n’abarimu… !! Ainsi le Burundi ne sera plus. Il y aura, à la place de cette nation multiséculaire des Rois, 15 pays ie la République de Ngozi, Mwaro, Kayanza etc… !!! Biratugoye kandi cane… !!

    • Kibwa

      Compétant est ce HUTU ou TUTSI? et Compétent??

      • Tu resteras vivant cher Ndayuhurume. Que Dieux t’aurait gardé dans son royaume….

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